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12/11/2017

7 mois de bashing médiatique contre la France Insoumise

https://le-bon-sens.com/2017/11/11/7-mois-de-bashing-mediatique-anti-melenchon/

 bashing mediatique anti melenchon

Voilà maintenant plus de 7 mois que la France insoumise subit un bashing médiatique quasi continu et d’une violence rarement atteinte dans le passé. Comme ces attaques se font par vagues successives, plus ou moins étalées dans le temps, on a souvent du mal à en saisir le tableau d’ensemble et à en comprendre la logique de fond. C’est à cela que sert cet article, que je complèterai au fur et à mesure que de nouveaux bashings se présenteront : permettre d’avoir enfin ce « tableau d’ensemble ».

Car à la lumière de l’accumulation des attaques médiatiques contre Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise, le plus souvent créées de toutes pièces à partir d’éléments montés en épingles puis amplifiés par des logiques de buzz, on est en droit de s’interroger. Pourquoi une telle violence ? Et surtout : est-ce vraiment le rôle des médias ? Bien sûr, ils sont désormais inscrits dans un système capitaliste où la course aux clics est devenue en soi un objectif. Il leur faut donc attirer les lecteurs par des titres rocambolesques et des photos accrocheuses. Mais est-ce leur rôle ? Est-ce là la fonction que nous voulons confier aux médias dans notre société ?

Pourquoi ces attaques contre la France insoumise se multiplient-elles et gagnent-elles en intensité ? Et s’il s’agit, pour des médias liés au pouvoir politique et économique, de combattre la seule opposition qui propose encore de sortir du système capitaliste, pourquoi le faire en essayant de disqualifier cette opposition plutôt qu’en analysant ses idées et ses propositions ? Au moment où j’écris cet article, les députés de la France insoumise ont signé, depuis le début de leur mandat, 1347 amendements, soit à eux seuls 42,5% des 3170 amendements signés par l’ensemble des députés ! Pourquoi, dès lors, ne pas en parler ou ne le faire que sur un mode polémique comme avec l’amendement sur le drapeau européen ? Pourquoi essayer systématiquement de réduire la France insoumise à une opposition stérile qu’il faut mettre à l’écart ? Est-ce bien là le rôle des médias ? Est-ce bien là de « l’information », cette tâche si noble qui consiste à éclairer le peuple ?

Je ne le crois pas. Je crois au contraire que désormais il devient évident qu’une bonne partie du monde médiatique agit comme la deuxième peau du système capitaliste. Le devoir d’information a disparu au profit (c’est le cas de le dire) d’une logique de soutien du pouvoir en place, quel qu’il soit… tant qu’il ne propose pas de sortir du système capitaliste. Il faut dire que dans un pays où 90% de la presse est contrôlée par neuf milliardaires, il n’y a dans cela rien d’étonnant.

Même l’association « Reporters sans frontières » s’en inquiète. Elle place la France au 39e rang dans son classement mondial de la liberté de la presse. Et elle indique : « Le paysage médiatique français est largement constitué de groupes dont les propriétaires ont d’autres intérêts que leur attachement au journalisme. Cette situation entraîne des conflits qui font peser une menace sur l’indépendance éditoriale ». On ne saurait malheureusement dire mieux.

Comment penser, dès lors, que des journaux détenus par des milliardaires vont laisser parler sans réagir des gens qui prônent le partage des richesses et qui pointent du doigt la responsabilité sociale et environnementale des ultrariches dans la crise que traverse notre pays et notre planète ? Comment penser que ces médias vont informer de manière « neutre et objective » sur des députés qui proposent des choses nuisibles aux intérêts financiers de leurs propriétaires ? C’est bien sûr impossible. Le tout est simplement de le savoir et surtout de l’avoir bien en tête quand on lit un article.

 

 

 

 

 

LA CHANSON DE CRAONNE OU LES MUTINS FUSILLES POUR L'EXEMPLE

Paroles

Quand au bout d'huit jours, le r'pos terminé,
On va r'prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c'est bien fini, on en a assez,
Personn' ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s'en va là haut en baissant la tête.

Refrain
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés !

C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la mêm' chose.
Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,
Nous autr's, les pauvr's purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.

au Refrain

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu'un qui s'avance,
C'est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

Refrain
Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,
Car c'est pour eux qu'on crève.
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l'plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !

 

 

La Chanson de Craonne

Patricia Latour et Francis Combes
Vendredi, 13 Janvier, 2017
L'Humanité
Soldats morts lors de combats à Craonne (Aisne), 1917, dessin par François Flameng. Photo : Mary Evans/Rue des Archives
Soldats morts lors de combats à Craonne (Aisne), 1917, dessin par François Flameng. Photo : Mary Evans/Rue des Archives

Le 16 avril 1917, le général Nivelle lance les troupes du 18e régiment d’infanterie à l’assaut du plateau de Craonne. Selon lui, c’est une affaire de vingt-quatre heures. Mais l’offensive va s’éterniser et sera l’une des plus meurtrières de la bataille du Chemin des Dames.

