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20/12/2014

ROUBAIX sans ses ouvriers

Roubaix: Gérald Bloncourt, photoreporter, redécouvre la cité textile... sans ses ouvriers

Publié le 17/12/2014

PAR AURELIE JOBARD

 

 

 http://www.nordeclair.fr/info-locale/roubaix-gerald-bloncourt-photoreporter-redecouvre-la-ia50b12891n572376

Roubaix: Gérald Bloncourt, photoreporter, redécouvre la cité textile... sans ses ouvriers

Publié le 17/12/2014

PAR AURELIE JOBAR

Le ciel ouaté éclaire péniblement l’ancien peignage Amédée-Prouvost. Il fait gris, ce samedi. Gérald Bloncourt, photoreporter, reste figé face au silence qui s’impose à lui. La colère l’habite ce jour-là. L’image de «  ces ruines  » est dure pour cet homme qui a passé des mois et des mois à saisir, en photos, la vie ouvrière roubaisienne dans les années 50. Vingt-cinq ans qu’il n’était pas revenu sur les lieux. Le choc. «  J’éprouve de la colère. Les patrons ont gagné des milliards sur le dos des ouvriers. Eux, ont déserté le coin, par contre, les petits sont restés et continuent, pour certains, à dépérir  », lâche l’homme, âgé de 88 ans.

Près de la cheminée de l’ancien peignage, Gérald Bloncourt, le regard toujours très vif, s’arrête et nous confie avoir, tout à coup, des bribes de souvenirs. Des bruits surtout : «  J’entends encore les voix de ces femmes qui parlaient entre elles à la sortie de l’usine, ces solex aussi. Je n’en reviens pas que tout cela ait disparu. À l’époque, j’avais conscience que les ouvriers se faisaient exploiter, mais comment imaginer qu’il ne reste plus rien lorsque l’on a connu la vie.  »

La vie des ouvriers, l’homme, Haïtien d’origine, l’a goûtée pour mieux la comprendre. Et cela se voit incontestablement dans ses photos. «  Le soir, après leur journée à l’usine, on mangeait des frites, on buvait de la bière ensemble. J’étais invité dans leurs maisons. Je découvrais leurs histoires. J’ai aimé rencontrer ces gens qui vivaient, vraiment  », insiste le photoreporter, boîtier autour du cou, immortalisant ce retour troublant.

Passeur de mémoire

Gérald Bloncourt, qui a travaillé pour l’Humanité ou encore le Nouvel Observateur, a toujours été très sensible et attiré par le monde ouvrier. L’immersion a été au cœur de ses sujets. Son travail « sociologique » le poussera même à descendre au fond de la mine. Un mois.

Le militant communiste a aujourd’hui dans ses valises, plus de 200 000 photos. Et l’homme dit n’avoir aucun mérite. «  Je n’ai fait que recopier ce que j’ai vu. Ce sont les travailleurs qui m’ont tout appris. C’est eux qui, lorsque j’exposais mes photos à la sortie des usines, me replongeaient dans des détails et me permettaient d’avancer. Je leur dois tout. »

Gérald Bloncourt, se définit comme un passeur de mémoire. C’est donc sans hésitation qu’il a accepté de venir avec son épouse à la rencontre de Nathalie Duparque (lire ci-dessous). La jeune femme rêve d’une exposition l’année prochaine. «  Roubaix a besoin de réconfort et ces photos sont, comme l’homme, pleines de générosité.  »

Des projets d’exposition...

Nous avions rencontré pour la première fois Nathalie Duparque en janvier dernier. La jeune femme, Roubaisienne d’adoption, écumait les courées des quartiers Nord pour aller à la rencontre de leurs habitants. Accompagnée d’un ami photographe, et son bébé sur le ventre, elle recherchait des témoignages avec un projet en tête : une exposition pour mettre en avant le patrimoine industriel. Lors de ces rencontres, un habitant lui a parlé de Gérald Bloncourt et de son travail. La jeune femme est alors entrée en contact avec le photoreporter via internet. «  Je suis allée sur son site. J’ai vu ses photos et lu ses textes très émouvants. J’ai d’abord découvert sa personnalité par l’écrit.  »

 

 

 

La semaine passée, ils se sont rencontrés à la Mie Sésame, à Roubaix. La jeune femme a évoqué son projet d’exposition. Gérald Bloncourt ne s’y est pas opposé, au contraire. «  Je pense que de nombreuses personnes pourraient se reconnaître sur ses photos ou du moins pourraient reconnaître une tante, un oncle, un ami  », a conclu la jeune femme.

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 ***

Très émue moi aussi à la lecture de ce reportage sur la page facebook de Gérald !

 

 

Commentaires

Mémoire ouvrière , un témoin de son temps
et les temps ont changé ,
des bassins d'emploi sinistrés
mème le prolétariat n'est plus le mème !
amitiès bon dimanche

Écrit par : ventdamont | 21/12/2014

 
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