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05/05/2014

LAICITE ET RELIGIONS

ON EN PARLE ENCORE DEPUIS QUE VALLS A DECIDE

DE SE RENDRE A LA CANONISATION DES PAPES A ROME

"représentant la France"

NON !

Pas que des croyants ! Les autres existent aussi et le gouvernement n'a rien à voir là-dedans . Alors quand VALLS se rend à la canonisation des deux papes pour représenter la France, la laïcité en prend un sacré coup !

 

Et il se fait par ailleurs, huer par les chrétiens à Rome

"nous savons tous qu'il y a des élections européennes proches et que son action est politique : il veut manipuler les cathos. je comprends qu'on puisse ressentir du dégoût mais hélas c'est le monde dans lequel nous sommes plongés et que nous voulons évangéliser à la suite du Christ. Nous prierons pour ce ministre, sans illusion mais avec Foi" - Famille Chrétienne

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"lettre ouverte d'Henri Pena Ruiz à Manuel Valls"

 

      Monsieur le Premier Ministre,

 

      Nous savons tous les deux ce que peut être la stigmatisation par un régime dictatorial de ceux qui ne partagent pas la croyance imposée ou privilégiée par le pouvoir. Dans l’Espagne de Franco, que nos deux familles ont fuie, le national-catholicisme régnait. La coalition des trois fascismes (Hitler, Mussolini, Franco) avait brisé la République Espagnole, livrant le peuple à des décennies de violence sourde ou avouée, après avoir écrasé les républicains sous des bombes qui bientôt ensanglanteraient le monde entier. Lors de la retirada, pendant l’hiver de 1939 l’armée républicaine a franchi la frontière de nos deux pays. Antonio Machado mourut aussitôt. Il repose à Collioure, sa stèle recouverte du drapeau républicain, violet, jaune, rouge. Parqués à Gurs comme à Argelès, les soldats qui pourtant venaient de livrer le premier combat antifasciste furent très mal accueillis. Cela n’empêcha pas nombre de combattants républicains espagnols de reprendre les armes, en France, contre les occupants. Celestino Alfonso, comme bien d’autres, mourut sous les balles nazies, et l’on voit son portrait défiguré dans l’Affiche Rouge.

 

      Vint alors le temps des émigrations politiques ou économiques. En France, nos familles, comme celle d’Anne Hidalgo, goûtèrent l’air de la liberté, et de la laïcité. Sans perdre la mémoire de nos origines, nous nous découvrîmes enfants de la République Française, si bien incarnée par Marianne, qui porte le bonnet phrygien de l’esclave affranchi. La patrie, redéfinie par la Révolution française, c’est la communauté de droit qui tisse entre tous une fraternité construite sur la liberté et l’égalité. Merci à la France qui ne nous demanda pas de faire allégeance à un quelconque particularisme religieux pour nous « intégrer », comme on dit. Valls, Hidalgo, Pena-Ruiz…nos patronymes allaient se fondre dans ce beau creuset français qui s’ouvre à l’universel en une terre particulière.

 

      Certes, tout n’était pas idyllique, et l’injustice sociale semblait souvent démentir les idéaux politiques. Nous aimions la République, mais nous la voulions sociale en même temps que laïque. Nous fîmes le choix de nous engager en ce sens. Toute victoire serait alors non celle d’un peuple, mais celle d’une justice sociale sans frontières. Laïcité, justice sociale…Jaurès avait déjà défini les deux fondements d’une République où il fait bon vivre. Et son patriotisme internationaliste, qui lui coûta la vie, avait laissé un sillage de lumière dans les consciences. Laïque, la République confère les mêmes droits aux athées et aux divers croyants. Sociale, elle rend crédible sa superbe devise.

 

      Vous voilà premier ministre de cette République. Pour ma part, j’ai consacré ma vie à l’instruction publique et laïque, vecteur d’émancipation pour ceux qui n’ont que l’Ecole pour devenir tout ce qu’ils peuvent être. Nous nous accordons, n’est-ce pas, sur un tel idéal. D’ailleurs nous étions ensemble pour défendre la crèche Babyloup, qui s'est voulue laïque afin d'accueillir les enfants de 50 nationalités sans faire violence à aucune famille. Alors, sans polémique, j’entends vous dire mon incompréhension devant votre décision de représenter la France, ès qualité, dans l’exercice de vos fonctions, pour la canonisation de deux papes. Il n’y aurait évidemment aucun problème si vous vous rendiez à Rome à titre privé, en ne représentant que vous-même. En république laïque les croyants sont pleinement libres, mais leur foi ne doit engager qu'eux seuls. De même pour l’athéisme. L’égalité des droits est ici en jeu, et la déontologie qu’elle inspire se fonde sur un souci d’universalité. Tout privilège public de la religion est blessant pour les athées. Or en France il y a des athées et des agnostiques en grand nombre, et tout acte officiel de la puissance publique se doit de les représenter à égalité avec les divers croyants. D’où la neutralité, qui n’a rien d’antireligieux, mais qui tient bon sur la distinction privé/ public.

 

      Vous admirez Clémenceau. Je l’admire aussi, comme grand républicain laïque et anticolonialiste. Or en 1918 votre homologue prit une décision laïque exemplaire. La voici. Le 11 novembre 1918, l'archevêque de Paris invite Georges Clémenceau, alors Président du Conseil, au Te Deum prévu à Notre Dame de Paris, en hommage à tous les morts de la guerre qui vient de s'achever. Clémenceau dissuade le Président de la République, Raymond Poincaré, de s’y rendre, et il répond par un communiqué officiel qui fera date : "Suite à la loi sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, le gouvernement n'assistera pas au Te Deum donné à Notre Dame. Mmes Poincaré (femme du président de la République) et Deschanel (femme du président de la chambre des députés) n'étant pas membres du gouvernement pourront par contre y assister".

