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11/02/2014

LE SPORT FEMININ VEUT CREVER L'ECRAN

Le sport féminin veut crever l’écran

Le sport féminin veut crever l’écran

Après le succès des 24 heures du sport feminin, nous vous demandons de continuer la mobilisation pour que le sport feminin ait toute sa place dans les grands medias. 

Pour que le sport féminin soit plus visible dans les médias, Signez et diffusez la pétition : Le sport féminin veut crever l’écran 

Le sport féminin veut crever l’écran 

Pour la première fois de son histoire, la télévision et la radio française se mobilisent pour donner plus de visibilité au sport féminin dans les médias. Une mobilisation d’une centaine de télés et radios ayant un portée internationale avec la participation de la RTBF, Africa24, Ubiznews tv, TV5 Monde qui touche 243 millions de foyers .

Cette impulsion historique donnée par Christine Kelly membre du CSA ne doit pas rester lettre morte.
Ce samedi 1er février 2014 a pu démontrer l’attente sur le terrain, la soif du public, le besoin de donner de la visibilité au sport féminin. Les fédérations, les ligues, les associations, les collectivités locales, le gouvernement, tous se sont unis lors de cette journée pour donner de la voix au sport féminin. La journée s’est transformée très rapidement en week-end du sport féminin puis en semaine, tant la mobilisation était grande.

Pendant plusieurs années, on attendu la performance, maintenant elle est au rendez-vous.
Pendant plusieurs années on a attendu les résultats, maintenant ils sont là.
Pendant plusieurs années on a attendu les audiences, maintenant elles sont là.

Qu’attendons-nous aujourd’hui ? Qu’attendez-vous pour continuer, poursuivre cette mobilisation ? Montrer, prouver, démontrer que le sport féminin a lui aussi sa performance, sa technicité, son savoir-faire?

- Nous demandons au CSA de continuer fermement à veiller à cette visibilité médiatique, quitte à passer de la mobilisation à l’obligation.
- Nous demandons aux patrons de chaînes et de radios, aux rédacteurs en chef et journalistes de faire preuve de bonne volonté en faisant les bons choix rédactionnels.
- Nous demandons aux fédérations et aux ligues de poursuivre leurs efforts en interne afin que les résultats rejaillissent à l’extérieur.
- Nous demandons aux collectivités locales de favoriser le sport féminin par exemple, dans l’obtention de salles et de matériel de qualité.
- Nous demandons aux annonceurs d’investir sur cet atout en plein essor et d’oser miser sur le féminin.
- Nous demandons au gouvernement de faciliter cette émergence féminine en légiférant, surtout à la veille d’une prochaine loi sur le sport portée par la ministre Valérie Fourneyron.
Si les médias ont fait bouger les lignes, c’est que le sport féminin en est digne.

Jouons les prolongations pour transformer l'essai.
 

09/02/2014

La Seine, ses affluents et ses canaux, ses plages

File:De Paris à la mer.jpg

1898 - Constant de Tours

Voyage d'un petit parisien

*

Extraits

LES AFFLUENTS DE LA SEINE ET LES CANAUX

QUI RELIENT PARIS A LA FRANCE

"Les rivières sont des chemins qui marchent". Ils marchent à la fois en avant et en arrière : à leur surface une population flotte dans les deux sens. Ces routes mobiles, loin de limiter les nations, mélangent les peuples, mobilisent les continents dont elles portent dans leurs flots l'histoire et la vie.

Où vont les flots en leur marche incessante ? Les fleuves vont à l'océan. Mais ce qui vous surprendra peut-être, c'est qu'ils en reviennent sans cesse en un éternel circuit qui propage la vie à la surface du globe :  de l'immensité des mers, l'eau s'échappe en vapeur, revient à la terre qu'elle arrose en pluie, puis rejaillit en source des profondeurs du sol et retourne à la mer après avoir désaltéré dans son cours animaux et végétaux;

Mais toute l'eau qui tombe du ciel ne court pas tout de suite à l'Océan : on a calculé que, déjà au Pont-Royal, la Seine ne débite plus que le tiers du volume d'eau qui tombe en pluie depuis sa source jusqu'à PARIS.