Le froid, la neige, la position des soldats allemands en hauteur sur le plateau, tout se conjugue pour rendre les conditions du combat particulièrement dures pour les poilus. En dix jours, on dénombre 30 000 morts. Pendant les deux mois qui suivent, sur cette portion du front, dans la région de Reims et Laon, 200 000 hommes vont périr…

Dans le même temps, les échos de la révolution de février, en Russie, parviennent jusque dans les tranchées et suscitent une vague d’espoir et de révolte. Les mouvements de rébellion des soldats qui ne veulent plus être traités en « chair à canon » se multiplient. Cent cinquante unités sont touchées. À Craonne, les soldats refusent de remonter sur le plateau avant la fin de leur repos. Ils manifestent à une centaine de mètres de là, dans les rues du village, rejoints par des civils, chantent l’Internationale et érigent des barrages pour empêcher que leurs camarades ne soient renvoyés à la boucherie. Au terme d’un jugement expéditif, quatre d’entre eux seront fusillés.

Le 2 mai, Nivelle est démis de ses fonctions et remplacé par Pétain. Celui-ci fait face à la colère, avec quelques mesures pour améliorer l’ordinaire et une terrible répression. Environ six cents hommes seront fusillés pour l’exemple, des militants, des meneurs, des soldats choisis au hasard. D’autres seront emprisonnés ou envoyés au casse-pipe dans des missions suicides (1).

C’est dans cette ambiance que se répand la Chanson de Craonne. Elle semble avoir vu le jour dès 1915. L’une des versions fait en effet allusion aux combats du fort de Vaux, à Verdun.

Les paroles ne sont pas tout à fait les mêmes :

« Quand on est au créneau

Ce n’est pas un fricot

D’être à quatre mètres des Pruscos.

En ce moment la pluie fait rage

Si l’on se montre c’est un carnage. »

On en connaît plusieurs états grâce à des lettres de soldats conservées par le Service historique de la défense (SHD).

Elle a aussi porté plusieurs titres, notamment la Chanson de Lorette, du nom des violents combats qui ont eu lieu en Artois, près de Notre-Dame-de-Lorette. L’auteur ou les auteurs ne sont pas connus. Malgré l’enquête menée par le haut commandement militaire, ils sont restés anonymes. La musique, en revanche, est connue ; elle vient d’une valse à succès de l’époque, Bonsoir M’amour, de Charles Sablon (le père de Jean) dit Aldemar et Raoul Le Peltier (c’est une grande tradition de la chanson populaire que de reprendre des airs connus).

Raymond Lefebvre et Paul Vaillant-Couturier, qui furent avec Henri Barbusse les initiateurs de l’Arac (l’Association républicaine des anciens combattants), ont beaucoup contribué à la diffuser. Et la version que nous connaissons aujourd’hui est celle qu’ils ont recueillie et publiée.

Comme beaucoup de grandes chansons populaires, celle-ci ne manque pas d’une réelle qualité poétique, comme en témoignent ces deux vers :

« Doucement dans l’ombre sous la pluie qui tombe

Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes. »

Qu’il soit de métier ou amateur, celui qui a écrit ces mots est un poète.

On peut noter que, au fil des versions, la chanson a évolué. Son écriture s’est améliorée et son contenu s’est radicalisé. Sa version finale reprend la complainte des poilus et exprime leur désespoir. Dans le premier couplet :

« Sans tambour, même sans trompette

On s’en va là-haut en baissant la tête. »

Et le refrain :

« C’est à Craonne, sur le plateau

Qu’on doit laisser sa peau,

Car nous sommes tous condamnés

Nous sommes les sacrifiés. »

Mais elle n’en reste pas à la résignation. Elle passe vite à la dénonciation des responsables. L’ennemi désigné n’est pas le soldat étranger qui partage le même sort dans sa tranchée en face, mais « tous ces gros qui font la foire », ces « embusqués », les possédants, car, si :

« Tous les camarades sont étendus là,

C’est pour défendre les biens de ces messieurs-là ».

Et le refrain final appelle à la lutte :

« Mais c’est fini car les troufions

Vont tous se mettre en grève. »

En 1934, dans un bel article de la revue Commune, Paul Vaillant-Couturier écrit que cette chanson « exprime cette sorte de “bolchevisme des tranchées” qui ne demandait qu’à être orienté pour devenir irrésistible » (2). Son article évoque une « Fête de la chanson antimilitariste » à laquelle avaient appelé l’AEAR (l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires) et l’Arac, le 12 juillet 1934, à la Mutualité, pour marquer le vingtième anniversaire de la déclaration de guerre.

La préfecture fit interdire la réunion, mais un millier de personnes se réunirent quand même, avenue Mathurin-Moreau, à la Maison de l’union des syndicats.

Longtemps la Chanson de Craonne est restée quasi interdite (de même que justice n’a pas été rendue aux fusillés de 1917). Aujourd’hui encore, elle dérange. Ainsi, le 1er juillet dernier, le secrétaire d’État aux Anciens Combattants refusait quelle soit entonnée lors de la cérémonie pour les cent ans de la bataille de la Somme, ce qui lui valait la protestation du député communiste Jean-Jacques Candelier dénonçant la censure et l’affront faits aux victimes.

(1) Sur ces faits, voir le livre de Paul Markidés, Sacrifiés pour l’exemple, éditions le Temps des cerises.
(2) Paul-Vaillant-Couturier, Choix de textes, René Ballet/Éditions le Réveil des combattants, 1992.

