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14/11/2013

Avant 18 ... 1915.. sacrifiés, embusqués, chair à canon

Un petit rappel des faits ?

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ESPIONNITE ET ATROCITES ALLEMANDES

Paris, 8 janvier

Le "bourrage de crâne" transforme la France de l'arrière en une loge de concierge où tous les racontars circulent. Faute de victoire à annoncer, les journaux encensent le soldat français et tournent en ridicule le "Boche". L'espionnite sévit. Tout ce qui est allemand devient suspect. De son côté, une commission gouvernementale chargée de dresser la liste des crimes  allemands publie un rapport relatant des atrocités que la presse grossit démesurément : le "Fritz" ne se contente pas de détruire nos cathédrales, il viole, mutile et torture.


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La propagande présente l'Allemand comme ayant une odeur repoussante. Le Journal n'hésite pas ainsi à prétendre que les cadavres des soldats allemands sentent plus mauvais que ceux des français.


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FRANCE

Le début de l'année est marqué par des révélations de plus en plus nombreuses sur les fautes graves commises par les services de l'armée : carences des services de santé, graves problèmes d'approvisionnement en pièces et en munitions. Dès lors, commissions parlementaires et députés se livrent à des attaques répétées contre le ministre de la Guerre Millerand et à travers lui, contre le général Joffre qui se refuse à tout contrôle parlementaire dans les zones de l'armée. Le problème central du rapport de forces entre le gouvernement et l'armée est posé.

On finit par obtenir la disgrâce du général Baquet (direction de l'artillerie), qu'on remplace par le socialiste Albert Thomas le 30 mai. Mais le conflit s'aggrave devant la tendance des ministres à couvrir les insuffisances de leur services sous prétexte d'impératifs de guerre.

... le nouveau ministre de la guerre, Galliéni, devra faire en sorte que les armées, à commencer par leur chef, respectent le Parlement.


MOBILISES A 43 ANS

Paris, 17 février

En 1915, la guerre de position s'installe, immobilisant de nombreux combattants dans les tranchées. L'état-major a besoin d'hommes. La moindre tentative de percée sous le feu de l'artillerie ennemie provoque une hémorragie parmi la "chair à canon" que constituent les soldats de première ligne.

Le 17 juillet, la classe 92 est mobilisée, jetant dans la bataille ses combattants de quarante-trois ans. Les classes 15 et 16 les suivront bientôt.


© Sygma/Keystone

DES EUROPEENS AUX COTES DES FRANCAIS

Sur le front, aux côtés des soldats français combattent des étrangers, tous engagés volontaires, britanniques (le service obligatoire entrera progressivement en vigueur à partir d'août 1915), belges,tchécoslovaques, russes, polonais, portugais, grecs.

Tandis que les troupes alliées, britanniques, belges et russes, encadrées par leurs propres officiers, conservent leur autonomie, les autres bataillons, groupés par nationalité, forment la Légion étrangère.

Ils se sont tournés vers la France pour libérer leur pays de la tutelle austro-hongroise.


L'avion et les gaz dans la guerre



Bataille d'Ypres, 1915 : attaque au gaz moutarde dans les tranchees, illustration

Le 22 avril au  matin, à Ypres, en Belgique, les allemands lâchent sur les lignes françaises des gaz au chlore. Passé la stupeur, une commission propose dès le 28 avril de nouvelles protections et lance la fabrication de gaz français. A ces gaz allemands répondent aussi les premiers bombardements aériens.

Le 27 mai, dix-huit avions bombardent les usines chimiques de Ludwigshafen. Les aviateurs lancent à la main des obus de 155, des bombes incendiaires et des fléchettes de 25 g capables de traverser un homme.

C'est lors de la bataille d'Artois, le 25 septembre, que partent des lignes alliés les premiers gaz asphyxiants.



ARTOIS - Mai

... Face à face. Quelques mètres et un réseau de barbelés séparent les tranchées.

