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17/07/2018

L'ESPRIT DE VICTOIRE... UNE OCCASION DE FAIRE LA FETE ENSEMBLE, d'EXPRIMER DU BONHEUR

 
 
 
Jean-Luc Mélenchon
 
 

esprit victoire

Au moment où j’écris ces lignes, la rue résonne de klaxons et ma télé donne les images des Champs-Elysées emplis d’une foule en joie. Je ne me suis mis à mon clavier que pour maîtriser l’étrange houle partagée qui montait en moi. Je suis reconnaissant à ceux qui nous permettent de vivre un moment de cette sorte.

Je comprends que le foot indiffère et même qu’il insupporte. Mais j’ai plus de mal avec les militants politiques de la gauche traditionnelle quand ils montrent du doigt ceux qui s’en passionnent et se réjouissent d’une victoire sur le stade. J’ai lu je ne sais combien de commentaires sur le thème « le foot c’est l’opium du peuple », « les mêmes supporteurs sont incapables de défendre leur droits sociaux dans la rue », etc… Et ainsi de suite.

D’une façon générale, cette façon de voir nie le rapport du foot et des luttes populaires. Et des équipes de foot issues de ces milieux. Pourquoi des équipes de foot de la Résistance, des équipes de foot des républicains espagnols, le Red Star et ainsi de suite ?

 

Le livre de Mickaël Correia, Une histoire populaire du football, dit si bien tout sur le sujet. De même que le documentaire de Gilles Perez, « Les Rebelles du foot ».  Quels enjeux s’y trouvaient pour que le foot soit aussi confisqué par l’argent ?

Je réponds à ceux qui m’écrivent en ce moment même pour qu’ils se protègent de l’incapacité a partager une ferveur populaire apparemment sans objet réel. Demandez-vous ce que tant de gens vous disent de cette manière au lieu de les juger.

Méfiez-vous des pisse-vinaigres qui regardent de haut les grandes émotions collectives partagées sans limite visible.

Je comprends la méfiance qui s’attache à ce qui semble échapper au discernement rationnel. Mais est-ce le cas ici ? Quand les mêmes qui applaudissent s’interrompent aussitôt pour huer le président lorsqu’il apparaît à l’écran, ne montrent-ils pas au contraire que leur extrême vigilance dans le match s’exerce encore aussi sans limite d’objet ?

Je ne crois pas que la ferveur anéantisse la volonté. À l’inverse, je crois qu’elle la muscle. Elle la fortifie. Elle le fait en élargissant la perception de soi et de la puissance que nous contenons tous en nous. En s’identifiant au modèle de l’équipe qui force l’adversité par l’endurance et l’opiniâtreté, ceux qui s’y abandonnent exaltent le sentiment qu’ils ressentent de savoir que la force est en eux aussi. On ne fait jamais rien d‘autre en se donnant un exemple, un modèle, un héros.

Qu’est-ce qui s’anéantit dans la ferveur footballistique ? La peur de l’autre. Le doute sur soi. La victoire exalte la bienveillance et le goût de soi. Le sentiment que la victoire est acquise devient un esprit de victoire. Car le goût de la victoire se transpose. La victoire est donc une force de confiance en soi qui est contaminante. Elle peut être contagieuse.

Plongeons sans réserve dans cette vague qui nous submerge ! Nous en reviendrons plus forts, plus généreux. Sans modération : quelle autre équipe conclut une victoire en criant « Vive la République » ?

 

 

 

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HUMANITE.FR

« Fêter les Bleus répond à un besoin profond de partage »
Lundi, 16 Juillet, 2018
Paule Masson

L’ex-défenseur, 142 sélections avec l’équipe de France, est engagé en faveur de l’égalité avec sa fondation d’éducation contre le racisme.

Les Bleus l’ont fait. Ils accrochent une seconde étoile à leur maillot. On peut dire que ce Mondial a renoué avec une équipe de France qui a touché les cœurs…

Lilian Thuram Oui. Il faut remercier les joueurs, l’encadrement, le staff pour ce merveilleux moment passé ensemble. Didier Deschamps a su patiemment ­reconstruire un collectif. Après la qualification au Mondial 2014, la finale perdue de peu face au Portugal lors du championnat d’Europe en France en 2016, l’équipe de France n’a cessé de monter en puissance à cette Coupe du monde. Elle a procuré beaucoup de joie et d’émotions bien au-delà des supporters classiques.

Au-delà des hommes en tout cas. L’intérêt des femmes pour ce type de compétition est-il une des traces laissées par la victoire des Bleus au Mondial de 1998 ?

