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03/11/2016

CHRONIQUES GRAPHIQUES

Mon amie Ida m'a adressé ce livre écrit par Philippe APELOIG, ce fils dont elle est tant fière ! Je la comprends.

Chroniques.jpg

Ce livre, je l'ai "dévoré" et je vais en demander un autre pour offrir à Thomas, mon petit-fils qui se définit ainsi :

Thomas CRECQ

"Je suis un jeune graphiste de 24 ans. Passionné par la culture, l'histoire et de nature curieuse, j'aime diversifier mes objectifs et travailler dans différents domaines."

Je suis allée piocher sur Internet et je l'ai trouvé avec son curriculum-vitae

Actuellement : Enseignant en Graphisme et Animation // Intervenant en suivi de projet // 

 

  • Graphiste

    Analyse de brief, proposition de solutions, réalisation de solutions

  • Assistant directeur artistique

    Gestion de brief, analyse de la demande, propositions de solutions, réalisations de solutions

  • Directeur Artistique junior

    Analyse de Brief, propositions de solutions, réalisation de solutions

  • e-artsup, école de création numérique

    Design graphique, Arrêt des études pour se lancer à mon compte
  • Les causes qui importent à Thomas :

    • Arts et culture
    • Droits de l’homme
    • Enfants
    • Formation
    • Politique
    • Sciences et technologie

 Thomas CRECQ

Thomas, grâce au livre de Philippe APELOIG, j'ai bien compris ton travail, ta passion. Je ne me contenterai plus de regarder vite fait l'affiche en disant : c'est bien ! je décortiquerai les lettres, le texte, l'image, les couleurs, etc... je saurai le travail de la pensée qui a guidé la main experte.

***

Chroniques.jpg

Philippe a été formé à Paris à l'Ecole supérieure des arts appliqués Duperré et à l'Ecole nationale supérieure des arts décoratifs. C'est aux Pays-Bas, à l'agence Total Design de Wim Crouwel, que Philippe Apeloig découvre le graphisme, la typographie, et qu'il décide d'en faire son métier.

J'ai dévoré son livre. Clair, limpide, l'écriture coule comme l'eau à la fontaine. "Chroniques graphiques", un titre qui peut paraître rébarbatif pour les non-initiés ; c'est tout le contraire, l'humanisme, la vie familiale et professionnelle de Philippe à travers ses anecdotes, ses rencontres, incite à la curiosité, nous fait tourner les pages pour en savoir plus. Les chapîtres défilent :

1. S'afficher

"Quand je crée une affiche, j'hésite tout le temps. Je vais vers l'inconnu. Rien n'est paisible. Je suis en guerre avec moi-même. Je voudrais rendre explicite le labyrinthe de mes recherches. Si je n'y parviens pas, je me console en éprouvant la poésie indissociable de la construction graphique que je façonne.

Je crains de ne pas être en adéquation  avec ce que j'espère faire. Il y a des affiches que je n'aime pas, dont j'ai honte.

Comme si cette création, précisément me faisait revivre d'épouvantables humiliations autrefois ressenties. Je me souviens des examens d'école où il fallait faire ses preuves.

Cette typographie sera-t-elle magnifique ? Ce geste sera-t-il assez audacieux ? ...

2. Jacques London imprimeur

"La première fois que je suis allée à l'imprimerie London, au 13,rue de la Grange-Batelière, c'était en automne 1985. L'adresse de cet imprimeur circulait dans les carnets d'adresses des conservateurs du musée d'Orsay, où je venais d'être recruté comme graphiste"...."Logée au coeur de Paris, l'imprimerie Jacques London bénéficiait d'une réputation sans équivalent. Qui arrivait au 13, rue de la Grange Batelière savait qu'il était entre d'excellentes mains. Leur expertise attirait les meilleurs typographes et graphistes du moment, à commencer par les suisses ..."

"Je pousse la porte d'entrée. Je pénètre dans un petit sas en verre, coupe vent. Le décor semblait avoir été conçu dans les années soixante-dix, à un moment où l'imprimerie s'était refaite une santé, boostée par le succès des publications pour les institutions culturelles"...."Dans le hall de réception, bien chauffé, une dame trône, en hôtesse d'accueil ... "C'est vous le graphiste du Musée d'Orsay ? Que vous êtes jeune, on vous croirait encore à l'école !"...

Derrière le mur où est accrochée l'oeuvre de Jouffroy, une porte s'ouvre et apparaît un homme de petite taille, qui a l'air à la fois fragile et plein d'énergie. Dandy, Monsieur London soigne sa tenue ...d'une main ferme il me salue et m'entraîne dans son bureau ...avant de regarder mon projet, il se montra curieux de connaître ma formation, et comment j'étais arrivé au Musée d'Orsay.

