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21/10/2017

Et ça ose donner des leçons aux CATALANS !

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Espagne: Le roi est nu

Jean Ortiz
Mercredi, 18 Juin, 2014
AFP

Par Jean Ortiz, universitaire. C'est aujourd'hui mercredi 18 juin 2014 que sa Majesté Juan Carlos de Bourbon et des Pachydermes du Botswana, signe son abdication, au cours d'une cérémonie solennelle, au Palais royal.

Jusqu'à 18h, il est "inviolable". Une fois signé son renoncement pour cause d'excès de casseroles au derche, il deviendra un simple justiciable comme les autres, donc "violable", au sens judiciaire du terme. En toute légalité, il pourrait être arrêté à la sortie du Palais Rooyaal ce soir. Article 14 de la Constitution: "les Espagnols sont égaux devant la loi". Faut croire que certains sont plus égaux que d'autres.

Il faut donc garantir à sa Majesté abdiquante, à toute berzingue, l'impunité. Les frères siamois du bipartisme, PP et PSOE, se sont mis d'accord pour présenter d'urgence au parlement un amendement dans ce sens. Il serait ajouté en catastrophe à la "Loi organique du pouvoir judiciaire", un pouvoir judiciaire aussi indépendant que lierre sur un tronc d'arbre.

Demain 19 juin 2014, le roitelet sera intronisé par le parlement. Il est, selon la loi, chef de l'Etat. Sa majesté nouvelle commencera son règne, que nous souhaitons le plus bref possible, sans passer par les urnes... Cela sent l'autocratie, le "golpe", le coup d'Etat consommé. Felipe VI et ses parrains du PP-PSOE foulent aux pieds les libertés, la démocratie, soutenus par les médias au premier rang desquels l'apostat "El Pais". Tant que cela ne se passe pas à Caracas...

En clair: la monarchie socialo-pépiste impose un nouveau roi sans tenir compte de la Constitution et de la volonté populaire. La Constitution stipule que c'est dans le peuple " que réside la souveraineté". L'opinion publique exige, elle, à 62% un référendum pour choisir la forme de l'Etat. Pour la deuxième fois une restauration bourbonienne a lieu par un coup de force.

Le Sénat avait donné le feu vert à l'abdication par 88% des votants. S'y sont opposés Izquierda Unida, ERC (Gauche catalane républicaine) et ICV (écolo-communistes catalans).

Pour les classes dominantes, la monarchie "immaculée" et "modélique" doit durer; elle a permis aux grands groupes financiers et industriels de garder le pouvoir depuis la mort de Franco et de transformer l'Etat en marché.

Toujours un poing levé et une main tendue, Jean Ortiz est un internationaliste assumé.
 

Jean Ortiz, lui même fils de la République espagnole et de l’antifascisme nous offre avec cet ouvrage, qui bat en brèche les révisionnismes, manipulations et caricatures de toutes sortes, un regard clair et percutant sur l’histoire espagnole de 1931 à nos jours.

Écrasée par le soulèvement fascisant de juillet 1936, enfouie, oubliée, trahie pendant plus d’un demi-siècle, la République dont l’histoire officielle pensait se défaire est enfin de retour !

Non, la loi d’amnistie espagnole n’était pas la loi vertueuse ou cicatrisante tant attendue. Établir une équivalence morale entre les vainqueurs et les vaincus de la guerre d’Espagne, c’est une autre façon de cracher sur les tombes !

Non, les Républicains n’étaient pas des « rebelles » : ils défendaient une Constitution approuvée et un gouvernement légal.

Afin de justice plutôt que de revanchisme, il était devenu indispensable de tout reprendre à son commencement. Et de le raconter avec la fameuse sévérité des faits : l’anarchisme, la Commune asturienne de 1934, les véritables relations entre Staline et la République, les conflits inter-républicains, la non-intervention française, la politique de réconciliation nationale du PCE, l’anti-franquisme, les fosses communes, les « enfants volés », puis les travaux du juge Garzon, puis les « Indignés », etc.

L'auteur :

La victoire des franquistes oblige son père, combattant républicain, puis guérillero (résistant) en France, à vivre un exil toujours recommencé.

« Manchega », la famille a payé un lourd tribut à la défense de la République : sept fusillés.

Homme de passion, Jean Ortiz conjugue, depuis quarante ans, engagement dans le combat de mémoire et honnêteté du travail historique. Il a consacré plusieurs ouvrages aux Républicains et antifascistes espagnols (aux éditions Atlantica) : Mi guerra civil (2005), Rouges : maquis de France et d’Espagne. Guérilleros en Béarn (2007), Che plus que jamais (2007), Guérilleros et mineurs (2011), De Madrid à Valparaiso. Neruda et le Winnipeg (2011).  

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Extraits du texte ci-dessous

La solution pour éviter que cette crise dégénère, c’est une République. Elle ne doit pas être une copie de la Seconde République de 1931. À l’époque, il n’y a jamais eu de danger communiste, qui a servi de prétexte au coup d’État. Ils ont liquidé un projet réformiste, modéré et absolument pas révolutionnaire, mais au bilan social et sociétal insupportable pour l’oligarchie, la banque, l’Église, l’armée... Il faut aujourd’hui une République qui soit anticapitaliste, sociale, fédérale et plurinationale. Si on veut régler les problèmes régionaux qui secouent l’Espagne avec la Catalogne, il faut créer une nation de nations. Le droit à l’autodétermination, le droit de décider sont possibles dans le cadre d’une Espagne qui soit un État plurinational. Ce caractère doit être reconnu.