Lilian Thuram Certainement. Car jusque-là le foot était enfermé dans l’idée d’un sport réservé aux hommes. Le foot est un sport qui fédère.

L’engouement qui s’exprime dans la rue, dans les bars, dans les familles est intergénérationnel, interculturel. Il touche les villes, les banlieues, les campagnes. Ce sont les valeurs du collectif qui créent cet élan ?

Lilian Thuram Fêter l’équipe de France permet de saisir une occasion de faire la fête ensemble, d’exprimer du bonheur, spontanément d’ailleurs car personne ne donne officiellement rendez-vous sur les Champs-Élysées après le match. On y va pour satisfaire un besoin profond de partage. Nous sommes des êtres de liens. Nous avons besoin des autres pour exister.

Or nous vivons un moment où les discours politiques et leurs relais médiatiques conditionnent à la peur des autres. Des pays, des continents sont en train de se fermer, de céder au repli identitaire.

Ces idéologies sont là pour casser les solidarités, briser les cohésions et empêcher de croire qu’il est possible de changer les choses.

Dans ce contexte d’anxiété, les victoires de l’équipe de France servent de défouloir pour partager des émotions avec des gens qu’on aime. C’est un besoin humain. Cela fait un bien fou. On ne peut pas vivre sans cela.

Iriez-vous jusqu’à penser qu’il s’agit d’une expression du principe de fraternité que le Conseil constitutionnel vient de reconnaître ?

Lilian Thuram Le football touche à ­l’émotion. Il permet de s’identifier à un groupe, d’en faire partie. Alors oui, il a quelque chose à voir avec la fraternité. Et puis il satisfait aussi un autre besoin, celui de pouvoir espérer. Avant un match, on rêve, on se projette. Or il n’y a aujourd’hui plus beaucoup d’espaces pour le faire dans une société où on nous vend un avenir fait de catastrophes.

S’identifier à l’épopée d’une équipe métissée, ça fait du bien aussi, non ?

Lilian Thuram Nous en sommes tous très heureux. Mais cette équipe de France aurait pu être très différente. Il ne faut pas avoir la mémoire courte. Fin 2010, la Fédération française de foot a bien failli instaurer des quotas contre les joueurs binationaux. L’affaire a été éventée grâce à Mohamed Belkacemi, conseiller technique national pour le football des quartiers, qui a enregistré une réunion évoquant ces mesures discriminatoires. Il a été un lanceur d’alerte et nous devons remercier cette personne d’avoir osé dénoncer l’injustice. Les gens doivent savoir que le bonheur qu’ils sont en train de vivre, ils le doivent à un homme qui a eu le courage de dire « non ».

Lilian Thuram

Ancien footballeur, sélectionné en équipe de France de 1994 à 2008
Les défenseurs à l’attaque

Lilian Thuram a fait le voyage jusqu’en Russie pour assister à la finale. « Celle-là, je ne pouvais pas la rater. France-Croatie, ça me parle, ça me fait rêver », glisse l’ancien défenseur des Bleus, qui avait qualifié la France pour la finale du Mondial 1998 grâce à deux buts, les seuls marqués de toute sa longue carrière en équipe de France. Vingt ans après, le recordman de sélections en équipe de France ne s’explique toujours pas ces deux tirs. Mais il sait en revanche combien il faut savoir gérer ses émotions pour jouer un match de ce niveau. Avec humour, la Fédération croate de football a tweetté vendredi 13 pour demander à Didier Deschamps s’il comptait titulariser Lilian Thuram pour la finale 2018. Les Bleus ont répondu à leur tour sur le réseau social qu’il faudrait alors que les Croates laissent sur le banc de touche Davor Suker, auteur d’un but en 1998. Les temps changent et les arrières marquent aujourd’hui des buts, les talents de la défense française notamment, Varane, Umtiti, ou encore Pavard, auteurs de tirs décisifs lors de ce Mondial.

 

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Pascal Boniface, né le 25 février 1956 à Paris, est un géopolitologue français.

Fondateur et directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques, il a traité de l'arme nucléaire, du conflit israélo-palestinien et de géopolitique du sport — notamment dans le domaine du football.

"Vous avez dit dans l’un de vos livres que le football pouvait atténuer les conflits. Ce n’est pas toujours le cas

Pascal Boniface Certes, le football peut être utile pour réconcilier les communautés, mais il peut aussi être utilisé. On l’a constaté à deux reprises lors de cette Coupe du monde, avec ce qu’on peut qualifier de provocations inutiles : les deux joueurs suisses d’origine kosovare qui ont eu des gestes anti-Serbes ; et aussi ce joueur croate qui a évoqué le conflit russo-ukrainien en rendant hommage à l’Ukraine après le match contre l’équipe russe.

