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20/10/2018

Poète : Pierre-Jean de Béranger (1780-1857)

J'ai l'honneur de détenir dans ma bibliothèque ce livre donné "à son lit de mort" à la famille de "ma moitié".

 

OEUVRES COMPLETES P.J. DE BERANGER

Tome Premier

1843

 

Oeuvres Completes De J.-P. De Beranger - Contenant Les Dix Chansons Nouvelles. Edition Elzevirienne.   de DE BERANGER J.-P.

 

J'ai plaisir à le feuilleter les livres de poésie

pour calmer mes ardeurs "révolutionnaires"

quand l'actualité me donne la nausée...

mais aussi la frite, la patate, la pêche

 

 

 

Pierre-Jean de Béranger, né le 19 août 1780 à Paris, et mort dans cette même ville le

16 juillet 1857, est un chansonnier français prolifique

qui remporta un énorme succès à son époque. 

 

 

https://www.plumedepoesies.org/t21928-pierre-jean-de-branger

 

Les premières années


P.-J. de Béranger descendait d’une branche déchue de l’antique Maison des marquis de Bérenger. Pâlot et chétif, il n’est envoyé que tardivement à l’école où il ne se sent pas à l’aise. Ses vrais instituteurs et éducateurs sont les grands-parents Champy. On le conduit parfois chez sa mère qui, aimant le théâtre, les bals, les parties de campagne, l’emmène avec elle.
Début 1789, après avoir couru les routes, Béranger de Mersix se fixe de nouveau à Paris et fait entrer son fils comme pensionnaire chez l’abbé Chantereau. Le père de Pierre-Jean était un agent d’affaires, ardent royaliste, qui se compromit pendant la Révolution française et fut obligé de se cacher. Il rencontre alors Charles-Simon Favart, fondateur de l’opéra-comique. Malgré ses 79 ans, celui-ci porte encore avec orgueil le titre de « chansonnier de l’armée » que lui avait donné le maréchal de Saxe. Plus tard, Béranger verra dans cette attirance la marque de sa vocation.

 

Las de payer le prix de la pension, son père décide de l’envoyer chez sa tante qui tient une auberge à Péronne. L’état de garçon d’auberge ne lui convient pas et il passe chez un notaire devenu juge de paix. Savant, disciple fervent de Rousseau et passionnément éducateur, M. de Ballue de Bellenglise recrute les gamins de Péronne qu’il endoctrine dans une école primaire gratuite l’Institut patriotique. Il travaille à faire de cette jeunesse des citoyens utiles à la patrie. Après la rhétorique « rousseauiste » et révolutionnaire, les recrues entonnent des chants républicains. Jamais Pierre-Jean n’a senti aussi profondément la puissance de la chanson. Il y puisa quelques instructions, mais sans s’initier aux langues anciennes. Pour compléter son éducation, il entre à 14 ans comme apprenti chez l’imprimeur Laisney où il parvient à s’initier à la poésie. La nostalgie de son séjour à Péronne inspirera à Béranger Souvenirs d’enfance.

 

De retour à Paris en 1795, Pierre-Jean, pour être commis chez son père, qui faisait alors de la banque, fait immédiatement l’apprentissage de prêteur sur gages. Son père se repose sur lui pour faire prospérer ses affaires alors qu’il prépare le retour du roi, mais la maison fait faillite. Avec les débris de sa fortune, il achète un cabinet de lecture. Pierre-Jean trouve une mansarde au sixième étage. Il passe des heures au cabinet de lecture et, revenant à sa vocation antérieure, aligne des rimes, glorifie de son mieux l’amour, les femmes, le vin, tente la satire… Il se livre à la poésie, s’essayant successivement dans l’épopée, l’idylle, le dithyrambe, la comédie, et ne s’attache qu'assez tard au genre qui devait l’immortaliser. Le soir, il remonte dans sa mansarde : « Le Grenier ».

 

Après avoir lu Léonard et Gessner, il tâche de composer des idylles et en réussit une, « Glycère », qui parait dans « Les Saisons du Parnasse ». Après, c’est le grand poème qui l’attire et il esquisse un « Clovis », puis c’est la comédie satirique. Son goût n’est pas encore très sûr et les modèles lui manquent. Dans les appartements du docteur Mellet à Montmartre, une académie de chanson se fonde où Pierre-Jean, suivant la veine du XVIIIe siècle, développe ses dons et essaie sa muse. Son ami Wilhem (1782-) adapte ses airs (comme « les Adieux de Marie Stuart ») sur ses romances dolentes.

 

Courant Paris à la recherche d’un « protecteur », il s’adresse en 1804 à Lucien Bonaparte. Il joint à sa lettre quelque cinq cents vers, dont « Le Déluge ». Bonaparte lui donne procuration pour toucher son traitement de membre de l’Institut. En 1809, sur les recommandations d’Arnault, il est attaché comme expéditionnaire aux bureaux de l’Université. Tout en s’acquittant de sa besogne de copiste, il fait de joyeuses et piquantes chansons. Au début des années 1810, il est déjà célèbre à Péronne. On l’appelle pour présider des banquets et égayer le dessert par ses chansons. Il retrouve une veine gaillarde, libre des fadeurs de la mode, ainsi la chanson « Les Gueux », inspirée d’un refrain bohème du XVIIe siècle.