 

      Voilà une jurisprudence laïque à laquelle Benito Juarez, futur Président de la République Mexicaine, avait donné ses lettres de noblesse en 1855, lors de son entrée en fonction en tant que gouverneur de l'Etat d'Oaxaca. Tout nouveau gouverneur avait alors coutume d’assister à un Te Deum qui conférait à l’autorité religieuse le privilège d’introniser l’autorité civile. Juarez mit un terme à cette pratique en des termes limpides : « Je pris la décision de ne pas assister au Te Deum, en raison de ma conviction selon laquelle les autorités politiques de la société civile ne doivent assister en tant que telles à aucune cérémonie religieuse, alors qu’en tant qu’individus ils peuvent se rendre aux lieux de culte pour y pratiquer les actes de dévotion que leur dicte leur religion. »

 

      Certes, les circonstances humaines les plus bouleversantes ont besoin de cérémonial. Mais en République, ce besoin symbolique essentiel doit être tel que tous les citoyens et citoyennes puissent s’y reconnaître. Le précédent mexicain montre que la laïcité ne se limite pas à la France.

 

      Un dernier mot. Professeur de philosophie dans l’enseignement public, j’ai toujours trouvé normal de ne jamais laisser paraître mon type de conviction personnelle dans l’exercice de mes fonctions. La République me confiait ses enfants afin que j’en fasse des élèves, et je me devais de promouvoir leur seule autonomie de jugement, sans prosélytisme aucun. Qu’auraient dit les familles si j’en avais usé autrement ? Quand Nicolas Sarkozy a eu l’audace, dans le Discours de Latran, de placer le prêtre au-dessus de l’instituteur, j’ai rédigé un article pour lui rappeler l’ineptie d’une telle hiérarchisation. Car l’instituteur ne vise que la liberté de l’élève, telle que la fonde la culture, et refuse toute inculcation. C’est cela la grandeur de l’école laïque, ce lieu où l’élève apprend ce qu’il ignore pour pouvoir un jour se passer de maître.

 

      Ne pensez-vous pas, Monsieur le Premier Ministre, qu'un si bel idéal requiert une défense et illustration exemplaire de la part des responsables politiques?

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Moi je n'aime pas Clémenceau, le "Tigre", qui a durement réprimé les grèves

mais j'aime PENA RUIZ et sa lettre à VALLS
 
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Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche (PG), a jugé jeudi que la présence de Manuel Valls a la canonisation de Jean XXIII et Jean Paul II à Rome dimanche n'était "pas une bonne idée".

"Ce n'est pas une bonne idée", a déclaré Jean-Luc Mélenchon interrogé sur le sujet lors de l'émission "Face aux chrétiens" (RCF/Radio Notre-Dame/La Croix/KTO)

"Je ne suis pas plus d'accord que je ne l'étais pour M. (Nicolas) Sarkozy à ce que M. Valls aille représenter la République française dans une circonstance qui ne la concerne pas, même si la République française respecte chacun des cultes de ses concitoyens et respecte aussi ceux qui n'en pratiquent aucun et finissent par être fatigués de toutes ces démonstrations", a-t-il dit.

 

Le député chevènementiste Jean-Luc Laurent avait déjà demandé le 18 avril à Manuel Valls de renoncer à assister à cette canonisation, "car la République n'a rien à faire là".

Manuel Valls assistera à la canonisation conjointe de Jean XXIII et Jean Paul II le 27 avril à Rome. Le Premier ministre représentera la France à cette cérémonie décidée par le pape François.

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LAICITE

La laïcité c'est la séparation du pouvoir politique et de la religion.

L'Etat, autorité politique, ne s'occupe pas de questions religieuses et les organisations religieuses ne règlent plus la vie de la société, le droit, l'enseignement ...

Dans un pays laïc, l'Etat n'est pas opposé aux religions.

Au contraire, il affirme sa neutralité et garantit à chacune la liberté de culte.

Et cela, en accord avec les droits de l'homme, qui demandent l'égalité de tous les citoyens devant la loi, quelle que soit leur religion.

Ce qui implique la tolérance et le respect de chacun à l'égard des croyances et des pratiques des autres.

La laïcité permet de considérer en toute liberté que les religions font partie de l'histoire culturelle de chaque pays et que le patrimoine architectural et artistique créé par les religions doit être protégé, comme trace de l'histoire.

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Religion et société

Dans l'histoire des hommes, la religion a longtemps été la base même de la société. C'est la religion qui édictait les lois, précisant la place et les obligations de chacun, hommes ou femmes, forts ou faibles.

Quand la religion occupe une telle place dans un pays, l'intolérance règne souvent en maître : on rejette ceux qui n'ont pas les mêmes croyances ni les mêmes pratiques ; on peut même se battre au nom de sa religion : croisades des chrétiens contre les musulmans au Moyen Age, guerres de religion entre catholiques et protestants en Europe au XVIe siècle, conflits entre musulmans et hindouistes en Inde à notre époque ...

 

Aujourd'hui, dans de nombreux pays, la religion ne concerne plus que la vie privée de chacun : certains croient, d'autres on, certains pratiquent un peu, beaucoup ou pas du tout, et cela ne gêne personne.

Il y a cependant des pays qui continuent d'appliquer les lois religieuses...

Les populations qui n'appartiennent pas à la religion dominante ou officielle sont persécutées... D'autres pays, en revanche, ont dénoué le lien entre pouvoir politique et pouvoir religieux.

 

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