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« C'EST DANS LA RUE qu'ça se passe ! en OCTOBRE 2017 | Page d'accueil | 5. Comprendre les évènements en Espagne où le recours à la violence a souvent eu lieu, hélas ! »

03/10/2017

4. LA CATALOGNE EST TETUE...son combat pour l'indépendance ne date pas d'hier

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Le catalanisme n'est pas tombé du ciel en 1830.

("Encore moins en 2017 !")

"Sa première phase revêtit un aspect affectif. On redonna un statut littéraire à la langue catalane. La renaissance du catalan s'inscrivit dans la foulée du romantisme français, allemand et s'exprima dans deux directions : la poésie et l'histoire.

Dans le domaine de la poésie, la production fut abondante...VERDAGUER et plus tard MARAGALL donnèrent leur titre de noblesse aux nouvelles lettres catalanes.

... L'histoire centra, elle, ses activités sur la revalorisation du passé national, sur une sorte de reprise de conscience de sa spécificité.

La deuxième phase du catalanisme s'identifie à l'essor industriel de la Catalagne. Vers le milieu du XIXe siècle, les manufactures textiles espagnoles se trouvant concentrées en Catalogne (90% des broches), la production catalane recouvrait la presque totalité de la production nationale espagnole.

Les industriels catalans crurent alors qu'il leur serait possible de s'approprier le pouvoir politique sur le plan national. Mais la réaction du pouvoir central contre leurs ambitions fut vive.

Les tensions entre la Catalogne et le pouvoir central s'aggravèrent. Cette dégradation des rapports catalano-espagnols mit en lumière l'existence de deux structures et deux psychologies, qui s'affrontèrent à l'occasion des débats parlementaires sur les problèmes fiscaux et douaniers.

...

De tous ces antagonismes, celui qui prit un caractère prédominant était toutefois d'ordre économique.

La bourgeoisie catalane vit dans les attaques des libéraux madrilènes contre le protectionnisme (qui avait fait sa fortune) une mise en cause de la place privilégiée qu'elle avait reconquise dans la communauté espagnole.

Et elle en vint à considérer que, pour sauvegarder ses avantages, il lui fallait échapper au carcan du pouvoir central, via l'autonomie.

De fil en aiguille, les choses allèrent se précipitant.

A la condamnation globale de la Catalogne industrielle et moderne par les classes dirigeantes espagnoles dont l'origine, le comportement social, le mode de vie, les intérêts essentiellement agricoles dataient d'avant la révolution industrielle, succéda durant le règne des "libéraux" à Madrid, une véritable braderie du patrimoine minier de l'Espagne livré à vil prix à des sociétés étrangères au nom de la nécessité proclamée par Echegaray, ministre de l'Industrie et du Commerce, de "la communication entre nations, grand principe moderne selon lequel l'Humanité est érigé en unité suprême".

 

La divergence fondamentale qui opposait les Espagnols libre-échangistes

aux Catalans protectionnistes

finit par rendre infranchissable le fossé les séparant."

 

"Lorsqu'en 1892 furent proclamées les "Bases de Manresa"****, il ne s'agissait plus désormais de protectionnisme, mais bel et bien d'un programme politique constituant un considérable pas en avant.

Ces Bases revendiquaient, en effet, l'établissement d'un parlement catalan, l'admission des seuls Catalans aux fonctions publiques en Catalogne, la reconnaissance du catalan comme seule langue officielle dans le pays, la frappe d'une monnaie catalane.

Plus rien n'entrava dès lors le processus de dissociation du reste de l'Espagne que la Catalogne portait en elle.

Cinquante associations et journaux signèrent un Manifeste ... affirmait avec force la "nécessité absolue pour la Catalogne d'avoir le gouvernement de ses intérêts propres, et en politique extérieure une part d'influence proportionnée à ses forces"."