Chanson interdite de diffusion sur les ondes nationales dès sa sortie en 1967. Merci de nous rappeler cette page tragique de notre histoire, où des hommes ont été exécutés pour avoir contester les ordres de bouchers incapables comme Nivelle, Joffre, dont les noms ornent encore bons nombres de rues et d'avenues. Lamentable !

 

11/11/2017

ILS N'ETAIENT PAS DES LACHES et DOIVENT ETRE REHABILITES

Info
http://information.tv5monde.com/info/1917-2017-la-rehabilitation-hesitante-des-fusilles-de-la-grande-guerre-202630

1917 - 2017 : la réhabilitation hésitante des fusillés de la Grande Guerre

Exécution durant la Première Guerre mondiale<br />
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Exécution durant la Première Guerre mondiale
 


Trois années de commémoration n'ont pas forcément rendu justice à tous les fantômes de la Grande Guerre. Si des actes de refus se sont manifestés dans les différents camps tout au long du conflit, l'année 1917 se distingue par un mouvement de rebellions collectives particulièrement virulentes, parfois – mais pas toujours -  politisées. La plupart ont été réprimées violemment. Ceux qui y ont laissé leur vie n'ont jamais été pleinement réhabilités.

dans
Le caporal Joseph Dauphin,<br />

<sub>Photo de famille, dr</sub>
Le caporal Joseph Dauphin,
Photo de famille,
 
 
Rien ne prédisposait le caporal Dauphin à son destin, ni son ami Brugière.

Né à Tauve, une bourgade de Haute-Auvergne, dans une famille de dix enfants, Joseph Dauphin est paysan, à ses heures cantonnier du hameau voisin. Il a 32 ans lorsque la guerre éclate en août 1914 ; marié et père d'un jeune fils.

Cela ne l'empêche pas d'être envoyé au front, 70ème bataillon de chasseurs à pied, matricule 1507, où il se distingue par son courage.

Promu caporal pour « sa belle conduite au feu », Croix de guerre avec étoile de bronze. Trois citations : il a « tenu un fossé jusqu'à épuisement des munitions », secouru un officier blessé près des lignes ennemies, s'est une autre fois « élancé à l'assaut avec courage malgré le tir intense » de ceux d'en face.
 

Coup de colère

En juin 17, peu après la boucherie du Chemin des Dames, son bataillon se voit refuser une permission très espérée. Colère. Avec d'autres et un peu sous l'effet de l'alcool largement distribuée dans l'armée, le caporal s'insurge. Quelques coup de feu sont tirés en l'air. Des « propos séditieux » sont lancés.

Dauphin est arrêté. Un peu naïf, il se dit que c'est bien fichu pour sa permission. C'est en réalité le conseil de guerre qui l'attend. Peu ou mal défendu, son cas sans doute aggravé par son maigre grade, il est condamné à mort plus pour l'exemple que pour son pauvre crime le 6 juin. Le 12 juin à l'aube, il est fusillé à la ferme de Fété (Aisnes).  «L'exécution se passa sans incident », note le Journal de marche du 70ème bataillon.

Compagnons de Tauves incorporé dans le même régiment, François Brugière, a été désigné pour faire partie du peloton d'exécution. Il a refusé : « si l'on m'oblige à tirer, la balle ne sera pas pour mon camarade mais pour le commandant du peloton ». Il sait, lui, ce qui l'attend. Envoyé dans un bagne militaire d'Algérie, il y meurt d'épuisement deux mois plus tard.
 

1917 : l'année terrible

14 -18 : 2400 condamnations à mort Sept-cent-quarante exécutions de Français ont lieu au total (sur 140 000 jugements prononçant 2400 condamnations à mort) de 1914 à 1918, chiffre qui n'inclut pas un certain nombres d'exécutions sommaires directement perpétrées au front par des officiers.

Contrairement à une idée reçue, les deux tiers des fusillés le sont dans la première année de guerre et non après les pires batailles ou les mutineries (voir ci-contre). Il s'agit essentiellement d'hommes du rang, et de l'infanterie.
Si des refus d'obéir ou des désertions et leur répression se succèdent tout au long de la guerre – et surtout en 1914 – les mutineries, elle, se concentrent dans l'année 1917, et particulièrement en mai-juin.

Le printemps 1917 est marqué par l'offensive désastreuse du Chemin des Dames menée en avril par le général Nivelle, nouveau chef des armées. Plus de 30 000 morts du côté français en dix jours, sans gagner un kilomètre.

Mal préparée, mal engagée, elle débouche sur une reprise en main des questions militaires par le gouvernement et provoque un profond ressentiment chez des soldats déjà éprouvés par trois ans de boucherie.

D'autres facteurs alimentent le trouble. Changement de commandement (Pétain remplace en mai Nivelle désavoué), grèves à l'arrière, perspective d'une conférence pacifiste internationale … De Russie parviennent aussi des échos de révolution. Pourtant, il ne s'agit encore que de la chute du Tsar (en mars) ; la prise du pouvoir par les bolchéviks n'intervient qu'en octobre et la paix séparée en décembre.
 
La « contagion communiste » ou russe ultérieurement invoquée pour expliquer les troubles n’existe pas à ce moment.
 

