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21/02/2014

UKRAINE... DE BIEN CURIEUX ULTRAS DANS LES MANIFESTATIONS

 

  Espoir en Ukraine

Le Point.fr - Publié le 21/02/2014 à 07:56 - Modifié le 21/02/2014 à 17:10

L'opposition et la présidence ont signé un accord suite à des concessions majeures de Viktor Ianoukovitch

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Géopolis

Ukraine: de bien curieux «ultras» dans les manifestations

Par Laurent Ribadeau Dumas | Publié le 20/02/2014 à 13H36, mis à jour le 21/02/2014 à 15H08

 

Des jeunes «ultras» attirent l’attention en Ukraine par leurs violences sur les barricades. Incontrôlables, ils semblent issus des rangs des hooligans du football et proches de l’extrême droite, puissante dans le pays. De son côté, le pouvoir semble avoir recours à des bandes similaires, les «tituskies» qui, eux, attaqueraient les manifestants.

Lors de l’euro de football en juin 2012, qui se tenait en Ukraine et en Pologne, le phénomène du hooliganisme avait mobilisé les organisateurs. «Exhibition de symboles nazis, racisme et violences émaillent très régulièrement les matchs dans le pays», rapporte ainsi Libération.

Aujourd’hui, les hooligans, issus des milieux nationalistes de supporters de football «ultras», se sont en quelque sorte recyclés dans les manifestations anti-gouvernementales qui agitent l’Ukraine. Et avaient fait au moins 28 morts le 20 février au matin, selon l’AFP.

«Ils ont trouvé une rédemption politique en protégeant» les protestataires, observe, non sans ironie, le site de Radio Free Europe-Radio Liberty (RFERL), média financé par les autorités américaines.
 
Avec la radicalisation du mouvement, les ultras jouent apparemment un rôle important dans les violences de Kiev.

«Une surprenante transformation pour un secteur de la société plus connu pour ses beuveries et ses bagarres que pour ses passions politiques», commente RFERL. Ils font un usage intensif de Facebook. Et notamment de sa déclinaison russe Vkontakte (qui a également une version anglaise).
 
Ces jeunes, souvent issus de milieux modestes, se regroupent notamment dans un groupuscule ultranationaliste appelé Secteur Droit (en russe, le mot «secteur» désigne les rangées de gradins d'un stade).

Ils ont leur propre style : généralement par groupe de deux, ils s'attaquent casqués et masqués aux forces de l'ordre, armés de bâtons, de barres de fer et protégés par des boucliers pris aux policiers anti-émeute. «Certains d’entre eux ont même construit une catapulte, véritable trébuchet moyenâgeux utilisé contre les forces de l’ordre», rapporte Le Figaro.

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Des manifestants anti-gouvernementaux utilisent une catapulte artisanale (fabriquée à partir de l'épave d'un véhicule calciné) pendant les heurts avec la police le 20 janvier 2014. © Reuters - Gleb Garanich


Ultras contre «tituskys»
On ignore exactement combien ils sont. Certaines sources parlent de plusieurs centaines de militants dans les rues de Kiev. Ils ne cachent pas leur dégoût pour les manifestations pacifiques et comptent surtout sur les cocktails Molotov et les pavés pour imposer leurs vues.

Ils ne prêtent allégeance à aucun parti politique. Ils n'ont pas de drapeau et ne brandissent aucune banderole. Pourtant, le leader du parti d’extrême droite Svoboda, Oleh Tyahnybok, leur a rendu hommage le 25 janvier, selon le site de RFERL.

Petite précision : ce parti se réclame d’un mouvement, l’Organisation des nationalistes ukrainiens, dont la branche armée collabora activement avec les nazis pendant la Seconde guerre mondiale.

De leur côté, ces jeunes revendiquent la mémoire du «grand patriote Stepan Bandera». Un «patriote», qui «créa en 1939 la Légion ukrainienne, ces bataillons qui combattirent dans l’armée nazie contre les communistes», rapporte Le Nouvel Observateur.

Des bataillons qui «participèrent avec rage aux massacres de juifs dans tout le pays».

