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16/06/2017

Accélération de la privatisation des secteurs « rentables » et de la socialisation des secteurs « non rentables »

 
Protection sociale

Avec Macron, en avant pour le prochain recul social en matière de retraites

Nous savons donc depuis longtemps à ReSPUBLICA que privatiser les profits et socialiser les pertes est le but constant du capital en général, quelle que soit la période, qu’il y ait croissance ou pas, selon le rapport de force. Et le but du néolibéralisme est de restaurer le profit en cassant les salaires, directs ou socialisés (services publics, école et protection sociale). Il s’agit donc pour Macron et donc le capital de reprendre ce qui a été socialisé, avec éventuellement la possibilité pour des capitalistes individuels de faire du profit au passage via la privatisation de certains services (école, santé, etc.)

Il s’agit bien ici de casser le modèle social issu du CNR, comme le réclamait Denis Kessler et comme les gouvernements l’ont essayé depuis Pompidou président et Debré premier ministre. Libéré des partis, le gouvernement actuel a les mains très libres, il va donc bien avancer vers ce que Sarkozy et Hollande ont encore échoué à atteindre.

Cassant l’unité de la Sécurité sociale, bien mal défendue par le mouvement social et politique, ce but est que les secteurs non rentables seront à terme fiscalisés et les secteurs rentables privatisés par l’oligarchie capitaliste

Mais le discours culturel de Macron et de Philippe est une musique bien huilée. Le transfert des cotisations sociales salariales santé (0,75 % du salaire brut) et chômage (2,4 % du salaire brut) vers la CSG (augmentation de 1,7 %) fera gagner les actifs (surtout les hauts salaires des couches moyennes supérieures ! Il n’y a que les très hauts salaires au-dessus de 33 450 euros par mois qui subiront une légère perte dans ce transfert ! On ne pleurera pas pour eux !) Par contre, toutes les retraites de plus de 1 200 euros (une retraite aisée pour Macron !) vont  subir une perte sèche alors que la croissance folle des inégalités sociales de retraites accroît déjà le nombre de retraités dont la vie est de plus en plus difficile. À noter que ce sera un effet d’aubaine pour les patrons qui en profiteront pour moins augmenter les futurs salariés !

Mais il y a plus beau dans la manipulation. Comme les revenus du capital des personnes physiques sont impactés par la CSG, cette hausse sera prétendument compensée par l’introduction du prélèvement forfaitaire unique (PFU), alors qu’elle alourdira la fiscalité pour les petits revenus et l’allégera pour les plus élevés ! Elle est pas belle l’histoire construite et écrite par les vainqueurs !

Bien évidemment, cela se rajoutera à l’effet différé de l’accord régressif de novembre 2015 Agirc-Arrco qui organise la baisse des retraites du privé. Voir ci-dessous.

En fait, la gestion de la Sécurité sociale a subi plusieurs mutations. D’abord, la Sécurité sociale a été gérée de 1945 à 1967 par les représentants élus des assurés sociaux, les conseils d’administration comptant ainsi 75 % de travailleurs. Nous avons ensuite vécu ensuite un double mouvement d’étatisation et de privatisation de la Sécurité sociale. A partir de 1967, on a eu droit à une gestion paritaire plus défavorable aux travailleurs, car le patronat et l’État devenaient majoritaires dans les conseils car les syndicats complaisants votaient souvent avec le patronat. Puis, nous sommes passés à une étatisation de la Sécurité sociale par les « réformes de 1995, 2009, etc.). Macron souhaite terminer ce travail d’étatisation de la protection sociale et donc remplacer la gestion paritaire par une étatisation complète (il le propose déjà sur l’assurance-chômage afin de baisser les prestations) et aller vers le projet du Medef de fiscalisation totale des secteurs non rentables. Comme le Conseil constitutionnel estime que les prélèvements des cotisations ne peuvent avoir lieu vis-à-vis des populations qui ne bénéficient pas des prestations (exemple le financement de l’assurance-chômage par des retraités qui ne peuvent pas bénéficier de l’assurance-chômage, etc.), on voit bien que la suppression progressive des cotisations va entraîner un changement de système totalement étatisé et fiscalisé pour la partie non rentable pour le patronat. Et le démembrement progressif de la Sécurité sociale pour la partie rentable pour le patronat détruira définitivement la cohérence de la protection sociale voulue par le Conseil national de la résistance de la naissance à la mort. Tout cela va dans le sens de permettre des ajustements brutaux à la baisse en cas de crise paroxystique.

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