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09/12/2017

Victor HUGO : l'Emancipation Laïque

 J'ai eu la chance et l'honneur de découvrir Henri PENA-RUIZ lors d'une réunion du Front de Gauche dans les Landes, en 2009.

Un extrait : de l'Etat à l'Ecole "l'Eglise chez elle et l'Etat chez lui" (Discours du 15 janvier 1850 ..V. HUGO)

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... De fait, mai aussi de droit, la libre expression des religions, légitime, ne peut vouloir dire liberté de s'emparer de la sphère publique et de l'enseignement, pour procéder au conditionnement des consciences et normer toute activité intellectuelle et artistique selon des critères et des points de vue particuliers.

Le poète y insiste, et dénonce le fait d'appeler liberté un pouvoir d'endoctrinement.

Liberté de a pour limite pouvoir sur : le cerveau des enfants est malléable et sa liberté doit être respectée avec une infinie précaution. La contestation hugolienne des emprises cléricales part de la distinction entre religion et cléricalisme et elle ira loin. Elle formera le concept de laïcité dans son contenu positif.

L'idéal laïque hugolien recouvre un ensemble de valeurs fondatrices tenues pour des principes et il voit dans le dispositif institutionnel de séparation de l'Eglise et de l'Etat le meilleur moyen pour affirmer ces valeurs.

 

 

... Les emprises traditionnelles des religions sur le monde social bafouent aux yeux du poète deux principes mis au jour par la Révolution française : la liberté et l'égalité. La liberté, dans sa forme la plus radicale sans doute, implique la liberté de conscience absolue et la faculté de choisir, sans entrave ni conditionnement, son option spirituelle et son éthique de vie.

L'égalité, quant à elle, suppose l'absence de tout privilège accordé aux tenants d'une de ces options spirituelles. Dans son discours du 15 janvier 1850, Hugo, comme Lamennais, défend une stricte séparation, qui exclut les dispositions concordataires napoléoniennes (1801-1802) par lesquelles un rôle public était maintenu pour les Eglises.

"J'entends maintenir, quant à moi, et au besoin faire plus profonde que jamais, cette antique et salutaire séparation de l'Eglise et de l'Etat, qui était l'utopie de nos pères, et cela dans l'intérêt de l'Eglise comme dans l'intérêt de l'Etat".

....

De la culture avant tout. Deux combats sont désormais solidaires : celui de l'affranchissement laïque général et celui de l'instruction. Aux adeptes cléricaux de l'obscurantisme, Hugo réplique : "Vous en voulez à la raison humaine. Pourquoi ? Parce qu'elle fait le jour".

 

... L'Instruction publique est un devoir d'Etat et elle ne peut se trouver à la merci d'un groupe religieux particulier, qui est libre de cultiver ses croyances propres, de les exprimer sans entrave, mais non de les imposer aux autres. C'est dire qu'elle ne peut être que laïque, autrement dit commune à tous et affranchie pour cela de toute tutelle.

Ce lien entre laïcité et instruction libératrice, Hugo  l'exprime en juillet 1876, dans un passage saisissant de Paris et Rome, où il stigmatise la volonté cléricale de régir les consciences par un pouvoir exercé sur l'enseignement :

"Le prêtre peut être de bonne foi : il croit avoir une vérité à lui, différente de la vérité universelle.

Chaque religion a sa vérité, distincte de la vérité d'à côté : cette vérité ne sort pas de la nature, entachée de panthéisme aux yeux des prêtres ; elle sort d'un livre. Ce livre varie.

La vérité qui sort du Talmud est hostile à la vérité qui sort du Koran.

Le rabbin croit autrement que le marabout, le fakir contemple un paradis que n'aperçoit pas le caloyer, et le Dieu visible au capucin est invisible au derviche. On me dira que le derviche en voit un autre ; je l'accorde, et j'ajoute que c'est le même : Jupiter, c'est Jovis, qui est Jova, qui est Jehovah ; ce qui n'empêche pas Jupiter de foudroyer Jehovah, et Jehovah de damner Jupiter ; Fô excommunie Brahmâ, et Brahmâ anathématise Allah ; tous le dieux se vomissent les uns les autres ; toute religion dément la religion d'en face ; les clergés flottent dans tout cela, se haïssant, tous convaincus, à peu près ; il faut les plaindre et leur conseiller la fraternité.

Leur pugilat est pardonnable. On croit ce qu'on peut, et non ce qu'on veut. Là est l'excuse de tous les clergés ; mais ce qui les excuse les limite. Qu'ils vivent, soit ; mais qu'ils n'empiètent pas.

Le droit au fanatisme existe, à la condition de ne pas sortir de chez lui ; mais dès que le fanatisme se répand au-dehors, dès qu'il devient véda, pentateuque ou syllabus, il veut être surveillé.

La création s'offre à l'étude de l'homme ; le prêtre déteste cette étude et tient la création pour suspecte ; la vérité latente dont le prêtre dispose contredit la vérité patente que l'univers propose.

De là un conflit entre la foi et la raison.

De là, si le clergé est le plus fort, une voie de fait du fanatisme sur l'intelligence.

S'emparer de l'éducation, saisir l'enfant, lui remanier l'esprit, lui repétrir le cerveau, tel est le procédé ; il est redoutable. Toutes les religions ont ce but : prendre de force l'âme humaine.

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Commentaires

la laicité comme tronc commun
la liberté individuelle pour tous
amitiès

Écrit par : ventdamont | 10/12/2017

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