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02/05/2018

Mai 1968 :COMMENT L'OPINION SE RETOURNE AUX ELECTIONS

...Un temps amusés par le vent de la contestation étudiante, les Français ont fini par craindre que le joyeux désordre ne se transforme en anarchie et l'opinion se retourne  pour le parti de l'ordre.

 ...

A partir du 13 mai, le pouvoir gaulliste semble dans une extrême difficulté, incapable de faire face. Ni le général de Gaulle, ni son Premier Ministre, Georges Pompidou, ne parviennent à enrayer le mouvement. Les adversaires du gaullisme ont donc le vent en poupe, mais ils ne débouchent pas sur une solution politique.

Le Parti Communiste est très critique à l'égard des groupements "gauchistes" (qui ne l'aiment d'ailleurs pas) et il hésite devant les aspirations nouvelles qui s'expriment. Il se place immédiatement dans la perspective d'un gouvernement d'union des socialistes et soudé par la signature d'un programme commun. Par la bouche de leur sécrétaire général, Waldeck Rochet, les communistes lancent de multiples appels à l'union, pendant tout le mois de mai.

Mais la FGDS de François Mitterrand et de Guy Mollet temporise et recule le moment de ces accords.

Le 24 mai, le jour même où ont lieu de puissantes manifestations syndicales, le général de Gaulle lance l'idée d'un référendum sur la "participation". Or son message ne passe pas et ses propositions ne rencontrent pas d'écho. Le même jour encore, des manifestations organisées par l'UNEF (pour protester contre l'expulsion de Cohn-Bendit) débouchent sur une nouvelle nuit d'émeute qui, cette fois, inquiète l'opinion.

Le 25 mai, des négociations tripartites s'ouvrent sur les questions revendicatives. Elles débouchent sur un bilan  des discussions (le "constat de Grenelle") qui est aussitôt jugé insuffisant par les travailleurs des usines occupées.

Le gouvernement a donc échoué deux fois dans sa tentative de reprise en main. Des concertations se déroulent dans différents milieux pour ébaucher des solutions. La CFDT et le PSU de Michel Rocard tentent de s'appuyer sur le potentiel gauchiste pour mettre en avant Pierre Mendès-France (meeting au stade de Charléty, le 27 mai). La FGDS recherche des combinaisons politiques plus classiques, avec les formations centristes, ce qui suscite aussitôt l'inquiétude des dirigeants communistes.

Le 28 mai, François Mitterrand annonce même sa candidature à une éventuelle élection présidentielle et propose la formation d'un "gouvernement provisoire", présidé par Mendès-France et élargi au-delà de la gauche.

... A l'issue de la présidentielle de 1965, François Mitterrand apparaît comme le leader incontesté de la gauche. Mais les événements de mai 1968 bouleversent sa stratégie. Mitterrand est dépassé par le mouvement de contestation et sa déclaration de candidature à une présidentielle anticipée est très mal perçue. Cette manoeuvre lui vaut d'être mis au ban de la gauche. La présidentielle de 1969 se déroule sans lui. Tout est à refaire pour François Mitterrand.

Les gaullistes vont alors reprendre l'initiative. Après une courte phase de flottement (on se demande s'il ne va pas démissionner), de Gaulle prononce un nouveau discours.

LE 30 MAI... LES GAULLISTES REAPPARAISSENT A L'ETOILE

Un million de personnes selon les organisateurs, 300.000 d'après la préfecture : ce soir, le défilé des Champs-Elysées clame massivement son opposition à la "chienlit".

A 16 H 30, le Général annonçait à la radio la dissolution de l'Assemblée.

Aussitôt, les élus UNR, ceints de leurs écharpes tricolores, ont formé un cortège devant le Palais-Bourbon, Michel Debré et André Malraux en tête. L'aspect soigné des jeunes manifestants tranche avec le style des "enragés" du Quartier Latin. La foule fraternise avec la police et le slogan lancé par Michel Debré "Mitterrand au Lido !" fait fureur.

 

RAZ DE MAREE DU PARTI DE L'ORDRE

C'est la grande manifestation de soutien au régime, aux Champs-Elysées, déroulant son cortège bleu, blanc, rouge de la Concorde à l'Etoile, qui a marqué le premier retournement de l'opinion et c'est l'éclatante victoire gaulliste au second tour des élections législatives.

Quant aux élections des 23 et 30 juin 1968, elles se soldent par un véritable raz-de-marée gaulliste.

Les formations gouvernementales, rassemblées dans l'Union pour la défense de la République (UDR), dépassent les 46% des suffrages exprimés et disposent de 358 sièges sur 485 ! La FGDS et le PCF reculent et perdent une centaine de sièges par rapport à 1967.

le parti gaulliste, qui s'est transformé en Union pour la défense de la République (UDR), s'y taille une part royale en gagnant 97 députés supplémentaires. Ce succès rejaillit sur le Premier Ministre qui a rondement mené la brève campagne électorale avec l'appui des comités d'action civique.

Il désigne le "complot communiste responsable des évènements". De fait, le PCF, concurrencé sur sa gauche par le PSU, accuse une baisse d'audience et perd 2,5% de ses électeurs au premier tour. Les autres partis, y compris la deuxième composante de la majorité, les Républicains indépendants, sortent laminés de la consultation.

 

 Le mouvement de grève s'achemine vers sa fin. Le travail reprend dans le secteur public (dès le 6 juin à la SNCF et à la RATP), puis dans toutes les entreprises (les dernières à reprendre sont celles de la métallurgie). Sur la base du "constat de Grenelle, des accords importants sont signés dans les différentes branches.

 Plus tard, l'Université fait l'objet d'une réforme prévoyant l'autonomie de ses structures et préparée par Edgar Faure (le 7 novembre 1968)

 

 

 Allocution de DE GAULLE le 30 mai

Françaises, Français,

Etant le détenteur de la légitimité nationale et républicaine, j'ai envisagé depuis vingt-quatre heures toutes les éventualités sans exception qui me permettraient de la maintenir. J'ai pris mes résolutions. Dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas. J'ai un mandat du peuple. Je le remplirai. Je ne changerai pas le Premier Ministre, dont la valeur, la solidité, la capacité, méritent l'hommage de tous. Il me proposera les changements qui lui paraîtront utiles dans la composition du gouvernement. Je dissous aujourd'hui l'Assemblée Nationale.

La France est menacée de dictature. On veut la contraindre à se résigner à un pouvoir qui s'imposerait dans le désespoir national, lequel pouvoir serait alors évidemment essentiellement celui du vainqueur, c'est-à-dire celui du communisme totalitaire.

Naturellement on le colorerait pour commencer d'une apparence trompeuse en utilisant l'ambition et la haine de politiciens au rancart.

Après quoi, ces personnages ne pèseraient pas plus que leur poids qui ne serait pas lourd. Eh bien ! non, la République n'abdiquera pas, le peuple se ressaisira. Le progrès, l'indépendance et la paix l'emporteront avec la liberté.

Vive la République ! Vive la France !

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