Les terrains du val dans lequel elle coule sont très perméables et la pente de son fond est très douce, car PARIS, qui est à plus de quatre-vingt-dix lieues du HAVRE par la Seine, n'est qu'à vingt-cinq mètres au-dessus du niveau de la mer : aussi la Seine est-elle parmi les fleuves un des plus réguliers de la planète.

... Elle n'a pas non plus les caprices redoutables des cours d'eau du Midi, à sec une partie de l'année, et dont le lit creux et étroit s'emplit tout à coup à la suite d'un orage.

Il y a cependant des jours où la Seine prend l'allure d'un torrent : en temps de crue, son courant devient six fois plus fort qu'en eau moyenne, et l'on a pu voir -en l'espace d'un siècle il est vrai-, son niveau s'élever à près de neuf mètres et descendre à neuf centimètres. Les ponts de bois en voyaient de dures, alors. Les barrages actuels atténuent ces variations excessives de hauteur.....

 

File:De Paris à la mer.jpg

LES PLAGES DE LA BAIE DE SEINE

EN HAUTE NORMANDIE

SAINTE-ADRESSE ET LES PHARES DE LA HEVE

 Montons à la HEVE, en prenant au Musée le tramway pour SAINTE-ADRESSE. On suit la rue de PARIS jusqu'à l'hôtel de ville, bâti il y a trente ans, dans le style Renaissance, au milieu du quartier neuf ; après avoir tourné, sur le boulevard de Strasbourg, autour du Jardin botanique, on gravit la longue rue d'Etretat jusqu'au casino -ancienne villa de la reine Christine- qui possède une rotonde bien située au-dessus de la rade, un jardin d'hiver et un beau parc.

Le chemin de droite conduit au vallon où s'abrite Sainte-Adresse  la route de gauche grimpe au cap de la Hève...

... Les phares de La Hève, allumés pour la première fois en 1775 et qui sont les premiers où l'on ait appliqué la lumière électrique en France, ont une forme quadrangulaire. Ils dominent de 20 mètres la falaise, élevée elle-même à 100 mètres au-dessus du niveau de la pleine mer ; un escalier intérieur conduit à la lanterne haute de 7 mètres, dont le foyer, évalué à 5,000 becs de lampe, projette ses rayons à 27 milles par un beau temps.

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Les glaces ont presque un centimètre d'épaisseur ; malgré cette résistance, elles sont quelquefois brisées sous le coup de bec des oiseaux de mer qui, attirés par l'éclat de la lumière, plongent comme la foudre sur les vitres.

Du promontoire de La Hève, on découvre une immense étendue de mer et les côtes normandes que l'on peut parcourir depuis HONFLEUR jusqu'à BARFLEUR !

Derrière le poste des signaux, on aperçoit le cap d'Antifer et les rochers à jour d'Etretat ; au pied des phares, à 1,500 mètres, se dérobe le banc de l'Eclat, l'ancienne ville Saint-Denis-Chef-de-Caux "chue en mer".***

Il ne faut pas s'approcher trop près des bords de cette falaise crayeuse et peu sûre ; il y a une vingtaine d'années, les eaux en ont abattu une épaisseur de 15 mètres, et toute la basse falaise sur une étendue de 500 mètres a suivi le mouvement ; la mer en mange environ 2 mètres par an, et si c'est son jour, gare à vous !

 

*** Englouti par les flots en 1374, Saint-Denis Chef de Caux, ancien village de pêcheurs qui donna son nom aux habitants, les Dionysiens, précéda Sainte-Adresse, nom sans doute imaginé par les marins qui signifiait la fin de navigations difficiles dans la baie de seine et l'arrivée à un port sûr.

 

Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?

O flots, que vous savez de lugubres histoires !

Flots profonds, redoutés des mères à genoux !

Vous vous les racontez en montant les marées,

Et c'est ce qui vous fait ces voies désespérées

Que vous avez le soir quand vous venez vers nous !

