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30/04/2006

MON PERE, MON ONCLE, SAMUEL ET D'AUTRES

........ Mon père : le maquisard
Les actes de sabotage dans les usines, la destruction de voies ferrées et autres petits actes de résistance quotidiennes et individuelles ont été le lot des maquis bien implantés dans le Cher.

Mes parents étaient venus se réfugier à SAUGY, près de CHAROST  car papa était recherché par la Gestapo et c’est là, dans une petite ferme berrichonne, que je vis le jour. Communiste dans le Cher en résistance, il avait « pris le maquis » après avoir été requis au titre du Service du Travail Obligatoire.

Le jour où mes parents virent la traction noire franchir la porte d’entrée de la cour de la petite ferme où je suis née et en descendre deux hommes en noir, ils eurent une belle frayeur . Mais mon père n’était pas décidé à se laisser reprendre et il enjamba la fenêtre de la chambre donnant sur l’arrière et les champs, tandis que Maman, morte de peur, me serrait très fort dans ses bras.

..... Ma mère : la réfugiée des Ardennes
Tout ce que j’ai retenu de cette seconde guerre mondiale, c’est à maman que je le dois, à travers son douloureux vécu, la réfugiée des Ardennes qui avait connu les drames de l'exode. A douze ans j’étais déjà imprégnée des mots de résistance, maquisards, collabos, S.S., déportés, étoile jaune et marché noir, exode et réfugiés, déportation.

Elle avait des anecdotes à me rapporter sur chacun de ces mots-là, des faits divers qui avaient meublé cette douloureuse époque où certains deviennent des lâches, des collaborateurs et d’autres des résistants, des héros.

Ainsi j’apprenais que mon père avait employé et caché dans son atelier, Samuel Rosenberg, un ébéniste du Faubourg Saint-Antoine à Paris, réfugié à Châteaumeillant avec sa famille. Il craignait à tout moment de voir débarquer les allemands sur dénonciation et j’ai compris quelques années plus tard que les armes dissimulées dans l’atelier n’étaient pas là par hasard. Maman avait beaucoup d’affection pour Samuel et nos deux familles étaient restées amies après la guerre.


................. l'Oncle Georges : déporté politique

Je relis avec émotion les coupures de presse du Berry Républicain rendant hommage à ces héros de l’ombre lors de l’inauguration de la stèle érigée en 1997 à la mémoire des passeurs vierzonnais.

Elle a été dévoilée à l’endroit où plus d’un demi-siècle auparavant la ligne de démarcation coupait VIERZON en deux. Evadés des camps, résistants, membres de tous les réseaux qui combattaient l’envahisseur, tous ceux qui voulaient fuir la servitude avaient à franchir la ligne. La plupart y réussirent, certains, hélas, y laissèrent la vie.
......
Les allemands étaient venus l’arrêter à l’usine Merlin de VIERZON, où il était peintre. Il avait demandé à se rendre aux lavabos et avait profité d’une seconde d’inattention de ses gardes du corps pour filer à l’anglaise. Il était activement recherché et les gendarmes français étaient venus trouver mon père pour voir si son frère ne s’était pas réfugié à la maison. Mais l’un d’entre eux avait soufflé discrètement à son oreille « votre frère doit se rendre, ils ont pris votre père à sa place. Il est emprisonné à VIERZON ».

Quand ma tante Marie-Louise se rendait à la prison pour voir le grand-père Alphonse, elle n’apercevait que ses mains amaigries à travers les barreaux. Sa santé dépérissait.

Ne pouvant supporter de savoir son père en prison, l’oncle Georges s’était rendu pour un sale échange à la gendarmerie. Conduit à la prison de VIERZON, une haie d’horreur l’attendait devant les portes. Horrible détail, il dut subir les crachats et coups de fouets de prisonniers, -ses frères de résistance-, alignés de chaque côté, contraints sous la menace à exécuter ce sale boulot.

Après sa détention, il fut déporté à BUCHENWALD pendant trois longues années. Après une tentative d’évasion il fut repris puis envoyé un temps dans une mine de sel dont j’ai oublié le nom. C’est au cours de cette tentative d'évasion que ma tante Marie-Louise avait vu débarquer quatre « boches » à la recherche de mon oncle. Subissant un interrogatoire serré pour dénoncer la cachette de son mari dont elle ignorait tout de son évasion, elle fut violée sous les cris de ses enfants maintenus dans la pièce à côté et les menaces de ses tortionnaires : « s’il entre ici, on le descend comme chien ». En ces instants tragiques, elle ne pensait qu’à lui : « pourvu qu’il ne rentre pas ».

