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28.08.2008
C'était la .. dernière soirée
Les valises sont fermées. Seul le chauffeur est couché.
Ce soir c'était soirée fo-folle... à moitié disco..
dehors ... dedans ...
00:58 Publié dans Famille je vous aime | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
27.08.2008
Dans l'oeil de Marina... CLIC CLAC !
Je pensais qu'elle allait nous allonger sur un canapé...
NON ! c'était juste pour faire sortir le petit oiseau
clic..clac... une note de Framboisine...
(http://fatrasenbleu.blog50.com)
CLIC CLAC
Comme Marina
C'est la réalité des photos qui sont sur mon cœur que je veux
Cette réalité seule elle seule et rien d'autre
Mon cœur le répète sans cesse comme une bouche d'orateur et le redit
À chaque battement
Toutes les autres images du monde sont fausses
Elles n'ont pas d'autre apparence que celle des fantômes
Le monde singulier qui m'entoure métallique végétal
Souterrain
Ô vie qui aspire le soleil matinal
Cet univers singulièrement orné d'artifices
N'est-ce point quelque œuvre de sorcellerie
Comme on pouvait l'étudier autrefois
À Tolède
Où fut l'école diabolique la plus illustre
Et moi j'ai sur moi un univers plus précis plus certain
Fait à ton image
11:15 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
LES LIVRES A LIRE DE ... JUJU
Le rideau cramoisi :
Le bonheur dans le crime :
J'ai relu avec plaisir
HERNANI de VICTOR HUGO
acte 1. Le roi d' Espagne Don Carlos s’introduit la nuit dans la chambre de Dona Sol dont il est secrètement amoureux.Caché derrière une armoire, il assiste à la rencontre entre Dona Sol et Hernani, un banni. Hernani, fils d’un homme décapité sur ordre du père de Don Carlos, s’est promis de venger son père. Dona Sol aime Hernani mais on l’a fiancée à son oncle, Don Ruy Gomez de Silva.
Don Carlos sort de sa cachette et les deux rivaux s’apprêtent à croiser le fer. Mais le vieux duc frappe à la porte. Don Ruy Gomez de Silva s'indigne en voyant deux hommes chez sa nièce. Mais l’inconnu découvre son visage et se présente. Le roi justifie sa présence et fait passer Hernani pour quelqu'un de sa suite. Il indique que l’heure est grave, l’empereur Maximilien, son aïeul venant de mourir. Il vient consulter Don Ruy Gomez de Silva, son fidèle sujet, et écouter ses conseils. Doit-il se porter candidat au trône du Saint-Empire ? Resté seul, Hernani qui a retrouvé l’assassin de son père exprime sa haine et médite sa vengeance.
01:45 Publié dans Paroles, bla-bla..du jour | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
UN AUTRE 26 AOUT ...1789
Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789
Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que leurs actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous.
En conséquence, l'Assemblée Nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Etre suprême, les droits suivants de l'Homme et du Citoyen.
Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Art. 2. -
Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.
Art. 3. -
Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.
Art. 4. -
La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.
Art. 5. -
La Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.
La Loi est l'expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.
Art. 7. -
Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance.
Art. 8. -
La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.
Art. 9. -
Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.
Art. 10. -
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.
Art. 11. -
La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.
Art. 12. -
La garantie des droits de l'Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.
Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.
Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée.
Art. 15. -
La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.
Art. 16. -
Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution.
La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.
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26.08.2008
SOUS LE PONT MIRABEAU
La tombe de Guillaume Apollinaire au cimetière du Père Lachaise, division 86, présente un monument menhir conçu par Picasso et financé par la vente aux enchères de deux œuvres de Matisse et Picasso le 21 juin 1924. La tombe porte également une double épitaphe extraite du recueil Calligrammes : trois strophes discontinues de « Colline » qui évoquent son projet poétique et sa mort, et un calligramme de tessons verts et blancs en forme de cœur qui se lit "mon cœur pareil à une flamme renversée".
Son nom est cité sur les plaques commémoratives du Panthéon de Paris dans la liste des écrivains morts sous les drapeaux pendant la guerre 1914-1918.
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
23:45 Publié dans Poésies au coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.08.2008
Ils commencent à faire la trogne
Forcément, ça se termine !
Et les têtes sont de moins en moins réjouies.