Violences, hooliganisme… On retrouve là le phénomène de bande qui semble également caractériser les «tituskys», des «voyous pro-gouvernementaux» (dixit RFERL). Stipendiés par le pouvoir, ils s’attaqueraient aux manifestants. Dans ce contexte, dans de nombreuses régions, les ultras seraient moins motivés par le soutien à l’opposition «que par leur antipathie vis-à-vis des titushkys dont les rangs sont peuplés d’individus qui ont à peu près la même origine qu’eux», conclut le site de RFERL… 

 
Vidéo Russia Today mise en ligne le 20 février 2014
 

http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/l-article-a-lire-sur-l-ukraine-si-vous-ne-comprenez-rien-a-la-crise

extraits

L'Ukraine a eu une histoire mouvementée. Elle est sujette à des tensions entre les populations de l'est et de l'ouest. A l'ouest, vers la Pologne, on trouve des populations ukraïnophones plutôt pro-européennes, nationalistes. A l'est, près de la Russie, des populations russophones plutôt pro-Ianoukovitch (il en est originaire) et pro-russes.

C'est là que la Russie entre en jeu. Le président russe Vladimir Poutine veut une grande union eurasienne. Elle ne peut pas se faire sans l'Ukraine. De plus, le gaz russe exporté vers l'Europe transite par l'Ukraine. Enfin, l'Ukraine n'est pas qu'un enjeu économique et stratégique, pour la Russie, c'est aussi un enjeu symbolique. Qu'elle gagne le camp occidental fragiliserait le président Vladimir Poutine, qui n'a plus l'aura d'hier dans son propre pays.

Bref, pour la Russie, l'Ukraine doit rester un allié. C'est pourquoi Moscou a offert le 17 décembre un rabais de 30% sur le gaz et 15 milliards de dollars de crédit pour garder Kiev dans son giron. Une offre d'autant plus difficile à refuser que la Russie est le premier client de l'Ukraine.

Aujourd'hui, les manifestants ukrainiens reprochent aussi au président Ianoukovitch d'avoir bradé leur pays à Moscou.

 Les Ukrainiens sont divisés depuis longtemps entre pro-européens et nationalistes à l'ouest et pro-russes à l'est. Mais ils sont de plus en plus agacés par leur président et la corruption de son régime. Les manifestants réclament plus de démocratie. Le président ukrainien a tergiversé pour tenter d'amadouer la contestation. Il a finalement opté pour la force face aux manifestants, mardi 18 février

Mis à jour le 21/02/2014 | 16:44 , publié le 21/02/2014 | 08:26

 

 

 

emigration massive, enfants déracinés, trompés par l'Etat Français

 

www.slate.fr/story/81217/pupilles-reunion-creuse

Quand Debré envoyait des enfants réunionnais dans la Creuse repeupler la France: le cinquantenaire oublié

De 1963 à 1981, 1.600 enfants «abandonnés ou non» ont été immatriculés de force et envoyés en métropole. Certains ont été adoptés, d'autres placés en foyer, en couvent, ou à gages, pour aider aux travaux des champs ou dans l'entreprise familiale. Aujourd'hui, ces ex-pupilles demandent excuses et réparation à l'Etat.

 

On les appelle "les enfants réunionnais de la Creuse".

Entre 1963 et 1982, plus de 1 600 enfants de l'île de la Réunion, reconnus pupilles de l'Etat (souvent sans réel consentement de leurs parents), ont été transférés en métropole et "accueillis" dans 64 départements ruraux, afin de repeupler ces territoires.

Mardi 18 février, l'Assemblée nationale vote une résolution mémorielle pour sortir de l'ombre cet épisode méconnu. Un moment de "reconnaissance" pour Jean-Philippe Jean-Marie, président de l'association des enfants réunionnais exilés de force Rasinn Anler, lui-même victime de ce "déracinement forcé".

 

 


Une enfance en exil - réunionnais de la creuse... par tikreolrenyone

Cette douloureuse page de l’histoire contemporaine reste aujourd’hui encore largement ignorée. Une méconnaissance que combat ardemment la députée réunionnaise Éricka Bareigts.

Mardi, elle a présenté une résolution devant l’Assemblée nationale pour "contribuer à la restauration de ce passé et à la résorption des fractures passées". "Aujourd’hui nous devons reconnaître aux victimes un droit à la mémoire, c’est un minimum. Nous devons apprendre et connaître cette histoire pour mieux tourner la page, à La Réunion et en France", explique l’élue, interrogée à FRANCE 24.

