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07/10/2018

LA FRANCE ET L'ARMENIE AU COEUR

 

Charles Aznavour a écrit plus de 1 400 chansons

et en a enregistré plus de 1 200, chantées

dans huit langues différentes.

Il a également joué dans plus de quatre-vingts films et téléfilms.

 

Charles Aznavour est né le 22 mai 1924, dans le 6e arrondissement de Paris, de deux réfugiés arméniens ayant fui la Turquie. Huit ans après le génocide perpétré par l’empire ottoman, en 1915, les massacres contre les Arméniens reprennent en 1923. Le couple fuit alors vers la Grèce, puis décide de s’installer en France pour rejoindre Missak, le grand-père paternel de Charles ; cet ancien cuisinier du tsar a ouvert à Paris Le Caucase, rue Champollion, à deux pas de La Sorbonne, un restaurant que fréquente la diaspora arménienne. Le père de Charles, Misha Aznavourian, y chante, quand sa mère, comédienne, joue ici ou là. Les enfants Aznavourian vivent ainsi entourés d’artistes.

Monsieur Charles, ce « survivant merveilleusement heureux », éternel optimiste.
Monsieur Charles, ce « survivant merveilleusement heureux », éternel optimiste.
Photo : Marc Di Domenico

Extraits d'un entretien donné à l'Humanité en 2015

CHARLES AZNAVOUR : « JE NE VIEILLIS PAS, JE PRENDS DE L’ÂGE ! »

Une leçon de vie doublée d’un parcours exceptionnel de chanteur, 
fils d’immigrés arméniens, qui, après plus de soixante-dix ans de chanson, continue de garder la flamme.
Chapeau et respect M. Aznavour !

"J’ai écrit très peu de chansons autobiographiques, même si elles le deviennent au bout d’un certain temps.

On vient du malheur et on va vers le bonheur. C’est comme ça qu’il faut voir les choses. Il faut faire des efforts pour aller vers le bonheur, s’oublier et avoir toujours de l’optimisme. 

Je suis un survivant merveilleusement heureux. Demain est important pour moi, beaucoup plus important qu’hier. Je vois devant.

On regrette des choses de sa jeunesse, mais on ne regrette pas sa jeunesse et les gens qui ont disparu. Je me souviens de ces moments passés dans le Midi chez Brialy où il y avait Le Luron, Chazot, Lapidus, un ami turc qui est mort dans un accident de voiture. On était tous amis, ouverts et pas sectaires. C’est important parce que tout d’un coup, ce n’est pas un juif, un arabe, un homosexuel, c’est un homme ou c’est une femme, voilà. C’était des amis.

J’adore la Butte, qui est un vrai village. Il y avait la Maison rose, qui existe encore près du Lapin agile, où on a pris quelques bonnes cuites ! (rires.) On faisait les bistrots, on connaissait tous les peintres, les auteurs comme René Fallet. J’essaie de partager ces souvenirs avec ceux qui n’ont pas connu cette époque et de donner un peu de nostalgie à ceux qui ont connu la Butte et qui n’y vont plus.

 En vérité, je n’étais pas fait pour écrire. Je suis sorti de classe trop tôt. Je me suis battu pour pouvoir lire. Heureusement, j’ai connu des gens qui m’ont donné des repères, Cocteau, Achard. Comme Piaf les fréquentait, je les côtoyais automatiquement. Je n’ai jamais eu honte de poser des questions. Je me souviens avoir demandé à Jean Cocteau quels livres je devais lire. Et il m’a fait une liste de vingt-cinq ouvrages. Il était très heureux de m’entendre demander cela et moi, j’ai été fier d’avoir osé le faire. Il faut oser dans la vie, ne pas violer les gens, mais leur demander gentiment les choses.

 On n’aimait rien de moi, rien de ce qui a fait mon succès ! (rires.) J’étais persuadé que j’y arriverais parce que je faisais ce qu’il fallait pour réussir. J’ai lu les livres importants, j’ai écouté, regardé ce qui se passait autour de moi. J’ai analysé beaucoup de choses dans la mesure de mes moyens de l’époque où j’étais plus jeune, où je comprenais moins bien et même un peu de travers. Et par la suite les choses ont changé.

Je suis un autodidacte au piano, dont je joue bien. J’enregistre ce que je veux pour les cordes. Grâce à un logiciel qui s’appelle GarageBand, je fais la piste du piano, celle du chant et je donne le tout ensuite à quelqu’un qui sait écrire et arranger. Je travaille beaucoup, mais comme c’est un plaisir, je n’arrête pas d’avoir du plaisir ! (rires.)

 

Vos parents, eux aussi, ont participé à la Résistance et abrité Mélinée, l’épouse de Missak Manouchian…

 Manouchian, il y avait le groupe et ceux qui aidaient. Ma mère était porteuse d’armes qu’elle cachait dans une voiture d’enfant, pour la Résistance. Récemment, j’étais avec un Israélien qui me parlait des Justes, étant donné que mes parents font partie des Justes. Je lui racontais des choses comme ça, qu’il ne savait pas sur le groupe Manouchian.

J’avais des professeurs de mathématiques, des Arméniens, qui faisaient de la Résistance et qui ont été fusillés. Il y a eu des cas comme ça. Il faut en parler. On a tous en mémoire un bistrot où des résistants faisaient des tracts dans la cave, où après on emmenait ces gens…

Vous ne donnez pas l’impression d’un homme de quatre-vingt-onze ans. Comment faites-vous ?

Charles Aznavour Mon secret est que je ne vieillis pas, je prends de l’âge ! (rires.) La nuance est énorme.

Si c’était à refaire ?