LUTHIER : METIER ET PASSION

Luthier : Atelier Creck guitares - Accueil

Son site : www.ateliercreck.com/
 

Facebook : Atelier CRECK lutherie - guitare

 

**

*

Ouest-France Entreprises

Le luthier veut accorder métier et passion

Dans le sous-sol de la maison familiale à Sainte-Luce-sur-Loire, Bastien Crecq, 25 ans, a décidé d'exercer de façon artisanale un métier de passion qui tutoie l'art et la création.

 

 

Une maison à étage, un peu en retrait de la route de Thouaré, face aux immeubles de la Minais. Bien visible de la route, une guitare suspendue à un arbre du jardin : c'est là, à Sainte-Luce, dans le sous-sol de la maison de ses parents, transformé en atelier, que Bastien Crecq, 25 ans, luthier, a lancé sa petite entreprise.

 

« C'est bien difficile de se faire embaucher dans une entreprise artisanale de lutherie, explique-t-il tout en ponçant soigneusement une vieille guitare à rénover.Quand un luthier arrive à vivre de son art, c'est déjà pas mal. Il est rare qu'il puisse avoir suffisamment de travail pour deux personnes. J'aurais pu travailler en magasin, ou dans un poste d'usinage, à faire toujours la même étape de la construction, mais cela ne m'intéresse pas. Je veux garder le côté artisanal, faire mes propres guitares... »

Bastien en a fabriqué trois, depuis la création de son auto-entreprise, à l'automne dernier. « Ce qui m'intéresse, c'est créer l'instrument de A à Z. »Petit à petit, au cours de ses études, il a investi dans une combiné, une scie à ruban, une défonceuse, et autres outils indispensables... sans oublier vernis et colles. « Je les installais dans le garage. J'ai donc continué à l'aménager et l'ai mis aux normes au niveau électricité. Il m'a fallu aussi adapter certains outils à mon travail de luthier. »

Il connaît la musique

« La musique, je suis tombé dedans tout petit. Pour mes parents, qui auraient bien aimé se former jeunes à la pratique d'un instrument, c'était clair : leurs enfants s'initieraient à la musique, c'était une obligation ! »Solfège à 5 ans, début de la clarinette l'année suivante, puis également guitare à 15 ans.« Quand j'étais enfant, des fois, ça m'a énervé, reconnaît Bastien, mais maintenant je leur suis vraiment reconnaissant. »

En seconde à la Colinière, au moment de l'orientation, il pense à sa passion pour la musique, qu'il pourrait allier à son goût pour le bricolage. « Je voulais avoir mon autonomie rapidement, donc un métier en mains ». Sa décision est prise : « Travailler dans le bois, comme luthier. »

Bac STG comptabilité en poche, il se forme : BEP menuiserie-agencement, puis CAP ébénisterie au Cifam de Sainte-Luce (1), en alternance dans une entreprise. « Là, j'ai appris l'autonomie, la débrouille, car il faut souvent trouver soi-même des solutions. »

Il est ensuite embauché dans une entreprise artisanale de bâtiment à ossature bois, où il est également responsable de trois jeunes qui sortent de BEP. « Une bonne opportunité pour apprendre à gérer une équipe, et aussi à prévoir les outils et toute la logistique d'approvisionnement. »Enfin, après une brève reprise d'études à l'Itemm (Institut technologique européen des métiers de la musique) et quelques stages, le jeune Lucéen décide de débuter sa propre entreprise : « Je me sentais prêt à me lancer ! »Il choisit le statut d'auto-entrepreneur, sous le régime micro-Bic,« un avantage pour les moins de vingt-six ans », précise-t-il.

Serein, Bastien Crecq exprime aussi son enthousiasme :« Je suis en train de créer mon petit monde. Je me dis que, même si je n'arrivais pas vraiment à en vivre, je n'aurais aucun regret car j'aurais tout donné et je continuerai, quoi qu'il arrive, à faire des instruments de musique sur mon temps libre. C'est ma passion ! ».