A bas la guerre

Cela n'empêchera pas une partie de l’état-major de croire ou feindre de croire au complot politico-syndical. Pourtant, si le slogan « à bas la guerre » revient souvent, les soulèvements ne remettent généralement pas en cause la loyauté. Ils ne se produisent jamais au feu ni même au front, ne se traduisent pas par un passage à l'ennemi ou par une reddition.

 
Contagion
 
Britanniques, allemandes, russe, italienne, ottomane ... la plupart des armées belligérantes ont connu durant le conflit des refus d'obéissance ou mutineries, en particulier durant l'année 1917, considérée comme la plus éprouvante.

La particularité française, selon l'historien André Loez, consiste en "la prégnance d'une culture politique égalitariste, mais aussi la porosité de l'armée, combattant sur son propre sol, ayant accès à la presse, à des courriers, à des rumeurs qui contribuent à la désobéissance".

En revanche, remarque-t-il, il n'existait pas en France - contrairement à la Russie ou l'Allemagne -  de force politique susceptible de "faire des mutineries un élément d'une véritable crise de régime ou d'une révolution".
Cela ne signifie pas qu'ils soient anodins ou mollement revendicatifs. Ils font parfois passer un mauvais quart d'heure aux officiers, qui ne s'y rallient guère et s'y trouvent à l'occasion menacés ou rossés.

Sans renier la patrie et même son bon droit, les mutineries traduisent souvent un refus explicite de la guerre dans la dimension absurde qu'elle a pris en trois ans d'un interminable massacre.

Dépourvues d'objectifs politiques explicites, elles peuvent être localement influencées par les idées socialistes, notamment lorsque des intellectuels ou des syndicalistes y jouent un rôle.

Les mutins ne sont pas des repris de justice, comme le suggérera la propagande adverse, mais en majorité plutôt jeunes, d'origine sociale et régionale très diverse.
 

Répression

En dépit de l'image qui restera attachée à Pétain d'un chef proche de ses hommes, la réponse du commandement se montre sans états d'âme. Une justice d'exception est rapidement mise en place.

Elle permet le jugement en conseil de guerre sans instruction préalable, la suppression de la possibilité d'appel ou de suspension de peine. Elle ouvre à l'autorité militaire, surtout, la possibilité de procéder à des exécutions sans en référer au pouvoir politique.

 
La Courtine
 
La mutinerie des soldats russes à La Courtine (commune française de la Creuse) a lieu en 1917, pendant la Première Guerre mondiale, au sein du corps expéditionnaire russe en France.

À la suite de la révolution de février et face à la faible considération qu'ont les Français pour leur rôle dans la guerre, environ 9 000 soldats russes refusent le combat et installent dans le camp un embryon de « république soviétique » tout en réclamant leur retour en Russie.

L'armée française, soutenue par les Russes loyalistes, reprend le camp ; les combats feront officiellement 12 morts, dont neuf du côté des mutins.
 
Plus de 500 condamnations à mort sont prononcées, pour la plupart dans le courant de l'été 1917. Une cinquantaine seulement sont exécutées. Explication : les conseils de guerre, dans la grande majorité des cas, continuent par précaution – malgré leur droit de ne pas le faire – à faire valider leurs décisions par pouvoir politique.

Or celui-ci préfère dans la plupart des cas, soumis à la pression des familles et dans le doute croissant d'une guerre de moins en moins populaire, gracier les condamnés et commuer leur peine.

En revanche, des centaines de sanctions autres que la peine de mort pleuvent sur les mutins : prison, bagne, renvoi en première ligne dans des opérations à très faible chance de survie.
 

Long chemin

De 1917 ou d'un autre millésime, pour les fusillés, réprimés, leur famille ou descendance, le chemin de la réhabilitation est demeuré – malgré le temps et l'évolution du regard porté sur la Grande Guerre –  long, ardu et parfois sans issue.

 
La ville de Riom (Puy-de-Dôme, Auvergne) rend hommage dès 1922 aux "<em>victimes des conseils de guerre, 1914-1918</em>" elle ajoutera plus tard sur la stèle "<em>et celles de la Gestapo et de la milice</em>".<br />

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La ville de Riom (Puy-de-Dôme, Auvergne) rend hommage dès 1922 aux "victimes des conseils de guerre, 1914-1918" elle ajoutera plus tard sur la stèle "et celles de la Gestapo et de la milice".

Dès les années 20 et régulièrement par la suite, de nombreuses initiatives individuelles, collectives voire communales rendent hommage à ceux qui se sont dressés, ou ont un moment seulement faibli dans le tumulte des massacres.

La France officielle est restée muette, se bornant à prononcer – sous des conditions difficiles à remplir – des réhabilitations au cas par cas.

Premier ministre, Lionel Jospin déclare pourtant en 1998 : « Certains de ces soldats, épuisés par des attaques condamnées à l'avance, glissant dans une boue trempée de sang, plongés dans un désespoir sans fond, refusèrent d'être des sacrifiés. Que ces soldats, " fusillés pour l'exemple ", au nom d'une discipline dont la rigueur n'avait d'égale que la dureté des combats, réintègrent aujourd'hui, pleinement, notre mémoire collective nationale ».

Alors figure de l'opposition de droite, Nicolas Sarkozy lui reproche violemment cette position, avant de s'y presque rallier dix ans plus tard à Verdun :  « Je veux dire, au nom de la nation, que beaucoup de ceux qui furent exécutés ne s’étaient pas déshonorés, qu’ils n’étaient pas des lâches ».
 

