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29/01/2015

LA DETTE.. QUELLE DETTE ?

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Le sort de la dette de la Grèce est évidemment le cœur du futur de ce pays !

Syriza l’a emporté par ses propositions sur la gestion de cette affaire. Beaucoup de commentateurs sont absolument paralysés devant cette question. Pour eux, cette dette est une sorte de fétiche dont la réalité ne peut être mise en cause. Voyons cela. Vous qui me lisez, venez faire provision d’arguments…

Âmes sensibles s’abstenir…

Certains prétendent même que son annulation provoquerait une catastrophe financière majeure. « Payez ou ce sera le désastre », disent-ils. En réalité c’est payer qui est le désastre. Tout le monde peut le constater en regardant l’état dans lequel se trouvent les pays qui payent. En réalité, tout le monde sait que cette dette est impayable.

Je demande que l’on prenne cette expression au pied de la lettre.

On ne peut pas la payer. Dire qu’elle sera payée est absurde. Cela revient à annoncer au peuple concerné qu’il devra consacrer toutes ses ressources, à perpétuité, à payer la dette. Car ce genre de dette est une boule de neige. Elle représentait 120 % de la richesse annuelle de la Grèce au début de la crise. Après 5 ans de cure d’austérité totale elle représente 190 % de la richesse produite en une année !

La discussion ne peut donc avoir qu’un objet : comment effacer la dette sans casse, c’est-à-dire sans que le système bancaire s’effondre. Aujourd’hui, dans ce post, je veux d’abord donner des arguments qui montrent pourquoi la question de la dette grecque ne se pose pas dans les termes simplistes dans lesquels nombre de commentateurs la posent.

Je veux montrer que l’Histoire récente donne des arguments forts pour contester la prétendue intangibilité de cette dette. 

Dans mon prochain post, je présenterai mon analyse sur ce que cette dette est déjà actuellement et comment l’effacer techniquement sans précipiter tout le système dans un bug géant.

***

*

Avant d’examiner les questions techniques,

il faut bien réfléchir à la philosophie de cette affaire.

Les puristes disent « une dette est un accord entre deux parties, il faut le respecter » : donc il faut la payer. C’est ce qu’a répété en Grèce Pierre Moscovici, le commissaire européen du PS, ces jours derniers : « Une dette n’est pas faite pour être effacée, elle existe, elle doit être remboursée ».

Il va de soi que la vie en société repose sur le respect des conventions signées. Car annuler unilatéralement un accord c’est s’exposer à ce que les parties adverses en fassent autant sur d’autres accords et il n’est pas certains que le bilan final soit positif pour celui qui prend l’initiative de la chaîne des ruptures.

Mais un premier débat porterait évidemment sur la légitimité de l’accord conclu. Un bon accord suppose l’égalité des parties et donc la liberté d’agir de chacune d’entre elles.

Exemple : une signature donnée sous la contrainte n’entre pas dans cette catégorie.

Ensuite, on distinguera ce qui est dû au titre du capital et ce qui est dû au titre des intérêts.

Le capital peut être considéré comme une propriété, même si dans le cas du prêt bancaire sa valeur n’existe pas puisque la banque n’a pas dans ses coffres l’argent qu’elle prête

Au moment de la discussion sur la dette, on pourrait vérifier si la valeur du capital emprunté a été ou non remboursée. La surprise, ce sera de constater que dans la plupart des cas, le capital initial est largement remboursé. Ainsi quand on entend dire « il faut rembourser la dette » la phrase est souvent un mensonge. Il faudrait dire « il faut payer les intérêts ».

On comprend pourquoi cela n’est pas dit de cette façon…Melenchon-Tsipras 3 Car tout le monde serait tenté de s’interroger sur le taux d’intérêt payé et sur sa justification. Ce fait banal touche aussi au cœur de la doctrine financière. Car les taux d’intérêt usuraires sont imposés au nom du « risque de défaut », non ? Bien sûr, ces taux augmentent le risque de défaut, c’est bien pourquoi ce système est absurde. Mais ce n’est pas le plus important ! Le plus important, c’est que si l’on fait payer un risque c’est donc qu’il est prévu aussi qu’il puisse se réaliser. Ceux qui ont saigné la Grèce au nom du risque ne peuvent protester quand il se concrétise !