Avec quelques-uns de ses amis, désireux aussi de créer leur entreprise, d'autres projets sont en gestation, dont celui de louer un grand atelier. Mais aussi celui « de faire partager, aux jeunes de Sainte-Luce et des communes environnantes, la passion du bois et de la musique ».


Contact : Atelier Creck, Réparation et entretien d'instruments et d'accessoires de musique, au 93, route de Thouaré, à Sainte-Luce-sur-Loire. Tél. 06 32 53 04 36.

(1) Chambre de Métiers et de l'Artisanat de Loire-Atlantique

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Bravo mon Bastien ! Bon courage !

04/02/2014

direction HENDAYE après les grandes marées de la nuit du 1er au 2 février 2014

DIRECTION HENDAYE .... nous "empruntons"

LA CORNICHE DEPUIS ST JEAN DE LUZ

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LA DIGUE A MORFLE !

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Sacré ROBERT !

Ancienne MITRYENNE, Robert MARCHAND n'est pas un inconnu

Je ne pouvais faire autrement que de lui rendre hommage

Si l'occasion se présente, j'irai trinquer à sa victoire

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Actualités

26, 927 kilomètres en vélo sur une heure à 102 ans. Sans se mettre dans le rouge, le plus vieux cycliste de la planète a battu son record et n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin !

Non, Roselyne, non. Ce n’est pas possible… Il n’a pas le droit. Il ne peut pas. La médaille d’or de Jeunesse et Sports, il l’accepte, mais pas des mains d’une ministre UMP, même aussi flamboyante, aussi colorée, aussi ouverte que Roselyne Bachelot.

Plus modeste, à l’abri des éclats de strass et des clinquantes pépites de la «Sarkozie», Corine Dupont, maire communiste de Mitry-Mory fera l’affaire.

«Par conviction, je ne pouvais pas faire autrement», ose-t-il alors à peine gêné.

 

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 http://www.velovelo.com/article

Ligne de vie

Après plus d’un siècle sur les routes, on peut se permettre de ne pas trahir ses opinions, sa ligne de vie. La CGT, le Parti, les syndicats, ont toujours accompagné Robert Marchand sur son parcours étonnant. Le petit Picard n’a jamais oublié l’entrée des casques à pointe sur le parvis de… Notre Dame d’Amiens. Depuis, il n’a jamais changé de camp.

Veuf après quatre ans de mariage dans les années trente, sans enfant et jamais remarié, le double recordman de l’heure des plus de 100 ans a traversé la fin du deuxième millénaire en multipliant les expériences. «En 1943, à Château-Landon, je devais faire le prof de gymnastique des fils à papa, explique-t-il à son journal de toujours, «L’Humanité», ils venaient aux pompiers de Paris pour échapper au service du travail obligatoire, le STO.

Alors, j’ai refusé de leur donner des cours. Du coup, le colonel, ce salopard, m’a collé un mois de prison, mais il ne l’a pas emporté au paradis !»

 

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 http://www.velovelo.com/article

Eleveur de poulets et planteur de canne à sucre au Venezuela, il a bûcheronné au Canada entre deux retours en France où il a négocié avec plus ou moins de succès du vin, des chaussures et des laitues. Longtemps après cette première vie, les mains posées sur d’invisibles cocottes, le dos proprement incliné, Robert Marchand longe la côte d’azur de la piste flambant neuve de Saint-Quentin-en-Yvelines avec la régularité d’un petit train électrique en chemin pour l’histoire. Pas le moindre à coup dans sa quête appliquée, par le moindre écart, il roule comme il roulait un peu plus tôt à l’échauffement, et comme il roulera peut-être, c’est désormais son objectif, au soir de ses 105 printemps.

