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01/08/2016

LES NEVROSES du poète berrichon Maurice ROLLINAT

IL EST DE MON PAYS NATAL... LE BERRY

Les Névroses. (1883) Par Maurice Rollinat (1846-1903)



L’Espérance. L’Espérance est un merle blanc Dont nous sommes la triste haie: Elle voltige sur la plaie Et siffle au bord du coeur tremblant. Mais son vol n’est qu’un faux semblant; Sa sérénade n’est pas vraie. L’Espérance est un merle blanc Dont nous sommes la triste haie. Et tandis que, rapide ou lent, Le Désespoir est une orfraie Dont le cri certain nous effraie, Et dont le bec va nous criblant, L’Espérance est un merle blanc.





Les Larmes Du Monde.

À la mémoire de mon frère Émile Rollinat.

Dans les yeux de l’Humanité
La Douleur va mirer ses charmes.
Tous nos rires, tous nos vacarmes
Sanglotent leur inanité!

En vain l’orgueil et la santé
Sont nos boucliers et nos armes,
Dans les yeux de l’Humanité
La Douleur va mirer ses charmes.

Et l’inerte Fatalité
Qui se repait de nos alarmes,
Sourit à l’océan de larmes
Qui roule pour l'éternité
Dans les yeux de l’Humanité!




Douleur Muette. À Victor Lalotte. Pas de larmes extérieures! Sois le martyr mystérieux; Cache ton âme aux curieux Chaque fois que tu les effleures. Au fond des musiques mineures Épanche ton rêve anxieux. Pas de larmes extérieures! Sois le martyr mystérieux; Tais-toi, jusqu’à ce que tu meures! Le vrai spleen est silencieux Et la Conscience a des yeux Pour pleurer à toutes les heures! Pas de larmes extérieures! -




Les Bienfaits De La Nuit. À Raoul Lafagette. Quand le chagrin, perfide et lâche remorqueur, Me jette en ricanant son harpon qui s’allonge, La Nuit m’ouvre ses bras pieux où je me plonge Et mêle sa rosée aux larmes de mon coeur. À son appel sorcier, l’espoir, lutin moqueur, Agite autour de moi ses ailes de mensonge, Et dans l’immensité de l’espace et du songe Mes regrets vaporeux s’éparpillent en choeur. Si j’évoque un son mort qui tourne et se balance, Elle sait me chanter la valse du silence Avec ses mille voix qui ne font pas de bruit; Et lorsque promenant ma tristesse moins brune, Je souris par hasard et malgré moi, - la Nuit Vole, pour me répondre, un sourire à la lune.




Nocturne. À Robert Caze. L’aboîment des chiens dans la nuit Fait songer les âmes qui pleurent, Qui frissonnent et qui se meurent, À bout de souffrance et d’ennui. Ils ne comprennent pas ce bruit, Ceux-là que les chagrins effleurent! L’aboîment des chiens dans la nuit Fait songer les âmes qui pleurent. Mais, hélas! quand l’espoir s’enfuit, Et que, seuls, les regrets demeurent, Quand tous les sentiments nous leurrent, Alors on écoute et l’on suit L’aboîment des chiens dans la nuit.
 


Mystère. Pourquoi donc rougit la pucelle En face de l’adolescent? Pourquoi ce rire languissant Et cette allure qui chancelle? Qu’est-ce qui mouille l’étincelle De son beau regard innocent? Pourquoi donc rougit la pucelle En face de l’adolescent? Ce vermillon qui la harcèle Lui vient-il de l’âme ou du sang? Est-ce un danger qu’elle pressent? Est-ce un désir qu’elle recèle? Pourquoi donc rougit la pucelle?

 
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