Les paroles et les actes

Conseiller général de Corrèze, François Hollande signe à la même époque une délibération réclamant que les fusillés soient considérés comme « des soldats à part entière de la Grande Guerre ». Il y renoncera devenu président de la République et la loi espérée des familles de fusillés à l'occasion du centenaire de 1914, proposée par les communistes et soutenue par divers parlementaires, n'a jamais vu le jour.

Après son exécution, Joseph Dauphin est inhumé dans un cimetière militaire. En guise d'épitaphe : « mort en lâche ». L'insulte est retirée un peu plus tard. Durant près d'un siècle, son fils puis ses neveux ont inlassablement défendu sa mémoire, non sans échos.

Plusieurs recherches, des articles, des émissions lui seront consacrés. S'il n'a jamais été officiellement réhabilité, sa commune l'honore avec ses camarades. Gravé dès 1922, son nom est inscrit sur le Monument au morts de Tauve, qui en comprend des dizaines pour cette seule guerre.

Sur la même pierre, celui de François Brugière dont la dépouille est restée en Algérie, qui n'a pas voulu tirer sur Joseph.

CLEMENCEAU CHASSEUR DE TIGRES : LE SAVIEZ-VOUS ?

 

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CLEMENCEAU. Portrait de groupe de chasseurs de tigres autour de Georges Clemenceau. Inde, 1921. Épreuve argentique d'époque: 27 x 37,5 cm, signature autographe de Clemenceau sur le montage, sous verre, cadre de bois doré.

Exceptionnelle et rare photographie de chasseurs de tigres en Inde en 1921 avec, au premier rang au centre, le Tigre lui-même.

Le 18 juin 1920, Georges Clemenceau démissionna de ses fonctions de président du Conseil, mettant un terme à une longue carrière politique.

Agé de 79 ans, le Tigre pouvait enfin voyager: de septembre 1920 à mars 1921, il effectua un long périple en Asie, en Inde, à Ceylan, en Birmanie, Malaisie et à Singapour. La photographie prise lors d'une chasse au tigre dans le nord de l'Inde le représente entouré d'Européens et d'Indiens, parmi lesquels les maharadjahs de Gwalior et de Bikaner.

 

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En pied, signature autographe de Georges Clemenceau.

Au verso du montage, cachet du studio niçois Photo Hall qui tira à l'époque cet agrandissement

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 En 1881, Clemenceau est réélu aux élections législatives. Sa férocité lui vaut bientôt le surnom de «Tigre» et une réputation non usurpée de «tombeur de ministères»  - surnom étranger à sa passion pour l'Asie -

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SECRETS D'HISTOIRE ... CHUT !

 Clemenceau était également passionné par les femmes et les roses.

 800 liaisons ??? Ouah !

CHASSEUR DE TIGRES ET CHASSEUR DE FEMMES

 

*****

À la suite d'un dépit amoureux avec Hortense Kestner, la belle-sœur de son ami Auguste Scheurer-Kestner, le , il s’embarque, d'abord pour l'Angleterre, où son père le présente à Mill et Spencer, puis pour les États-Unis, qui sortent à peine de la guerre de Sécession. Il trouve un poste d’enseignant dans un collège pour jeunes filles à Stamford (Connecticut) où il donne des cours de français et d’équitation. Il devient également correspondant du journal Le Temps.

Clemenceau s’éprend alors d’une de ses élèves, Mary Plummer (en) (1848-1922), qu’il épouse civilement le , avec qui il a trois enfants : Michel (né en 1873), Madeleine et Thérèse-Juliette.

Sa femme ayant une liaison avec son jeune secrétaire précepteur des enfants, il fait constater l'adultère et l'envoie brutalement quinze jours dans la prison Saint-Lazare pour adultère (alors qu'il a eu lui-même de nombreuses liaisons féminines, on lui en attribue environ 800) et pendant cette incarcération demande le divorce qu'il obtient en 1891, avant de la renvoyer brutalement aux États-Unis avec un billet de troisième classe, ayant obtenu qu'elle perde la garde de ses enfants et la nationalité française.

Revenue vivre en France, mais restée perturbée psychologiquement par ces évènements conjugaux, l'ex-Madame Georges Clemenceau meurt seule, le 13 septembre 1922, dans son appartement parisien du 208, rue de la Convention.

Clemenceau l'annonce ainsi à son frère Albert : « Ton ex-belle-sœur a fini de souffrir. Aucun de ses enfants n'était là. Un rideau à tirer. » (lettre du 27 septembre 1922 dans sa Correspondance 1858-1929, p. 639).

 

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 Caricature du docteur Domingo Cabred (es), qui a installé une clinique psychiatrique à ciel ouvert, dans la localité d'Open Door, Buenos Aires (en), visitée et louée par Clemenceau. 

 

Honoré par MACRON, LE TIGRE : Père la Victoire et Premier flic de France, briseur de grèves

Clémenceau


«Le père la victoire», lithographie (rehaussée d'aquarelle) de Georges Goursat, dit Sem, et «Clémenceau, le tigre», lithographie de G. Gautier (Historial de la Grande Guerre - Péronne, Somme, et © communiqué par l'Historial de la Grande Guerre).
© Yazid Medmoun/CG80

Ces deux dessins, qui croquent Georges Clémenceau (1841-1929), évoquent deux des surnoms de celui qui est redevenu président du Conseil en 1917 : le Tigre et le Père la Victoire. Ils résument l’immense popularité dont bénéficiait alors cet homme politique intransigeant, à l’extraordinaire longévité.