**

*

ALLEMAGNE

Une fois posé ceci en général, voyons les cas concrets. Car en sens inverse, il arrive que les prêteurs soient conscients du fait que leurs exigences sont insoutenables et que, s’ils les maintiennent, tout le système qui les contient eux-mêmes pourrait s’effondrer. C’est ce qui s’est produit au lendemain de la seconde guerre mondiale à propos de l’Allemagne vaincue.

Sa dette à l’égard des autres pays fut effacée en quasi-totalité. Il s’agissait d’empêcher que le martyr du remboursement des immenses dégâts et carnages dus aux armées allemandes dans toute l’Europe pousse les citoyens dans les bras des communistes et de l’Allemagne de l’est. Le 27 Février 1953, la Conférence de Londres aboutit à l’annulation de près des deux tiers de la dette allemande (62,6%) par ses créanciers étrangers !

La dette d’avant-guerre, qui avait été une des causes directes de la victoire des nazis fut radicalement réduite de 22,6 milliards à 7,5 milliards de Marks. La dette d’après-guerre est réduite de 16,2 milliards à 7 milliards de Marks. Ce sont des effacements considérables.

L’accord fut signé entre la toute nouvelle RFA et pas moins de 22 pays créanciers. Parmi les 22 créanciers, on trouve les États-Unis, la Grande Bretagne, la France, mais aussi la Grèce elle-même ! Cet exemple montre comment parfois on peut décider d’une annulation radicale pour sauver l’équilibre d’un système !

***

*

IRAK

J’ai un exemple de ce que je viens d’énoncer que je juge encore plus parlant.

C’est celui de la dette… de l’Irak.

Après la deuxième guerre du Golfe, celle que ne firent ni la France, ni l’Allemagne, ni le Canada et ainsi de suite, les États-Unis dénoncèrent la dette contractée par le régime de Saddam Hussein.

Bush fils la nomma « dette odieuse », reprenant un terme que seuls utilisaient déjà les altermondialistes. Ces derniers l’avaient eux-mêmes emprunté à une doctrine du 19e siècle. Elle est apparue lors du conflit opposant l’Espagne et les États-Unis en 1898.

A cette date, Cuba, jusque-là colonie espagnole, passe sous le protectorat musclé des États-Unis. L’Espagne exige alors des États-Unis le remboursement la dette de Cuba auprès d’elle. Les USA refusent. Ils déclarent cette dette « odieuse », c’est-à-dire contractée par un régime despotique pour mener des politiques contraires aux intérêts des citoyens.

« Ce qui est important, c’est que cette déclaration, finalement reconnue par l’Espagne, est inscrite dans un traité international, le Traité de Paris, qui fait donc jurisprudence. » note Eric Toussaint à qui j’emprunte ce savoir.

Peu importe à cette heure les démêlées sur le sujet de cette dette en particulier. En suivant le lien mes lecteurs en apprendront davantage et je leur demande de le faire pour fortifier leurs arguments quand ils devront les porter dans leur environnement.Cela représentait 120 milliards de dollars ! 

Au final, la dette irakienne fut annulée à 80% ! Retenez ce chiffre. C’est plus du tiers du montant de la dette grecque au début de la crise ! Suivez le raisonnement. Chacun s’accorde à dire que les comptes publics étaient maquillés par les gouvernements de droite sur la base des conseils donnés dans ce sens par Goldman-Sachs !

 

On peut donc qualifier cette dette (GRECE) de « dette odieuse » dans le sens que Bush lui donnait à propos de l’Irak !  

****

Evidemment, les puissants et le système cherchent la parade. L’opération de la BCE en est une illustration dont je parlerai la prochaine fois. Dans l’immédiat, un premier barrage idéologique se met en place. Son objectif est de dénaturer le sens de ce qui vient de se passer. Hier infréquentable et qualifié de « Mélenchon grec » pour mieux le diaboliser, Tsipras semble faire désormais l’unanimité. La description à présent veut en faire un quasi membre du PS quand bien même les électeurs grecs ont pourtant envoyé dans les poubelles de l’Histoire le lamentable président de l’Internationale socialiste Georges Papandréou et son parti clanique, le PASOK.