 

 

Dans les années 60, La Réunion connaît une surpopulation dramatique, avec, en moyenne, 9 enfants par foyer, et un taux de chômage frôlant les 40 %. Sur l’île, le climat social est explosif. Parallèlement, en métropole, l’exode rural fait des ravages dans les campagnes désertées, et le besoin de main d’œuvre dans les fermes devient criant. Pour le député de La Réunion, Michel Debré, le calcul est simple : il suffit de "déplacer le trop plein vers le trop vide", résume Philippe Vitale. L’élu met en place la politique d’une promotion de l’émigration massive vers la France métropolitaine grâce au Bumidom, le Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’Outre Mer. À La Réunion, mais également à la Martinique et en Guadeloupe, l’administration française promet des études et des emplois aux candidats au départ. Un volet de la mission du Bumidom concerne les pupilles réunionnais.

Bumidom

« Bimidom, bimidom ou vol nout bann frer.
Bimidom, bimidom ramas pa manter.
Bimidom, bimidom ou fé mal nout ker.
Bimidom, bimidom na kas ton bann fer
. »

Traduit du créole réunionnais au français, ce texte signifie :

« Bumidom, Bumidom, tu nous voles nos frères.
Bumidom, Bumidom, ne mens pas.
Bumidom, Bumidom, tu fais mal à nos cœurs.
Bumidom, Bumidom, nous casserons tes fers
. »

(Extrait de la chanson Bumidom de Ziskakan)

 la FRANCE n'a pas de leçons

à donner à quiconque après ça

IGNOBLE !

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"Pur produit d’une affaire d’État"

"Pour Michel Debré, un Corse, un Breton ou un Réunionnais, c’était la même chose, il avait cette idée d’assimilation. À cette époque, on ne s’embarrassait pas de psychologie infantile, poursuit le chercheur. Ces enfants-là sont le pur produit d’une affaire d’État et d’un abus de pouvoir : on a menti aux familles et rien demandé aux enfants alors qu’on avait promis des nouvelles et des retours possibles".

Jean-Jacques Martial n’a racheté son billet retour pour La Réunion qu’en 2001, après deux ans de recherches sur sa famille. Il a retrouvé son frère, sa sœur et sa mère. Il s’est, depuis, réinstallé sur son île natale. Il l’a quittée brièvement pour, mardi, assister, sur les bancs de l’Assemblée nationale, à la lecture de la "résolution relative aux enfants réunionnais placés en métropole dans les années 1960 et 1970". Lorsqu'il est sorti du Palais Bourbon, en cet après-midi nuageux de février, le soulagement était visible sur les traits du quinquagénaire : "Je me sens léger, léger..."

 

AU PANTHEON : Germaine TILLION

Tribunes - le 3 Juillet 2010

Portraits de résistants

Germaine Tillion « Résistante instantanée le 17 juin 1940 »

Par Charles Silvestre, journaliste, secrétaire des Amis de l’Humanité

Ethnologue, Germaine Tillion a participé 
à la création du réseau du musée de l’Homme, avant de mettre à nu les mécanismes de domination de Ravensbrück et de dénoncer la torture pendant la guerre d’Algérie.

Quand Pétain appelle à cesser le combat, le 17 juin 1940, Germaine Tillion vomit. C’est la capitulation qui lui donne la nausée. Durant l’hiver 1932-1933, elle a vu sur place, en Allemagne, ce qu’était le nazisme. La mécanique se met en place. Elle rendra visite à son maître, Marcel Mauss. Il l’a orientée vers son métier, l’ethnologie. Chez lui, elle prend de plein fouet l’ignominie : sur sa veste, il porte l’étoile jaune. Une seule image, touchant au plus fort du sensible, peut marquer un destin.

Germaine Tillion, à l’été 1940, ne sait plus très bien ce qu’est la France. La jeune femme, née le 30 mai 1907 à Allègre (Haute-Loire), est partie en 1934 dans les Aurès, étudier les systèmes de parenté chez les Chaouias. Seule, elle a planté sa tente dans le douar de Tadjemout, le plus pauvre et le plus éloigné, à quatorze heures de cheval d’un centre, Arris. L’Algérie des Chaouias deviendra sa thèse d’ethnologie. Et, plus qu’une thèse, ce sera sa méthode, qu’elle appliquera au camp de concentration de Ravensbrück, où elle est déportée le 31 janvier 1944.