 

Du Caveau au peuple

Fin 1805, l’ancien Caveau ressuscite. La Clé du Caveau est publiée chaque année. Ce recueil de chansons et d’airs permet à Béranger (entré au Caveau moderne fin 1813), Désaugiers et leurs amis de faire connaître leurs chansons au peuple, mais des copies circulent déjà, et Béranger est connu pour Le Sénateur, Le Petit Homme gris, et surtout Le Roi d’Yvetot. En novembre 1815, Béranger hasarde la publication de quelques airs : Les Chansons morales et autres. Le succès lui donne de l’assurance et il prend position dans le libéralisme.
 

En 1820, le Vieux Drapeau est clandestinement répandu dans les casernes. Béranger devient vraiment la voix du peuple ou « l’homme-nation » comme le dira Lamartine. Son œuvre de poète pamphlétaire est déjà considérable : il a attaqué les magistrats dans Le Juge de Charenton, les députés dans Le Ventru, les prêtres et les jésuites partout. Ses chansons paraissent en deux volumes le 25 octobre 1821. En huit jours, les dix mille exemplaires sont vendus et l’imprimeur Firmin Didot prépare une nouvelle édition.

 

Après le retour du roi Louis XVIII en 1815, Béranger va exploiter les thèmes du respect de la liberté, de la haine de l’Ancien Régime, de la suprématie cléricale, du souvenir des gloires passées et de l’espoir d’une revanche.

Alors que la presse n’est point libre, il renouvelle la chanson dont il fait une arme politique, un instrument de propagande : il attaque la Restauration et célèbre les gloires de la République et de l’Empire.

C’est le temps de La Cocarde blanche et du Marquis de Carabas.

Béranger apporte la poésie dont ont besoin ceux qui ont déserté la cause royale. Le cercle de ses amitiés s’élargit et on le voit dans de nombreux salons. Il accepte de collaborer à la Minerve avec Étienne de Jouy, Charles-Guillaume Étienne et Benjamin Constant.

 


Il est en 1821 privé de son modeste emploi. Au début de décembre de la même année, poursuivi et condamné à trois mois de prison et 500 francs d’amende, il entre en prison à Sainte-Pélagie pour y occuper la cellule quittée quelques jours plus tôt par le pamphlétaire Paul-Louis Courier.

En 1828, il se voit condamner de nouveau, mais cette fois à neuf mois de prison et 10 000 francs d’amende.

Ces condamnations ne font que rendre son nom plus populaire ; l’amende est acquittée par souscription. C'est à cette époque que le peintre Ary Scheffer, un de ses sympathisants, brosse son portrait (1828, Musée de la Vie romantique, Paris) - et que le sculpteur David d'Angers grave son profil en médaillon (même collection).

Après la révolution de 1830, il traite surtout des sujets philosophiques et humanitaires.

Jaloux de son indépendance, il ne veut accepter aucun emploi de la monarchie de Juillet.

Fatigué et souffrant, il se retire à Bagneux en juin 1830 dans un petit pavillon dont il donne la description suivante, dans une lettre à une amie datée du 23 juin: j'ai loué à Bagneux un petit pavillon pour 150 francs, pour toute la saison. Le prix vous donne une idée de la beauté de ce local et le 20 juillet, de préciser : Je me trouve à merveille dans le chenil que j'ai loué à Bagneux:cusine au rez-de-chaussée; chambre à coucher, servant de salon, de salle à manger et de cabinet de travail, au premier; chambre de domestique au second; enfin un appartement complet dans un pavillon isolé.... Cette maison aujourd'hui disparue était située dans l'actuelle rue Pablo-Neruda, en face de la Maison des Maronniers

 

 

VOCATION

Jeté sur cette boule,

Laid, chétif et souffrant ;

Etouffé dans la foule,

Faute d'être assez grand ;

Une plainte touchante

De ma bouche sortit :

Le bon Dieu me dit : Chante,

Chante, pauvre petit !

 

Le char de l'opulence

M'éclabousse en passant ;

J'éprouve l'insolence

Du riche et du puissant ;

De leur morgue tranchante

Rien ne nous garantit.

Le bon Dieu me dit : Chante,

Chante, pauvre petit !

 

D'une vie incertaine

Ayant eu de l'effroi,

Je rampe sous la chaîne

Du plus modique emploi.

La liberté m'enchante,

Mais j'ai grand apptit,

Le bon Dieu me dit : Chante,

Chante, pauvre petit !

 

L'Amour dans ma détresse,

Daigna me consoler ;

Mais avec la jeunesse

Je le vois s'envoler.

Près de beauté touchante

Mon coeur en vain pâtit.

Le bon Dieu me dit : Chante,

Chante, pauvre petit !

 

Chanter, ou je m'abuse,

Est ma tâche ici-bas.

Tous ceux qu'ainsi j'amuse

Ne m'aimeront-ils pas ?