 

 *****

*

 

 Le cirque est à son comble chez les solfériniens. Ils n’ont jamais reçu une seule fois Tsipras ! Ils ont toujours appuyé à tous les niveaux le PS grec, le PASOK, ce parti de voyous corrompus qui a appliqué huit plans d’austérité et gouverné sans interruption depuis 2010, y compris avec la droite et l’extrême droite !

Hollande est allé sur place embrasser sur la bouche Papandréou, encourager la coalition de la droite et du PS/PASOK, y compris dans la séquence commune avec l’extrême droite des lepénistes locaux ! Il a recommandé aux entreprises françaises de participer au dépeçage des biens publics grecs et fait leur publicité sur place !

Depuis que le PASOK est devenu enfin un groupuscule, les mêmes bouche en cœur décrivent dorénavant Tsipras comme un des leurs ! Et même, excusez du peu, un « appui pour François Hollande » ! On a le droit de bien rire ! Les voilà en train de nous courir derrière ! Le peuple grec a dit non aussi à ces faux amis, perfides et opportunistes. Maintenant ceux qui disent « respecter le choix des Grecs » (c’est quoi l’alternative ? L’intervention punitive ?) doivent en tirer la leçon. Ils doivent capituler et renoncer à leur part du pillage de la Grèce.

 

 

  • vendredi 30 janvier 2015

    Déplacement à Madrid

  • samedi 31 janvier 2015

    12h00

    Madrid - Marcha del cambio (podemos)

  • dimanche 01 février 2015

    12h00

    Invité du 12/13 dimanche de France 3

28/01/2015

SYRIZA...SEUL CONTRE TOUS

Quelle bande de pourris !

(liberté d'expression... ) Pas politiquement correcte la Miche

parce que la grossièreté, la vulgarité, l'obscénité

c'est eux qui

affament, tuent, saignent les peuples

****

Et l'attelage à trois chevaux (ainsi nommé en russe : la troïka)

  • la Banque centrale européenne (BCE)
  • la Commission Européenne (CE)
  • le Fonds monétaire international (FMI)

peut frémir, hennir, gémir !

et avec eux, les médias, les politicards plus enclins à la caricaturequ'à l'information honnête

Dans l'immédiat, SYRIZA le parti anti-austérité

n'a qu'un objectif : sortir les grecs la tête hors de l'eau

A midi, ils piaillaient parce qu'il n'y avait pas de femme dans son gouvernement

Bande de rigolos !

La priorité elle est ailleurs ! Sont-ils seulement conscients de ce qu'ont vécu les grecs depuis que la troïka les a affamés, réduits en "cendres "?

*

Vers un affrontement très dur entre Syriza et les autorités européennes

Brève de Yéti

Seul... contre tous !
Seul... contre tous !

Ça commence très fort ! Le moment de grâce électorale de Syriza aura été très très court. Dès ce lundi matin, c’est une fin de non-recevoir brutale qu’auront opposée les autorités européennes aux propositions de négociations sur la dette grecque émises par Alexis Tsipras au soir de sa victoire électorale historique.

« Impossible de restructurer la dette grecque en possession de la BCE. Syriza doit payer, ce sont les règles du jeu européen, il n’y a pas de place pour un comportement unilatéral en Europe » (Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, sur Europe 1).

« J’espère que le nouveau gouvernement grec ne fera pas de promesses illusoires que le pays ne peut se permettre » (Jens Weidmann, président de la banque centrale allemande).

« Le futur gouvernement grec devra respecter les accords conclus entre Athènes et ses partenaires de la zone euro » (Günther Oettinger, commissaire européen à l’économie numérique).

