logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

« De la chasse aux oeufs au plantage du May | Page d'accueil | SERVICES PUBLICS EN GREVE LE 19 MAI »

04/05/2015

Un Premier Mai ensanglanté

Jamais...

 

1er MAI 1891 fusillade à Fourmies: Un test "réussi"

pour le fusil Lebel »


" Partout la faim, Roubaix, Aubin, Ricamarie,

La France est d'indigence et de honte maigrie,

Si quelque humble ouvrier réclame un sort meilleur

Le canon sort de l'ombre et parle au travailleur."

[Victor Hugo]

1069442394.jpg239486182.jpg

Vieille cité industrielle du Nord de la France, la ville de Fourmies a atteint son apogée industrielle et démographique à la fin du XIXème siècle grâce au textile. Elle compte alors 15 000 habitants, en majorité des ouvriers. Sa distance la séparant de Paris, n’est que de 200 km. A plusieurs reprises, des grèves ont éclaté surtout le 1er Mai.

Le premier mai 1891, à Fourmies, le beau temps est au rendez-vous en ce premier jour du "mois de Marie", un vendredi. Sur les haies du bocage, l'aubépine veut fleurir. Les amoureux ont cueilli des rameaux de frêle blancheur pour les fiancées. Quoi qu'il arrive, les jeunes seront les héros de la fête.

477397106.jpgLe futur fondateur du parti ouvrier français, Paul Lafargue (gendre de Karl Marx) alors l’un des dirigeants nationaux des socialistes guesdistes, incita à la grève générale du 1 mai consacré à la revendication de la journée des 8h et à la hausse des salaires.

La scène du théâtre est prête: une esplanade rehaussée où la mairie, l'église et des estaminets invitent aux allées et venues, au rassemblement et aux harangues.

Pour montrer leur opposition aux revendications, les patrons ont fait apposer sur les murs de Fourmies, une affiche affirmant leur détermination à ne pas faire de concessions. Sous leur impulsion, le maire de la ville demanda l’envoi de 2 compagnies d’infanteries du 145ème régiment de ligne au sous-préfet d’Avesnes.

491960427.JPGA 9 heures, après une échauffourée avec les gendarmes à cheval, quatre manifestants sont arrêtés. Des renforts sont demandés à la sous-préfecture qui envoie en renfort deux compagnies du 145e  de ligne casernée à Maubeuge. Le 84e RI d'Avesnes est déjà sur place.

Dès le départ, cette manifestation devait se dérouler dans une ambiance festive et pacifique. A 10 heures, les ouvriers devaient porter leurs revendications à la mairie. Des festivités l'après-midi et un bal en soirée étaient inscrits au programme."Le plus grand calme est recommandé, pas de tumulte, pas de récriminations personnelles"

Dès lors le premier slogan : " c'est les huit heures qu'il nous faut " est suivi par " c'est nos frères qu'il nous faut ".

470630266.JPG18h15 : 150 à 200 manifestants arrivent sur la place et font face aux 300 soldats équipés du nouveau fusil Lebel qui contient de 9 balles (une dans le canon et huit en magasin) de calibre 8 mm. Ces balles peuvent, quand la distance n'excède pas 100 mètres, traverser trois corps humains sans perdre d'efficacité. Les cailloux volent ; la foule pousse. Pour se libérer, le commandant Chapus fait tirer en l'air. Rien ne change. Il crie : " baïonnette !.. en avant ! " Collés contre la foule, les trente soldats, pour exécuter l'ordre, doivent faire un pas en arrière. Ce geste est pris par les jeunes manifestants pour une première victoire. Kléber Giloteaux, leur porte drapeau s'avance.

 Il est presque 18h25....le commandant Chapus s'écrie : " feu !feu !feu rapide ! visez le porte-drapeau ! "

1845966414.jpg" La boucherie aurait duré encore longtemps si le curé catholique Margerin (*), n'était pas sorti de la maison et n'avait pas crié : " Assez de victimes ". Neuf enfants étaient couchés sur la place, un homme de 30 ans, 2 jeunes gens de 20 ans, 2 enfants de 11 et 12 ans et quatre jeunes filles de 17 à 20 ans." Paul Lafargue

Neufs morts, trente cinq blessés (au moins) en quarante cinq secondes.

C'était à Fourmies le 1er mai 1891.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/16/Le_voleur.JPG


(*) Alfred Margerin est issu de la famille des Margerin d'Iwuy, une commune, située dans le département du Nord (59) et la région Nord-Pas-de-Calais… comme un élu du Cher-Nord

08:00 Publié dans Histoire, Mémoire | Lien permanent |

 

File:Le petit Parisien.JPG

Jamais le Nord n'oubliera ce premier mai 1891, à Fourmies.

-Marie Blondeau, 18 ans, une balle dans la tête, à bout portant

-Louise Hublet, 20 ans, 2 balles au front et une dans l'oreille

-Ernestine Diot, 17 ans, une balle dans l'œil droit, une dans le cou, son corps contient 5 balles

-Félicie Tonnelier, 16 ans, 5 balles.

-Kléber Giloteaux, 19 ans, une balle dans l'œil gauche et trois autres dans la tête

-Charles Leroy, 18 ans, 3 balles dans la poitrine, une à l'épaule.

- Emile Ségaux, 30 ans, 5 balles

-Gustave Pestiaux, 14 ans, 2 balles dans la tête et une à la poitrine

-Emile Cornaille, 11 ans, une balle dans le coeur.

-Camille Latour, 46 ans, mort le lendemain, traumatisé par la fusillade.

 

http://lacontrehistoire.over-blog.com/jamais

De l’aubépine au brin de muguet !

La chanson des fusillés de Fourmies (1891).jpg

 La_une_du_journal_L_illustration___9_mai_1891

Avec le drame de Fourmies, le 1er mai va s'enraciner dans la tradition de lutte des ouvriers. Il représente un tournant considérable dans l’histoire du mouvement ouvrier français et mondial. A la fin de l’année 1891, l'Internationale Socialiste va renouveler le « caractère revendicatif et international du 1er mai » comme un jour à part pour le monde du travail, en hommage aux « martyrs de Fourmies » !

Il faudra attendre le 23 avril 1919 pour que le Sénat Français ratifie la journée de 8 heures.

La signature des accords de Matignon par Léon Blum le 7 juin 1936, permettra une augmentation des salaires de 7 à 15 %, la reconnaissance du droit syndical dans l’entreprise, l’élection des délégués ouvriers, la création de conventions collectives, la semaine de 40 heures et les 15 jours de congés payés.

 

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique