09/02/2010
UN 8 FEVRIER 1962... CHARONNE !
Ce qui s'est passé à Charonne, Renaud s'en rappellera toute sa vie,
notamment dans sa chanson culte Hexagone.
Moi également.
" Ils sont pas lourds, en février,
à se souvenir de Charonne ;
Des matraqueurs assermentés
Qui fignolèrent leur besogne".
***
Le 8 février 1962, j’avais 19 ans. Souvenir encore cuisant dans ma mémoire.
Un cri d'horreur, en apprenant la terrible nouvelle à la Radio
Le 8 février 1962, huit personnes ont trouvé la mort à la station de métro Charonne
Elles faisaient partie des dizaines de milliers de personnes qui défilaient
à l'appel du Parti communiste français et de divers organismes de gauche
le P.S.U., la C.F.T.C., l’U.N.E.F. et la Fédération de l’Education nationale.
en faveur de l’indépendance de l’Algérie, contre l'O.A.S. (organisation de l'armée secrète)
*
Alors que les organisateurs donnent le signal de dispersion, les forces de l’ordre chargent le cortège. Sur ordre du Préfet Papon, il faut « disperser énergiquement » les manifestants. Les policiers chargent de façon si soudaine qu’un mouvement de panique s’empare des manifestants, qui tentent de fuir vers la station de métro la plus proche.
Les premières cibles des forces de l’ordre sont des élus communistes, frappés à la tête. Puis des manifestants, portés par la foule, trébuchent dans les escaliers du métro et s’entassent les uns sur les autres. Au lieu d’aider les gens qui suffoquent, les policiers les frappent, les insultent, et n’hésitent pas à jeter sur eux les grilles d’acier qu’ils trouvent au pied des arbres, ou encore des grilles d’aération. Le bilan de cette agression est de neuf morts (dont un mineur de quinze ans et un décès à l’hôpital).

Jean-Pierre Bernard, 30 ans, dessinateur,
Fanny Dewerpe, 31 ans, secrétaire,
Daniel Féry, 15 ans, apprenti,
Anne Godeau, 24 ans, employée des PTT,
Édouard Lemarchand, 41 ans, menuisier,
Suzanne Martorell, 36 ans, employée à « l'Humanité »,
Hippolyte Pina, 58 ans, maçon,
Raymond Wintgens, 44 ans, typographe
et Maurice Pochard (décédé à l'hôpital), 48 ans
Parmi les 9 victimes les 9 étaient des adhérents de la CGT(Confédération Générale du Travail)
et 8 étaient membres du PCF (Parti Communiste Français).

La population française est largement choquée par ce déchaînement de répression
entre 500 000 et un million de parisiens assistèrent aux funérailles des victimes .
écrasées contre les grilles fermées de la station, chargées par les flics
du sinistre Papon, préfet de police.
**
la charge des CRS avait fait également une centaine de blessés.
*
La veille, dix attentats sont commis à Paris, attribués à l’OAS.
Dix charges de plastic explosent au domicile d'universitaires,
d' élus communistes,
de journalistes
et du ministre d’Etat chargé des Affaires culturelles André MALRAUX.
Sept blessés. Parmi ces blessés une petite fille.

Elle s’appelle Delphine Renard, elle a quatre ans et demi. En attendant de retourner a l’école, elle jouait dans sa chambre après le déjeuner quand une charge de plastic destinée à André Malraux, qui habite le même immeuble, explose devant ses fenêtres. Delphine ne saura naturellement pas ce qui lui est arrivé. Quand son père la ramasse. Le visage en sang, les yeux criblés d’éclats, elle lui dit : Papa, j’ai des grains de sable dans les yeux. Ces grains de sable-là vont bouleverser la France.
Le lendemain à 18 heures dix mille manifestants convergent vers la Bastille aux cris
de O.A.S.-assassins.
Mais, du fait de l’état d’urgence de 1961, les manifestations sont officiellement interdites
et on connaît la suite
CONTRE L'OUBLI

Selon les sources, un demi-million ou un million de personnes se rendent au Père-Lachaise, le 13 février, pour les obsèques des victimes.
La plaque commémorative de la station Charonne est traditionnellement fleurie chaque 8 février en hommage .
Pour que l'on n'oublie pas…