Encore inscrit à l'Ecole des arts décoratifs, boursier, je cherchais du travail. J'avais un formidable appétit d'apprendre. Je vendais des illustrations à foison dans la presse, mais je me préoccupais sérieusement de mon avenir. .. Le musée d'Orsay, alors en construction, recrutait un graphiste avec deux années d'expérience. J'avais tenté ma chance et envoyé une lettre de motivation accompagnée de mon CV. En attendant une hypothétique réponse, dès le mois de juin, j'étais reparti à Amsterdam en stage chez Total Design."...

"... Il ouvrit la porte de son bureau. Sa forte poignée m'écrasa les phalanges. Il me confia à son épouse. Revenez vite, vous êtes ici chez vous, dit Madame Perreau. Quand je fus dans la cour, je sus que quelque chose en sourdine m'avait perturbé l'ouïe. Subrepticement j'avais remarqué que le léger accent de Monsieur London ressemblait à celui de mes grands-parents. A la sortie de l'immeuble, pensif, je traînais les pieds.

Je revins plusieurs fois à l'imprimerie...

"Une fois, pris d'audace, je lui posai la question : venait-il d'Europe centrale ? Je suis né en Russie, enfin l'Ukraine aujourd'hui, près de Kiev et j'ai grandi en Pologne. Il remonta la manche de sa veste et de sa chemise, mettant son bras à nu, il me montra le numéro tatoué sur sa peau. 23184. J'étais désemparé. Monsieur London avait été déporté par le convoi n° 75 le 30 mai 1944"...

"Maintenant j'allais à l'imprimerie non plus seulement pour suivre les projets du musée d'Orsay mais mû par la curiosité d'en savoir plus. Deux univers s'entrechoquaient et allaient façonner mon devenir.

L'histoire de mes grands-parents, de mes ancêtres en Pologne, croisait le monde professionnel où je commençais à évoluer.

Que restait-il de leurs vies, et que ferai-je de la mienne ?"

3. Qui sommes-nous ? Que faisons-nous ? Où allons-nous ?

"Quand j'ai commencé mes études d'art, voilà plus de trois décennies, à une époque où l'outil informatique n'existait pas, je me suis inscrit dans une classe intitulée "expression visuelle", sans savoir de quoi il s'agissait. J'avais choisi cette section, trouvant que le mot "expression" offrait des perspectives semblables à l'expression picturale ou corporelle, en somme à une discipline empreinte d'improvisations et de liberté".

"Pourtant, à l'Ecole des arts appliqués, surnommée les Zarza (Arts-A), je m'entraînais à la calligraphie avec précision. Je veillais à conserver l'inclinaison régulière de ma plume métallique biseautée, tout en modulant mon écriture. J'obtenais des lignes droites ou en arabesques plus ou moins grasses, des pleines et des déliés harmonieux. Nous devions remplir des pages en Rustica, en Onciale, en Caroline, en Gothique ou en Anglaise. Ces exercices devaient nous guider vers la découverte des origines de la typographie..."

..."Nous apprenions également une technicité comme par exemple l'importance d'un gris typographique homogène, c'est-à-dire sans lézardes et sans rivières. Le réglage des approches entre les lettres, mais aussi l'interlignage, se devaient d'être exempts de blancs arbitraires ou de zones plus foncées... Il convenait aussi de veiller aux espaces avant et après les ponctuations, et bien sûr aux coquilles en tous genres.

A cet égard, il était indispensable de préparer rigoureusement la copie, le manuscrit dactylographié remis par l'auteur : indiquer le choix des polices de caractère, leur corps, les mots en italiques, les alinéas, etc. Il fallait guider l'opérateur de l'atelier de photocomposition de sorte qu'il ajuste les textes en pavés justifiés, centrés, alignés au fer à gauche, ou éventuellement au fer à droite.

Le but à atteindre étant que les yeux du lecteur glissent confortablement.

Mais quel lecteur reconnaissant songerait à un tel travail de fourmi, si technique, minutieux et fastidieux ?"...

4. Un stagiaire

5. Avalanche

6. Histoires d'engagement

7. D.A.  "la médiocrité m'agace, il nous faut un nouveau D.A."  -Directeur Artistique-

8. Le logo

9. C'est pas par là, c'est par ici !

10. Générique

***

Comme dactylographe il y a des sujets qui  me parlent

on aime taper avec telles ou telles lettres

sans songer que si elles existent c'est parce qu'elles ont été pensées, dessinées, créées

Dorénavant j'y songerai

J'ai tapé le texte en Trebuchet MS, Webdings, Comic sans MS

**

Quelques extraits à venir des autres chapîtres

"Philippe, mes yeux ont "glissé confortablement"

en lisant ton livre"

 

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