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25.08.2008

Ils commencent à faire la trogne

Forcément, ça se termine !

Et les têtes sont de moins en moins réjouies.

Célia ne parle presque plus, ne sourit plus... Alan l'imite ... Solène ne dit pas grand chose...

 les deux grandes soupirent

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 Hier soir contre toute attente
 
 
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"Pépé, on peut aller à l'eau ?"
 
ça commence au soleil couchant 
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et ça se termine à la nuit 

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-Vous êtes fous, il ne fait pas chaud
"Mais si il fait bon"
 
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 C'était après la soirée pizzas

pour digérer

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****

 

Et ceux-là ? c'étaient les 7% autorisés à mourir

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***
 
C'était en 1986 - le 19.02.
j'avais reçu cette lettre 
d'une jeune homme qui effectuait son service au bloc opératoire 
 
...
"le boulot, c'est toujours la routine, opérations, plâtres.
J'ai posé ma perm pour avril avec un grand P...
Quand je parlais de routine, ça n'était pas tout à fait exact.
En effet, dans la nuit de samedi à dimanche, un jeune appelé qui allait avoir 19 ans est mort
sans doute d'une septicémie (infection générale) qui aurait du pourtant être décelée.
 
On n'en meurt pas comme ça d'un seul coup.
 
Il était en sortie de terrain depuis 3 jours. 
(je vous raconte ce que l'on m'a dit et qui est exact !)
 
Le jeune avait même écrit à son  père et lui avait laissé entendre que l'on ne se préoccupait pas de lui.
 
Je n'accuserai pas et n'irai pas plus loin car je sens la haine grandir en moi (et je ne rigole pas)
 
J'écrirais bien une chanson à ce sujet et je l'intitulerais "tu allais avoir 20 ans, mais tu faisais partie des 7%"
 
 
Lundi je suis allé à la morgue avec l'aspi médecin
pour retirer au cadavre (disons les choses comme elles sont)
des fragments de moëlle.
 
Je vous en dirai plus quand je vous verrai.
 
... En attendant, je ne voudrais pas vous laisser sur ces tristes mots
 
*** 
 
(j'avais écris morts -miche) 
 
======
Depuis le temps que j'avais ça sur la patate
l'occasion m'en est donnée 
On en a parlé et reparlé depuis 1986
 
 du décédé pas soigné
UN APPELE CELUI-LA 
 
 
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les parents qui pleurent
devant leur fils mort et qui porte l'uniforme de l'Armée 
"Il est mort de quoi notre fils ?"
-Il a fait une septicémie
 
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des infirmiers qui se sentent mal
des médecins qui savent 
 
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"crapahute mon vieux ! "
 
il avait une angine le jeune
 
de la température
 
**
crapahute !  
 

 
STOP !
Moi aussi mon fils, j'ai soudain une poussée d'adrénaline

La mort de ce jeune homme que je n'ai pas connu
méritait bien une petite note sur un blog 
 

LE COMBLE DU JARDINIER

ce n'est pas forcément de se mettre tout nu devant ses tomates
pour les faire rougir
blague des bacs à sable ... maintes fois entendue 
 
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Le comble du jardinier aujourd'hui, c'est de vendre sa tomate à 0.38 €uros le kilo à la grande distribution et de la retrouver dans les rayons à 15 kms de chez lui à 1.7 €uro le kilo.

"Le marché s'est mondialisé et par exemple, en fin de saison nous sommes mis en concurrence avec la tomate de Pologne, de Belgique, et de Hollande. La grande distribution profite à fond d'un système qu'elle n'a pas créé. Le résultat, c'est quand même qu'elle nous tue !" 

"Outre les prix tirés systématiquement vers le bas, ce que le paysan reproche aux hypers, c'est un manque de respect vis-à-vis du produit et de son travail

C'est parce qu'ils payent aussi peu qu'ils se permettent de présenter mes tomates n'importe comment et d'en jeter.

Il y a du gaspillage alors que beaucoup de gens ne peuvent plus acheter de fruits et de légumes, c'est honteux !" 

Daniel Roche - cultive la tomate "la pomme d'amour" entre Marseille et Aix-en-Provence 

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Près de 40 villes d'Ile de France

ont participé la semaine dernière

à la vente de fruits et légumes,

du producteur au consommateur,

organisée par le syndicat paysan du MODEF et le P.C.F. 

 ***

Moi ce sont mes voisins charmants

qui ont rempli mes seaux de tomates et poivrons

de haricots verts 

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Les enfants ont fait une cure de tomates

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 miam ! j'adore.. avec de l'ail et des herbes

***

Ici la solidarité s'affiche au quotidien

vive la campagne !

vive le Sud-Ouest ! 

Ici quand un voisin rencontre un voisin

qu'est-ce qu'ils se disent ?

Des histoires de voisins ?

*** 

Eh bien non !  