 

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 http://www.velovelo.com/article

En blazer marine et pantalon clair, les officiels de l’UCI, appareils de mesure dûment poinçonnés en bandoulière, donnent à la ronde tranquille du papy ambitieux le cachet d’un exploit authentique. Quand il passe à l’entrée de l’avant dernier virage, un «Se canto» diatonique lui offre, sur quelques mètres, un supplément d’allant. Il ne montre rien. Ni la douleur qui, probablement le taquine, ni les doutes, qui, peut-être le guettent, ni même le bonheur, qui, quand même, doit lui proposer un bouquet de forces supplémentaires.

«Je n'étais qu'à 90% de mes moyens»

Huit Bordeaux-Paris, quatre Paris-Roubaix, douze Ardéchoise, et, 24.100 kilomètres le 17 février 2012 à Aigle, en Suisse, le record de l’heure des plus de 100 ans spécialement créé pour lui: un joli petit palmarès.

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 http://www.velovelo.com/article

Un peu plus tôt, en lui parlant fort et à l’oreille, Bernard Thévenet lui a donné, les derniers conseils. Il n’en avait pas besoin, la marque a explosé. «Et encore, je n’étais qu’à 90 % de mes moyens. Je pense que j’aurais pu faire un peu mieux.; donc je vais faire un peu mieux bientôt. Maintenant, je voudrais aller remercier ceux qui m’ont encouragé pendant une heure, il y en a qui ont fait six cents kilomètres rien que pour moi !» 102 ans, 151 centimètres, 52 kilos, 26, 927 kilomètres en 60 minutes, pour quelqu’un qui ne s’est jamais soucié des chiffres, l’addition touche au sublime.

Patrick LOUIS

***

C'est un vrai roman, c'est une belle histoire !

*

SES CAMARADES DE CONVICTION, DE COMBAT

SONT FIERS DE LUI

Un sacré personnage

 

31 janvier 2014

Dans quelques heures ce vendredi 31 janvier, Robert Marchand (102 ans) va tenter de battre son propre record du monde cycliste des plus de 100 ans sur la piste de Saint-Quentin-en-Yvelines. Un car de Mitry-Mory, sa ville, rempli de tous ses amis et camarades vient de prendre la route pour soutenir le champion. Tous les médias évoquent le parcours de Robert en oubliant que depuis très jeune, il est engagé dans le combat syndical et politique. Voici un article de mon ami Michel Scheidt publié il y a trois ans dans « Vie Nouvelle », le magazine des retraités CGT.

Robert Marchand est né le 26 novembre 1911. Un des rares témoins, bien vivant, d’un XXe siècle tourmenté. Comme l’a été sa vie d’ouvrier. Toujours syndiqué à la Cgt, à l’Union syndicale des retraités de Mitry-Mory en Seine-et-Marne, abonné à Vie nouvelle et à L’Humanité, Robert est un homme de convictions. Qui n’a de cesse de transmettre des valeurs humanistes universelles. En pleine forme, il parcourt 7 000 kilomètres à vélo chaque année, et affiche un des plus fabuleux palmarès cyclotouriste. Une longévité exceptionnelle qu’il explique simplement par de la chance. La roue tourne aussi pour Robert Marchand. Pas celle de la fortune, certes non ! Mais celle de la vie qu’il ajoute aux années. Kilomètre après kilomètre. ­Rencontre.

