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26/11/2015

La "GUENILLE", le "TORCHE-CUL" bleu, blanc, rouge de Jean ZAY

Ma curiosité "intellectuelle" à propos du drapeau français raccroché aux façades des maisons m'a fait découvrir ce poème écrit par le pacifiste Jean ZAY en 1924 (il avait 19 ans) et la polémique qui s'ensuivit après la décision du gouvernement de transférer ses cendres au Panthéon.

 

 

 

 

 

Le drapeau

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Ils sont quinze cent mille qui sont morts pour cette saloperie-là.
Quinze cent mille dans mon pays,
Quinze millions dans tous les pays.
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille hommes morts pour cette saloperie tricolore…
Quinze cent mille dont chacun avait une mère, une maîtresse,
Des enfants, une maison, une vie un espoir, un cœur…
Qu’est ce que c’est que cette loque pour laquelle ils sont morts ?
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille morts pour cette saloperie.
Quinze cent mille éventrés, déchiquetés,
Anéantis dans le fumier d’un champ de bataille,
Quinze cent mille qui n’entendront plus JAMAIS,
Que leurs amours ne reverront plus JAMAIS.
Quinze cent mille pourris dans quelques cimetières
Sans planches et sans prières…
Est-ce que vous ne voyez pas comme ils étaient beaux, résolus, heureux
De vivre, comme leurs regards brillaient, comme leurs femmes les aimaient ?
Ils ne sont plus que des pourritures…
Pour cette immonde petite guenille !
Terrible morceau de drap coulé à ta hampe, je te hais férocement,
Oui, je te hais dans l’âme, je te hais pour toutes les misères que tu représentes
Pour le sang frais, le sang humain aux odeurs âpres qui gicle sous tes plis
Je te hais au nom des squelettes…
Ils étaient Quinze cent mille
Je te hais pour tous ceux qui te saluent,
Je te hais à cause des peigne-culs, des couillons, des putains,
Qui traînent dans la boue leur chapeau devant ton ombre,
Je hais en toi toute la vieille oppression séculaire, le dieu bestial,
Le défi aux hommes que nous ne savons pas être.
Je hais tes sales couleurs, le rouge de leur sang, le sang bleu que tu voles au ciel,
Le blanc livide de tes remords.

Laisse-moi, ignoble symbole, pleurer tout seul, pleurer à grand coup
Les quinze cent mille jeunes hommes qui sont morts.
Et n’oublie pas, malgré tes généraux, ton fer doré et tes victoires,
Que tu es pour moi de la race vile des torche-culs.

Jean Zay, 1924.

 

 

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Figures de la résistance, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Claude Brossolette, Germaine Tillion ainsi que Jean Zay ont fait leur entrée au Panthéon mercredi 27 mai. Mais pour le dernier cité, figure du Front populaire assassinée par la milice peu avant la Libération, cet hommage ne passe pas. Explications.

"Aux Grands hommes la patrie reconnaissante. Le 27 mai 2015, quatre grandes figures de ce qui a constitué "l’esprit de résistance" en France ont fait leur entrée au Panthéon: Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Claude Brossolette, Germaine Tillion ainsi que Jean Zay.

Problème: l’hommage fait à ce dernier, figure du Front populaire avant la Seconde guerre mondiale, fait polémique aux yeux de certains

Né en 1904, avocat, journaliste, écrivain, il connut une carrière politique fulgurante, élu député radical-socialiste du Loiret en 1932 puis nommé ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts en 1936, à tout juste 31 ans, discrètement mais sûrement poussé sur le devant de la scène par un certain Léon Blum. Sous l’occupation, il sera emprisonné par le gouvernement de Vichy, avant d’être assassiné par la milice le 20 juin 1944.

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Un poème qui ne passe pas

Oui mais voilà, certains reprochent au défunt d’avoir manqué de respect aux couleurs de la France, lors d’un poème écrit en 1924, intitulé Le Drapeau.

Dans ce texte, l’auteur fustige les morts inutiles de ses concitoyens au cours de la Première guerre mondiale, et s’attaque à l’emblème même de la Nation. Des propos jugés indignes, 90 ans plus tard, pour une panthéonisation.

Ces appels ont été ignorés par le gouvernement, les hommages à Jean Zay ayant déjà débuté.

 

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 http://www.asafrance.fr/item/lettre-15-02-jean-zay-et-son-torche-cul-au-pantheon.html

Association de Soutien à l'Armée Française

"Le président de la République n’a pas encore donné suite aux arguments exposés dans la lettre qui lui a été adressée par une cinquantaine d’associations représentant des centaines de milliers de citoyens et proposant, en lieu et place de Jean Zay, des jeunes résistants morts pour la France les armes à la main ou fusillés par l’ennemi. Il a maintenu Jean Zay, proposé dans la plus grande discrétion par un petit groupe d’historiens et associé à trois autres personnalités remarquables : Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion.

Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur Jean Zay, lâchement assassiné par des miliciens en 1944.

"Mais une victime n’est pas un héros, et le Panthéon n’est pas une récompense. C’est une référence nationale"

Notre pays est aujourd’hui en guerre contre le totalitarisme islamiste. Les Français se regroupent naturellement autour des symboles de la République que sont la Marseillaise et le drapeau ; le 11 janvier dernier, ils l’ont fait massivement. Au moment où la cohésion de la Nation est indispensable au succès dans le combat qui s’engage contre ceux qui veulent nous imposer leur loi et nous reprendre notre liberté, ne serait-il pas alors incongru, paradoxal voire dangereux, de présenter en exemple à une jeunesse, qui doute trop souvent de son pays, un homme qui a exprimé le dénigrement et la haine du drapeau ?

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Les cinq jeunes résistants proposés par l’ASAF étaient, lors de leur mort, âgés de 17 à 22 ans. Ils incarnent le symbole de l’unité nationale. Ils faisaient fi des clivages politiques qui prévalaient alors. Certains, bien que catholiques fervents, ont combattu au sein de réseaux d’obédience communiste parce qu’ils estimaient que c’était là qu’ils défendraient le mieux leur pays.  Aucun n’a tremblé devant la mort, prouvant ainsi qu’ils plaçaient l’avenir de leur pays au-dessus de leur propre vie.

Le président de la République a indiqué, en plusieurs occasions, qu’il fallait envoyer des messages en direction d’une jeunesse en attente. Or, quel plus beau message d’espoir que celui-ci cinq fois répété ? Le Panthéon ne renferme pas de jeunes personnalités ; il se présente là une extraordinaire opportunité de combler cette lacune et de rendre cette référence nationale plus représentative de la diversité française.

Monsieur le président, au moment où, plus que jamais, la Nation doit se rassembler pour relever les innombrables défis auxquels elle est confrontée, il serait incompréhensible que vous reteniez parmi les héros qui inspirent l’action des Français un homme ayant traîné dans la boue le drapeau qui, aujourd’hui, couvre le cercueil de nos soldats morts pour la France".

 

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En 2003, un amendement à la "loi pour la sécurité intérieure" présentée par Nicolas Sarkozy a créé le délit "d'outrage au drapeau ou à l'hymne national".

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Commentaires

Ma grande amie, est Hélène Mouchard-Zay (la plus jeune fille de Jean Zay) qui est présidente du CERCIL à Orléans. Femme d'exception, comme son Père.
Ida
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Ida, fidèle lectrice... Tu mérites ces belles relations. Bises à toi.

Écrit par : APELOIG Ida | 27/11/2015

 
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