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14/09/2016

PREVERT à la bougie

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PANNE DE COURANT HIER SOIR

QUE FAIRE SANS ORDI, SANS T.V., SANS RADIO

LIRE PREVERT par exemple

*

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L'EFFORT HUMAIN

L'effort humain

n'est pas ce beau jeune homme souriant

debout sur sa jambe de plâtre

ou de ierre

et donnant grâce aux puérils artifices du statuaire

l'imbécile illusion

de la joie de la danse et de la jubilation

évoquant avec l'autre jambe en l'air

la douceur du retour à la maison

Non

L'effort humain ne porte pas un petit enfant sur l'épaule

droite

un autre sur la tête

et un troisième sur l'épaule gauche

avec les outils en bandoulière

et la jeune femme heureuse accrochée à son bras

 

 

L'effort humain porte un bandage herniaire

et les cicatrices des combats

livrés par la classe ouvrière

contre un monde absurde et sans lois

L'effort humain n'a pas de vraie maison

il sent l'odeur de son travail

et il est touché aux poumons

son salaire est maigre

ses enfants aussi

il travaille comme un nègre

et le nègre travaille comme lui

 

L'effort humain n'a pas de savoir-vivre

l'effort humain n'a pas l'âge de raisonh

l'effort humain a l'âge des casernes

l'âge des bagnes et des prisons

l'âge des églises et des usines

l'âge des canons

et lui qui a planté partout toutes les vignes

et accordé tous les violons

il se nourrit de mauvais rêves

et il se saoule avec le mauvais vin de la résignation

et comme un grand écureuil ivre

sans arrêt il tourne en rond

dans un univers hostile

poussiéreux et bas de plafond

et il forge sans cesse la chaîne

la terrifiante chaîne où tout s'enchaîne

la misère le profit le travail la tuerie

la tristesse le malheur l'insomnie et l'ennui

la terrifiante chaine d'or

de charbon de fer et d'acier

de mâchefer et de poussier

passée autour du cou

d'un monde désemparé

la misérable chaîne

où viennent s'accrocher

ses breloques divines

les reliques sacrées

les croix d'honneur les croix gammées

les ouistitis porte-bonheur

les médailles des vieux serviteurs

les colifichets du malheur

et la grande pièce de musée

le grand portrait équestre

le grand portrait en pied

le grand portrait de face de profil à cloche-pied

le grand portrait doré

le grand portrait du grand divinateur

le grand portrait du grand empereur

le grand portrait du grand penseur

du grand sauteur

du grand moralisateur

du digne et triste farceur

la tête du grand emmerdeur

la tête de l'agressif pacificateur

la tête policière du grand libérateur

la tête d'Adolf Hitler

la tête de monsieur Thiers

la tête du dictateur

la tête du fusilleur

de n'importe quel pays

de n'importe quelle couleur

la tête odieuse

la tête malheureuse

la tête à claques

la tête à massacre

la tête de la peur.

 

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http://www.parolesdeprevert.fr/analyse-des-paroles-de-prevert/

Analyse des Paroles de Prévert

 

Parole de Jacques Prévert est un recueil de poèmes qui fut publié pour la première fois en 1946. Les poèmes qui se trouvent dans ce recueil ont été en premier lieu publiés séparément les uns des autres, dans différentes revues comme Le Commerce ou les Cahiers d’Art durant les années 1930. Ils ont d’abord été regroupés ensemble de façon amateur à l’initiative d’étudiants juste après la guerre. Dans le recueil, les textes sont non ponctués et chacun dispose d’une taille différente de son précédent, on remarque qu’il n’y avait aucune volonté d’harmonisation mais simplement une pulsion de partage des textes les plus beaux de Jacques Prévert. L’utilisation de la prose, des vers libres, des dialogues ou des vers irréguliers permet à tout le monde de trouver son bonheur dans le style en plus du plaisir dans le fond du poème. On y retrouve également des textes de chansons que nombre d’entre nous ont apprit par cœur à l’école. Une petite touche de provocation, des idées parfois tirées du surréalisme,  les poèmes sont ouvertement des poèmes oraux, comme l’indique le nom du recueil, on peut aisément les lire à haute voix, mieux, les lire de cette façon permet de mieux comprendre toute la dimension des poèmes de Prévert.

 

Les poèmes sont parfois parsemés de petites phrases assassines, on retrouve de pieds-de-nez au Pater Nostre, Prévert joue sur les mots et la relecture des poèmes permet de les découvrir au fur et à mesure, certaines très subtiles nous saisissent à la troisième ou quatrième lecture. L’accumulation et l’anaphore se font également une très belle place dans les textes du poète, ces figures de style mettent accent sur certaines parties du poème toujours dans le but d’attirer l’attention en particulier sur un point et d’appuyer la dérision qui était si chère à Prévert.

 

En ce qui concerne le vocabulaire, on retrouve celui simple que Prévert affectionne. C’est d’ailleurs cette façon d’utiliser des mots usuels, compréhensibles de tous qui lui permet de s’offrir une si grande renommée, que ce soit dans le monde de l’Art ou dans celui des cours de récréations. Les enfants aiment les poèmes de Prévert parce qu’ils sont beaux mais aussi parce qu’ils les comprennent, les adultes apprécient le côté frais et franc des poèmes, tout le monde y trouve de quoi combler ses envies.

 

Le poète n’hésite pas à utiliser les outils habituels de la poésie, les rythmes, les allitérations ou encore  les sonorités, elles sont d’ailleurs nombreuses dans ces poèmes ce qui en fait en plus d’un recueil de poèmes un recueil de textes chantants agréables à lire et agréables à entendre. Les images véhiculées par Prévert sont simples et nettes, tout le monde peut se les représenter. C’est l’un des points forts de ce recueil, Prévert ne s’adresse pas seulement au monde d’en haut, il parle aux petites gens, aux enfants, à tout le monde.

 

 

Les thèmes abordés dans ce recueil sont nombreux, on y retrouve ceux qui sont chers au poète, la dénonciation de toutes les violences et e particulier de celles de la guerre. Très souvent ces violences sont abordées sans fard, presque cruellement mais ce n’est que la transcription du véritable ressenti de l’auteur. Plus légèrement, Prévert aborde la vie quotidienne, la société de son époque mais aussi les lieux qu’il fréquente à Paris, son univers est traité dans ce recueil. L’auteur parle beaucoup de l’amour, de l’enfance et de l’oiseau qui sont pour lui les plus belles choses qui existent dans ce ponde, une façon de contrer toutes les atrocités qu’il a pu rencontrer dans sa vie et durant la guerre. Le dernier thème traité est celui de l’Art et de la création avec des inspirations liées à des peintres.

 
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