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10/01/2018

ETRE MIGRANT OU FAN DE JOHNNY... On confisque les couvertures aux uns, on distribue aux autres

 

Daniel Schneidermann

Daniel Schneidermann

Arrêt sur images

***

A Paris, par le grand froid, la police a confisqué des couvertures à des migrants. Et pas un seul mot de cette histoire dans le 20 Heures de la principale chaîne d’Etat.

 

La police a confisqué des couvertures à des migrants à Paris. Par grand froid. C’est Médecins sans Frontières qui l’affirme. L’ONG a été avertie par des collectifs d’aide aux migrants. L’affaire se serait produite aux abords du centre de premier accueil, qui a ouvert le 10 Novembre dernier, Porte de la Chapelle, dans le Nord de Paris, et qui est déjà saturé.

Ce centre accueillant les résidents selon le critère « premier arrivé, premier servi », les migrants attendent dehors, parfois plusieurs jours de suite. Et selon MSF :

« La police a très clairement des instructions pour qu’on ne voit pas trop les migrants. Dans la queue, ils obligent les gens à rester debout, ils ne veulent pas les voir allongés et veulent éviter qu’ils s’installent. »

Une simple « mise à l’abri »

Le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux était interrogé dimanche sur le sujet par les journalistes de RTL et de LCI. Sur le cas particulier, Le Roux ne répond pas. Après le « circulez » réglementaire (« faut arrêter ce sport national de mise en cause des policiers ») il ne fournit qu’une réponse générale :

« Ce que font les forces de police, c’est de faire de la mise à l’abri de personnes vulnérables, et ce n’est pas aux policiers de faire la différence sur leurs statuts [...] C’est vrai, quelquefois il peut y avoir une forme de contrainte à mettre à l’abri quelqu’un ».

Il ne dit pas : « je ne suis pas au courant, je vais me renseigner ». Il ne dit pas : « j’ai demandé une enquête, je vous tiendrai au courant ». Non.

Donc, jusqu’à preuve du contraire, dans le cas particulier, c’est vrai. Des policiers parisiens, par grand froid, ont confisqué leurs couvertures à des migrants. Ils avaient peut-être de bonnes raisons de le faire. C’est peut-être une manière de les « mettre à l’abri ».

Peut-être ces policiers étaient-ils accompagnés d’une camionnette qui a aussitôt recueilli les migrants, pour les convoyer vers un foyer agréable et chauffé, avec un thé à la cannelle. Peut-être leur ont-ils rendu les couvertures. Peut-être leur ont-il donné d’autres couvertures. Peut-être n’y a-t-il pas eu beaucoup de cas.

On ne le sait pas, puisque le ministre de l’Intérieur, manifestement, n’a pas demandé d’éclaircissements à ses services sur cette affaire précise. Donc, en l’état actuel de l’information, on en reste là : des policiers français, par grand froid, ont confisqué leurs couvertures à des migrants.

Le JT muet

Rentrant de week-end après avoir suivi l’affaire sur Twitter, je regarde évidemment le 20 Heures de France 2, dimanche soir. Bien entendu, Delahousse va nous éclairer sur cette affaire. Rien. Pas un mot.

Il y a de nombreuses raisons, pour lesquelles ne pas parler de cette histoire de couvertures au 20 Heures de France 2. D’abord, parce qu’il y a d’autres faits d’actualité. La grippe a fait 13 morts dans une maison de retraite de Lyon (3 sujets). Un accident de car a fait quatre morts en Saône et Loire (3 sujets). Un biopic sur Dalida va sortir la semaine prochaine (1 sujet).

C’est peut-être pour ces raisons, que Delahousse ne parle pas de cette affaire de couvertures. Pourtant, c’est un twittos frénétique, Delahousse. Toute la soirée de dimanche, il va re-tweeter les tweets de compliments sur son beau prime time sur DSK et les turpitudes du PS (et je vous en informe, même si Delahousse a bloqué Arrêt sur images, qui n’a pas le droit de voir ses tweets).

Capture d’écran du compte Twitter de Arrêt sur Images

Reste le fait : à Paris, par grand froid, la police a confisqué des couvertures à des migrants, et le journal de la principale chaîne d’Etat n’en a pas dit un mot.

 

Accueil

 Selon MSF, les forces de police « harcèlent les migrants en confisquant leurs couvertures, utilisant parfois des gaz lacrymogènes pour les disperser, allant jusqu’à leur interdire de s’asseoir dans la file d’attente du centre humanitaire de La Chapelle où ils attendent une place d’hébergement ». Photo : Thomas Samson/AFP

Selon MSF, les forces de police « harcèlent les migrants en confisquant leurs couvertures, utilisant parfois des gaz lacrymogènes pour les disperser, allant jusqu’à leur interdire de s’asseoir dans la file d’attente du centre humanitaire de La Chapelle où ils attendent une place d’hébergement ». Photo : Thomas Samson/AFP

 

STÉPHANE GUÉRARD
LUNDI, 9 JANVIER, 2017
L'HUMANITÉ

Médecins sans frontières dénonce les opérations policières à l’encontre des réfugiés à Paris et le manque de solution d’hébergement.
 

C’est un étrange « plan grand froid » auquel les forces de sécurité semblent s’adonner à Paris à l’encontre des réfugiés contraints de dormir dehors, faute d’hébergement. Nombre de témoignages ont fait état d’interventions nocturnes musclées au cours desquelles les couvertures de fortune des migrants leur étaient confisquées. Et ce alors que les températures étaient négatives, ces derniers jours. Ces alertes ont poussé Médecins sans frontières à intervenir ce week-end. Pour l’ONG, qui annonce avoir pris en charge huit personnes proches de l’hypothermie, « les pouvoirs publics devraient être en mesure de fournir des places d’hébergement à tous les migrants, en urgence. Au lieu de quoi, les forces de l’ordre leur confisquent leurs couvertures ou les obligent à rester debout dans la file d’attente du centre pendant des heures, dans une tentative dérisoire de soustraire cette population en détresse à la vue du public. Ce déni de réalité par la violence doit cesser ».

À Paris et en proche banlieue, les réfugiés non pris en charge dans l’un des 450 centres d’accueil et d’orientation (CAO) en région se retrouvent dans une situation inextricable. D’un côté, le Centre humanitaire d’urgence (CHU), porte de la Chapelle, au nord de Paris, financé par la Ville et l’État, a bien accueilli 2 200 personnes depuis le 10 novembre 2016. Un second centre, à Ivry-sur-Seine, devrait doubler cette capacité d’accueil, ces prochains jours. Mais le nombre de places s’avère sous-dimensionné. Rejetées la veille, des dizaines de personnes dorment dehors dans les environs du CHU pour tenter leur chance le lendemain. Or, depuis le démantèlement du camp de Stalingrad et, dernièrement, de celui de la Plaine Saint-Denis, plus aucun campement de fortune n’est toléré. Les opérations policières en ce sens se sont intensifiées. « L’objectif est qu’au petit matin, on ne voie plus de migrants dormir dehors », déplore Corinne Torre, de MSF.

 

 LE POINT ...
Samedi matin, des anonymes se sont également insurgés que la sécurité civile ait distribué des couvertures de survie aux fans de Johnny qui attendaient depuis le début de la nuit dans le froid parisien : « des couvertures pour les fans, mais pas pour les sans-abri », s'écriaient certains sur les réseaux sociaux.

La police distribue des couvertures aux fans de Johnny qui patientent dans le froid. Tres bien. La meme police confisque les couvertures des refugie.e.s et sans abri qui dorment dehors.

 

 
 
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