«Je ne suis pas un phénomène. Simplement un type ordinaire qui a de la volonté. J’ai toujours fait des efforts. Et de ce point de vue, le vélo comme le travail sont des sacrées écoles. » Une évidence pour Robert, mais pas forcément pour le quidam qui découvre ce petit bonhomme qui a traversé quasiment tout le XXe siècle du haut de son mètre cinquante-deux. Ce qui frappe en découvrant Robert Marchand, c’est d’abord sa jovialité. Le large sourire avec lequel il nous accueille, en nous ouvrant la porte de son antre, fait chaud au cœur. Un minuscule F1 niché au rez-de-chaussée d’une agréable cité HLM de Mitry-Mory (77). Le vélo ensuite. Un superbe monobloc bleu et blanc en carbone. De taille XS. Une machine du dernier cri à faire pâlir d’envie bien des cadets. La bécane a sa place contre le mur de l’entrée, juste devant la porte. Impossible de passer devant sans la toucher et la caresser. Un moment d’intimité partagée. « Je l’ai achetée récemment chez un vélociste local qui a la culture du vélo » précise Robert en décrivant fièrement les innovations techniques de la machine. Seules les pédales, encore à cale-pieds avec des lanières en cuir qu’il faut, à la demande, serrer et desserrer à la main, contrastent avec l’ensemble. Des pédales comme on n’en voit plus beaucoup dans les pelotons. « Je ne me suis jamais fait aux pédales automatiques, j’ai peur de tomber… » lâche-t-il, devant notre étonnement. En face, sur le mur du fond, les étagères débordent d’une multitude de coupes, de médailles et autres diplômes qui témoignent d’une vie cycliste bien remplie. Lorsqu’on lui demande lequel de ces trophées a le plus de valeur et représente son meilleur souvenir, Robert n’hésite pas longtemps. Il soulève le pavé d’un de ses quatre Paris-Roubaix cyclo, celui de 1987. Puis, il montre du doigt la médaille d’or « Jeunesse et Sports » qui lui a été décernée en mai 2010. « Je n’ai pas voulu que Roselyne Bachelot (alors ministre des Sports ndlr), me la remette. J’ai préféré la maire communiste de Mitry-Mory Corinne Dupont », tient à souligner notre ami. C’est ainsi, l’homme a des principes.

 

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 Avec  Corinne DUPONT, à sa gauche, Maire de MITRY-MORY

http://tignon.andre.free.fr/

Une vie tourmentée.

Si Robert vit seul et en parfaite autonomie, il est néanmoins très entouré. Comme d’autres copains des Cyclos mitryens, Alain Gautheron, qui fut secrétaire général de la Fédération Cgt des PTT, et qui préside actuellement le club, veille sur Robert. Sur la route et dans la vie quotidienne. Avec beaucoup d’attention. De tendresse et de respect aussi à l’égard de cet adhérent « historique », pas tout à fait comme les autres. « Tu verras, méfie-toi, Robert, c’est un personnage », m’avait pourtant prévenu Alain. J’aurais sans doute dû tenir compte du conseil.

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http://tignon.andre.free.fr/

 Avec Alain GAUTHERON, un ancien "collègue" quand les P.T.T. étaient une grande famille

n'avaient pas été bradés au privé

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 L’homme impressionne. L’œil vif, le verbe facile, bien calé dans son fauteuil, duquel il se lève parfois, un brin tribun pour s’indigner, Robert prend le départ. Il déroule son parcours… Une course en ligne, sans étape, en direct et contre la montre. Jusqu’à l’arrivée. À peine un petit arrêt ravito au Chablis, à l’heure de l’apéro, auquel il n’est pas possible d’échapper. Dur métier que celui de reporter ! « Le 31 août 1914, j’avais trois ans, mais j’ai gardé le souvenir de l’arrivée des Allemands à Amiens par le pont Beauvillé. Nous habitions à Albert, en plein sur la ligne de front de la Somme. Comme tous les enfants de moins de quinze ans, j’ai été évacué et je me suis retrouvé dans une ferme à Bourbon-l’Archambault dans l’Allier. Ma première soupe au lait. J’en ai encore le goût. À l’armistice, je suis repris par mes parents, et nous arrivons en banlieue parisienne. À Fontenay-sous-bois. J’étais presque illettré et je ne savais même pas compter jusqu’à cent. » Les souvenirs d’une force inouïe se bousculent dans un flot que rien ne peut arrêter. Premiers apprentissages, premiers travaux. Maroquinier à la Bastille, imprimeur sur fer à Montreuil… Premières réunions syndicales aussi. Premières bagarres avec les gardes républicains à cheval au sortir d’un meeting à la Bourse du travail… En 1923, Robert arrive à Mitry-Mory. Il travaille avec son père dans la chaussure. Il découvre le sport par la boxe et la gymnastique avec la Fédération sportive du travail qui plus tard deviendra la FSGT. « J’ai été champion de France de gym en 1924. Mais attention s’amuse encore Robert en relatant l’exploit : À la pyramide, évidemment, comme j’étais le plus petit, il me suffisait de grimper tout en haut pour la fermer… » Et le vélo dans tout ça ? « J’ai eu mon premier vélo en 1925. Je fais ma première course, le circuit de l’Ourcq, sous un faux nom, car j’étais trop jeune. Un responsable du club de Levallois lui avait pourtant prédit un modeste avenir dans cette discipline. « Tu ne seras jamais un vrai cycliste, tu es trop petit. » Pas rancunier pour un sou l’ami Robert. Le vélo est toujours resté sa grande histoire d’amour.

