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27/01/2014

CAMOUFLET DU PATRONAT AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

 

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Le patronat inflige un camouflet au président de la République

 

Même Mme Parisot, qui dit ne plus rien avoir à faire avec le Medef, est ressortie pour crier : « pas de contreparties ». Pour Pierre Gattaz ce serait « suicidaire » de s’engager dans la voie de donner des objectifs chiffrés d’embauche. Le patronat veut bien encaisser les milliards que lui propose le Président de la République mais n’a pas l’intention de rendre quoi que ce soit en retour, ni en emploi, ni en compétitivité. Aucun engagement, rien.

 

Les patrons dominés par la finance n’ont aucun intérêt à l’emploi : ils utiliseront les « aides » reçues dans l’économie-casino exactement comme les banques l’ont fait depuis 2009.  Le total du bilan des 4 banques françaises les plus importantes représente 400 % du PIB de notre pays (ce qui rend bien dérisoire la comparaison avec la France qui atteint 94,3 % de dette par rapport à son Pib – dette envers ces banques !). Le seul bilan de la BNP-Paribas, à lui seul, est égal à 100 % de ce PIB. Elles vont très bien mais ne font rien pour contrarier la récession de l’économie ni le chômage de masse du pays. Les banques privées « sauvées » par le public ont continué comme avant, elles se sont recapitalisées, elles ont continué à spéculer et, sans aucune reconnaissance, sont revenues aux bénéfices antérieurs, redistribuant des dividendes massifs. 177 banquiers français ont touché en moyenne 1,56 million d’euros en 2012. Ceux de Dexia, qui ont rendu leur banque toxique, se gavent.

 

Les entreprises font et vont faire pareil : elles feront tourner l’activité ce qu’il faut pour dégager le maximum de marges que les actionnaires exigent d’encaisser. Déjà elles ne produisent qu’à 70 % des capacités de production qui sont les leurs. Ca rapporte plus de ne pas produire que de produire. Comme le regrette un industriel de Aéroengines « les marges ont baissé parce qu’on a vendu plus que prévu ».

« Les entreprises »  ne veulent pas être compétitives, elles veulent être rentables au maximum. Si elles voulaient être compétitives, elles le seraient immédiatement, il suffirait de baisser les 210 milliards de dividendes qui grèvent l’an passé le coût de leurs produits. Mais non, elles s’attaquent au « coût du travail » plutôt qu’au coût du capital. Ces milliards qu’elles gagnent ou reçoivent, plutôt que de développer l’économie, elles les placent aux Iles Caïmans !

 

Le « pacte de responsabilité » que François Hollande a proposé est unilatéral, comme le fut le précédent « pacte de compétitivité ». Voué au même échec. Le patronat ne peut et ne veut tenir aucune parole : n’a t il pas le 11 janvier 2013, signé un « ANI » accord national de « sécurisation de l’emploi » … et effectué 1100 plans de licenciements, 272 100 chômeurs de plus en un an ? Il s’est même permis de dénaturer les termes pourtant si modérés de l’accord sur les contrats courts, le temps partiel, la complémentaire santé.

Non seulement François Hollande offre des dizaines de milliards sans contrainte, mais il y ajoute un « choc » de simplification des procédures, des contrôles, du droit du travail. Il parle, certes, de dialogue social, mais l’ANI a fait reculer les droits des CE, des DP, des CHSCT, des CDI, les syndicalistes n’ont pas été amnistiés, les élections prud’hommes supprimées, l’inspection du travail passée à la moulinette.

 

Qui peut, qui pourra dans ces conditions, empêcher les entreprises d’être sous la contrainte de l’avidité des banques et des marchés ? Les banques imposent des « ratios » aux entreprises pour que l’emploi soit ramené à minima : ces dernières ne recherchent pas le plein emploi, au contraire, il est réputé favoriser une hausse des salaires, considéré comme couteux et diminuant d’autant les dividendes. La rente rapporte plus que la production, les placements rapportent plus que les investissements, licencier rapporte plus que d’embaucher, la spéculation rapporte plus que l’innovation. Il existe déjà 590 milliards d’avoirs français dans les paradis fiscaux : les « aides » versées par l’état iront les abonder.

 

Le gouvernement Ayrault aura donné 100 milliards… pour 1 million d’emplois fantômes… alors que pour la même somme il pourrait en financer 3 à 4 millions ! Pire, pour donner cet argent au privé qui n’en fera rien, le gouvernement réduit l’emploi… dans le public, il creuse le trou du chômage qu’il prétend combattre. Il y a là quelque chose d’inquiétant, de dogmatique, d’aberrant, d’inouï. Des emplois manquent partout, dans la police, la justice, l’inspection du travail, le fisc, l’école, les hôpitaux, l’équipement, les services publics… et il va y en avoir davantage de supprimés !

 

Rappelons la TVA à 5,5 % accordée aux restaurateurs, elle aura couté 3 milliards pendant quatre ans, et n’aura rapporté aucun emploi. Mais 3 milliards c’est le coût de 100 000 emplois dans la fonction publique, qui ont été supprimés ! Pour quiconque veut lutter en priorité contre le chômage, comment en arrive t on à pareille aberration ?

 

Et le président, le premier ministre, le ministre du budget engagent, en vue de financer la baisse du coût du travail promise aux entreprises dans le cadre du futur « pacte de responsabilité » , un « plan d’économies » de 50 milliards d’euros de 2015 à 2017 : cela se fera par moitié par des réformes structurelles et par moitié sur l’Etat et la branche maladie de la Sécurité sociale ainsi que sur les retraites et la branche famille.

Le ministre du Budget a estimé à 5 à 10 milliards d’euros ces économies, qui s’ajouteront aux 50 milliards déjà prévus pour réduire le déficit, au rythme de 18 milliards en 2015, 18 milliards en 2016 et 13 milliards en 2017. Ces chiffres correspondent à des baisses de dépenses publiques par rapport à leur croissance tendancielle (salaires de fonctionnaires). Pour cette année, 15 milliards d’euros d’économies sont prévues, dont 9 milliards sur l’Etat et 6 milliards sur la Sécurité sociale. (Et pourtant 90 % de la « dette » ne provient pas de nos budgets sociaux si précieux pour tous).

 

Et tout ça avec un patronat qui réclame paradoxalement, irrationnellement, contradictoirement des « aides »  et « exonérations » en même temps que des baisses d’impôts, de taxes ou de cotisations !

 

Le gouvernement a baissé les déficits de 5,8 % en 2011 à 4,8 % en 2012, et prévoit de ramener le déficit public de 4,1 % du PIB fin 2013 à 3,6 % en 2014 et 2,8 % en 2015 pour atteindre « l’équilibre structurel des comptes » fin 2017. Parallèlement la « dette » présumée passe de 85,9 % en 2011 à 94,3 % en 2014.

Cette purge géante, supprime des emplois en masse dans le public pour donner des milliards au privé… qui n’en créera pas. Le premier effet du remboursement de la dette…augmente la dette.

Fin 2013, Bercy reconnait un « dérapage » budgétaire de 2,7 milliards… faute de recettes.  Cela fait 25 ans que des « aides » « exonérations » sont ainsi donnés aux « entreprises » sans effet. Et en même temps que l’austérité budgétaire, la récession s’accroit. C’est comme un jardinier qui arrose la rivière pendant que son jardin s’assèche.

 

Gérard Filoche

 

 

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