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08/02/2018

LA SILICON VALLEY ... LES ALGORITMES ...C'est quoi ??? on fait un effort.. on lit, on s'informe... ça nous touche de près

A lire aussi: Panique algorithmique, la BD de Gee sur le sujet

 Un algorithme, c'est technique.

Son usage, c'est politique.

 

Ils sont à l’œuvre quand Google vous propose un résultat de recherche. Quand Netflix vous conseille une série. Quand Facebook vous présente une actualité plutôt qu’une autre. Mais aussi dans les diagnostics médicaux, les transactions financières ou la prédiction des crimes… Les algorithmes sont partout. Les craintes qui les entourent se multiplient. Mais savons-nous ce qu’ils sont?

Loin de là, à en croire les résultats de l’étude IFOP publiée par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), qui lance un cycle de débats publics sur le sujet 

Selon cette étude, si 83 % des Français ont déjà entendu parler des algorithmes, 52 % disent ne pas savoir précisément de quoi il s’agit (et 31% assurent savoir précisément de quoi il s'agit.)

 

Une bonne vieille recette

« Un algorithme, c’est extrêmement simple, promet Serge Abiteboul. On connaît ça depuis toujours. Un enfant qui s’habille le matin suit un algorithme [en apprenant assez vite qu'il y a un ordre à suivre et qu'il aura quelques difficultés à enfiler ses chaussettes après ses chaussures]. Vous aussi, quand vous suivez une recette de cuisine. Un algorithme, c’est une séquence d’instructions utilisée pour résoudre un problème». 

L’avantage est qu’une fois qu'on sait comment résoudre le problème avec un algorithme, «la transmission de cet algorithme va permettre de ne pas avoir à inventer une solution à chaque fois.»

L’itinéraire que vous suivez le matin pour vous rendre au bureau est aussi un algorithme : vous n’inventez pas chaque jour un nouveau chemin. Autre exemple parlant : quand vous cherchez un mot dans le dictionnaire, vous l’ouvrez au milieu, comparez le mot recherché au mot sur lequel vous êtes tombé au hasard, sélectionnez la première ou seconde moitié du dictionnaire selon que le mot recherché est avant ou après ce mot, jusqu’à trouver le mot souhaité. Quels génies vous faites : voilà un algorithme qui porte sur le symbole écrit que sont les lettres.

 

Ayant du mal à comprendre la vidéo ci-dessous,

je suis allée à la pêche aux infos...

Après tout, il suffit de vouloir apprendre, s'informer pour comprendre...

ce que certains voudraient nous cacher... ça c'est fait !

Et une fois qu'on a compris, on sait

**

Silicon Valley, c’est où ?

Silicon Valley ou vallée du Silicium s’étend sur 40 km au Sud-Est de San Francisco, entre San Mateo et Fremont, mais en passant par San Jose. Bien sûr, ces frontières évoluent et sont directement liées aux entreprises qui poussent dans la région ; il s’en crée environ 11 nouvelles par semaine.

 

En 1971, c’est un journaliste local, Don Hoefler, qui a baptisé les lieux. Devant le nombre croissant d’entreprises high tech qui s’y installaient, il a fait le rapprochement avec le « silicium » (« silicon » en anglais), qui, en plus d’être un élément de la croûte terrestre, est un matériau essentiel des composants électroniques. 

Silicon Valley accueille des cerveaux du monde entier et le sièges sociaux de sociétés comme Google, Apple, Facebook, eBay, Yahoo!, Hewlett-Packard donc, SanDisk, Intel, Adobe Systems…

  • Il y existe environ 11 500 entreprises high-tech qui emploient 420 000 personnes et réalisent environ 100 milliards de dollars de chiffre d’affaires.
  • Il est connu que si la Californie devenait un état indépendant, elle serait la sixième puissance économique au monde.

  • Mais l’on sait moins que si la Silicon Valley accédait à l’indépendance, elle constituerait la douzième puissance mondiale
  • 160 sociétés de capital risque sont implantées dans la région de la Vallée.
  • Plus de 15% des brevets déposés aux Etats–Unis le sont par des sociétés, universités ou laboratoires localises dans la Vallée.

 

Dans son livre La nouvelle servitude volontaire, Philippe Vion-Dury démontre comment, progressivement, chacun délègue son libre-arbitre aux algorithmes. Pour l'auteur, il est temps d'acquérir un réflexe critique.