C'est pour remplir nos assiettes

 et quelquefois nos verres

JE PENSE A TOI DESNOS

  En venant de chez Framboisine,

en lisant les commentaires de Christian, Hélène, Betty...

j'ai pensé que ça vous ferait plaisir

 

 

 poème d'ARAGON, mis en musique par J. FERRAT... Chantée par Allain LEPREST.

 

Tu portais dans ta voix comme un chant de Nerval
Quand tu parlais du sang jeune homme singulier
Scandant la cruauté de tes vers réguliers
Le rire des bouchers t'escortait dans les Halles
Tu avais en ces jours ces accents de gageure
Que j'entends retentir à travers les années
Poète de vingt ans d'avance assassiné
Et que vengeaient déjà le blasphème et l'injure

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre siècle saigne


Debout sous un porche avec un cornet de frites
Te voilà par mauvais temps près de Saint-Merry
Dévisageant le monde avec effronterie
De ton regard pareil à celui d'Amphitrite
Enorme et palpitant d'une pâle buée
Et le sol à ton pied comme au sein nu l'écume
Se couvre de mégots de crachats de légumes
Dans les pas de la pluie et des prostituées

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre siècle saigne

Et c'est encore toi sans fin qui te promènes
Berger des longs désirs et des songes brisés
Sous les arbres obscurs dans les Champs-Elysées
Jusqu'à l'épuisement de la nuit ton domaine
O la Gare de l'Est et le premier croissant
Le café noir qu'on prend près du percolateur
Les journaux frais les boulevards pleins de senteur
Les bouches du métro qui captent les passants

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre siècle saigne


La ville un peu partout garde de ton passage
Une ombre de couleur à ses frontons salis
Et quand le jour se lève au Sacré-Cœur pâli
Quand sur le Panthéon comme un équarissage
Le crépuscule met ses lambeaux écorchés
Quand le vent hurle aux loups dessous le Pont-au-Change
Quand le soleil au Bois roule avec les oranges
Quand la lune s'assied de clocher en clocher

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre siècle saigne


 
 
 
 
 dans l'EXPRESS DU 25.08.2008 - Interview de Jean FERRAT
http://www.lexpress.fr/culture/musique/chanson/toujours-en-colere_497201.html
  
 

extrait 

A quoi sert une chanson?

Parfois, à allumer une lueur d'espérance. Il y a quelques années, j'ai regardé, abasourdi, un reportage filmé en cachette dans Kaboul occupé par les taliban. Un frère et une sœur empêchés d'étudier, d'écouter de la musique, se sont mis à chanter Robert le diable, que j'avais composé sur un poème d'Aragon. C'est un hommage à Robert Desnos, déporté dans un camp de concentration. Là, tout à coup, je me suis dit: «Je n'ai peut-être pas été inutile.» Bien que je ne fasse plus de scène depuis 1972, que je n'aie pas d'activité médiatique, il y a peut-être une vie autour de mes chansons.

 

Pourquoi n'écrivez-vous plus de chansons?

J'en écris... Mais souvent la phrase reste en suspens. Plus le temps passe, plus je suis impressionné par les grands poètes. Le rapport entre la poésie et la chanson, c'est la concision, l'exigence, l'image et éventuellement la rime. Evidemment, c'est très difficile, c'est aussi la beauté de la chose. Et puis, je suis un homme du XXe siècle qui, rendez-vous compte, a vécu depuis 1930 des tragédies, des hécatombes, des génocides, des massacres colonialistes, des idéologies - nazisme, franquisme, bolchevisme - et vu les espérances du communisme imploser. Voilà, je suis fait de cela. Et, pour aborder le XXIe siècle, il me faut du temps. Et comme la situation du monde est aujourd'hui la même qu'à la fin du XXe siècle, et plus aggravée sans doute, je ne vois pas ce que j'ajouterais.

En 1969, vous vous attaquiez aux hommes politiques dans Ma France. Comment voyez-vous la France d'aujourd'hui?

Je suis inquiet. Des peurs multiples règnent sur le pays. C'est un monde d'injustice, agressif, incontrôlable, imprévisible. Il faut aux Français des Pères Fouettard, des papas, des grands hommes, des idoles, des dieux pour se blottir à leur ombre. Ce n'est pas une bonne situation.

On vous a toujours envisagé comme...

... un communiste! Je ne discute même plus. Je n'ai jamais été au Parti, même si tout le monde le croit à cause de Potemkine. Alors? Alors? L'avenir du PCF? Il peut se relever ou disparaître. Tout est points d'interrogation.

Que reste-t-il de la chanson engagée?

Noir Désir, Zebda, qui essaient de déboulonner les interdits, les stéréotypes. Nous non plus, nous n'étions pas nombreux à chanter le poing levé. Léo Ferré. Moi. Sans être un foudre de guerre ou un grand militant, j'ai participé à des actions... La société a fait voler tout ça en éclats, mais je suis toujours en colère, c'est dans ma nature. J'ai droit à la retraite, bien sûr, mais ça m'emmerde.

 
 
 
 

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