Près de l'ordinateur, ce matin, je tombe sur un bouquin vraisemblablement appartenant à Thomas.
"Ray BRADBURY- Fahrenheit 451" dans la collection, FOLIO SF.
Envie de le lire sur le champ.
451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume.
Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif.
Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.
Préface de Jacques CHAMBON
Aujourd'hui on ne brûle pas les livres. Ou plutôt on ne les brûle plus.
Il arrive qu'on les interdise, et encore, rares sont les pays occidentaux où une censure officielle continue de s'exercer sur les oeuvres de l'esprit.
Aujourd'hui, lorsqu'un livre gêne, on lance des tueurs contre son auteur
...
ou on porte plainte contre l'éditeur dans l'espoir d'obtenir que le livre ne soit plus en librairie et que ledit éditeur soit frappé de lourdes amendes
...
ou dans l'éventualité d'un film considéré comme offensant, les soi-disant offensés font pression sur les pouvoirs publics pour que celui-ci soit retiré de l'affiche ...
des pressions s'exercent pouvant aller jusqu'à la mise à feu d'une salle de cinéma.
***
Mais le jour où un service organisé comme celui des pompiers incendiaires de Bradbury sera chargé de la destruction systématique des livres au nom du caractère subversif de toute démarche créatrice -écriture aussi bien que lecture- paraît relever d'un futur bien lointain, voire parfaitement improbable.
***
Est-ce à dire que Fahrenheit 451 fait partie de ces visions d'avenir qui, parce qu'elles n'ont pas été confirmées par l'Histoire, se trouvent frappées d'obsolescence ? La réponse est évidemment non.
=========
Dans le livre
Il y est aussi et surtout question de l'impérialisme des médias, du grand décervelage auquel procèdent la publicité, les jeux, les feuilletons, les "informations"télévisées.
Car, comme le dit ailleurs Bradbury, "il y a plus d'une façon de brûler un livre", l'une d'elles, peut-être la plus radicale étant de rendre les gens incapables de lire par atrophie de tout intérêt pour la chose littéraire, paresse mentale ou simple désinformation.
_________________________________
Né en 1920, Ray BRADBURY s'impose à la fin des années 40 comme un écrivain majeur, avec la parution d'une série de nouvelles oniriques et mélancoliques, plus tard réunies sous le titre de Chroniques martiennes.
Publié en 1953, Fahrenheit 451, qui finit d'asseoir la réputation mondiale de l'auteur, sera porté à l'écran par François TRUFFAUT.
===========
Betty, il est peut-être dans ta bibliothèque ?
Les jeunes dorment, je vais continuer devant un bol de café ma lecture
et reviendrai chez vous plus tard.