Les plus méprisants disent que la Coupe du monde est l’opium du peuple. Quelle est votre opinion ?

Pascal Boniface C’est une parenthèse de quelques semaines, mais dont le souvenir positif dure longtemps. Nous sommes encore marqués par ce 12 juillet 1998. Mais le football n’occulte pas tout et n’empêche absolument pas d’avoir une conscience politique, une fois le match terminé. Dire du football qu’il est l’opium du peuple, j’y vois surtout le mépris de certains intellectuels.

 

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Parlons équipe de France. Est-elle le reflet de la France d’aujourd’hui ?

Pascal Boniface C’est surtout un exact reflet de la France que l’on voudrait avoir. Une France qui réussit, une France qui gagne, une France joyeuse, qui travaille ensemble, qui est collective. Disons que c’est un reflet amélioré de la réalité. On voit la joie qu’elle a pu apporter aux Français.

Certains considèrent avec mépris ces débordements, mais que le peuple soit joyeux n’est pas forcément une mauvaise chose. Il n’y a pas beaucoup d’occasions pour qu’il le soit. ça ne veut pas dire qu’ensuite ces gens seront oublieux de leurs combats et de leurs causes. Ce sont deux choses bien distinctes.

Cette équipe a aussi retrouvé un contact avec les Français car, au-delà de ses performances, elle est aussi extrêmement sympathique. Elle a le sourire, elle ne met pas une distance entre elle et le public. Et puis, le grand mérite de Didier Deschamps, c’est que l’on voit qu’il y a des vedettes dans cette équipe, mais qu’elles se mettent toutes au service du collectif. Le groupe l’emporte, sans pour autant étouffer les stars.

Est-ce que la France est devenue un pays de football ?

Pascal Boniface Non, toujours pas. Les Français se passionnent en premier lieu pour la victoire, pas pour la Coupe du monde. On voit qu’il faut toujours attendre un certain niveau dans la compétition pour que les gens se mobilisent. Dans un pays comme l’Angleterre, si une équipe est reléguée dans une division inférieure, les gens continueront à la soutenir, à suivre ses résultats. C’est moins le cas en France, excepté certaines villes. Malgré tout, on peut quand même dire que la France se « footballise ».

On voit maintenant que, toutes générations confondues, tous sexes confondus, on se passionne pour le football."


(1) L’Empire foot. Comment le ballon rond a conquis le monde (Armand Colin) et Planète football, avec David Lopez (BD aux éditions Steinkis).

 

« Un joueur est toujours

l’ambassadeur de son pays »

Lundi, 16 Juillet, 2018

Au-delà des enjeux sportifs, la Coupe du monde draine des enjeux politiques. Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques et auteur de plusieurs livres sur le football (1), nous détaille ces liens.

Selon vous, football et géopolitique ont un lien très fort. Pourquoi ?

Pascal Boniface Parce que c’est le sport universel par excellence, connu de tous et qui se pratique partout. Chaque nation est représentée par son équipe de football. Quelque part, le prestige d’un pays se mesure également à la qualité de son équipe et au parcours de celle-ci. Par ailleurs, dans la mesure où les symboles sont très forts, il peut y avoir des rapprochements ou des affrontements qui viennent se superposer sur un match de football.

Il y a eu des audiences record lors de cette Coupe du monde.

Le football a-t-il gagné la bataille de la mondialisation ?

Pascal Boniface Il est complètement mondialisé, dans la mesure où l’on y joue partout et que les Coupes du monde ont été organisées sur tous les continents. En même temps, il n’est pas encore multipolarisé, parce qu’il est toujours dominé par les pays européens et sud-américains. Sur les 16 huitièmes de finalistes, il y avait dix pays européens, quatre sud-américains et seulement le Mexique et le Japon pour compléter le tableau. En termes de résultats, le football reste relativement oligarchique.

Le footballeur est-il aussi devenu un objet politique sans le savoir ?

Pascal Boniface Oui, dans la mesure où il a une telle exposition mondiale que la compétition devient un enjeu politique pour ceux qui y participent, ou ceux qui l’organisent, en l’occurrence Vladimir Poutine, qui voulait montrer un autre visage de la Russie. Le joueur est toujours, qu’il le veuille ou non, l’ambassadeur en short de son pays. Il l’incarne, et ses compatriotes se sentent incarnés par lui. La définition classique de l’État, c’est : un gouvernement, une population, un territoire. Et on pourrait ajouter : une équipe nationale de football.