"Les entreprises de technologies n'ont de cesse de se présenter comme les sauveurs du monde", écrit Philippe Vion-Dury. Mais l'enfer est pavé de bonne intentions. Pour l'essayiste, auteur de La nouvelle servitude volontaire publié mercredi (aux éditions FYP), les entreprises de la Silicon Valley sont porteuses d'un véritable projet politique.  

Leurs algorithmes mettent sous leur coupe ceux qui s'y soumettent, volontairement. Aveuglant les consommateurs et les Etats par l'éclat de leur spectaculaire réussite économique, ces entreprises sont en train d'accumuler des sommes incalculables de données, grâce auxquelles elles ambitionnent de tout mesurer, tout contrôler, tout prévoir. Ou quand les mathématiques deviennent totalitaires.  

Il est très difficile aujourd'hui de critiquer la Silicon Valley, qui se présente comme le "sauveur du monde". Cependant vous affirmez que la réalité de ces multinationales est "bien plus crue". Quelle est-elle? 

Il est très compliqué de s'opposer à la logique de progrès de ces entreprises sans passer pour un réactionnaire. Les ingénieurs de la Silicon Valley portent l'idée que leurs technologies peuvent résoudre tous les problèmes. Evgeny Morozov parle de "solutionnisme".  

La Silicon Valley, c'est la culture protestante évangélique de l'Amérique: l'homme est le maître de la Création et ses outils ont pour mission divine de transformer la Terre en paradis. Mais derrière l'apparence salvatrice, il existe des enjeux plus pragmatiques et prédateurs de domination de marché.  

La masse de données que ces entreprises collectent sur leurs utilisateurs est pour vous la porte ouverte aux manipulations. C'est particulièrement préoccupant, en période d'élections. Il suffit de constater le pic d'inscriptions sur les listes électorales aux Etats-Unis provoqué par un simple rappel de Facebook. 

Derrière, Facebook étudie comment on peut créer des comportements chez les gens. En 2012 il avait mené une expérience psychologique en changeant le fil d'actualités de 690 000 personnes sans les en avertir. Cette année, on a découvert son pouvoir d'influence avec le scandale autour de son module d'actualités.  

Le chercheur Robert Epstein a montré que dans un pays où un moteur de recherche est quasi en situation de monopole, des résultats de recherche biaisés pourraient influencer sensiblement une élection.  

Certains détails sont révélateurs, comme lorsque vous soulignez que Microsoft est le deuxième employeur des anthropologues aux Etats-Unis. 

Pour les GAFA, l'homme devient le produit. Ces postes deviennent clés, surtout avec le développement de l'intelligence artificielle. Un des domaines de recherche est l'écologie de l'attention. Actuellement, des équipes avec des moyens énormes travaillent sur quelque chose qui paraît tout bête: les notifications. Le but est de créer des comportements addictifs et des accoutumances, pour ramener les utilisateurs dans l'enceinte des applications. 

Vous décrivez les modèles prédictifs, utilisés notamment par les assurances, comme des outils de normalisation et de surveillance. N'est-ce pas culpabilisant? 

La culpabilité marche de pair avec le néolibéralisme. On doit intérioriser les objectifs de son entreprise, et quand on ne les remplit pas, on se sent coupable. Si on ne fait pas son jogging un jour sur deux et qu'on mange trop gras, un bracelet connecté va se charger de nous culpabiliser.  

On est passé d'un pouvoir de type patriarcal avec des interdits à un pouvoir plus soft et pernicieux, visant à obtenir des gens qu'ils s'adaptent à certaines normes. C'est ce que j'appelle Big Mother

Derrière la transparence, y-a-t-il forcément la surveillance? 

Ce n'est pas tant la transparence qui est problématique que son asymétrie. Plus les individus deviennent transparents, plus les instances de pouvoir - les entreprises - deviennent opaques. Personne ne peut forcer Google à révéler comment fonctionne son algorithme. Les Etats eux-mêmes sont plus transparents.  

Ainsi, en France, la Commission d'accès aux documents administratifs a recommandé en septembre que l'Education nationale dévoile le code source d'Admission post-bac (APB).  

Vous parlez de "servitude volontaire". Mais a-t-on encore le choix? 

On a l'illusion d'avoir le choix. Au début de l'automobile, les gens n'en voulaient pas, ils trouvaient cela bruyant. Et puis, peu à peu, les villes se sont construites autour de la voiture, les passants ont été relégués sur des trottoirs. La voiture s'est imposée à tous.  

Aujourd'hui, si on refuse ces technologies, si on utilise pas Facebook, Tinder, etc., on risque de se couper du lien social.  

Vous évoquez "l'ambition totalisante" des approches prédictives et probabilistes, qui colonisent tous les domaines. "Totalisante", c'est pour éviter de dire "totalitaire"? 