Célia ne parle presque plus, ne sourit plus... Alan l'imite ... Solène ne dit pas grand chose...
les deux grandes soupirent
C'était après la soirée pizzas
pour digérer
15:47 Publié dans Famille je vous aime | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Et ceux-là ? c'étaient les 7% autorisés à mourir
10:20 Publié dans Mes couleurs,mes passions,mes révoltes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
LE COMBLE DU JARDINIER
Le comble du jardinier aujourd'hui, c'est de vendre sa tomate à 0.38 €uros le kilo à la grande distribution et de la retrouver dans les rayons à 15 kms de chez lui à 1.7 €uro le kilo.
"Le marché s'est mondialisé et par exemple, en fin de saison nous sommes mis en concurrence avec la tomate de Pologne, de Belgique, et de Hollande. La grande distribution profite à fond d'un système qu'elle n'a pas créé. Le résultat, c'est quand même qu'elle nous tue !"
"Outre les prix tirés systématiquement vers le bas, ce que le paysan reproche aux hypers, c'est un manque de respect vis-à-vis du produit et de son travail
C'est parce qu'ils payent aussi peu qu'ils se permettent de présenter mes tomates n'importe comment et d'en jeter.
Il y a du gaspillage alors que beaucoup de gens ne peuvent plus acheter de fruits et de légumes, c'est honteux !"
Daniel Roche - cultive la tomate "la pomme d'amour" entre Marseille et Aix-en-Provence
Près de 40 villes d'Ile de France
ont participé la semaine dernière
à la vente de fruits et légumes,
du producteur au consommateur,
organisée par le syndicat paysan du MODEF et le P.C.F.
***
Moi ce sont mes voisins charmants
qui ont rempli mes seaux de tomates et poivrons
de haricots verts
Les enfants ont fait une cure de tomates
miam ! j'adore.. avec de l'ail et des herbes
***
Ici la solidarité s'affiche au quotidien
vive la campagne !
vive le Sud-Ouest !
Ici quand un voisin rencontre un voisin
qu'est-ce qu'ils se disent ?
Des histoires de voisins ?
***
Eh bien non !
et quelquefois nos verres
10:00 Publié dans Paroles, bla-bla..du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
JE PENSE A TOI DESNOS
En venant de chez Framboisine,
en lisant les commentaires de Christian, Hélène, Betty...
j'ai pensé que ça vous ferait plaisir
poème d'ARAGON, mis en musique par J. FERRAT... Chantée par Allain LEPREST.
Tu portais dans ta voix comme un chant de Nerval
Quand tu parlais du sang jeune homme singulier
Scandant la cruauté de tes vers réguliers
Le rire des bouchers t'escortait dans les Halles
Tu avais en ces jours ces accents de gageure
Que j'entends retentir à travers les années
Poète de vingt ans d'avance assassiné
Et que vengeaient déjà le blasphème et l'injure
Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre siècle saigne
Debout sous un porche avec un cornet de frites
Te voilà par mauvais temps près de Saint-Merry
Dévisageant le monde avec effronterie
De ton regard pareil à celui d'Amphitrite
Enorme et palpitant d'une pâle buée
Et le sol à ton pied comme au sein nu l'écume
Se couvre de mégots de crachats de légumes
Dans les pas de la pluie et des prostituées
Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre siècle saigne
Et c'est encore toi sans fin qui te promènes
Berger des longs désirs et des songes brisés
Sous les arbres obscurs dans les Champs-Elysées
Jusqu'à l'épuisement de la nuit ton domaine
O la Gare de l'Est et le premier croissant
Le café noir qu'on prend près du percolateur
Les journaux frais les boulevards pleins de senteur
Les bouches du métro qui captent les passants
Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre siècle saigne
La ville un peu partout garde de ton passage
Une ombre de couleur à ses frontons salis
Et quand le jour se lève au Sacré-Cœur pâli
Quand sur le Panthéon comme un équarissage
Le crépuscule met ses lambeaux écorchés
Quand le vent hurle aux loups dessous le Pont-au-Change
Quand le soleil au Bois roule avec les oranges
Quand la lune s'assied de clocher en clocher
Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre siècle saigne
extrait
A quoi sert une chanson?