Leny Escudero a écrit, en 1968, la chanson Je t'attends à Charonne, dédiée aux victimes
Je t'attends à Charonne
L'automne va mourir
Et l'on entend déjà
Le printemps refleurir
Aux branches des lilas
C'est une éternité
Quand on est amoureux
Tu verras mille étés
Eclabousser ses yeux
C'est aujourd'hui l'hiver
Mais c'est encore printemps
La nature est au vert
Lorsque l'on a vingt ans
Marie oh Marie je t'aime
Tu es mon premier baptême
Marie que l'amour me pardonne
On m'appelle à Charonne
On l'appelle à Charonne
Et moi je reste là
Ni Dieu ni la Madone
N'ont plus d'amour que moi
Ca me brûle le coeur
D'une douleur si tendre
Que c'est encore bonheur
Pour moi que de t'attendre
Je t'attends je t'attends
Comme l'oiseau qui mourut
D'attendre le printemps
Où ils s'étaient connus
Marie oh Marie je t'aime
Tu restes mon seul baptême
Marie que l'amour me pardonne
J'ai si peur à Charonne
Il a peur à Charonne
Mon Dieu prends lui la main
Pour venir de Charonne
Il est long le chemin
Qu'elle est cette rumeur
Venue du fond des temps
J'ai si froid j'ai si peur
Daniel oh reviens t'en
Y'a notre vie à nous
Qui dort dedans mon ventre
Les fleurs s'mettent à genoux
Les fleurs te disent rentre
Marie oh Marie je t'aime
Tu es mon dernier baptême
Marie que l'amour me pardonne
Je t'attends à Charonne
00:00 Publié dans Mes couleurs,mes passions,mes révoltes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : charonne, guerre d'algérie, assassinats
08/02/2010
VOCE DI CORSICA .. Polyphonies
Hélène, suite à tes jolies notes sur la CORSE, accompagnées par la voix douce de TINO
chose promise ... AUTRES VOIX, AUTRES SONS...

quelques extraits de ce CD
VOCE di CORSICA - Victoires de la Musique 1995
qui m'avait été offert par Pierre FEDERICI, cousin d'un chanteur.
Si tu passes par là Pierre, bonjour !

Vous voulez vous laisser bercer par la magie des mélodies et de voix ?
D'abord ceci :

A ME BRUNETTA -
C'est l'adaptation d'un chant traditionnel Sarde, vantant les beautés d'une brune.
A la me brunetta
La me brunetta hè bella
Cinque, quatru, trè, dui è una
La me brunetta hè bruna
****
TERZINE
Chant de révolte invocant les héros à sauver la Corse de la situation désastreuse où elle se trouvait
sous la domination Génoise.
Poésie de Natalellu Sarocchi (1839-1916) écrite en 1905
Dalle Cirnesi miserande rive
Un mesto figlio, nelli Elisei Campi
Ai vecchi padri della patria scrive.
Esser non puo che di pieta non stampi
Un orma il mio pregar nei vostri cuori
E lo spirto primier bolla è s'avvampi.
....
Vous préférez la CORSE chantée par Patrick FIORI ?

Une autre belle voix
Version Corse
Terra nostra, terra umana
Nant a lu to mare
Si vicina e si luntana
Quand ella ti pare
Da lu tempu piu anzianu
Sott a lu turchinu altare
Tu stai
...
Version française
Terre de chez nous, terre humaine
Au milieu de la mer
Tu es proche et lointaine
Selon les jours.
Depuis les temps les plus anciens
Sous cet autel d'azur
Tu es là
...
22:57 Publié dans paroles et musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chants corses.. polyphonies.. voce di corsica
LA GUENON, LE SINGE et LA NOIX
Pendant la cuisson du repas vite fait, mal fait
une petite fable pour Framboisine qui les aime
Et qui donc encore ?
**
Une jeune guenon cueillit
Une noix dans sa coque verte ;
Elle y porte la dent, fait la grimace ... Ah ! certe,
Dit-elle, ma mère mentit
Quand elle m'assura que les noix étaient bonnes.

Puis, croyez aux discours de ces vieilles personnes
Qui trompent la jeunesse ! Au diable soit le fruit !

Elle jette la noix. Un singe la ramasse,
Vite entre deux cailloux la casse,
L'épluche, la mange et lui dit :
Votre mère eut raison, ma mie.
Les noix ont fort bon goût ; mais il faut les ouvrir.

Souvenez-vous que, dans la vie,
Sans un peu de travail on n'a point de plaisir.
**
Réflexion de mon Minou :
Il y en a qui n'ont jamais rien foutu de leur vie et qui ont du plaisir !
il me casse la baraque !
*
On a rien sans rien disait .. euh ! qui donc ?
*
Quand j'étais petite fille (il y a bien longtemps) je récitais des poèmes dès la Maternelle
pour les fêtes de fin d'année
Ensuite, un peu de théâtre
A ce propos le décès de G. WILSON et P. VANECK m'ont peiné
Je ne me lasse donc pas de lire Fables et Poésies
et je viens de décider d'en apprendre quelques-unes pour contrôler ma mémoire
Celle-là est courte et bonne, ça devrait le faire ! pfff
CELIA, tu m'interroges quand j'arrive à STE-LUCE
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Miche ! c'est beau tout ça mais j'ai quand même une petite faim.
J'arrive !
pfff
12:48 Publié dans Vieux bouquins | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : fable de florian. 1874