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Universitaire, journaliste, voyageur infatigable de Amérique du sud et de Europe latine, Jean Ortiz travaille depuis longtemps sur la guerre Espagne, le franquisme, les résistances. il vient de publier « Espagne : la république est de retour ». Un ouvrage qui couvre la période de 1931 jusqu’à la percée fulgurante de Podemos selon un fil rouge : la république.

Le devoir de mémoire face à une amnésie imposée. Ces vingt dernières années, l’Espagne a vécu sur un mythe fondateur complètement inventé : la transition. Un concept créé pour faire consensus et qui a été exporté au Chili, en Uruguay, en Argentine. Tous ces pays sont revenus sur ces lois sauf en Espagne. La loi d’amnistie, ou plutôt d’auto-amnistie, permet l’impunité du régime franquiste, des ses cadres et de ses crimes depuis 1977 jusqu’à aujourd’hui. Franco l’a clairement dit avant de mourir, il a laissé le régime tout attaché et bien attaché au service de l’oligarchie financière. La transition a été le rétablissement de la monarchie afin de verrouiller le système. L’oligarchie franquiste a pu tranquillement se recycler. Le franquisme n’est pas qu’une dictature, il s’agit d’un système qui a perduré après la mort de Franco et qui englobe la monarchie. Depuis une dizaine d’années, j’ai assisté à un retour de mémoire assez extraordinaire. Un retour du refoulé. Les drapeaux républicains sont visibles dans les manifestations et les mouvements sociaux. Un phénomène impensable il y a encore 10 ans. On assiste à une accélération de l’histoire. Toute cette architecture, cet édifice de la transition, s’effondre. L’année 2015 confirme ce chambardement avec l’ascension d’un mouvement comme Podemos.
 
CHEZ LES JEUNES, L’IDÉE D’INSTAURER UNE RÉPUBLIQUE EST MAJORITAIRE ET 62 % DES ESPAGNOLS RÉCLAMENT UN RÉFÉRENDUM POUR CHOISIR ENTRE MONARCHIE ET RÉPUBLIQUE.
 
Les prochains scrutins locaux, régionaux et législatifs devraient nous confirmer ce phénomène. Aujourd’hui, de nombreux sondages constatent que moins d’un Espagnol sur deux croit encore à la monarchie. Les classes dominantes tremblent à l’idée que ce système disparaisse. Chez les jeunes, l’idée d’instaurer une République est majoritaire. 62 % des Espagnols réclament un référendum pour choisir entre monarchie et République. Cinq ans auparavant, ce discours était impensable et même « tabouisé ». Aujourd’hui, ce choix s’est imposé dans le débat citoyen, même si la victoire n’est pas acquise. L’histoire s’accélère. L’exigence d’un processus constituant a été longtemps portée par le parti Izquierda Unida. Podemos a repris cette initiative. Le régime est donc entré dans une crise durable. Car la majorité des Espagnols veulent s’exprimer et choisir leur Constitution.
 
La solution pour éviter que cette crise dégénère, c’est une République. Elle ne doit pas être une copie de la Seconde République de 1931. À l’époque, il n’y a jamais eu de danger communiste, qui a servi de prétexte au coup d’État. Ils ont liquidé un projet réformiste, modéré et absolument pas révolutionnaire, mais au bilan social et sociétal insupportable pour l’oligarchie, la banque, l’Église, l’armée... Il faut aujourd’hui une République qui soit anticapitaliste, sociale, fédérale et plurinationale. Si on veut régler les problèmes régionaux qui secouent l’Espagne avec la Catalogne, il faut créer une nation de nations. Le droit à l’autodétermination, le droit de décider sont possibles dans le cadre d’une Espagne qui soit un État plurinational. Ce caractère doit être reconnu.
 
La Bolivie est parvenue à ce consensus. Le pacte de la transition craque de partout. La nécessité de changements profonds débouche sur les Indignés et l’occupation de la Puerta del Sol. Ce mouvement de protestation est le plus important et le plus inédit qu’ait connu l’Espagne depuis la mort de Franco. Une irruption citoyenne qui a un impact considérable sur la société. Les Indignés, qui dénoncent le discrédit des partis politiques, du bipartisme PP-PSOE au service du marché, de la monarchie parlementaire, permettent l’émergence de Podemos. Les changements politiques, structurels sont à l’ordre du jour sur le court terme. Ce bouleversement vient de 1931. La Seconde République reste le référent démocratique, pas la transition. C’est cette République trahie, écrasée, abandonnée, le rôle et la stratégie des communistes, des anarchistes, de l’Union soviétique, de l’oligarchie, du fascisme espagnol qui permettent de comprendre la vertigineuse crise structurelle que vit l’Espagne actuellement. Tous ces questionnements sont à retrouver dans mon livre.

 

 

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