Résistante instantanée, Germaine Tillion ne part pas à Londres. C’est à Paris, dans le nœud de vipères, qu’elle se met en route. Ou plutôt en chasse. Elle se retrouve avec Boris Vildé et Anatole Lewitsky, plus tard fusillés, eux aussi élèves de Marcel Mauss et qui constitueront le fameux réseau du musée de l’Homme. Le réseau est trahi. La lutte, à la vie à la mort, entre la collaboration et la Résistance, est une histoire d’héroïsmes, mais aussi de trahisons. Le 13 août 1942, Germaine Tillion est arrêtée. Elle a été donnée par un prêtre, l’abbé Alesch, qui recrutait des jeunes pour la Résistance pour mieux les livrer à la Gestapo ! Sa mère aussi, Émilie, au doux visage rayonnant, dont elle ne quittera jamais la photo des yeux dans son salon de Saint-Mandé, qui sera une gazée « cheveux blancs » dans le camp de sa fille.

À Ravensbrück, Germaine Tillion adopte une règle de résistance : « Survivre est notre ultime sabotage. » Et que fait-on pour survivre ? On s’entraide, on est caché au Revier (l’infirmerie), on prépare même, en douce, une opérette, le Verfügbar aux enfers, à l’ironie mordante pour les geôliers. Il faut imaginer ces déportées, dans la baraque, « répétant » les personnages de Titine, Lulu de Colmar, Bébé, imaginer Nénette chantant « J’irai dans un camp modèle, avec tout confort, eau, gaz, électricité… » et le chœur répondant : « Gaz surtout… ». 
Du camp, sortira surtout un maître ouvrage : Ravensbrück. Ni un récit, ni même un cri d’épouvante. Germaine Tillion met à nu, dans le régime concentrationnaire, le système économique – celui du profit, Himmler était le propriétaire du camp ! – les mécanismes psychologiques de la domination, de la détention. Elle en tirera des leçons pour toute la vie. Y compris quand elle aura affaire à un autre « système concentrationnaire », celui du goulag. En 1951, elle participe à une commission internationale pour auditionner les témoins des camps soviétiques. La controverse éclate alors avec des anciennes déportées communistes, notamment avec une amie tchèque qui lui a sauvé la vie. Et qui lui reprochera amèrement cette entorse à leur idéal, avant de se suicider… lors de l’entrée des troupes du pacte de Varsovie à Prague, en 1968. Germaine Tillion ne confondait pas, cependant, stalinisme et communisme, faisant l’éloge des résistantes communistes à Ravensbrück, d’une Jeannette jeune ouvrière du Nord.

Le 1er novembre 1954 éclatent les premiers coups de feu de la guerre d’Algérie. Dans les Aurès, et on est tenté de dire dans « ses » Aurès ! Années de déchirement pour l’ethnologue que Louis Massignon renvoie sur le « terrain ». Germaine Tillion va faire cette « traversée du mal », pour ainsi dire sans prendre parti, mais hostile à la guerre, jusqu’à l’indépendance de juillet 1962. Des Algériens, comme l’écrivain Jean Amrouche, lui reprocheront de ne pas être allée plus loin… Mais refuser de mettre en cause le principe même du fait colonial n’est pas s’abstenir de combattre ses crimes.

Elle découvre la « clochardisation » du peuple algérien. Elle crée des centres sociaux. La logique de la guerre coloniale broie cet idéalisme. Inspectant, avec d’autres, cette Algérie de la répression, des camps d’internement – encore des camps ! – les témoignages de sévices, les liquidations de ses propres éducateurs, l’incitent à tout faire pour arrêter « ça ». Elle rencontre même Yacef Saadi, le chef du FLN à Alger, pour proposer une trêve : arrêt des exécutions capitales de combattants FLN, d’un côté, suspension des attentats contre des civils, de l’autre. La trêve sera rompue par Paris : la guillotine reprend du « service » sous la pression de l’armée et des pieds-noirs ultras. Les deux camps aux prises ne s’y tromperont pas. Des Algériens témoigneront envers elle, le plus souvent, de leur gratitude. À l’inverse, les jusqu’au-boutistes de l’Algérie française ne lui pardonnèrent jamais : elle dut même, un jour, changer son numéro de téléphone…

Son dernier acte, si l’on peut dire, concernant la guerre d’Algérie, fut de signer, le 31 octobre 2000, un texte demandant aux autorités de la France de reconnaître et de condamner la torture pratiquée en son nom, ce qui devint l’Appel des douze. Et de se retrouver, ainsi, aux côtés d’Henri Alleg, deux personnages de l’histoire, elle l’humaniste et lui le communiste, que la guerre froide avait durement séparés, et qui avaient fait montre, chacun dans leur registre, dans les pires circonstances, d’un engagement exemplaire.

On ne peut évoquer Germaine Tillion sans parler de la complicité féminine qui a marqué sa vie. Deux d’entre elles en témoignent pour d’autres, innombrables : Anise Postel-Vinay à Ravensbrück et Nelly Forget en Algérie, arrêtée et torturée par les parachutistes français. Cette complicité qui semble indestructible, qui confère sa force à l’Association des amis de Germaine Tillion, a donné un bel ouvrage, réalisé sous la direction de Tzevan Todorov (1). Car l’enfant d’Allègre, disparue en 2007, a eu le « bon goût » de vivre cent ans et un peu plus… pour inspirer ce titre : le Siècle de Germaine Tillion. La marque, déposée, en vaut pas mal d’autres…

(1) Éditions du Seuil.

 

TILLION AU PANTHEON

 Alors qu'une consultation publique cherche actuellement à définir quelles personnalités les français aimeraient voir entrer au Panthéon, le nom de Germaine Tillion est en bonne place dans les propositions de plusieurs associations revendiquant la présence de femmes dans ce temple dédié aux grands hommes.

Le documentaire de François Gauducheau, Les images oubliées de Germaine Tillion, est entré cet automne dans vidéothèque de la Maison Européenne de la Photographie.

« Lorsqu'on éclaire un monde, même affreux, on le domine »

Le propos de Germaine Tillion, dans cet entretien de 2004, quelques années avant sa mort, est vif, lucide. L'ethnologue, et résistante de 97 ans a conservé son sourire, celui qui lui a permis lors de la Seconde Guerre mondiale de traverser la pire des expériences humaines en gardant de la distance, autant que possible (notamment en créant une opérette parodique au sein même du camp de Ravensbrück).

Il aura fallu attendre plus de soixante ans pour qu'elle trouve le temps de publier ses photographies, celles qu'elle prit de 1934 à 1940 lors de ses voyages de recherche dans les Aurès, en Algérie.

Germaine Tillion parle ici de ses photographies de tribus nomades en mettant en perspective tous ses engagements. Elle créée naturellement des passerelles de réflexion entre ses différents combats : place de la femme dans les sociétés, accès à l'éducation, lutte contre la torture en Algérie, engagement dans la résistance, et expérience des camps de concentration. Celle qui fut l'élève de Marcel Mauss nous emmène dans une pensée globale des réalités sociales.

Germaine Tillion est ainsi de ces intelligences éclairantes qui relient tout et s'intéressent également aux petits détails, jusqu'à un regard d'enfant fixé sur l'image et ce qu'il contient de sens.

Le documentaire du fonds « Images de la culture » réalisé par Stéphane Gauducheau, est entrée la vidéothèque de la MEP, et, au delà de l'œuvre photographique par ailleurs d'une grande qualité, il vaut aussi par la capacité d'un regard qui donne du sens.

« Elle a su combattre le mal, sans jamais se prendre pour le bien incarné » dira Tzvetan Todorov au sujet de Germaine Tillion.

Emmanuel Bacquet

 

 

Le Verfügbar aux enfers

Une opérette à Ravensbrück ! Un texte stupéfiant écrit en 1944 par Germaine Tillion dans un seul but : survivre à la barbarie nazie.

   
 

 

En octobre 1944, Tillion avait écrit Le Verfügbar aux enfers dissimulée au fond d'une caisse d'emballage, pour soulager sa détresse et celle de ses compagnes d'infortune, mais aussi pour faire acte de résistance. L'œuvre a alors été dite et chantonnée par bribes, à la sauvette, mais jamais représentée.

Longtemps, Germaine Tillion ne s'est pas souciée de la diffusion ni de la postérité de ce manuscrit qui ne sera édité qu'en 2005. Le titre résume parfaitement la démarche de l'auteur en soulignant l'enfer des camps nazis tout en faisant un clin d'œil à une opérette d'Offenbach (Orphée aux enfers): humour noir teinté d'autodérision.

