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08/03/2017

DEFENSE D'APPRENDRE A LIRE AUX FEMMES. LE SAVIEZ-VOUS ?

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Encore 22% des hommes qui pensent aujourd'hui que la place de la femme est à la maison !

Quand les lois ne sont pas appliquées et que les mentalités sont longues, très longues à la détente, les femmes ne peuvent compter que sur elles pour sortir de leur condition.

 

En 1801

UN HYMNE AUX EPOUSES SENSIBLES

Le dernier texte de Sylvain Maréchal sur l'éducation des femmes provoque un scandale. Dédié "aux bonnes mères de famille, aux excellentes femmes de ménage, aux épouses sensibles", il interdit à la femme tout métier, surtout intellectuel : "Conservez sans regret votre douce ignorance, gardienne des vertus et mère des plaisirs".

 Encore peu soucieux des droits de la femme, comme la Révolution, il rédige en 1801 un texte, très controversé, sur un Projet de loi portant défense d’apprendre à lire aux femmes. Malgré les idées progressistes de Maréchal, auteur en particulier du Manifeste des égaux en 1796, et malgré le ton plaisant de son texte, celui-ci est convaincu de l’infériorité des femmes et souhaite les cantonner à la sphère familiale.

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Livre - Sylvain Maréchal - 25/07/2007 - Broché

Résumé :Quand bien même le Projet d'une loi portant défense d'apprendre à lire aux femmes (1801) de Sylvain Maréchal se présenterait comme une plaisanterie " aimable ", il développe la plus...

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Quand bien même le Projet d'une loi portant défense d'apprendre à lire aux femmes (1801) de Sylvain Maréchal se présenterait comme une plaisanterie " aimable ", il développe la plus grande partie des arguments misogynes que l'on peut trouver dans une tradition littéraire " machiste " qui se poursuit aujourd'hui. Sa conclusion est radicale : si on souhaite conserver quelque autorité sur les femmes, il convient de les tenir éloignées de la lecture et de l'écriture, c'est-à-dire de la connaissance.

Dès 1801, deux femmes font paraître à quelques jours d'intervalle des réponses argumentées à ce qu'elles tiennent au mieux pour une " sottise ", et au pire comme la production d'un " esprit dérangé ", remettant Sylvain Maréchal à sa vraie place de bouffon réactionnaire.

Marie-Armande Gacon-Dufour écrit un prudent et subtil Contre le projet de loi de S. M. portant défense d'apprendre à lire aux femmes par une femme qui ne se pique pas d'être femme de lettres (Son féminisme engagé, joint à l’abondance de ses écrits, lui attira de nombreuses critiques d’écrivains ou de journalistes. L’un de ces derniers déclara même : « Drogues pour drogues, j’aime encore mieux ses confitures que ses livres. ») ;

Albertine Clément-Hémery, plus démonstrative, rédige un violent Les femmes vengées de la sottise d'un philosophe du jour ou réponse au projet de loi de S. M. portant défense d'apprendre à lire aux femmes. Elle répond, de manière violente, à ce qu’elle qualifie de « vanité masculine stupide et mal placée ».

La confrontation de ces trois textes éclaire, au-delà de la période révolutionnaire, les arguments auxquels ont encore recours nombre de nos contemporains.

 

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Avec étonnement ce texte qui expose sur une centaine de pages « Les inconvénients graves qui résultent pour les deux sexes de ce que les femmes sachent lire »

Son discours antiféministe s’insère dans un débat plus vaste sur la place des femmes dans la société. En effet, les penseurs des Lumières sont nombreux à revendiquer une éducation plus sérieuse pour les femmes, revendication qui aurait pu aboutir sous la Révolution. Pour le publiciste et poète Maréchal, le débat révolutionnaire offre au contraire l’occasion d’exprimer un point de vue hautement réactionnaire envers l’instruction féminine, puisant, selon B. Jolibert, dans la pensée de Xénophone, de Plutarque et  de Rousseau pour revendiquer une éducation domestique sous le contrôle des pères, où les filles sont exclues de toute instruction.

Le projet de loi représente l’aboutissement de sa pensée où, sous un ton humoristique, il s’oppose à toute participation féminine à la sphère publique.

Les cent treize considérations qui précèdent les quatre-vingts articles de la loi sont dans la lignée d’une tradition d’idées misogynes et sexistes concrétisées pour certaines dans le Code civil de Bonaparte en 1804.

Si l’auteur sait incontestablement qu’une loi prohibant la lecture aux femmes n’a pas véritablement de sens, le fond de sa pensée s’appuie sur des idées qui auront la vie longue.

Ainsi son pamphlet est un plaidoyer pour ramener les femmes dans l’espace privé de la maison en évoquant le danger pour les moeurs et pour la chose publique quand les femmes s’occupent de la vie de la Cité.

Résolument hostiles à toute instruction féminine, les considérations évoquent la « mort précoce de plusieurs jeunes filles que leurs mères avaient condamnées à l’étude des langues et à d’autres sciences » , mais, plus grave encore « la discorde dans un ménage quand une femme en sait autant ou plus que le mari » , comme évidemment la menace politique des « diplomates femelles ».

Quelques exemples des articles de loi illustrent bien le sens de son argument : « La Raison veut que chaque sexe soit à sa place, et s’y tienne » (art. III) ;

« Il est aussi révoltant et scandaleux de voir un homme coudre, que de voir une femme écrire, de voir un homme tresser des cheveux que de voir une femme tourner des phrases » (art. V) ;

« La Raison veut que les maris soient les seuls livres de leurs femmes » (art. XII) ;

« La Raison n’approuve pas ces maisons d’éducation pour les jeunes demoiselles, où on leur apprend tout, excepté la seule chose qu’elles doivent connaître, la science du ménage » (art. XXIV) ;

« Une femme poète est une petite monstruosité morale et littéraire ; de même qu’une femme souverain est une monstruosité politique (art. XLV) ».

L’influence de la pensée de Jean-Jacques Rousseau est dans son texte explicitement revendiquée.

 

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Au total, ces deux rééditions rappellent à quel point l’accès au savoir des femmes est une question politique en France au début de l’ère contemporaine ; en maniant avec humour les stéréotypes concernant les femmes savantes, Maréchal déploie des idées qui, bien après 1801, viendront renforcer les inégalités de genre dans le domaine de l’éducation.

 

Au lendemain de la Révolution, on aime à imaginer des lois pour toute chose, ce qui engendre parfois d'étonnantes, mais révélatrices aberrations

 

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