L'esprit porté par ces entreprises de la Silicon Valley est pour moi totalitaire, mais pas les entreprises elles-mêmes. Seul un Etat peut devenir totalitaire. Là où cela devient vraiment inquiétant, c'est quand ces pratiques touchent l'Etat lui-même, par exemple via des algorithmes prédictifs à la Minority Report pour prévenir la criminalité. 

La logique de "scoring" fait que nous avons tous des notes un peu partout qui nous définissent en termes de potentiel et de risque. Vous expliquez que cette approche individualisée tend à légitimer les inégalités. 

Kate Crawford, qui travaille chez Microsoft et au MIT, a montré par A+B que les algorithmes sont un moyen de perpétuation des inégalités sociales. Les algorithmes ne sont pas neutres comme on veut nous le faire croire. Ce qui est inquiétant, c'est que de plus en plus de services publics utilisent ces techniques-là. Comme Pôle Emploi par exemple, qui veut s'en servir pour réduire le chômage. 

Pourquoi pensez-vous que les politiques s'en remettent aux algorithmes? 

Il existe une alliance de fait entre la volonté des entreprises de la Silicon Valley de prendre en main des services qui appartiennent au collectif, et la volonté des politiques de s'en décharger. Remplacer des conseillers Pôle Emploi ou des policiers par des algorithmes quand les caisses sont vides, c'est de l'opportunisme.  

C'est aussi la question du vide de la pensée politique, qui n'a plus d'autre idéologie que le libéralisme. On en arrive à un idéal d'administration de toutes choses. On fait appel à une classe de gestionnaires. 

 

 

Philippe Vion-Dury est essayiste, journaliste, chroniqueur, spécialiste des questions de société, des nouveaux modèles économiques et des technologies.

Avec comme crédo la volonté de changer le monde, c’est au coeur de la Silicon Valley que se façonne la société numérique.

Portées par une spectaculaire réussite économique, les entreprises de haute technologie veulent dessiner un monde meilleur en prenant en main la majorité des aspects de notre quotidien, en généralisant la prédiction algorithmique.

L’homme devient intégralement transparent, immatériel. La liberté de choisir, la créativité et l’émancipation sont désormais remplacées par l’anticipation, la prédiction et la régulation. C’est bien plus qu’une révolution numérique ; c’est un véritable projet politique qui est à l’œuvre.

Avec rigueur et précision, Philippe Vion-Dury révèle que les technologies sont porteuses d’une idéologie et d’un projet de civilisation. Il démontre que les modèles prédictifs, les algorithmes et les objets connectés instaurent une société du contrôle dans laquelle l’individu, comme le collectif, abandonne la maîtrise de son destin. Il explique comment la peur de se confronter à la solitude, à l’altérité et à l’échec nous conduit à une nouvelle servitude volontaire.

 

« La masse de données que ces entreprises collectent sur leurs utilisateurs est pour vous la porte ouverte aux manipulations. C’est particulièrement préoccupant, en période d’élections. Il suffit de constater le pic d’inscriptions sur les listes électorales aux Etats-Unis provoqué par un simple rappel de Facebook ».

« Actuellement, des équipes avec des moyens énormes travaillent sur quelque chose qui paraît tout bête: les notifications. Le but est de créer des comportements addictifs et des accoutumances, pour ramener les utilisateurs dans l’enceinte des applications ». 

« Plus les individus deviennent transparents, plus les instances de pouvoir – les entreprises – deviennent opaques. Personne ne peut forcer Google à révéler comment fonctionne son algorithme. Les Etats eux-mêmes sont plus transparents ». lire l’article sur L’Expansion – L’Express

« Il est aujourd’hui très convenu de dire que les technologies numériques pourraient dégénérer en une surveillance de masse, totalitaire, dont la Stasi n’aurait même pas rêvé ».

« Les entreprises étendent maintenant leurs mains sur notre intimité, nous accompagnent partout : dans nos rendez-vous amoureux, nos découvertes artistiques, nos recherches intellectuelles, nos achats, notre santé, etc. Dans ce système-là, nous avons tous l’illusion sans cesse renouvelée de la liberté et du plaisir, alors qu’en réalité, nous nous laissons exploiter pour pouvoir consommer davantage. Nous affadissons notre vie en laissant pénétrer la logique marchande toujours plus profondément, et affaiblissons notre libre-arbitre en nous en remettant aux conseils, suggestions et recommandations de ces multinationales amicales ». lire l’article sur Le Comptoir

 

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