« Il n’est pas question d’accepter un effacement de la dette grecque, une question d’équité entre pays européens. Il y a des règles internes à la zone euro à respecter. On ne peut pas faire des catégories spéciales pour tel ou tel pays » (Christine Lagarde, directrice générale du FMI).

On ne saurait être plus clair et plus définitif. La simple posture de fermeté qui précède généralement toutes négociations est ici largement dépassée. La fermeture prévaut sur la fermeté, sans doute imposée pour éviter ce qui serait le pire pour les autorités européennes : un contagion de la tornade Syriza à d’autres pays membres de la zone euro.

Rien de tout ceci n’était évidemment imprévisible, mais Syriza se trouve d’entrée placé au pied du mur : ou Alexis Tsipras et les siens se soumettent aux diktats européens, où ils cognent, mais alors très fort et très vite !


DERNIÈRE MINUTE : SYRIZA CHOISIT LA VOIE DURE

En s’alliant contre toute attente avec le parti des Grecs indépendants (droite souverainiste), rejetant en bloc les mesures d’austérité européennes, plutôt qu’avec To Potami (centre gauche), plus européen-compatible, Alexis Tsipras privilégie donc clairement la piste de l’affrontement avec les autorités européennes et financières.

P.-S.

Montage photo, de gauche à droite : Alexis Tsipras... Benoît Coeuré, Jens Weidmann, Günther Oettinger, Christine Lagarde.

 

27/01/2015

POUR UNE ECOLE DE L'EGALITE POUR TOUS

 

Communiqué - Mobilisation de l’école pour les valeurs de la République : 11 mesures pour que rien ne change ?

Communiqué du Réseau école du PCF

Quand notre capacité à vivre ensemble est mise à mal, il est légitime de se tourner vers l’école. Elle est le premier espace où se construit la culture commune d'une société. Oui, l’école doit transmettre les valeurs de la République. Elle doit surtout les construire et les faire vivre, avec la jeunesse du pays et sûrement pas contre elle. Elle le fait déjà, grâce aux efforts de tous les acteurs de l’éducation. Mais l’école subit de plein fouet les conséquences d’une politique d’austérité qui sélectionne, exclut, divise.
 
Croire qu’on peut répondre aux doutes et au malaise de notre jeunesse, aux difficultés des enseignants et à la volonté de vivre ensemble exprimée par des millions de Français le 11 janvier dernier par la mise en place de cours d’éducation civique et morale relève d’une grande naïveté ou d’une hypocrisie irresponsable.
 
Notre école est l’une des plus inégalitaires d’Europe. Trop de jeunes sont laissés sur le bord du chemin, exclus de la réussite et de la société. L’urgence est de construire l’école de l’égalité. .   La loi de refondation de l’école affirme que « tous les élèves sont également capables d’apprendre ».
 
Ce n’est pas un empilement de mesures, pensées à la hâte et sans lien avec la refonte des programmes en cours, qui construira l’école de la réussite de tous.
 
Ce qu’il faut c’est un service public national de l'éducation pour rompre avec toutes les logiques de territorialisation, une carte scolaire repensée, et non des mesures de sectorisation des collèges, à la marge.
 
Ce qu’il faut c’est développer les pré-recrutements et donner le temps aux jeunes enseignants d’entrer dans le métier ; reconstruire une formation initiale des enseignants inscrite dans un cadre national, qui articule valeurs, théorie et pratiques dans tous les domaines ; relancer une formation continue actuellement en voie de disparition pour redonner sens au métier d’enseignant. Et pas 1000 formateurs en éducation morale et civique… pour 800 000 enseignants.
 
Ce qu’il faut c’est une école qui apprenne aux élèves à questionner les évidences et à réfléchir ensemble, dans la solidarité et non la concurrence. C’est l’ensemble des programmes qu’il faut refonder avec cette ambition. Ce n’est pas avec des cours de morale et des sanctions que seront respectées les valeurs de la République mais par une éducation qui crée du commun et donne des perspectives. .
 
L’éducation aux valeurs de la République ne peut se satisfaire de discours. Ce qu’il faut, c’est que les établissements scolaires deviennent des lieux de débats démocratiques : donner des droits nouveaux aux lycéens, créer un statut de représentant de parents. Le travail avec les familles ne peut pas se résumer à leur imposer la signature d’une charte !
 