Vladimir Poutine a-t-il réussi sa Coupe du monde ?

Pascal Boniface Il a marqué des points par rapport à sa population, mais beaucoup moins par rapport aux Occidentaux, qui restent réservés. Avant la compétition, il y avait plusieurs enjeux : le hooliganisme, le racisme dans les stades et les risques d’attentats. Rien de tout cela n’a eu lieu. Cerise sur le gâteau, l’équipe russe a finalement réussi un beau parcours.

 

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14/07/2018

UN MASSACRE OUBLIE ... Mémoire. Les balles du 14 juillet 1953

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http://www.editions-harmattan.fr/catalogue/couv/9782343057590v.jpg

 

Dépôt de gerbes devant la résidence d'Amar Tabadji, assassiné le 14 juillet 1953. S.l., juillet 1953. Publiée dans l'Humanité du 20 juillet 1953. Auteur non identifié (83Fi/759 38).https://archives.seinesaintdenis.fr/Un-massacre-oublie.html

Les corps des victimes du 14 juillet 1953 exposés à la Maison des Métallos. Paris (75), 22 juillet 1953. Auteur non identifié. Droits réservés - Mémoires d'Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/759 21).

 

Retour sur la manifestation du 14 juillet 1953.

Les défilés républicains du parti communiste, de la CGT et des organisations progressistes : vue générale du défilé à Paris le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> Mai 1937. Auteur non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/28 367). {JPEG}Les défilés républicains du parti communiste, de la CGT et des organisations progressistes : vue générale du défilé à Paris le 1er Mai 1937. Auteur non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/28 367).Le 14 juillet 1953, comme chaque année depuis 1936, le Parti communiste français (PCF), la Confédération générale du travail (CGT) et de nombreuses organisations progressistes organisent à Paris un défilé qui se veut une célébration des valeurs de la République. Cette tradition rappelle celle des manifestations du 1er Mai.

Ce 14 juillet, le cortège défile de la place de la Bastille à la Nation. Rendez-vous est donné dès 14 heures aux militants afin de se constituer en cortèges dont l’ordre a été décidé au préalable. Comme chaque année depuis le début des années 1950 les messalistes, militants indépendantistes du mouvement pour les libertés démocratiques en Algérie (MTLD) dirigé par Messali Hadj, prennent part au défilé malgré leurs divergences - le PCF n’est, à l’époque, pas favorable à l’indépendance de l’Algérie. Ils sont encadrés par leur propre service d’ordre que l’on reconnaît à son brassard vert.

Cette année le contexte est particulièrement tendu : les manifestations du 1er Mai ont été marquées par des violences policières ; celles de mai 1952 contre la venue en France du général américain Ridgway accusé d’utiliser des armes bactériologiques en Corée se sont soldées notamment par la mort de l’ouvrier communiste Hocine Bélaïd.

Le cortège du MTLD le 14 juillet 1953. Paris (75), 14 juillet 1953. Correspondant l’Humanité non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/759 15). {JPEG}Le cortège du MTLD le 14 juillet 1953. Paris (75), 14 juillet 1953. Correspondant l’Humanité non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/759 15).À 15 heures, le cortège s’ébranle en direction de la place de la Nation avec à sa tête une banderole proclamant l’« Union pour la défense des libertés républicaines ». L’on entonne une première Marseillaise, l’on exige la libération des militants communistes emprisonnés. Quoi que la presse ne s’en fasse pas l’écho par la suite, l’on scande aussi du côté des messalistes des slogans favorables à une Algérie indépendante.

Du côté de la rue Jacques-Cœur surgissent quelques parachutistes, de retour d’Indochine, qui provoquent et agressent les manifestants. Sporadiquement, ces « bérets rouges » qui le matin même défilaient sur les Champs-Élysées agressent les manifestants. Exfiltrés par les policiers, ils ne sont pas arrêtés.

Vers 15 heures 30, une première averse estivale, violente et soudaine, sème un peu le trouble mais le cortège parvient tout de même aux alentours de 16 heures en bon ordre à la Nation où la manifestation doit se disloquer. Depuis la tribune où il prend place, le comité d’organisation salue les différents cortèges.

Tandis qu’une seconde averse, encore plus drue, s’abat sur la place de la Nation, la journée vire au cauchemar. Après son passage devant la tribune officielle, le cortège des messalistes se presse en direction de l’avenue du Trône où un camion attend les militants pour recueillir les drapeaux algériens et les portraits de Messali Hadj qu’ils portaient fièrement durant le défilé. Des rues adjacentes, des policiers fondent sur eux. Ces derniers s’acharnent à piétiner les portraits du leader indépendantiste. Éclate alors une première bagarre sous la pluie torrentielle. Surprises par la réaction belliqueuse des messalistes qui refluent malgré tout vers la place, les forces de l’ordre suppléées de gardes mobiles retournent à la charge tandis que la tribune est évacuée.