 

« Père la Victoire » marqué par la fameuse déclaration : « Ma politique étrangère et ma politique intérieure, c'est tout un. Politique intérieure ? Je fais la guerre. Politique étrangère ? Je fais la guerre. Je fais toujours la guerre. »

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Ce n’est pas un hasard si le président de la République, Emmanuel Macron, se rend samedi dans l’appartement - devenu musée - du « Tigre », rue Benjamin Franklin à Paris (XVIe).

« Dans la mesure où un simple mortel peut incarner un grand pays, Georges Clemenceau a été la France ». Le mot est de Winston Churchill

Personnage politique controversé tout au long de sa carrière, l’ex-ministre de l’Intérieur « premier flic de France » autoproclamé du début du XXe siècle est une figure à qui il fait bon faire référence de nos jours. Une évolution récente d’un point de vue historique.

 « On n’essaie pas de dépouiller Manuel Valls de son Clémencisme bien au contraire » s’amuse-ton au Château.

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Valls, le fils de Clemenceau ? - 26 décembre 2016 - L'Obs

« Il n’y a pas de volonté de récupération, Il y a la nécessité d’un « héroïsme » en politique, il y a des moments où il faut ressaisir ces personnages dans leurs dimensions historiques incontestables malgré la controverse » explique un connaisseur du dossier du côté de l’Elysée.

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 Manuel Valls interviewé dans le bureau de Clemenceau,

CLEMENCEAU c'est un discours de gauche avant d’être au pouvoir ; des pratiques de droite en y étant. Cela rappelle un contexte beaucoup plus actuel…

« Macron se situe dans l’héritage de Clémenceau et son socialisme pragmatique opposé à la version idéaliste d’un Jaurès. Peut-être qu’il se représente comme un héros de la rénovation française, il trace sa voie malgré les critiques de président coupé du peuple, accusations autrefois portées contre Clémenceau » nous confie l’historien Jean Garrigues.

Quand on vous dit que cette célébration est tout sauf un hasard du calendrier….

« Au fond Clémenceau n’est pas seulement celui qui arrive en 17 pour reprendre les choses en mains. C’est l’homme politique qui fait un discours aux Français de remobilisation au moment où elle est la plus menacée. Il est la preuve que la parole et la volonté politique contribuent largement à la « victoire ».

Le « leadership » est important pour gagner les guerres, il a été exemplaire chez Clémenceau. Il a représenté une vraie force politique capable de remettre un pays sur le pont » confie au Parisien Sylvain Fort, la plume d’Emmanuel Macron à l’Elysée.

Le fondateur d’En Marche a lui choisi de célébrer un biais plus politique. Le volontarisme en politique est une qualité pour le locataire de l’Elysée, c’est une manière de le célébrer indirectement.

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Manifestation pour la journée de travail d’une durée de huit heures, À l’initiative de la CGT, le 1er mai 1906, à Paris.

Manifestation pour la journée de travail d’une durée de huit heures, À l’initiative de la CGT, le 1er mai 1906, à Paris.
Photo : Adoc-Photos
Un jour dans l'Humanité. Entre 1906 et les années 1910, le mouvement ouvrier mène la lutte syndicale avec la CGT face à un pouvoir, et son ministre de l’Intérieur, qui a recours à la force pour réprimer les luttes sociales. (2/34)

« Il y a eu une réhabilitation récente de l’image de celui qui venait de l’extrême gauche mais qui une fois au pouvoir est devenu l’ennemi juré des socialistes, le « briseur de grèves ». Elle est principalement venue de Manuel Valls qui a fait de Clémenceau son référent historique. Dans un contexte de guerre contre le terrorisme qui a surgi, ce que représentait Clémenceau, la fermeté et le respect de l’ordre républicain ont repris de la vigueur.

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Le samedi 10 mars 1906 une explosion dévaste la fosses n° 3 à Méricourt (Pas-de-Calais), appartenant à la compagnie des mines de Courrières. Par extension, les fosses n° 2 à Billy Montigny, et n° 4 à Salaumines sont touchées aussi. Cette catastrophe a causé la mort de 1099 personnes, ce qui en a fait la plus meurtrière de l’histoire des mines jusqu’à celle de Benxihu (Chine) en 1942. Rapidement, la gestion de la mine et celle de l’accident par la compagnie et les autorités publiques sont mises en cause et illustrent le mépris des capitalistes pour la vie des mineurs. La colère populaire va s’étendre à tout le bassin minier et au-delà.

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Le soir de la catastrophe, des milliers de personnes attendent devant les grilles du puit n°4 à Sallaumines, gardées par les gendarmes, en espérant avoir des nouvelles de leurs proches.