Charles Aznavour Je suis prêt à recommencer tout, même les mauvais moments où j’ai connu de bons amis. Les amis de misère sont souvent les plus intéressants, les plus sincères.

 
Entretien réalisé par 
Victor Hache
 

Aznavour est aussi un homme d’engagements.

Ainsi en 1972, il était alors un des rares à sortir l’homosexualité du placard, avec "Comme ils disent."

Au fil du temps, il a aussi dénoncé « le génocide arménien » comme la barbarie de toutes les guerres.

Chapeau.

 

 

Interdite en Turquie.

Charles Aznavour : son combat pour la reconnaissance du génocide arménien

En 2011, il était venu au Sénat pour défendre une proposition de loi visant à réprimer la négation du génocide arménien.

 Il était est l'un des Arméniens de la diaspora le plus connu au monde.Fais citoyen arménien en décembre 2008, il devient en 2009 ambassadeur d’Arménie en Suisse. Il s’était engagé dans la lutte pour la reconnaissance du génocide arménien, venant jusqu’au Sénat pour défendre une proposition de loi déposée par des sénateurs PS. Cette proposition fut enterrée à l'issue d'un débat passionné entre partisans et opposants du texte.

Charles Aznavour avait réagi à l’époque au micro de Public Sénat : « Ce qu’il se passera demain, nous n’aurons pas le droit de le dire non plus. C’est une erreur. C’est une erreur humaine. »

En 1975  il écrit l'une des chansons les plus engagées de son répertoire : « Ils sont tombés ». Les paroles expriment l'horreur du génocide de 1915 qui causa la mort de plus d'un million d'Arméniens

Fête de l’Humanité, septembre 1988. Charles Aznavour déclarait : «	Je ne fais pas de politique, mais si j’ai une tendance, je dirais 0x201C/humaine/0x201D, elle est de gauche.	» Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis

  Qui se cache derrière ce destin hors du commun ? : « Il y a en moi quatre personnages, avait déclaré le chanteur en 1967 sur la deuxième chaîne de l’ORTF.

Je suis celui que l’on croit que je suis, celui que je crois être, celui que je veux être et celui que je suis en vérité. »

 

 

Car Aznavour témoigne aussi de la Résistance...

 

Le 6 février 2014, le chanteur évoquait pour l’Humanité les liens étroits qui unissaient Missak et Mélinée à sa famille. Ami intime de ses parents, le couple Manouchian se retrouvait en lieu sûr chez les Aznavour pour échapper à la police et à la Gestapo.

Durant la guerre, vos parents ont hébergé Missak et Mélinée Manouchian dans leur appartement parisien, rue de Navarin. Comment s’étaient-ils rencontrés ?

CHARLES AZNAVOUR Nous avions autour de nous des gens comme Missak et Mélinée – jusqu’à ce qu’elle parte en Arménie – qui étaient des amis intimes. Il y avait un club qui s’appelait la JAF, la Jeunesse arménienne de France, dont Mélinée était la secrétaire. Ils étaient tous les deux orphelins. Cela les avait réunis.

Ils étaient devenus un vrai couple totalement engagé dans le Parti communiste et cela a engagé aussi ma famille.

 

Et d'un monde enfoui, quand un petit arménien de Paris portait une petite bague avec la faucille et le marteau, et serait pendant la guerre le témoin de l'héroïsme des résistants métèques et communistes. Il l'a raconté dans l'Humanité.. 

"Ma mère partait avec la voiture d’enfant où des armes étaient dissimulées. Les armes servaient, on les remettait dans la voiture, maman rentrait à la maison." Et à la maison, Charles apprenait à jouer aux échecs avec un poète communiste et arménien qui s'ennuyait, caché, il s'appelait Missak Manouchian et serait le premier des fusillés de l'affiche rouge... 

Vous trouverez aussi ces souvenirs d'Aznavour sur le site de l'Obs.  

 

"COMME ILS DISENT"

IL A ETE UN LIBERATEUR POUR LES HOMOSEXUELS

"Je me souviens très bien de Simon, un juif marié à une Arménienne. Il y avait aussi un juif azéri et un Roumain. Ils ont trouvé refuge chez nous. Tout comme Madame Manouchian. A l'étage en dessous, vivait également un couple de juifs homosexuels. Ma sœur les avait repérés, alors pour leur faire plaisir elle leur jouait au piano l'hymne national juif, l'Hatikva"."

Et relisant  cette histoire j'ai pensé, évidemment, à cet Aznavour qui adulte chanterait "comme ils disent"... 

 

 

On porte, enfin, un autre deuil ce matin...

Car la mort est injuste et Aznavour le savait : «Faut pas se prendre au sérieux, ce serait pas sérieux. 

Hier, quand nous résonnons d'Aznavour, nous avons su la mort de Marianne Mako qui fut il y a plus de 20 ans la première femme à parler de football à la télévision, sous les lazzis les quolibets parfoisn mais surtout sous notre admiration pour son intelligence à capter l'art et la confiance des joueurs. Marianne Mako a sa photo en une de l'Equipe et est saluée comme il se doit, elle part en même temps qu'Aznavour, Charles a de la chance en somme, emmenez-nous

 

 

 

 CHARLES AZNAVOUR

C'est aussi son implication après le tremblement de terre en Arménie en 1988, dont la chanson Pour toi Arménie.

En janvier 1995, il est nommé premier ambassadeur délégué permanent de l'Arménie auprès de l'UNESCO.

 

 

  

 

Commentaires

C'est maintenant qu'il est mort que l'on connaît mieux sa vie. Une vie intéressante et intelligente. Je ne savais pas qu'il écrivait ses chansons, ce sont de beaux textes. Il est parti bien brutalement, si rapidement. Adieu Charles.
Bises

Écrit par : pimprenelle | 07/10/2018

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