Maman conservait précieusement des couverts à salade taillés dans le bois pendant ces années de captivité.

Après sa libération il retrouva sa famille et il fallut réapprendre à vivre tous ensemble. Il s’était passé tant de choses horribles, inexprimables. Ce ne fut jamais comme avant et tout ce que j'ai appris de cette période, ce fut par maman qui avait une profonde affection pour l'oncle Georges.

MOI AUSSI ...

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26/04/2006

16. CHAMBRE SEULE

EST-CE UNE CHAMBRE OU UN RECOIN,
UN REDUIT OU UN DEBARRAS .
PIECE SANS VIE DES QUATRE COINS,
FERMEE POUR CAUSE DE TRACAS.

ON Y PENETRE A PAS FEUTRES,
A MOTS COUVERTS ET COEUR TENDU,
ON EN RESSORT LES TRAITS FIGES,
A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU.

UNE CHAISE SEULE A PROPOSER,
UN FAUTEUIL POUR BIEN S'Y CALER,
UNE FENETRE A POINGS FERMES,
DES MURS ENCORE A DECORER.

UNE INTIMITE PARTAGEE,
JUSTE UN RIDEAU A PEINE TIRE,
UN LAVABO TRISTE A PLEURER,
ET LA DES COUCHES A JETER.

TABLE DE CHEVET SANS REVEIL
POUR UNE DAME SANS COMPAGNIE.
DEBRANCHEES DU MONDE EN EVEIL,
TROIS PRISES A TERRE TRAINENT LEUR ENNUI.

QUELQUES CINTRES DANS UN PLACARD
POUR QUATRE ROBES ET DEUX CHANDAILS.
DEUX CHAUSSONS BLEUS TRES A L'ECART
GUETTENT LE JOUR DES RETROUVAILLES.

ON A SIEGE AU PIED DU LIT
A LA DEVISAGER SANS FIN,
J'AI CROISE MES DOIGTS DANS LES SIENS
POUR UN SOURIRE, UNE EMBELLIE.


ELOIGNEE DE LA MULTITUDE,

J'AI GRIFFONNE SA SOLITUDE

26.04.2006
 

23/04/2006

LES SENIORS EN CROISIERE

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dernier voyage avant de mourir... ont-ils dit, mes amis Françoise et Robert, beaux-parents de mon fils Pascal et très chers amis.

Avant-dernier voyage ! avons-nous répondu en souriant...

Ils vont s'offrir une petite croisière en GRECE à Kalamata, près des splendides châteaux vénitiens de la Messenie, charmés par l'île Mykonos, l'île volcanique de Santorin (GRECE) en TURQUIE à Marmaris, Antalaya, où ils vont goûter aux beautés incomparables de la riviera turquoise ; en LYBIE à Tripoli,pays impressionnant de richesses archéologiques, MALTE où ils marcheront sur les traces des Chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, à La Valette et en CORSE à Ajaccio, avec le souvenir de Napoléon.

Autant de lieux chargés d'histoire qui jalonneront leur périple à la découverte des splendeurs de la méditerranée.
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veinards ! ILS SONT PAS BEAUX MES SENIORS ? PRETS POUR LA SOIREE DU COMMANDANT ! LES JEUNES N'ONT QU'A BIEN SE TENIR.

a quand votre tour ??

21/04/2006

15. ON PEUT




On peut mourir de lassitude,
Ou bien crever d'ennui,
On peut s'éteindre à petit feu,
Cesser de vivre au petit jour.
Noyer ses chagrins dans l'alcool,
Brûler sa vie par les deux bouts,
Etre emporté par un cancer,
Tomber raide d'indifférence.
On peut partir sans dire un mot,
Claquer la porte au nez du Monde.
On peut aussi r'cevoir la foudre,
Ou bien se faire trouer la peau,
Glisser sur une peau de banane
Ou passer sous le T.G.V.
On peut se prendre une balle perdue,
Sauter sur une mine sans charbon,
Casser sa pipe un jour chômé,
Partir sans laisser son adresse.
On peut être criblé de dettes,
Etre rappelé par Dieu-sait-qui,
Mourir dans une collision,
Sous la torture, au champ d'horreur.
Dans une grand'bouffe s'étouffer,
Ou s'éclater par overdose.
Moi je vous l'dis, faut y penser,
De mort lente ou bien sur le coup,
On n'en réchappe pas vivant.miche

miche 1986

17/04/2006

EMOTION ET PASSION

mes amis (es) blogueurs (euses) amateurs photographes... si je vous dis Leikaïste ? Vous connaissez ?. Il y a bientôt trente ans de cela, j'avais rencontré un photographe amateur, -comme la plupart d'entre vous-, mais également artiste peintre, lequel m'avait reçu à son domicile pour me parler de sa passion : la photo.