L’autorité des enseignants sera reconnue lorsqu’ils pourront exercer leur métier dans de bonnes conditions. Les élèves trouveront leur place dans la République lorsque celle-ci mettra en œuvre l’égalité de tous devant l’appropriation des savoirs, donnera à chacun les moyens de maîtriser sa vie et ses choix.
 
L’égalité des droits est la condition du vivre ensemble. Pour l’école, pour la République, il est urgent de rompre avec l’austérité et de développer l’ensemble des services publics.
Ne nous laissons pas imposer un projet de société qui nous conduit à la catastrophe: toujours plus de concurrence, de divisions et de peurs.
 
Il est grand temps de refonder l’école, pour refonder la société  !
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Une idéologie RACISTE, CRIMINELLE : le nazisme

Comment expliquer ce comportement apparemment banal des SS menant avec leurs familles une vie paisible et joyeuse dans ce territoire qui symbolise aujourd'hui la barbarie à l'état pur ?

 

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 A QUELQUES KILOMETRES C'EST L'ENFER

Aux portes mêmes de cet univers dantesque construit pour exterminer des êtres humains par dizaines et centaines de milliers, les SS avaient bâti un monde "ordinaire". Les photos de l'album de Karl Höcker sont à cet égard éloquentes. Comme chacun de nous, ils boivent, ils chantent, ils se reposent, ils apprécient les plaisirs de la chair et de .. la chasse, etc.

De l'autre côté des barbelés de Birkenau, ils disposaient avec leurs familles d'une piscine, d'un stade de football, d'une bibliothèque, du centre de repos de Hutte Solelat et d'un ... hôpital. Le domaine réservé aux SS d'Auschwitz et à leurs familles englobait une surface supplémentaire au camp de Birkeneau, de 40 km2.

Cet immense espace avait été créé de toutes pièces par la déportation des familles polonaises habitant dans les villages environnant Oswiecim. Un millier environ de maisons furent ainsi détruites.

C'est dans l'idéologie nazie qu'il faut chercher la réponse à l'inhumanité des tortionnaires et à leur tranquillité d'âme dans l'accomplissement de leur besogne criminelle.

Dès son arrivée au pouvoir en 1933, Hitler proclame : "Nous avons donné à la nation allemande une nouvelle conception".

C'est une idéologie de haine de la démocratie, du marxisme et des juifs, qui repose sur la conviction que les Allemands sont un peuple dominant, que le sang nordique est le meilleur et que l'Allemagne est au-dessus de tout et au-dessus de tous.

Le but suprême étant de créer une nation de laquelle seraient éliminés tous ceux qui ne correspondraient pas à la définition d'un allemand de "race pure".

Et logique avec lui-même, Hitler déclare en novembre 1937 : "Quant à nous il ne s'agit pas de conquérir des peuples, mais uniquement des terres pouvant être cultivées".

En 1939, il donne à ses troupes Totenkopf pour consigne à l'Est de : "tuer sans pitié les hommes, les femmes et les enfants d'origine et de langue polonaises. C'est la seule façon d'obtenir l'espace vital dans nous avons besoin".

C'est cette idéologie raciste qui conduira le peuple allemand, notamment les SS à la perte de tous les repères de la civilisation.

Ce rappel des monstruosités engendrées par le nazisme n'est jamais inutile tant il est vrai qu'il commande impérativement le rejet catégorique de toute complaisance à l'égard des manifestations racistes.

***

*

A AUSCHWITZ, le spectacle des détenus mourant d'inanition était aussi habituel que la vue des kapos bien repus ...(Hermann Langbein)

 

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Son règne sera sanglant

il se livrera à des expérimentations humaines

particulièrement cruelles.

Pour les médecins nazis, l'objectif est de nier définitivement l'influence du milieu extérieur, de l'éducation, du cadre social dans la constitution des caractéristiques des êtres humains.