Quand un cercle m'enchante,

Quand le vin divertit,

Le bon Dieu me dit : Chante,

Chante, pauvre petit !

 

 

 

 

 

AIR DES TROIS COULEURS

Toujours prophète, en mon saint ministère,
Sur l’avenir j’ose interroger Dieu.
Pour châtier les princes de la terre,
Dans l’ancien monde un déluge aura lieu.
Déjà, près d’eux, l’Océan sur ses grèves
Mugit, se gonfle: il vient, maîtres, voyez !
Voyez, leur dis-je. Ils répondent: Tu rêves.
Ces pauvres rois (bis), ils seront tous noyés.

 


Que vous ont fait, mon Dieu, ces bons monarques !
Il en est tant dont on bénit les lois.
Des jougs trop lourds si nous portons les marques,
C’est qu’en oubli le peuple a mis ses droits.
Pourtant les flots précipitent leur marche
Contre ces chefs jadis si bien choyés.
Faute d’esprit pour se construire une arche,
Ces pauvres rois (bis), ils seront tous noyés.

Qui parle aux flots ? un despote d’Afrique,
Noir fils de Cham, qui règne les pieds nus.
Soumis, dit-il, à mon fétiche antique,
Flots qui grondez, doublez mes revenus.
Et ce bon roi, prélevant un gros lucre
Sur les forbans à la traite employés,
Vend ses sujets pour nous faire du sucre.
Ces pauvres rois (bis), ils seront tous noyés.

Accourez tous ! crie un sultan d’Asie:
Femmes, vizirs, eunuques, icoglans.
Je veux des flots, domptant la frénésie,
Faire une digue avec vos corps sanglants.
Dans son sérail tout parfumé de fêtes,
D’où vont s’enfuir ses gardes effrayés,
Il fume, il baîlle, il fait voler des têtes.
Ces pauvres rois (bis), ils seront tous noyés.

Dans notre Europe, où naît ce grand déluge,
Unis en vain pour se prêter secours,
Tous ont crié: Dieu, soyez notre juge.
Dieu leur répond: Nagez, nagez toujours.
Dans l’Océan ces augustes personnes
Vont s’engloutir; leurs trônes sont broyés;
On bat monnaie avec l’or des couronnes.
Ces pauvres rois (bis), ils seront tous noyés.

Cet Océan, quel est-il, ô prophète ?
Peuples, c’est nous, affranchis de la faim,
Nous, plus instruits, consommant la défaite
De tant de rois inutiles enfin.
Dieu fait passer sur ces fils indociles
Nos flots mouvants si longtemps fourvoyés.
Puis, le ciel brille et les flots sont tranquilles.
Ces pauvres rois (bis), ils seront tous noyés.

 

 

 Le sénateur

Mon épouse fait ma gloire :
Rose a de si jolis yeux !
Je lui dois, l'on peut m'en croire,
Un ami bien précieux.
Le jour où j'obtins sa foi,
Un sénateur vint chez moi !
Quel honneur !
Quel bonheur !
Ah ! monsieur le sénateur,
Je suis votre humble serviteur.

De ses faits je tiens registre :
C'est un homme sans égal.
L'autre hiver, chez un ministre,
Il mena ma femme au bal.
S'il me trouve en son chemin,
Il me frappe dans la main.
Quel honneur !
Quel bonheur !
Ah ! monsieur le sénateur,
Je suis votre humble serviteur.

Près de Rose il n'est point fade,
Et n'a rien d'un freluquet.
Lorsque ma femme est malade,
Il fait mon cent de piquet.
Il m'embrasse au jour de l'an ;
Il me fête à la Saint-Jean.
Quel honneur !
Quel bonheur !
Ah ! monsieur le sénateur,
Je suis votre humble serviteur.

Chez moi qu'un temps effroyable
Me retienne après dîner,
Il me dit, d'un air aimable :
« Allez donc vous promener ;
Mon cher, ne vous gênez pas,
Mon équipage est là-bas. »
Quel honneur !
Quel bonheur !
Ah ! monsieur le sénateur,
Je suis votre humble serviteur.

Certain soir, à sa campagne
Il nous mena par hasard.
Il m'enivra de Champagne ;
Et Rose fit lit à part.
Mais de la maison, ma foi,
Le plus Beau lit fut pour moi.
Quel honneur !
Quel bonheur !
Ah ! monsieur le sénateur,
Je suis votre humble serviteur.

A l'enfant que Dieu m'envoie,
Pour parrain je l'ai donné.
C'est presqu'en pleurant de joie
Qu'il baise le nouveau-né ;
Et mon fils, dès ce moment,
Est mis sur son testament.
Quel honneur !
Quel bonheur !
Ah ! monsieur le sénateur,
Je suis votre humble serviteur.

A table il aime qu'on rie ;
Mais parfois j'y suis trop vert.
J'ai poussé la raillerie
Jusqu'à lui dire au dessert :
On croit, j'en suis convaincu,
Que vous me faites cocu !
Quel honneur !
Quel bonheur !
Ah ! monsieur le sénateur,
Je suis votre humble serviteur.

 

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