Un blessé des affrontements du 14 juillet à Paris, le 14 juillet 1953. Auteur non identifié. Publié (recadré) le 15 juillet 1953 en Une de l’Humanité. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/92 18). {JPEG}Un blessé des affrontements du 14 juillet à Paris, le 14 juillet 1953. Auteur non identifié. Publié (recadré) le 15 juillet 1953 en Une de l’Humanité. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/92 18).Soudain, sans sommation, des coups de feu claquent. « L’horloge monumentale, brisée à l’entrée du carrefour, est arrêtée à 17h20, heure où le premier coup de feu fut tiré », selon France Soir le 16 juillet. Dans la panique générale qui s’en suit, sous une pluie battante, les premiers blessés sont évacués vers les cafés où se réfugient aussi les manifestants effarés qui, comme les clients des cafés, se font frapper par la police. On appelle les ambulances pour transporter les blessés tandis que des médecins donnent les premiers soins. Avenue du Trône, un premier car de police est renversé et enflammé. Deux autres seront brûlés et une vingtaine endommagés. Bien que la traque des manifestants se poursuive jusque dans les cours d’immeubles et sur les quais du métro où les manifestants Algériens – ou qualifiés comme tel - cherchent refuge, un calme relatif revient à peine trente minutes après les premières échauffourées qui furent d’une violence inouïe.

Sept manifestants sont tombés sous les balles de la police, six Algériens et un Français : Amar Tabjadi, 26 ans, décédé à l’hôpital Saint-Louis ; Abdallah Bacha, 25 ans, décédé à l’Hôtel-Dieu des suites d’une balle reçue dans la gorge ; Larbi Daoui, 27 ans, tué d’une balle dans le cœur ; Abdelkader Dranis, 31 ans, décédé à l’hôpital Saint-Louis ; Mohammed Isidore Illoul, 20 ans, décédé à l’hôpital Saint-Louis ; Medjen Tahar, blessé par deux balles, décédé à l’hôpital Tenon et enfin Maurice Lurot, 40 ans, mort à l’hôpital Saint-Louis d’une balle dans le cœur.

D’après le bilan officiel de la Préfecture de police, une soixantaine de policiers furent blessés à divers degrés. Le journal Combat indique le chiffre de quatre-vingt policiers blessés ; du côté des manifestants, outre les sept morts, le même journal recense quarante-quatre blessés. Mais le décompte officiel de la Préfecture – quarante blessés par balles et sept morts – est certainement à réévaluer : de nombreux blessés, de peur d’être incarcérés, ne se rendent pas dans les hôpitaux et certains médecins ne les signalent pas.

Les corps des victimes du 14 juillet 1953 exposés à la Maison des Métallos. Paris (75), 22 juillet 1953. Auteur non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/759 21). {JPEG}Les corps des victimes du 14 juillet 1953 exposés à la Maison des Métallos. Paris (75), 22 juillet 1953. Auteur non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/759 21).Dans les jours qui suivent, l’émotion est intense ; la presse s’indigne, comme par exemple l’Humanité, ou au contraire voue aux gémonies les Algériens agresseurs des forces de l’ordre : le Figaro du 15 juillet dénonce les communistes et les Algériens respectivement responsables et initiateurs des affrontements. Le PCF, tout en taisant les revendications indépendantistes des messalistes, invite à un meeting le 21 juillet au Cirque d’Hiver qui remporte un franc succès.

Le même jour, les corps des victimes algériennes sont transportés à la mosquée de Paris pour une cérémonie religieuse tandis que rue Duhesme, au local de la section du PCF à laquelle appartenait Maurice Lurot, une chapelle ardente est dressée en hommage aux sept victimes de la répression policière. Le lendemain, leurs corps sont exposés à la Maison des Métallos avant l’enterrement de Maurice Lurot au cimetière du Père-Lachaise et le transfèrement des corps des Algériens vers l’Algérie.

Mais les brimades ne sont pas encore terminées : les corps de Larbi Daoui et Mohammed Isidore Illoul ne peuvent être rapatriés en Algérie pour des raisons administratives. Ils seront enterrés dans le carré musulman du cimetière de Bobigny. Quant à Amar Tabjadi, si sa dépouille est bien parvenue en Algérie, l’Humanité du 26 juillet rapporte que son corps a été subtilisé à sa famille par des militaires français et enterré « à l’esbroufe ». Tahar Madjeb sera inhumé à Guergour, Abdallah Bacha à Bahalil et Abdelkader Dranis à Nedrouma.