Quand Tillion évoque "un camp modèle avec tout confort, eau, gaz, électricité", le chœur répond : "gaz surtout"... L'auteur n'a bien sûr pas composé les airs très variés (chansons scoute ou grivoise, Habanera de Carmen, Danse macabre de Saint-Saëns...) auxquels elle a fait appel, mais son choix révèle une grande culture musicale. Le J'ai perdu mon Eurydice de Gluck est devenu ainsi J'ai perdu mon Innendienst, le précieux billet qui permettait de ne pas aller travailler.

A Ravensbrück, le chœur des Verfügbar sera interprété par 31 élèves d'un lycée parisien et 45 d'un Gymnasium berlinois, en présence de 400 anciens déportés - dont cinq codétenues françaises de Germaine Tillion - et de leurs familles.

Situé à environ 80 Km au nord de Berlin, Ravensbrück était l'unique camp de concentration nazi réservé aux femmes...

Un commando de travail

 la punition : trainer ce rouleau jusqu'à épuisement

Cauchemars

 à Ravensbrück

Propriété de Himmler, chef de la gestapo et de la police du reich ayant été louée au régime nazi pour les besoins de la cause, le camp de ravensbrück (situé dans le village de Ravensbrück en Allemagne) est connu comme étant le seul camp de concentration réservé exclusivement aux femmes durant la guerre de 39-45.

Cent dix-sept mille femmes de 23 nationalités ont connu l’enfer en ce lieu maudit. De ce nombre, quatre-vingt quatorze mille finirent soit dans les fours crématoires, qui fonctionnaient jour et nuit ou bien dans les fosses communes.


 L’enfer connu à Ravensbruck possède mille et un visages. Coups de crosse, humiliation, isolement, privation totale de nourriture, travaux forcés, chambre à gaz etc... Un jour, un convoi d’environ 150 enfants, garçons et filles, arrive au camp. Sacrés veinards, ils ont même droit au lait le matin... Pourtant, un matin, alors qu’ils allaient chercher leur maigre portion, ils sont sauvagement poursuivis par les magnifiques chiens loups des SS jusque dans une tranchée (creusée par leurs mères) et ensuite  aspergés de chaux...


 Des histoires comme celle-là, Ravensbrück en a vu des centaines, voire des milliers. Comme rien n ‘est gratuit, pas même la souffrance, les prisonnières devaient travailler durement durant toute la journée. Les plus chanceuses passaient la journée dans un champ à ramasser des pommes de terre (ce qui leur permettait de  fournir un minuscule surplus alimentaire pour elles et leurs compagnes), les autres devaient alimenter des cadavres de leurs consoeurs l’énorme bouche du four crématoire, effectuer des corvées de nettoyage dans les blocs infectés par le typhus, apaiser les besoins sexuels d’un horrible SS, etc...


 Ce n’est un secret pour personne, les nazis ont profité du fait qu’ils avaient sous leur emprise des gens innocents (ou coupables de s’être battus pour leur liberté) pour faire avancer leur science. Un jour, un docteur, surnommé soit le “ Herr doctor  “ ou bien le “ gros cochon” arrive au camp. Il terrorise tout le monde soit par ses manières de gros cochon ou bien par le pouvoir qu’il avait de juger si une femme irait se taper la chambre à gaz... Le “ Herr doctor “ se livrait aussi à des opérations horribles sur un block d’une trentaine de Polonaises. Une femme se fit greffer un œil de porc (on ne sut jamais si elle garda la vue de cet œil) il y eut aussi de multiples stérilisations.  Seulement 27 cobayes involontaires survécurent aux greffes.


 Quelques temps après, des ordres arrivèrent de Berlin au sujet des cobayes. Elles devaient toutes quitter le camp.  Certaines d’aller à la chambre à gaz elles décidèrent de résister. Une d’entre elles, Erika s’est rendue voir le Lagerfurher pour lui demander des explications. Les 26 autres s’étaient cachées dans le camp et ne devaient se montrer qu’après un signe de Erika. Les nazis la capturèrent donc. Ses camarades restèrent alors en lieu sûr. En riposte à cette résistance, les suppots de Hitler coupèrent les déjà maigres rations de nourriture à toutes les prisonnières. Heureusement, malgré cet affamement, la  solidarité tint le coup. On se priva encore d’avantage pour nourrir les copines mutilées. On ne sait comment, mais elles sortirent vivantes du camp. :)


 C’est d’ailleurs la solidarité qui a permis à plusieurs de tenir le coup. Même dans une situation où leur vie était terriblement menacée, la plupart des dames de Ravensbrück sont restées unies. Elles n’ont pas cédé devant l’ennemi, elles lui ont tenu tête. Elles avaient raison.

