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17.05.2008

2. MAI 68 ...LES GRAINES DE LA REVOLTE aux P.T.T.

En avril 1968 tous les secteurs des P.T.T bouillonnaient.  Ces mouvements venaient après les luttes menées chaque année depuis 1960 et le nombre de journées de grève en 1968 correspondait à près de 6 journées par agent.
 
L’orage grondait aux Chèques Postaux, à la Poste, chez les « lignards », les centres de tri, les téléphonistes qui à l’appel de la C.G.T. et de la C.F.D.T. avaient fait grève contre les suppressions d’emploi liées à l’automatisation.  

Partout on revendiquait pour  l’emploi, les conditions de travail, les traitements, la réduction du temps de travail, les qualifications mais il y avait des revendications bien spécifiques pour les services du tri, de la poste, des chèques, du téléphone.

 Aux Chèques Postaux, les exigences portaient essentiellement sur les conditions de travail, -contre les cadences et la discipline autoritaire-; les guichetiers de la Poste luttaient contre les réorganisations de la distribution et les “restructurations" -pour “l’arrêt de la pression commerciale et manageriale, des créations d’emplois pour réduire les files d’attentes au guichet.
 
Dans les centres de tri, des grèves perlées avaient lieu concernant les conditions de travail, les primes et la revalorisation de la retraite des agents  travaillant de nuit comme l'homme avec qui je partageais les nuits à raison de deux sur quatre.
 
 Pour les personnels déracinés de leur famille, après les concours obligés dans cette grande administration, c’était la mal-vie. Les filles des Chèques Postaux ou des centraux téléphoniques, les gars du tri ou de la Poste, concentrés sur les grandes agglomérations dans des foyers d’hébergement vivaient mal leur situation. Ils formulaient chaque année des vœux pour rejoindre leur région mais la liste était longue et ils désespéraient de rentrer chez eux. Je me souviens de mes collègues de Marseille, Perpignan, Limoux, Saint-Flour entre autres, à l’accent chantant mais au cœur triste.
 
MAI 68 portait ce mal-être aussi sans le résoudre. 

Ces mouvements sociaux enregistrés aux P.T.T. avaient été précédés d’autres très importants dans le secteur privé.

En 1966 et 1967, il y eût deux « 17 mai », deux journées nationales d’action unitaires CGT, CFDT, FO, FEN massivement suivies contre les ordonnances anti-sécurité sociale de Georges Pompidou qui avaient mobilisé deux fois 1 à 2 millions de personnes.

Les premières barricades de 1968 sont ouvrières. Les ouvriers de la SAVIEM, de FERRODO, de MOULINEX à CAEN s'en souviennent avec des manifestations  qui ont mis la ville en état de siége.

On débrayait à Renault-Billancourt et quand la « forteresse » Renault toussait, la France s’enrhumait selon un célèbre slogan. Les métallos cessaient le travail et organisaient des défilés impressionnants.

 
Tout ceci sentait la poudre. Il suffisait juste d'allumer la mèche.
 
Et la jeunesse scolarisée, qui portait à la fois ses revendications sur les questions universitaires et anti-hiérarchiques a fait sauter le barril en occupant le terrain d’avril à début mai dans les facultés à Nanterre, à la Sorbonne, au Quartier Latin, au Boulevard Saint-Michel.
 
 Des mouvements de soutien, des grèves de solidarité avec les étudiants fleurissaient.

C‘est après une grève de ce type  -nous avions été deux à avoir répondu  à l'appel de la C.G.T. dans le Service, Estelle et moi- que le Chef de Centre m‘avait convoquée dans son Bureau pour me demander les raisons de mon absence ce jour-là.

Nous étions couvertes par un préavis de grève nationale et je n‘avais donc rien à craindre. « J‘ai fait grève de solidarité avec les étudiants » .

 "Madame Crecq, ça n'existe pas les grèves de solidarité. Vous êtes jeune, ne vous laissez pas manipuler par le syndicat ». -Je ne me fais pas manipuler Monsieur, j’ai des convictions.

Il avait insisté et me proposait de venir le voir dans son bureau en cas de problème. J’étais outrée ; il comprit très vite qu’il ne fallait pas compter sur moi pour tomber dans le piège de son filet bien tendu de paternalisme.

La suite des évènements remit les pendules à l’heure avec l’obtention de la reconnaissance du droit syndical qui fut une grande victoire pour les salariés dans les entreprises privées et publiques.

Puis vint la « nuit des barricades » le 10 mai.  La nuit fut courte ; comme des milliers de Français, j’avais l’oreille collée au poste de radio. Pavés arrachés, vitrines brisées, voitures incendiées rue Gay-Lussac.  Tout basculait. Les C.R.S. "assassins" contre la jeunesse. La nuit des cris et des matraques.
 
A l'aube du 11 mai, l'Humanité appelait les travailleurs à la riposte : "Halte à la répression !" 

Commentaires

je reviendrais lire tout à tête reposée. Le soleil donne, mais les nuages sont gris alors je vais m'aérer avant que toute la pluie tombe sur moi. je t'envoie un mail avec de belles images. Je suis sûre que ça va te servir.
BIZ
ANNIE

Ecrit par : Maminie | 17.05.2008

pourriez vous me dire ou je peux acheter de la bourinette par internet svp. j en ai ramener a ma mere y a 3 ans et elle aimerait en ravoir.merci

Ecrit par : leider jean pierre | 17.05.2008

relit ton texte y a une coquille (2006 ça doit être 1966) . Dans les luttes on ne voit pas le temps passer.
C'est quoi de la bourinette ??? y a ça par chez toi ?? ça se mange, ça se boit ???
Le mois de mai n'est pas terminé, la lutte non plus. Le 22 Mai les retraités sont dans la rue et c'était pas en 68 mais en 2008 et sa majesté vient à Orléans le 20 Mai pendant 4 heures montre en main pour parler VERT. La REP' DU CENTRE l'a confirmé dans son édition d'aujourd'hui. M'étonnerait qu'il aille parler Pouvoir d'Achat avec les "DURALEX" dont l'entreprise vient d'être mise en liquidation judiciaire... affaire à suivre .... vite.
BIZ
ANNIE

Ecrit par : Maminie | 17.05.2008

Ma Miche déjà au travail,et moi à la fac:le même combat!

Moi, je te dis " chapeau".;tu ne me déçois pas.

En réalité,nous sommes des " soeurs" quelque peu humanistes,non?

baisers à toi et à celui qui partageait tes nuits ( je suppose que c'est JP...)

Ecrit par : betty | 18.05.2008

Maminie, merci j'ai rectifié..Bravo ! tu ne fais pa semblant de lire ... bises à toi et à mes petites petits camarades. miche

Ecrit par : miche | 19.05.2008