Rassemblement du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai 1954. S.l., 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai 1954. Correspondant l’Humanité non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/15 59). {JPEG}Rassemblement du 1er mai 1954. S.l., 1er mai 1954. Correspondant l’Humanité non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/15 59).Malgré quelques commémorations, le massacre du 14 juillet 1953 sera vite occulté dans les années qui suivent par ceux d’octobre 1961 et de février 1962.

Le 21 septembre 1995, le fils de Maurice Lurot écrivait dans le courrier des lecteurs de l’Humanité-Dimanche : « chaque année, alors que chacun danse, c’est les larmes aux yeux que je cherche un mot qui réchauffe dans l’HD [l’Humanité-Dimanche]. Chaque année, mon père est de nouveau assassiné par les camarades, par leur oubli ».




Maxime Courban
Archiviste en charge des fonds photographiques du journal l’Humanité
Juillet 2013

 

 

« Les balles du 14 juillet 1953 » : un film sur un carnage méconnu

vendredi 30 mai 2014, par Michel Berthelemy

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Il y a près de 61 ans, le 14 juillet 1953, un drame s’est déroulé en plein Paris. A la fin d’une manifestation célébrant la Révolution française, la police parisienne a chargé. Six Algériens et un Français ont été tués, une cinquantaine de manifestants ont été blessés.
Daniel Kupferstein avait déjà réalisé en 2011 le documentaire « 17 octobre 1961, dissimulation d’un massacre » et en 2010 « Mourir à Charonne, pourquoi ? ». Il explique ici ce qui l’a poussé à sortir cette histoire de l’oubli.

« Ce qui est troublant avec ce fait dramatique, c’est que cette histoire est quasiment inconnue. Pratiquement personne n’est au courant de son existence. C’est comme si une page d’histoire avait été déchirée et mise à la poubelle. En France comme en Algérie.

En fait, ce film, est l’histoire d’une longue enquête contre l’amnésie. Enquête au jour le jour, pour retrouver des témoins, les familles des victimes, pour faire parler les historiens, pour reprendre les informations dans les journaux de l’époque, dans les archives et autres centres de documentation afin de reconstituer au mieux le déroulement de ce drame mais aussi pour comprendre comment ce mensonge d’Etat a si bien fonctionné.

Avant que les derniers témoins ne disparaissent, il est temps que l’histoire de ce massacre sorte de l’oubli ! »

 

 

 https://www.contretemps.eu/14-juillet-1953-repression-coloniale-massacre-detat/

La manifestation et la répression du 14 juillet 1953

[…] Des consignes de discrétion avaient été données aux forces de l’ordre qui, pour la plupart, n’étaient pas visibles des manifestants. La circulaire officielle rappelait pourtant la fermeté attendue en cas de transgression des limites imposées aux organisateurs de la manifestation :

Aucune banderole ou pancarte, dont l’inscription (en langue française ou étrangère) aurait un caractère injurieux tant à l’égard du gouvernement ou de ses représentants que d’un gouvernement étranger ou de ses représentants, ne pourra être portée par les manifestants.

Aucun cri ou aucun chant séditieux ne devront être prononcés3.

[…] Jusqu’à la place de la Nation, il n’y eut pas d’accrochages avec les forces de l’ordre, mais les manifestants furent attaqués par des parachutistes retour d’Indochine en permission à Paris. Ces derniers, après quelques escarmouches à l’entrée du faubourg Saint-Antoine avec des membres du PCF, avec qui ils se coltinèrent à nouveau en soirée, se heurtèrent aux militants du PPA-MTLD. La bagarre dura une vingtaine de minutes et tourna à l’avantage des Algériens. Six parachutistes ayant participé à échauffourées furent emmenés dans les hôpitaux avoisinants. Les autres soldats impliqués furent reconduits à leur cantonnement de la porte de Versailles par des cars de police. […]

C’est à partir de 17 heures et sur la place de la Nation que la journée prit un tour dramatique. Les archives de police consultées laissent transparaître le caractère subit et imprévu de l’événement, ainsi que la volonté ultérieure d’en donner une interprétation qui dédouane les forces de l’ordre. Dès la dispersion définitive de la manifestation, les rapports des différents commissaires de police engagés dans ce maintien de l’ordre privilégièrent « l’interprétation émeutière délibérée »4. Ils tentèrent d’accréditer la thèse de la légitime défense que tous les échelons hiérarchiques la préfecture de police souhaitaient imposer. […]

Deux éléments sont avérés : la réaction des Algériens fut extrêmement vive et les forces de l’ordre ouvrirent le feu sans sommation dès les premiers engagements, sans qu’on puisse déterminer lequel de ces événements détermina l’autre.