Le mardi 13 mars ont lieu les premières funérailles, dont 18 corps dont l’état ne permet pas l’identification. Pour ceux-là, une fausse commune est creusée à Méricourt. Les 18 cercueils, portés par des militants des jeunesses catholiques choisis par la compagnie, sont accompagnés par 15 000 personnes, malgré une tempête de neige. Pour tous les enterrements qui se succèderont à un rythme effréné pendant plusieurs jours, la compagnie impose une cérémonie religieuse, « même pour les familles de libres-penseurs », précise la presse. Mais la foule des mineurs et de leurs familles empêche les représentants de la compagnie de s’exprimer. Les syndicalistes mineurs Arthur Lamendin, député maire de Liévin, et Émile Basly, député maire de Lens, sont applaudis. Les cris de : « Vive la révolution ! Vive la Sociale ! Vive la grève ! » répondent à leurs discours.

Le contexte est celui d’une forte croissance économique, qui se traduit par une forte demande de charbon et donc un besoin croissant en main d’œuvre dans les mines. Ce besoin de main d’œuvre a obligé les compagnies a cédé à certaines revendications (responsabilité des patrons pour chaque accident en 1898, journée de 10h en 1900, puis de 8h pour les mineurs du fond votée en 1905 pour s’appliquer progressivement entre 1906 et 1908…). Mais les compagnies font aussi appel à une immigration organisée, notamment de mineurs du midi, et ferment les yeux sur l’embauche illégale des enfants de moins de 13 ans. 27% des mineurs ont alors entre 13 et 18 ans. Les compagnies donnent aussi la priorité aux travaux productifs sur les travaux de sécurité, comme l’évacuation du bois usagé.

Les profits sont alors impressionnants. De 1898 à 1904, la compagnie de Courrières a gagné 74 millions de francs : 41 millions ont été distribués aux actionnaires, 14 mis en réserve et 18 utilisés pour les travaux d’amélioration. La priorité est évidente. Les salaires baissés de 10% en 1902 sous prétexte d’une crise n’ont pas été remontés une fois la croissance revenue. Ils s’approchent de 5F par jour (dont une bonne moitié de primes variables selon la production) pour une journée qui reste à 10h malgré la diminution progressive prévue par la loi.

 

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***http://www.lemouvementsocial.net/comptes-rendus/serge-bianchi-une-tragedie-sociale-en-1908-les-greves-de-draveil-vigneux-et-villeneuve-saint-georges

Les événements sont connus : pendant une centaine de jours, du 2 mai au 4 août 1908, plus d’un millier d’ouvriers (terrassiers, carriers et mariniers), remarquablement organisés par leur syndicat, sont en grève pour des revendications multiples allant de l’augmentation de salaires à l’obtention d’une convention collective et la reconnaissance du fait syndical. Se heurtant à un patronat intransigeant et bien organisé qui fait appel aux « jaunes » et à la force publique pour assurer la liberté du travail, ils sont victimes des tirs d’un gendarme le 2 juin alors qu’ils étaient paisiblement assemblés dans leur lieu de réunion habituel. La mort de deux terrassiers entraîne l’escalade et la manifestation de protestation du 30 juillet, apportant le soutien des ouvriers parisiens et de la direction de la CGT, est chargée violemment par la gendarmerie et l’armée qui démantèlent quelques « barricades » et font la chasse aux manifestants : le bilan tragique de la journée se solde par 4 morts et près de 200 blessés parmi les ouvriers.

...l’on est étonné, avec l’auteur, de l’extrême précision de certains rapports policiers suivant heure par heure les débats des militants syndicalistes sur la décision de lancer ou non un appel à la grève générale. Il est vrai que le gouvernement de Clemenceau est excellemment renseigné et dispose d’agents bien placés pour jouer la carte de la provocation (chapitre 15, « Provocations et règlements de compte »). On se demande cependant si l’on a tiré tout le profit des archives judiciaires, les références à celles-ci semblant se faire surtout via les pièces du dossier de l’Intérieur.

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Clemenceau, briseur de grèves

12 Novembre 2014
 
 
 

Valls avait déjà déclaré son admiration pour Georges Clemenceau, une pièce de théâtre le met à l'honneur dans un face à face avec Jaurès, et le 11 novembre, au cours du défilé sur les Champs Élysées, Hollande est allé déposer une gerbe au pied de sa statue.

Clemenceau est ainsi devenu une référence pour les dirigeants socialistes actuels. Alors qu'ils célèbrent la fin de la Première Guerre mondiale, ils le présentent comme un artisan de la paix. On se demande pourquoi, car Clemenceau fut avant tout partisan de mener la guerre jusqu'au bout. Mais surtout, ils passent tous sous silence que le « premier flic de France », ainsi qu'il se dénommait, fut l'artisan de répressions féroces contre le mouvement ouvrier.

En 1906, après la catastrophe de la mine de Courrières, des grèves de mineurs ont secoué le Nord et le Pas-de-Calais. Pour tenter de les briser, Clemenceau, alors ministre de l'Intérieur, envoya la troupe. En 1907, alors qu'il était depuis plusieurs mois président du Conseil, eut lieu la révolte des vignerons dans le midi de la France. Cinq manifestants furent tués, et si le bilan ne fut pas plus lourd, c'est parce que le 17e régiment d'infanterie décida de mettre « la crosse en l'air » en se rangeant du côté des vignerons insurgés.

