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15/01/2018

2. L'INFORMATION vue par A. LANOUX... C'était en 1973 !! et ça continue encore et encore

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(...) Publicité et propagande, plus ou moins larvées, paraissent simultanément avec le fait, et prennent aussitôt les attributs de l'embellissement, du mensonge, tacite ou formulé. Il est certain que nous sommes loin des conditions morales d'une liberté de l'information. De plus en plus loin.

La célèbre dépêche d'Ems ***, vue aujourd'hui, apparaît comme un parfait exemple de ces sortes de manipulations.

Ce n'était pas le faux dont ont parlé les manuels d'origine française, mais une interprétation habile et tendancieuse, par simple condensation de texte. Sans qu'un mot soit ajouté, le sens général a été altéré dans des buts précis par un Bismarck qui connaissait les ressources du journalisme.

Que l'on imagine de nouvelles dépêches d'Ems au temps des satellites, de l'atome et de l'instantanéité, et on ne peut s'empêcher de frémir !

La dépêche d'Ems est l'occasion de la guerre franco-allemande

de 1870-1871.

La dépêche d'Ems est un texte rédigé par le chancelier prussien Bismarck le 13 juillet 1870. Ce texte rendait compte, d'une manière très insolente, de la réponse courtoise mais négative que le roi de Prusse Guillaume Ier qui prenait alors les eaux à EMS, donnait à une entrevue réclamée par l'ambassadeur de France.

(...) La liberté de l'information n'a jamais existé,  mais c'est un fait aussi que les progrès techniques nous en éloignent à une vitesse accélérée. Aussi bien par le gigantisme de la presse, sa recherche du sensationnel, sa volonté de complaire à tout prix, que par les moyens audio-visuels entre les mains des états, quand ils ne sont pas entre les mains d'énormes intérêts privés, l'information arrive à l'informé dénaturée, mêlée inextricablement au commentaire inspiré, sans que se nomme celui qui les oriente. Elle est, en fait, aussi déformatrice qu'informatrice.

Si nous n'y prenons garde, l'homme en proie aux images, traqué dans son intérieur conditionné pour la TV par des voix énormes par leur masse, chuchotantes par l'intimité, rejoint de surcroît par l'imprimé en couleurs - il est question de journal qui s'imprime chez le lecteur vingt-quatre heures sur vingt-quatre - surinformé jusqu'à l'écoeurement, ne sera plus qu'un mouton excédé, le développement monstrueux de l'information ayant fini par en faire disparaître le goût.

Il n'y a hélas, aucune raison d'être optimiste. L'information, qui devrait apparemment servir la liberté par l'enrichissement des éléments de réflexion et de choix, aboutit le plus souvent au contraire. Tous les progrès techniques concourent au recul de la liberté, si l'homme ne prend pas conscience de cette autre pollution. Toucher à la biosphère est un crime contre l'espèce. Il existe une biosphère de la liberté.

La seule issue que l'on puisse entrevoir est dans la prise de conscience collective de ces dangers, dans une vigilance sans faiblesse, et dans une action politique au bon sens de ce terme, au niveau du contrôle des institutions par les hommes pour qui elles sont faites. Mourir pour la liberté, et avant tout pour la liberté de la presse, fut en France le cri de 1793, de 1830, de 1848, de la Commune (du moins à ses débuts). Il reste le cri du démocrate.

A la condition que, dans l'immense bonneteau d'idées qui le troublent, il se rende d'abord compte que la liberté est en péril. Ce n'est pas si facile. Les sociétés d'abondance ont quelque chose d'euphorisant. Le rejet par elles de tout ce qui traumatise l'homme, le froid, la faim, l'angoisse, son enveloppement dans un air où tout est conditionné, à commencer par les idées, lui ôte, sans qu'il s'en aperçoive, l'usage de son libre arbitre. Cela se fait sans douleur, par le seul jeu chatoyant des inventions, réelles ou gadgets, et de leurs conséquences.

Cela se fait aussi par l'habitude. Rien ne surprend plus, ni le supersonique, ni le téléphone télévisé, ni la conservation animée du visage et de la voix humaine.

Mourir pour la liberté, criaient les Quatre Sergents de la Rochelle. Cela leur était facile, ils la voyaient étranglée.

Il va être beaucoup plus difficile à leurs arrière-petits-enfants de vivre pour elle.

Armand LANOUX

achevé d'imprimer le 12 janvier 1973

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