 

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Même petits, ils sont grands.

En 1931, Robert entre chez les pompiers de Paris. Il y fait son service militaire. Un certain capitaine Coche lui mène la vie dure. « Un vrai salopard celui-là » se souvient-il encore. Qui lui a collé toutes les corvées. Une période difficile. Ponctuée de furtifs petits bonheurs. Comme celui qu’il évoque avec pudeur et une infinie douceur : « En 1933, je suis pompier aux Folies Bergères. Des filles plus belles les unes que les autres. Et c’est le coup de foudre avec une belle blonde qui finit par m’inviter chez elle. J’avais déjà passé vingt ans. C’était la première fois que je faisais l’amour. » Le visage rosit, l’œil brille… Un moment d’émotion. Partagée.

Mais la crise économique fait des ravages. Le fascisme monte partout en Europe. En France aussi. Les Croix de feu, les Camelots du roi « les ascendants du FN » lâche Robert, bombent le torse. Militaire, en conflit avec l’autorité, Robert refuse de maintenir l’ordre. Il est démobilisé. En clair, viré des pompiers de Paris pour insubordination. Plus de travail, le chômage et son cortége de misère. Puis c’est l’embellie du Front populaire. « Les quelque quatre-vingts députés communistes ont beaucoup pesé. Grâce à eux, on a eu les quinze jours de congés payés » rappelle, enthousiaste, Robert. Le Front populaire, c’est aussi les quarante heures et des grands travaux. Robert retrouve un emploi -il pose des rails de chemin de fer- les grèves, les manifs… Comme tout le monde. En juin 1936, il redevient pompier. Mais civil. Il entre à la Banque de Paris et des Pays-Bas. Déjà, le ciel s’assombrit. 1939, la mobilisation. Reversé aux pompiers de Paris. La « drôle de guerre », puis la guerre et la nuit de l’occupation. « On va se faire casser la gueule pour des riches » s’insurge encore Robert.

Retour à la ferme dans la Somme. Les alliés bombardent les bases de missiles allemands. Il est dessous. Puis les chars canadiens, la libération… Une autre embellie. La vie reprend son cours normal. Les pas de Robert le conduisent au Venezuela, au Canada, en Union soviétique aussi. « J’ai roulé à vélo sur la place rouge » et visité le célèbre cimetière de Minsk dans lequel une stèle conserve la mémoire de chaque village martyr du nazisme .

Le temps de dire aux jeunes d’aller voter, de s’indigner, « de lire ça », en montrant l’Huma et Vie nouvelle, de dire encore que la terre pourrait être un paradis, si « les 10 % de salopards qui ne pensent que par l’argent ne rendaient pas la vie impossible aux 90 % de braves gens ». De dire aussi qu’à son âge, « on n’a plus guère de projets, mais des rendez-vous ».

Marqués sur le calendrier de la poste affiché au mur : l’Ardéchoise où il arborera en juin le dossard n° 1, Paris-Cambrai en septembre où on lui a promis un feu d’artifice. Et le 26 novembre, son centenaire à Mitry-Mory, au milieu des siens. En quittant Robert, je me dis que décidemment, il en est de certains hommes « ordinaires », comme de certains hommes cyclistes, lorsqu’ils escaladent les montagnes en serpentant tout là-haut, dans les lacets des cols : Même petits, ils sont grands !

Michel Scheidt

 

 

 
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