... Le 9 mai, cinq corps d'armée s'élancent à l'assaut en Artois et progressent de 4 km. Mais la boue et les tranchées gênent la progression de l'artillerie. Insuffisamment soutenus, les soldats tombent par centaines et reperdent le terrain gagné. La guerre de rupture imaginée a échoué ; elle a coûté 232 000 hommes.

GUERRE A L'ALCOOL


File:Interdiction de l'absinthe - 16 août 1914.jpg

Paris, 16 mai

Confirmant les mesures prises par les généraux, députés et sénateurs votent l'interdiction de l'absinthe, pourtant refusée encore le 2 mai 1914. Car, si les méfaits de la "fée aux yeux verts" sont dénoncés depuis longtemps, le poids des fabricants (Pernod, Berger, Cusenier ...) l'a jusqu'ici emporté. Rivale de l'eau-de-vie, alcool très populaire, peu cher et des plus nocifs (entre 60 et 70), l'absinthe est vaincue par la guerre .


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LA CHASSE AUX "EMBUSQUES"

Paris, 17 août

Le 17 août, paraît une loi répondant aux nouvelles nécessités d'une guerre qui s'annonce plus longue que prévu : assurer aux armées le plus grand nombre d'hommes valides dans le respect de l'équité entre les soldats et les spécialistes (ouvriers, ingénieurs, chefs d'entreprise) qui assurent à l'arrière la bonne marche des établissements travaillant pour la Défense nationale.

Cette loi organise la chasse aux hommes mobilisables indûment "planqués" et restreint les conditions de réforme. Est-ce suffisant pour endiguer le sentiment de mépris, mêlée d'envie, des combattants pour les privilégiés de l'arrière ?

Mais c'est au sein même des armées que le clivage entre les "sacrifiés" et les "embusqués" suscite les ressentiments les plus vifs. Les "planqués" des services d'intendance, bien nourris, sont la cible des railleries des hommes des tranchées. Les fantassins brocardent la "tranquillité" des artilleurs.

L'état-major n'échappe pas aux critiques. L'élégance des officiers supérieurs en visite sur le front durant une accalmie et considérée comme une injure aux capotes crottées des poilus.

Ces rancoeurs vont grossir un mécontentement larvé qui ira en grandissant.


UN PETIT REPOS BIEN MERITE

France, 18 juillet

Après avoir enduré des mois de vie de tranchée, monde souterrain de boue, de froid, de promiscuité et de morne ennui interrompu par les combats, les premiers permissionnaires vont enfin revoir les leurs.

Mais c'est avec stupeur et malaise que le poilu découvre le confort et les plaisirs de l'arrière. En effet, la vie a repris son cours normal sans trop de privations (seuls dix départements du Nord-Est subissent durement l'occupation).


La boutade : "Pourvu qu'ils tiennent ! Qui ça ? Les civils, illustre ce fossé.


LES FEMMES, CHEFS DE FAMILLE


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La femme continue à faire vivre sa famille, soit en reprenant l'affaire familiale, soit en travaillant comme ouvrière ou employée. Devenue chef de famille, elle reste pourtant une mineure aux yeux de la loi : elle a encore besoin de l'autorisation maritale pour entreprendre les moindres démarches administratives. La loi, en lui accordant pour la durée du conflit l'autorité paternelle, vient de la rendre temporairement responsable. Il faut cependant que le tribunal ait constaté l'urgence de l'affaire et l'impossibilité du conjoint à remplir sa mission de chef de famille !


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 "Français, videz vos bas de laine"

France - 25 novembre -

Le premier emprunt de la guerre est lancé. Vaincre par le fer mais aussi par l'argent.

.. Des placards publicitaires exhortent le peuple à puiser dans les bas de laine.

"Que chacun s'emploie selon ses ressources ; l'or remplace le sang. Nos fils aux armées, notre or au pays !

2 245 millions de francs sont récoltés pour soutenir l'effort de guerre et rétablir le budget.img227.jpg

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Le dessin de Poulbot fait allusion à une circulaire de novembre 1915 envoyant les pères de cinq enfants et les veufs pères de quatre enfants à l'arrière.

 
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