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11/09/2015

FETE DE L'HUMA : SAMEDI .. VAROUFAKIS - MANU CHAO

 
 
Samedi 12 septembre
Université populaire de l’Humanité
  • 10 heures « Les révolutions d’Einstein » Aurélien Barrau, astrophysicien au Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie (UJF/CNRS)
  • 10 h 40 « Chauvet, Lascaux… Que nous apprend l’art pariétal sur nous-mêmes ? » Romain Pigeaud, préhistorien, chercheur au Muséum d’histoire naturelle
  • 11 h 15 Table ronde : « L’islam et les intellectuels progressistes »
  • 12 heures « Égalité, la reconquête »
  • 13 heures « La solidarité, une idée du XXIe siècle »
  • 14 heures Les grands entretiens de l’Humanité : Yannis Varoufakis, ex-ministre de l’Économie grec et Gerardo Hernandez ex-détenu cubain à Miami
  • 15 heures « Ensemble pour une autre Europe, avec le peuple grec »
  • 17 heures « Comment sortir de l’austérité en Europe ? » Débat de la gauche française
  • 18 heures « COP 21, à quelles conditions réussir ? »
  • 19 heures Les grands entretiens de l’Humanité : Vandana Shiva, écologiste indienne
  • 19 h 45 « Transitions écologiques et développement humain »

 

 

Manu Chao : « Personne ne quitte son pays le sourire aux lèvres »

Entretien réalisé par Victor Hache
Vendredi, 11 Septembre, 2015
L'Humanité

Le chanteur globe-trotteur va donner un concert événement, samedi, sur la grande scène. Un show festif et conscient pour lequel il nous a accordé un entretien exclusif où il parle de la Grèce, des Indignés, des migrants, de son combat contre le géant de l’agrochimie Monsanto et de la Fête.

Vagabond magnifique, combatif et engagé, Manu Chao aime parcourir le monde pour aller chanter auprès des gens de la rue. De retour d’une grande tournée en Europe, il fait halte à la Fête de l’Humanité à l’occasion d’un concert exceptionnel avec son groupe La Ventura. La Fête, où il jouera pour la troisième fois après ses concerts mémorables de 2001 et 2009, qui avaient déplacé des foules énormes.

Vous vous faites de plus en plus rare en France. Vous êtes toujours en tournée. De quels pays revenez-vous ?

Manu Chao On revient d’Andalousie où on a joué à Malaga. Cet été, on a beaucoup tourné en Europe, dans les pays des Balkans, Serbie, Croatie, Slovénie, Macédoine, Grèce, le sud de l’Italie, où on a fait des concerts dans des petits villages. On a aussi été en Allemagne, Pologne, Irlande, à Dublin, et on a fait un petit concert en France à Gignac (Lot) au festival Ecaussysteme. Avant, on était en Colombie, en Argentine. On y va petit à petit, selon les occasions qu’il y a dans chaque pays.

 

 

Vous étiez en Grèce au moment du référendum. Que vous ont dit les gens sur la situation ?

Manu Chao J’ai rencontré des gens courageux. Des gens qui sont vraiment dans la merde mais qui savent qu’il va falloir bouger les lignes. Il y a une terrible injustice. Ce n’est pas faux de dire que cette dette est illégale. C’est toujours les mêmes qui paient les pots cassés, qui vont payer la facture. Au moment du référendum, j’ai vu un pays super courageux qui a dit « non » ! Ensuite, il y a toute cette incompréhension de ce qui s’est passé au niveau gouvernemental. Tout le monde a été un peu déçu par les décisions prises deux jours après. Mais ce que j’ai vu, c’est un pays vraiment déterminé à dire « non » à une dictature de l’argent, des banques.

 

Ça bouge aussi en Espagne avec les victoires remportées aux dernières élections par des personnalités issues du mouvement des Indignés…

Manu Chao C’est intéressant de voir ce qui va se passer politiquement à Barcelone. Ada Colau, la nouvelle maire, a été sur tous les trottoirs de Barcelone, à défendre les gens expulsés. Elle a vraiment été sur le terrain pendant des années de manière extrêmement courageuse, face à la police, jour après jour. Qu’est-ce qui va se passer ? On va voir. Ça ne va pas être facile, comme en Grèce. Elle va se faire tirer dessus à boulets rouges. Je dirais que sa couleur politique est l’indignation de la rue, plus que la colère parce que ce n’est pas une femme colérique. Il y a Madrid, Valence, La Corogne en Galice, beaucoup de grandes villes de l’État espagnol ont bougé. On va vivre des époques intéressantes, ici. Ça va être un labo. Il y a beaucoup d’espoir de la part des gens et je m’inclus dedans. Mes voisins, tous très différents, ont voté pour quelque chose d’autre, ils y croient et vont s’impliquer. On sait qu’en face on va avoir un ennemi très puissant qui va tout faire pour détruire l’histoire, comme ils ont fait en Grèce. Ce sont des choses qui se passent dans le sud de l’Europe, la Grèce, l’Espagne, qu’on ne voit pas ailleurs, y compris en France.

 

 

 

Que chanterez-vous à la Fête de l’Humanité avec votre groupe La Ventura ?

Manu Chao Je ne sais pas encore. Notre répertoire est ample et on est un groupe multifacette. Je suis en France depuis quelques jours. J’ai besoin de vivre un peu le trottoir français pour voir ce que je vais chanter. Je vais sûrement inclure plein de potes, des musiciens qui vont venir. Je vais parler de Monsanto, mais la Fête de l’Huma, c’est dans le 9-3 où il y a un millier d’autres vrais problèmes. C’est la précarité, les problèmes de logement – c’est pour ça que le travail du DAL est important. Le 9-3, c’est avoir des papiers ou pas, ce sont d’autres réalités.

 

Comme le drame vécu par les migrants…

Manu Chao C’est une tragique Cocotte-Minute. Ce n’est pas nouveau, ça fait des années que ça dure. La chanson Clandestino que j’ai écrite date de 1996-1998. Il y avait déjà une pression terrible et des drames partout. Presque vingt ans après, la pression est encore plus forte, les tragédies sont encore plus nombreuses. Il y a de plus en plus de personnes qui meurent pour arriver dans un monde qu’elles croient meilleur et qui est évidemment meilleur, parce que, là-bas, c’est la vie ou la mort pour les pauvres. Et cela ne fait qu’empirer. Ça montre que, politiquement, vouloir fermer les frontières de l’Europe, ça ne fonctionne pas.

 

Y a-t-il une solution ?

Manu Chao La solution, c’est de donner une chance à tous ces pays de pouvoir se développer par eux-mêmes. Cela permettrait une stabilité et donnerait une vie digne à leurs citoyens. Mais ce n’est pas le genre de projet qui intéresse l’Occident, qui a besoin, pour vivre bien, de vampiriser le reste de la planète. Le problème, c’est que les politiques ne pourront pas prendre de décisions tant que l’économie sera le maître du jeu. Il n’y a aucune entreprise multinationale minière, par exemple, qui voudra améliorer la situation des pauvres mecs qui travaillent dans les mines dans des conditions effroyables, les salarier, leur donner une vie décente. Ça ne les intéresse pas ! Donc, ces gens-là, qui travaillent dans les mines, ont vu leur père crever à la mine et leur frère crever à la mine, ils veulent partir. Je pense que personne ne quitte son pays le sourire aux lèvres.

 
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