Parfois, à allumer une lueur d'espérance. Il y a quelques années, j'ai regardé, abasourdi, un reportage filmé en cachette dans Kaboul occupé par les taliban. Un frère et une sœur empêchés d'étudier, d'écouter de la musique, se sont mis à chanter Robert le diable, que j'avais composé sur un poème d'Aragon. C'est un hommage à Robert Desnos, déporté dans un camp de concentration. Là, tout à coup, je me suis dit: «Je n'ai peut-être pas été inutile.» Bien que je ne fasse plus de scène depuis 1972, que je n'aie pas d'activité médiatique, il y a peut-être une vie autour de mes chansons.
Pourquoi n'écrivez-vous plus de chansons?
J'en écris... Mais souvent la phrase reste en suspens. Plus le temps passe, plus je suis impressionné par les grands poètes. Le rapport entre la poésie et la chanson, c'est la concision, l'exigence, l'image et éventuellement la rime. Evidemment, c'est très difficile, c'est aussi la beauté de la chose. Et puis, je suis un homme du XXe siècle qui, rendez-vous compte, a vécu depuis 1930 des tragédies, des hécatombes, des génocides, des massacres colonialistes, des idéologies - nazisme, franquisme, bolchevisme - et vu les espérances du communisme imploser. Voilà, je suis fait de cela. Et, pour aborder le XXIe siècle, il me faut du temps. Et comme la situation du monde est aujourd'hui la même qu'à la fin du XXe siècle, et plus aggravée sans doute, je ne vois pas ce que j'ajouterais.
En 1969, vous vous attaquiez aux hommes politiques dans Ma France. Comment voyez-vous la France d'aujourd'hui?
Je suis inquiet. Des peurs multiples règnent sur le pays. C'est un monde d'injustice, agressif, incontrôlable, imprévisible. Il faut aux Français des Pères Fouettard, des papas, des grands hommes, des idoles, des dieux pour se blottir à leur ombre. Ce n'est pas une bonne situation.
On vous a toujours envisagé comme...
... un communiste! Je ne discute même plus. Je n'ai jamais été au Parti, même si tout le monde le croit à cause de Potemkine. Alors? Alors? L'avenir du PCF? Il peut se relever ou disparaître. Tout est points d'interrogation.
Que reste-t-il de la chanson engagée?
Noir Désir, Zebda, qui essaient de déboulonner les interdits, les stéréotypes. Nous non plus, nous n'étions pas nombreux à chanter le poing levé. Léo Ferré. Moi. Sans être un foudre de guerre ou un grand militant, j'ai participé à des actions... La société a fait voler tout ça en éclats, mais je suis toujours en colère, c'est dans ma nature. J'ai droit à la retraite, bien sûr, mais ça m'emmerde.
00:40 Publié dans paroles et musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
24.08.2008
LA CHEVRE de Monsieur SEGUIN
Une belle note chez notre amie Betty, celle de la chevrière, une histoire authentique, émouvante
Et moi j'ai envie de raconter
l'histoire de la petite chèvre de M. SEGUIN
afin que Betty la raconte à son tour à sa Lola, son bonbon rose
****
Mes petits-enfants la connaissent tous par coeur,
leur Pépé leur a raconté tellement de fois
Ils en redemandent encore
M. Seguin n'avait jamais eu de bonheur avec ses chèvres. Il les perdait toutes de la même façon : Un beau matin, elles cassaient leur corde, s'en allaient dans la montagne, et là-haut le loup les mangeait. Ni les caresses de leur maître, ni la peur du loup, rien ne les retenait. C'était, paraît-il, des chèvres indépendantes, voulant à tout prix le grand air et la liberté.
Le brave M. Seguin, qui ne comprenait rien au caractère de ses bêtes, était consterné. Il disait : - C'est fini ; Les chèvres s'ennuient chez moi, je n'en garderai pas une.
Cependant, il ne se découragea pas, et, après avoir perdu six chèvres de la même manière, il en acheta une septième ; seulement cette fois il eut soin de la prendre toute jeune, pour qu'elle s'habitue mieux à demeurer chez lui.
Ah ! qu'elle était jolie la petite chèvre de M. Seguin. Qu'elle était jolie avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui lui faisaient une houppelande ! et puis docile, caressante, se laissant traire sans bouger, sans mettre son pied dans l'écuelle ; Un amour de petite chèvre.