Bien calée dans un confortable fauteuil, réchauffée par les flammes généreuses de la cheminée, je portais mon regard sur des tableaux composés par un agencement de cubes, de lignes souples, de formes planes ou enflées dans des tons ocres et bruns, des pâles et osai avouer à mon hôte : "je n'y connais pas grand chose en peintures, je peux seulement dire si j'aime ou pas. Et vos peintures j'aime bien". Il me dit appartenir à l'école cubiste et avoir néanmoins "subi une influence de Fernand Léger, Pignon et de Picasso".

"En fait, je suis surtout un manuel. J'ai toujours construit mes toiles comme on construit un mur. On met les briques les unes sur les autres et il faut que ça tienne"..."Dans toutes mes toiles, il y a une évolution, mais aussi la construction très solide de l'ensemble" - Et je devinais les toits de maisons, je reconnaissais son village de Lesquielles, l'homme et l'enfant, un nu jaune.

"Et ces photos accrochées au mur ?" - Ah ! la photo, c'est autre chose! il y a un pas énorme entre la photo et la peinture. On peut arriver à l'abstrait en peintre, la photo, c'est l'instant. C'est l'émotion.
L'émotion, un mot qui reviendra souvent dans la conversation. "Je prends une photo lorsque je ressens quelque chose, ce peut être n'importe quoi".

Et s'ensuivit tout un cours sur cet engin dont il ne tarit pas d'éloges : le leïka. "Ce sont des engins merveilleux, des outils de grande précision. Ou c'est bon ou c'est mauvais. Et si la photo est mauvaise, c'est le faute au photographe uniquement. Pas à cause de l'appareil".

Et il me certifie que les plus grands photographes qui sont considérés comme des piliers de la photographie moderne n'ont qu'un seul et unique appareil : le leïka.

"La photo, ça part déjà du choix de l'appareil. Jusqu'à la façon d'employer la pellicule, jusqu'au traitement de la pellicule. Pour avoir de bonnes photos, il faut dès le moment de la prise de vue analyser ce qui va se passer dans le laboratoire au tirage".... "Ce qui vous a accroché le regard au moment de la prise de vue, il faut le retrouver au laboratoire".

Alors vous toutes et tous, qui nous donnez à admirer vos belles photos. Leïkaïstes ou numériques ?

Et alors j'apprends que mon leikaïste a une méthode personnelle, il n'utilise jamais de flash car "il détruit toute l'atmosphère". - Atmosphère ! atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? lui aurait demandé Arletty. En labortoire le plus gros parisiste, "c'est une lumière". Et ne pas confondre lumière et luminosité.
La lumière, c'est la lueur d'une bougie, d'une allumette.. La lumière c'est quand c'est filtré, tamisé. Les meilleurs éclairages : le matin de bonne heure ou le soir.

Alors, si je récapitule, il y a le choix de l'appareil, la lumière et quoi encore ? L'émotion bien sûr avant tout. Mais quoi encore ?
La pellicule. Oui oui. Il faut choisir. "j'emploie des pellicules à haute rapidité, des pellicules normales que je fais monter très très vite, au maximum, par un traitement approprié au développement... Ce sont des révélateurs qu'on trouve dans le commerce. Mais c'est le choix qui est difficile".

Trop fort pour moi cet amateur ! 30 ans de photo, 30 ans de noir et blanc - 25.000 photos accumulées, rangées ou données, car dit-il "la différence entre un l'amateur et le professionnel, c'est que l'un fait payer ses photos, l'autre les donne".

Aujourd'hui on dirait : d'autres les passent sur les blogs, généreux, talentueux amateurs photographes.

Il ajoute pour me "refaire le portrait" totalement : "on doit être capable de discerner sur une photo un verre de cristal d'une autre verre".

Ce jour-là j'étais heureuse d'avoir partagé un instant d'émotion, une passion.
J'espère vous avoir un peu appris ou ravis avec cette histoire d'amour de la photo, d'un leïkaïste.

 
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