Le postulat est le suivant : tout est transmis à l'être humain par la voie de l'hérédité ; les "qualités" et les "défauts" d'une race sont inscrits pour toujours, dans son patrimoine génétique.

Les nazis espéraient ainsi justifier de façon scientifique leurs mesures raciales discriminatoires avec la volonté de les présenter comme "une naturelle protection du peuple "supérieur" contre les agressions biologiques des races dégénérées".

.. C'est un homme jeune, plein d'ambition, d'une élégance raffinée qui a désormais droit de vie ou de mort sur des centaines de milliers de détenus."

 Une survivante d'Auschwitz, Olga Lengyell raconte :

"Quand Mengelé apparaît brutalement dans un blok, il fait aussitôt garder toutes les issues par des SS. Les femmes se rassemblent, terrorisées. Elle savent que leur vie va se jouer en quelques secondes. Il importe de présenter une allure convenable si on veut avoir une chance d'échapper à la mort. Les pauvres silhouettes décharnées essaient de se redresser, de dégager la tête, de s'avancer d'un pas assuré, malgré l'angoisse qui leur tord le ventre ...

Les prisonnières reçoivent l'ordre de se déshabiller. Elles sont parquées dans un coin du blok et doivent défiler une à une, nues, les bras en l'air, devant le médecin-chef assis au milieu de la salle. Ce dernier sifflote toujours... Devant chaque détenue, il fait un signe du pouce, à gauche, à droite. C'est un ballet macabre. Aucune réflexion ne préside à son choix ; il laisse faire le hasard. Il aime surprendre le regard affolé des femmes qui se voient condamnées à se ranger sur la gauche.

En principe, c'est la mort ...

Quand le défilé est terminé, le Dr Mengelé se redresse souplement. Toujours souriant, il annonce : "Le groupe de droite sera évacué".

Et il s'éloigne en sifflotant.

 ***

*

Dès l'accueil, on entendait : "tu vois ce nuage, ce sont tes parents qui brûlent !" J'ai entendu cela, rien de plus. Et effectivement, à cent mètres de là, on pouvait voir un grand nuage noir, comme un grand nuage lourd ... Une image curieuse, inquiétante : "ce sont tes parents qui brûlent !". Je l'ai vu, entendu, mais compris, non, je ne l'ai pas compris". M. POLLAK

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26/01/2015

Comprendre où conduit la négation de l'humanité

 

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Auschwitz : comprendre où conduit la négation de l’humanité

Jean-Paul Piérot
Mardi, 27 Janvier, 2015
L'Humanité
 
70 ans après la découverte du génocide de plus de 6 millions de juifs et de 300 000 Tsiganes, dire l’horreur est indispensable. Mais pour prévenir les abominations de demain, la mémoire doit s’accompagner d’une réflexion toujours plus solide, étayée, sur les voies que peut emprunter l’inhumanité.

«Ce que nous avons vu dépassait tout ce que nous avions connu jusque-là. Imaginez une peau tendue sur des os et les yeux, surtout les yeux. C’était effrayant. Sur les visages, il y avait des larmes, des sourires, mais nous ne voyions en fait qu’une grimace. »

 

journal l'humanité,auschwitz

 

Ces images se sont imprimées à jamais dans la mémoire de ce soldat soviétique, qui, plusieurs décennies plus tard, tentait de décrire pour l’Humanité le choc qu’il ressentit en ce 27 janvier 1945 quand son unité franchit les portes du camp d’Auschwitz.

Quelques milliers de corps décharnés, à bout de forces, des hommes qui semblaient « indifférents, hébétés », 
des enfants terrorisés jusqu’à ce qu’ils 
comprissent que ces militaires n’étaient pas des SS, mais leurs libérateurs.

 

journal l'humanité,auschwitz

Les SS, eux, étaient partis depuis le 18 janvier, jetant sur les routes de ce glacial hiver polonais des dizaines de milliers de déportés vers d’autres camps plus à l’ouest, sur le territoire allemand, Ravensbrück, Buchenwald

Les « marches de la mort » allaient décimer la cohorte des survivants. Ces scènes apocalyptiques se déroulent alors que le sort de l’Allemagne nazie est scellé depuis longtemps.