www.angelfire.com/punk/chatnoir/ravensbruck.html

 

20/02/2014

Les Pinçon-Charlot... A écouter, à lire sans modération

 

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Comment lutter si on ne comprend rien aux évènements

Avec eux tout devient clair

17/02/2014

LES CONQUETES SOCIALES

 

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Les ouvriers, les travailleurs en général, mènent maintenant, dans l'ensemble, une vie décente, bénéficiant de droits politiques et syndicaux, de garanties. Soulignons tout de suite qu'ils pourraient vivre mieux encore -et tous les autres également- grâce au progrès prodigieux de la science et des techniques, au développement considérable, au cours des années, de la production, de la productivité, du revenu national.

 

Mais ceux-là mêmes, en dehors du niveau de vie, se posent encore des problèmes : logement, transports longs et épuisants, crainte du chômage par les modifications techniques, les concentrations, l'instruction et l'avenir des enfants. Les jeunes, enfin, se posent des questions quant à leur place dans la société.

 

Il y a aussi à notre époque, des millions et des millions d'hommes et de femmes, d'enfants, qui vivent mal : travailleurs mal payés, et parmi eux la majorité des immigrés, vieillards, chômeurs, mamans sans mari, handicapés de toutes sortes qui connaissent la gêne, la misère, le taudis, l'angoisse du lendemain.

Des conquêtes sociales ont donc été acquises, il a fallu pour cela de durs combats qui doivent se poursuivre pour les étendre à tous, les sauvegarder, les améliorer.

Que de luttes en effet, longues, difficiles pour vivre un peu mieux, obtenir des droits. Car bien rarement le patronat et le gouvernement ont accepté de bonne grâce des hausses de salaires, des mesures sociales même indispensables et possibles. Il a fallu des décennies, des siècles même, de batailles ardentes, courageuses, de grèves multiples, souvent longues, toujours douloureuses, parfois sanglantes. Et les conquêtes sont souvent remises en cause, lors des difficultés économiques, ou quand les employeurs tentent de profiter d'un affaiblissement ou d'une division du mouvement ouvrier.

Oui, il y a eu, il y a encore un combat permanent, avec des hauts et des bas, des succès et des revers, pour une vie meilleure. Et ce n'est pas du passé, il y a en France, des centaines de milliers de chômeurs.

Nous avons vu depuis dix années, des atteintes très graves au système de Sécurité Sociale et presque quotidiennement, dans de nombreuses entreprises, de graves violations des libertés syndicales.

Enfin, il faut souligner que lorsqu'on étudie la longue et passionnante histoire des luttes populaires en France, on est frappé par une évidence : chaque fois que la classe ouvrière et les forces progressives sont divisées, elles sont battues. Quand elles s'unissent, elles triomphent.

Les grandes périodes de conquêtes sociales sont celles où les travailleurs et leurs organisations pratiquent l'action commune et plus encor lorsqu'il y a unité syndicale.

***

Au cours des grèves, des luttes, les travailleurs ont créé des organisations qu devinrent peu à peu nos actuels syndicats, fédérations, unions, confédérations. Organisations à l'origine condamnées par la loi, donc clandestines. Patrons et gouvernants ont résisté au maximum et l'on peut dire que, lorsque le droit syndical a été reconnu, il existait déjà dans les faits.

Les organisations patronales ont tout fait pour empêcher la constitution de syndicats dignes de ce nom et ils ont mené, beaucoup mènent encore, le combat contre les militants.

Des milliers et des milliers d'entre eux ont été licenciés, "marqués à l'encre rouge" et exclus de toutes les entreprises. Il y a eu des provocations, de pseudo-complots, de lourdes condamnations, des violences, des blessés et des morts.

Les travailleurs sont donc profondément attachés au droit syndical pour conserver le moyen de se défendre. A noter que si l'Etat a longtemps contesté, parfois toléré, le droit syndical aux agents de la Fonction Publique, ceux-ci l'ont enfin imposé après de nombreuses grèves de solidarité pour la réintégration de syndicalistes révoqués ou sanctionnés.

Les actions ouvrières, celles de nouvelles couches de salariés sont les maillons de la longue chaîne des luttes populaires pour le droit à la vie, contre les injustices trop flagrantes.

 

A méditer 42 années après la parution du livre

 

 
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