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En mai-juin 1908, les travailleurs du bâtiment et des carrières de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges se mirent en grève. La troupe réprima une manifestation en tirant sur les ouvriers, tuant deux d'entre eux. Il y eut deux morts aussi à Vigneux, où les gendarmes tirèrent à bout portant dans la salle où se tenait une réunion. Plusieurs dirigeants de la CGT furent arrêtés, ainsi que de nombreux grévistes.

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Enfin, après la guerre, en 1919, alors qu'un mouvement de grèves quasi insurrectionnelles se développait et aurait pu menacer le pouvoir de la bourgeoisie française, Clemenceau se fit le soutien de cette dernière en poursuivant sa politique de « briseur de grèves ».

Voilà quelques traits du triste personnage que célèbrent aujourd'hui Valls et Hollande.

Marianne LAMIRAL

 

AUJOURD'HUI C'EST MACRON

ça continue encore et encore

 

Un tigre «aux colères terribles, aux rugissements féroces, aux saillies sarcastiques, dont tout le monde redoute l’épée, le pistolet et la langue», dixit le site de l’encyclopédie Larousse

Clémenceau s’est fait beaucoup d’ennemis. En 1892, il est mis en cause dans l’affaire du canal de Panama. Il doit alors prendre du champ. Il s’investit dans le journalisme et participe à la fondation du journal L’Aurore dont il devient éditorialiste. Le journal s’engage résolument au côté des dreyfusards. C’est d'ailleurs là qu’Emile Zola publie, le 11 janvier 1896, son célèbre J’accuse.
L’affaire va lui permettre de revenir en grâce. En 1902, il est élu sénateur du Var, fonction qu’il occupera jusqu’en 1920.
Mais ce n’est qu’en mars 1906 qu’il accède au gouvernement, à près de 65 ans, comme ministre de l’Intérieur. Il mène à son terme la séparation des Eglises et de l’Etat. Et réprime durement des grèves de mineurs, ce qui lui vaut un nouveau surnom : celui de «premier flic de France».
 

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«La France était unanime derrière celui qui l'avait sauvée, moment unique de son histoire, toutes classes sociales et opinions confondues. Dominait le sentiment d'un patriotisme unique, de la gravité des sacrifices consentis et du respect dû à la mémoire des morts et au deuil des familles», assure le site de l’Assemblée nationale.

Des propos qui, un siècle après la boucherie de 14-18, permettent de mieux comprendre l’immense popularité de Georges Clémenceau au sortir de la guerre.

Mais sa popularité va rapidement s’effondrer avec la politique sociale de son gouvernement (qu’il quitte en janvier 1920) et la signature du traité de Versailles en 1919. Par ce traité, l'intransigeant «Père la victoire» pensait tenir la revanche de la France. Mais l'on estime souvent que ce texte, considéré comme un «Diktat» en Allemagne, portait en lui les germes de la Seconde guerre mondiale…

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L’historien britannique David Watson le décrit, lors des négociations du Traité de Versailles, « cynique, silencieux et à l’écart…

Lloyd George, à partir de mars 1919, considère l'Allemagne suffisamment affaiblie et veut éviter une suprématie française : fidèle à la doctrine de l'équilibre des puissances continentales, il décide alors d'éviter qu'aucun des deux rivaux n'acquière une trop grande force.

Clemenceau, au contraire, cherche à imposer au vaincu le paiement de lourdes indemnités pour limiter sa puissance économique et politique, et pour financer la reconstruction de la France, ainsi que l'annexion de l'Alsace-Lorraine, voire d'autres territoires (Sarre, etc.).

 

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L'original du traité a disparu en 1940 et on ignore s'il a été détruit. Face à l'avancée des troupes allemandes vers Paris, il devait être mis à l'abri à l'ambassade de France aux États-Unis, mais ce n'est qu'une version préparatoire qui y est parvenue. On a longtemps cru qu'il se trouvait à Moscou, mais l'ouverture progressive des archives depuis 1990 n'a pas permis de le retrouver. La seule certitude est que les Allemands ont mis la main sur la ratification française du traité, cachée au château de Rochecotte, le 11 ou le , en même temps que sur le traité de Saint-Germain-en-Laye. Elle fut transportée par avion à Berlin pour être présentée à Adolf Hitler

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Dans la maison familiale, devant les portraits de Saint-Just et de Robespierre, « mon père me disait que c’étaient des dieux. » Dans son intervention sur « Clemenceau et Jules Ferry » , Mona Ozouf rappela que l’affrontement entre les deux républicains se fit avant tout sur la Révolution Française. On connaît bien la phrase fameuse

« La Révolution est un bloc dans lequel on ne peut rien retrancher »

Là encore, ni Hollande ni Valls ne diraient aujourd’hui une chose pareille, eux qui préfèrent tant Clemenceau à Jaures. Alors, pensez, Saint-Just et Robespierre !

 S’interrogeant sur les étiquettes que l’on accole à Georges Clemenceau, social-démocrate et social-libéral, il insiste sur le fait qu’il s’agit bien de deux anachronismes historiques. Mais qui, au final, lui vont bien.

http://geopolis.francetvinfo.fr/clemenceau-le-tigre-intransigeant-de-la-guerre-de-14-18-43599

http://www.leparisien.fr/politique/pourquoi-emmanuel-macron-celebre-george-clemenceau-ce-11-novembre-10-11-2017-7385445.php

https://journal.lutte-ouvriere.org/2014/11/12/clemenceau-briseur-de-greves_

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