Jusqu’à 17 h 30, sous une pluie battante qui contribua à augmenter la confusion, la place de la Nation, abandonnée par les organisateurs du défilé qui avaient quitté la tribune officielle, fut transformée en champ de bataille. Environ 2 000 Algériens, épaulés par quelques manifestants métropolitains – l’immense majorité d’entre eux s’étaient déjà dispersés ou avaient reflué3 –, prirent un temps le dessus sur les forces de l’ordre. Les barrières en bois installées place de la Nation à la demande des organisateurs furent brisées et servirent de projectiles ou de matraques, une vingtaine de véhicules de police furent endommagés dont au moins deux incendiés. Dans l’attente de renforts, les forces de l’ordre massées dans le cours de Vincennes se replièrent dans les rues adjacentes. Ces renforts arrivèrent principalement des boulevards de Charonne et de Bel Air. Ils prirent les manifestants à revers dans une manœuvre dont on peut imaginer la violence réciproque. Ils réussirent à traverser une place de la Nation jonchée de débris et de corps de manifestants tués ou blessés par des tirs qui furent particulièrement nombreux et nourris. À 17 h 30, le calme était revenu et à 18 heures, la place de la Nation était dégagée. Des groupes de gardiens continuaient cependant de poursuivre, notamment grâce aux informations de passants, les manifestants, souvent blessés, qui étaient allés se réfugier dans des immeubles des rues adjacentes.

Le bilan humain laisse peu de doute quant à l’usage différencié de la force par les deux groupes en présence : d’après le bilan officiel de Ia préfecture de police, au vu des blessures déclarées – 16 gardiens furent hospitalisés à la suite de la manifestation, une cinquantaine « cessèrent le service »– l’immense majorité des Algériens étaient armés des seules « armes par destination » que constituèrent les manches de banderoles et les barrières cassées. Entre trois et cinq gardiens furent cependant superficiellement blessés par des « objets tranchants », sans doute des couteaux. Si cette arme avait été aussi massivement employée que le suggèrent certains rapports, le bilan aurait été tout autre. […] Il reste qu’une dizaine de gardiens furent grièvement blessés – un fut trépané –, victimes de traumatismes crâniens et faciaux, occasionnés par la violence de coups répétés portés par les manifestants à l’aide d’objets les plus divers (morceaux de ciments, etc.).

Du côté des manifestants, le lourd bilan des blessés (50 dont 44 Algériens, d’après les états de la préfecture de police) est sans doute très largement sous-estimé : certains médecins hospitaliers étaient réticents à répondre aux injonctions de la préfecture de police et des blessés préférèrent ne pas se rendre dans les hôpitaux plutôt que de risquer d’y être arrêtés. Les sept morts et les 40 blessés par balles recensés témoignent cependant de l’usage massif des armes par les forces de l’ordre. […]

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C’est donc l’interprétation policière des événements et de la juste répression d’une émeute violente qui s’imposa après le 14 juillet 1953. Dans les jours qui suivirent la tuerie de la place de la Nation, les RG de la préfecture de police n’eurent même de cesse de mettre en garde contre de nouvelles « violences » et « vengeances » des nationalistes algériens. […]

Ces mises en garde récurrentes, démenties tant par les RG de la Sûreté nationale que par la suite des événements, ne pouvaient que contribuer à renforcer le sentiment de défiance, voire de haine, d’une partie de la base policière à l’encontre des Algériens. Dans les heures et jours qui suivirent la manifestation, les descentes de police à la Goutte d’Or furent l’occasion d’assouvir ces sentiments, dans un quartier emblématique des résistances algériennes aux contrôles et répressions policières.

 

 

 

 

11/07/2018

"AU PEUPLE DE DECIDER" .JL MELENCHON

Ajoutée le 11 juil. 2018
ABONNÉ 378 K
 
Intervention de Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale le 10 juillet 2018 sur la réforme constitutionnelle.
Le président du groupe « La France insoumise » a expliqué que la République n'était pas un régime neutre mais un projet politique et que le peuple lui-même devait pouvoir décider lorsqu'il s'agit de la Constitution, c'est à dire de la règle de vie commune.
Jean-Luc Mélenchon a donc expliqué qu'il était favorable à une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution.
Il a également dit que la France insoumise souhaitait défendre l'inscription dans la Constitution de nouveaux droits et de nouvelles règles :
le vote obligatoire,
la reconnaissance du vote blanc,
le droit de vote à 16 ans,
le référendum révocatoire (pour dégager un élu en cours de mandat),
le référendum abrogatif (pour annuler une loi)
et le référendum propositionnel (pour proposer une loi),
le droit à l'IVG,
le droit à mourir dans la dignité,
l'interdiction de la maltraitance animale,
la règle verte (pour ne pas prendre à la nature davantage que ce qu'elle peut reconstituer.
 