Manipulation de Madrid

"...Durant cette période du nationalisme catalan, Madrid tenta d'utiliser pour le contrebattre Alexandre Lerroux, idole des foules ouvrières et petites bourgeoises barcelonaises, qu'il chauffait à blanc par des discours incendiaires, appelant au renversement de l'ordre social. La sainte frayeur que cet histrion inspira à la bourgeoisie catalane ne fut pas étrangère aux oscillations ultérieures du catalanisme.

Lerroux, toutefois, se disqualifia de lui-même, du fait qu'après s'être posé en champion de la violence, il s'en tint à l'écart lorsque celle-ci se déchaîna durant les tumultueuses journées de la "Semaine tragique" (1909)  "

Les révoltes de la semaine tragique débutent à Barcelone quand le gouvernement espagnol décide de coloniser le Maroc, obligeant les réservistes, principalement issus de la classe ouvrière, à se rendre dans le Rif, ces derniers se mettent en grève. Ce mouvement anarchiste dure du 25 au 31 juillet 1909 et le bilan est lourd. 78 morts pour environ 500 blessés. La répression est violente : poursuites pénales, exil, peines de prison à perpétuité ou encore condamnations à mort. Accusé d'être à l'origine de ces émeutes, le théoricien et libre-penseur Francisco Ferrer est exécuté le 12 octobre 1909. Les exécutions entraînent l'indignation des pays étrangers et obligent le roi à destituer son chef du gouvernement. Avec cette crise, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) compte de plus en plus d'adeptes.

 

L'Espagne se tient à l'écart de la Première Guerre mondiale, ce qui lui vaut de s'enrichir et de se développer. Mais son armée subit peu après, en juillet 1921, un amer revers à Anoual, dans le Rif, face à l'insurrection d'un chef marocain, Abdelkrim.

Cette nouvelle humiliation entraîne le capitaine général de Catalogne, Miguel Primo de Rivera, à prendre le pouvoir le 13 septembre 1923, à Barcelone.

Résigné, le roi Alphonse XIII l'appelle à former le gouvernement et lui donne les pleins pouvoirs.

Inspiré par l'exemple de Mussolini, dont l'arrivée au pouvoir remonte à moins d'un an, Primo de Rivera suspend la Constitution, dissout l'assemblée des Cortes et instaure la censure.

Le général ne tarde pas à se brouiller avec les Catalans en leur interdisant l'usage officiel de leur langue.

Il prend des mesures radicales qui instituent une dictature. Il engage aussi une série de grands travaux pour moderniser le pays. Mais son autoritarisme, la crise économique de 1929, la persistance du problème agraire et les mécontentements visibles dans tout le pays ont raison de lui : il s'exile en 1930, suivi du roi en 1931. La Seconde République espagnole est proclamée.

 

*** Les bases étaient inspirées par une idéologie fédéraliste et les anciennes constitutions catalanes de 1585.

Le texte prévoyait la séparation des pouvoirs au niveau du pouvoir central, le pouvoir législatif étant partagé entre le roi et une assemblée régionale, l'exécutif constitué de cinq ministères ou secrétariats et le judiciaire d'un tribunal suprême régional.

Il instaurait l'officialité exclusive de la langue catalane et la maîtrise de celle-ci comme un prérequis obligatoire à l’exercice de la fonction publique.

 ***

*

 

 

 

Commentaires

L'indépendance catalane est une utopie. Créer monnaie, demander d'intégrer l'union européenne, malgré la volonté de protectionnisme, pour pouvoir continuer à exporter vers l'UE, frapper à la porte de l'Onu .........Entre autres, on peut le déplorer, mais nous ne sommes plus au XVI ème siècle. ..bientôt un visa et un passeport pour un week-end à Barcelone ?

Écrit par : fanfan du fatras | 04/10/2017

Et ne pas oublier que les plus grosses fortunes, celles du patronat, sont en grande partie concentrées là, en catalogne, je ne comprends pas que ça ne vous révolte pas. La Catalogne se moque bien de l'avenir de la Galice ou de l'Andalousie. ....

Écrit par : fanfan du fatras | 05/10/2017

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