M. Seguin avait derrière sa maison un clos entouré d'aubépines. C'est-là qu'il mit sa nouvelle pensionnaire. Il l'attacha à un pieu au plus bel endroit du pré, en ayant soin de lui laisser beaucoup de corde, et de temps en temps il venait voir si elle était bien. La chèvre se trouvait très heureuse et broutait l'herbe de si bon coeur que M. Seguin était ravi.
- Enfin, pensait le pauvre homme, en voilà une qui ne s'ennuiera pas chez moi !
M. Seguin se trompait, sa chèvre s'ennuya.
Un jour, elle se dit en regardant la montagne :
- Comme on doit être bien là-haut ! Quel plaisir de gambader dans la bruyère, sans cette maudite longe qui vous écorche le cou... C'est bon pour l'âne ou pour le boeuf de brouter dans un clos !... Les chèvres, il leur faut du large.
A partir de ce moment, l'herbe du clos lui parut fade. L'ennui lui vint. Elle maigrit ; son lait se fit rare. C'était pitié de la voir tirer tout le jour sur sa longe, la tête tournée du côté de la montagne, la narine ouverte et faisant : Mê !... tristement.
M. Seguin s'apercevait bien que sa chèvre avait quelque chose, mais il ne savait pas ce que c'était... Un matin, comme il achevait de la traire, la chèvre se retourna et lui dit dans son patois :
- Ecoutez, monsieur Seguin, je me languis chez vous. Laissez-moi aller dans la montagne.
- Ah ! mon Dieu !... Elle aussi ! cria M., Seguin stupéfait.
Et du coup, il laissa tomber son écuelle... Puis, s'asseyant dans l'herbe à côté de sa chèvre :
- Comment, Blanquette, tu veux me quitter ? Blanquette répondit :
- Oui, monsieur Seguin.
- Est-ce que l'herbe te manque ici ?
- Oh non ! monsieur Seguin.
- Tu es peut-être attachée de trop court ; veux-tu que j'allonge la corde ?
- Ce n'est pas la peine, monsieur Seguin.
- Alors, qu'est-ce qu'il te faut ? Qu'est-ce que tu veux ?
- Je veux aller dans la montagne, monsieur Seguin.
- Mais, malheureuse, tu ne sais pas qu'il y a le loup dans la montagne... Que feras-tu quand il viendra ?...
- Je lui donnerai des coups de corne, monsieur Seguin.
- Le loup se moque bien de tes cornes. Il m'a mangé des biques autrement encornées que toi... Tu sais bien la vieille Renaude qui était ici l'an dernier ? une maîtresse chèvre, forte et méchante comme un bouc. Elle s'est battue avec le loup toute la nuit... puis le matin le loup l'a mangée.
- Pécaïre ! pauvre Renaude !... - Cela ne fait rien, monsieur Seguin, laissez-moi aller dans la montagne.
- Bonté divine ! dit M. Seguin... mais qu'est-ce qu'on leur a donc fait à mes chèvres ? Encore une que le loup va me manger... Eh bien, non... je te sauverai malgré toi, coquine, et, de peur que tu ne rompes ta corde, je vais L'enfermer dans l'étable, et tu y resteras toujours.
Là-dessus, M. Seguin emporta la chèvre dans une étable toute noire, dont il ferma la porte à double tour. Malheureusement, il avait oublié la fenêtre, et à peine eut-il le dos tourné que la petite s'en alla...
Quand elle arriva dans la montagne, ce fut un ravissement général. Jamais les vieux sapins n'avaient rien vu d'aussi joli. On la reçut comme une petite reine. Les châtaigniers se baissaient jusqu'à terre pour la caresser du bout de leurs branches. Les genêts d'or s'ouvraient sur son passage, et sentaient bon tant qu'ils pouvaient. Toute la montagne lui fit fête.
Plus de corde. Plus de pieu... rien qui l'empêcha de gambader, de brouter à sa guise... C'est là qu'il y en avait de l'herbe ! jusque par-dessus les cornes... Et quelle herbe ! Savoureuse, fine, dentelée, faite de mille plantes... C'était bien autre chose que le gazon du clos. Et les fleurs donc !... De grandes campanules bleues, des digitales de pourpre à longs calices, toute
une forêt de fleurs sauvages déb





