 
Face à la rupture de confiance entre le peuple et ses élus, Jean-Luc Mélenchon a appelé à ce que la France se refonde en refondant ses institutions.
Il a enfin proposé que la réforme constitutionnelle soit soumise à un référendum.
 
 
Vincent GS
Beau discours fédérateur et qui s'engage ! Merci !
 
 
Barbus In Game
Un discours Magnifique !
 
 
avanti popolo
Le plus grand danger, ce n'est pas notre président de pacotille mais l'indifférence de la majorité des français ! Comme le dit assez souvent Méluche : "Je fais mon boulot, à vous de faire le votre !"
 
 
Taiji School Berlin
"Le peuple peut il decider de ce qui est bon pour lui? moi je crois que oui..." Tiens comme c´est bizarre aucun applaudissement de la majorité...
 
 
 
Lucie Escoffiers
Et oui, toujours aussi enthousiasmant notre JLM ! Chiche pour une demande de referendum, Mesdames et Messieurs les député.e.s ?
 
 
 
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akirox toriama
j'aimerais croire à un changement de politique qui serait plus juste... Mais ça semble encore, hélas un beau rêve
 
 
Nashka
Je crois que nous devons mobiliser tout le monde autour de nous. Nous devons, nous citoyens, nous impliquer , nous emparer de cette question, de cette demande de référendum quels que soient nos clivages idéologiques et convaincre autour de nous de le faire. Urgence !
 
 
didier peauger
Qu'elle culture , les autres j'en suis sur ne comprenent rien , il ne font qu'executer
 
 
Robin Dardelin
Fédérateur, intéressant et on ne peut plus juste. Premier YouTubeur politique Français à l'assemblée, il était temps
loulou mr loulou
Il ne sera jamais président ! Les français sont bêtes et idiots !
 
 
ÀlaQuébécoise
Wow !!! J'en ai des frissons ! Quelle envolée ! Les Français savent-ils à quel point ils sont chanceux d'avoir un tel homme politique comme député de la nation ?
 
 
will mobs
un discours de bon sens!!! ne lachons rien et impliquons nous à fond dans la campagne des européennes car nous avons besoin de tout le monde pour tracter, coller les affiches, convaincres les gens d'au moins se déplacer et ensuite voter FI, et à la fin c'est nous qu'on va gagner face au roi des riches!!!
 

09/07/2018

MANIF EN LIGNE... C'est parti...

Lundi 9 juillet à 15h, Emmanuel Macron s’exprime devant le Congrès réuni à Versailles. Il choisit de faire cette convocation alors que vont commencer les débats sur la réforme constitutionnelle. Il choisit de la faire le jour anniversaire du 9 juillet 1789 où les députés des États généraux se sont proclamés Assemblée nationale constituante.

Par ses actes, Emmanuel Macron donne le signal de l’abaissement du Parlement. Par la réforme de la Constitution qu’il propose, le président des riches transforme peu à peu la monarchie présidentielle en monarchie présidentielle absolue.

Les députés de la France insoumise ne participeront pas à cette dégringolade de l’idéal Républicain. Ils boycotteront le Congrès de Versailles.

Ils appellent à participer à une manifestation en ligne #MacronMonarc le 9 juillet à 14h pour protester contre la dérive autoritaire du président et proposer une autre voie : celle d’une nouvelle Assemblée constituante et d’une 6e République sociale, écologique et démocratique.

groupe_fi_hd

Pour y participer, c’est très simple : il vous suffit de partager cette page sur les réseaux et de publier à 14h de nombreux tweets avec le hashtag #MacronMonarc. Pour vous aider, vous trouverez ci-dessous des tweets «prêt-à-poster».

Tweets prêts-à-poster avec le hashtag #MacronMonarc

Voici quelques tweets prêts-à-poster à 14h le lundi 9 juillet pour participer à la manif en ligne #MacronMonarc. 

N’oubliez pas également de retweeter les tweets réalisés avec ce hashtag. 

Quand un colonel de l'armée israélienne rencontre des députés à l'ASSEMBLEE NATIONALE.. Qu'est-ce qu'ils se disent ?

 
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