Des êtres humains continuent d’endurer d’indescriptibles souffrances, de subir la sélection qui les mène à la chambre à gaz, d’alimenter les fours crématoires alors que les Américains ont déjà débarqué, que l’Armée rouge fonce sur Berlin, que Paris est déjà libéré, et que la Résistance a chassé les traîtres de Vichy.

 

 

 

Ce cruel décalage ne facilitera pas la prise de parole des survivants pour témoigner, à leur retour. Ils sont plus enclins à partager la joie de la liberté recouvrée avec leurs proches qu’à tenter d’exprimer l’indicible. Certains termineront leur vie en gardant pour eux seuls ce terrible passé.

Jorge Semprun attendra près de vingt ans pour publier le Grand Voyage qui relate sa déportation à Buchenwald.

Auschwitz, gigantesque complexe de la mort industrielle, usine du génocide où plus d’un million de déportés, juifs pour la plupart, ont été assassinés.

La « solution finale » édictée en 1942 à la conférence de Wannsee se soldera par l’extermination de six millions de juifs dans les camps, dans les ghettos, au cours des pogroms perpétrés par les Einsatzgruppen sur le territoire soviétique.

Dans les quatre mois qui vont suivre, tout le système concentrationnaire du Reich sera détruit par l’avancée des troupes alliées, soviétiques, américaines et britanniques, et dans plusieurs cas, en liaison avec des soulèvements des détenus organisés par les organisations clandestines de résistance. Ainsi lorsque l’armée 
américaine pénétra dans le camp de 
Buchenwald, les résistants venaient de se rendre maîtres des lieux. Indicible.

Difficile transmission quand les mots sont toujours trop faibles. Marie-Claude Vaillant-Couturier, déportée à Auschwitz en janvier 1943 puis transférée à Ravensbrück à l’été 1944, qui livra le premier grand témoignage public face aux bourreaux jugés au procès de Nuremberg, observait en concluant une déposition bouleversante de sobriété et d’humanité :

« Il est difficile de donner une idée juste des camps de concentration quand on n’y a pas été soi-même, parce qu’on ne peut que citer les exemples d’horreur, mais on ne peut pas donner l’impression de cette lente monotonie, et quand on demande qu’est-ce qui était le pire, il est impossible de répondre, parce que tout était atroce : c’est atroce de mourir de faim, de mourir de soif, d’être malade, de voir mourir autour de soi toutes ses 
compagnes, sans rien pouvoir faire, de penser à ses enfants, à son pays qu’on ne reverra pas, et par moments nous nous demandions nous-mêmes si ce n’était pas un cauchemar tellement cette vie nous semblait irréelle dans son horreur. »

Confronté à l’impossibilité de qualifier l’entreprise nazie de simple crime de guerre ou de crime contre la paix, le tribunal de Nuremberg a défini la notion de crime contre l’humanité, caractérisé par la volonté d’écarter un groupe humain de la communauté humaine.

Cet instrument juridique a permis de faire passer la justice sur d’autres entreprises criminelles de type génocidaire au 
Cambodge, au Rwanda, dans l’ex-Yougoslavie.

Le 70e anniversaire de la libération des camps est percuté par une actualité lourde. Des caricaturistes assassinés dans une salle de rédaction, des hommes ciblés parce que juifs dans un supermarché casher, la multiplication d’actes islamophobes, des Roms méprisés, dont le dénuement est perçu comme une menace L’antisémitisme n’a pas été éradiqué, le racisme post- colonial fait toujours des ravages, les phobies irrationnelles se multiplient en temps de crise.

Et en Ukraine, où entre 1941 et 1944 les Einsatzgruppen massacrèrent plusieurs centaines de milliers de juifs et de communistes soviétiques, des milices extrémistes se réclament du collaborateur pro-nazi Stepan Bandera.

La question n’est pas de se livrer à des comparaisons abusives, mais de réfléchir aux abominations auxquelles a pu conduire, il y a moins d’un siècle, la négation de l’humanité.

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