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19/01/2015

1. L'HISTOIRE DES RELIGIONS

Depuis 2003 j'ai ce petit bouquin en bonne place dans les W.C.

Non non ! pas parce que je le trouve à sa place dans ce petit coin

mais parce que je sais que les jeunes enfants aiment s'installer sur le trône avec un livre

Alors, je me suis dit que c'était un bon moyen de leur donner une instuction sur le sujet

Et d'ailleurs, il n'y a pas que les petits qui l'ont feuilleté

très bien fait

C'est mon avis et je le partage

 

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Diffusion : 2003 - A l'usage des Juniors et moins jeunes

BONNE LECTURE !

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Prochaine note

2. L'histoire des religions

 LA LIBERTE DE DOUTER

LES INTEGRISMES

JE NE SAIS PAS

18/01/2015

2. Autorisation de prolongation Intervention Irak

 

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Autorisation de prolongation intervention Irak

par Candelier Jean-Jacques

... C’est la «guerre contre le terrorisme» qui a conduit à l’extension internationale du djihad armé. Les peuples ne cessent de payer le prix de cette folle entreprise qui vise à refaçonner la carte de ces pays en y imposant la démocratie par la force, quitte à exploiter les extrémistes.

N’est-ce pas Laurent Fabius qui, avant de se rétracter en mai 2013, avait refusé d’inscrire le Front al-Nosra sur la liste des organisations terroristes, au motif qu’il faisait du «bon boulot en Syrie» ? Dans le même temps, la France refuse de retirer le PKK, le parti des travailleurs du Kurdistan, et le PYD, le parti de l’union démocratique, de la liste des organisations terroristes, alors que ce sont des forces démocratiques, qui défendent aujourd’hui la population de Kobané contre Daech.


Aujourd’hui, le groupe État islamique jouit d’une notoriété inégalée, qui lui permet de recruter dans le monde entier, et domine un territoire immense. L’intervention armée de l’Occident risque de nourrir le fantasme du «choc des civilisations».


La division de l’Irak en entités ethniques et confessionnelles ne date pas de Daech, qui n’a fait que profiter de la situation. L’hypothèse d’un éclatement de l’Irak n’a cessé de se renforcer depuis l’invasion illégale du pays au nom de la «guerre globale contre le terrorisme» et du mensonge des armes de destruction massive.


Comment remédier à ce foyer du terrorisme international qu’est l’État islamique ? La solution ne réside pas dans de nouveaux bombardements, alors que les opérations précédentes n’ont fait qu’empirer la situation. Hormis dans des cas ponctuels d’urgence ou de légitime défense, la violence n’est pas une réponse durable aux crises, sauf à accepter d’entrer dans un cercle vicieux mortifère.


Tirons les leçons du bourbier afghan et de ce qui se passe en Libye ! Il faut attaquer le mal à la racine. Nous considérons que la réponse au défi lancé par le groupe «État islamique» ne doit pas être seulement militaire : elle doit aussi être politique, économique et diplomatique. Le «tout répressif» est incapable de venir à bout des aspirants au terrorisme, toujours plus nombreux, y compris en France.


Si la sécurité et la souveraineté de l’Irak relève des Irakiens et des acteurs de la région, la communauté internationale, qui a une responsabilité dans la situation actuelle, doit jouer un rôle. Une stratégie globale impliquant tous ses membres, notamment les pays du Golfe et la Turquie, doit conduire à priver les islamistes de leurs moyens militaires et financiers. Concrètement, il convient d’intensifier la lutte contre le trafic de pétrole, d’armes et d’argent qui alimente Daech. Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution en ce sens : elle doit être pleinement appliquée. La vente de pétrole rapporte quelque deux millions de dollars par jour à Daech, auxquels s’ajoute le milliard de dollars de subventions annuelles que lui versent des milliardaires sunnites du Golfe.


C’est l’avenir de l’Irak comme État nation qui est en jeu. La voie à suivre est celle du dialogue politique interne. La France doit se mettre au service de la paix, et non à celui de l’atlantisme. Telle est sa vocation, tel est son intérêt, telle est sa responsabilité morale.


Notre pays doit exploiter le capital de sympathie dont il jouit encore dans la région pour aider nos amis irakiens. Il doit prendre l’initiative d’une conférence réunissant, sous l’égide de l’ONU, tous les pays de la région, en particulier l’Iran, la Turquie et les monarchies du Golfe.


Il faut aider l’Irak, confronté à la difficile répartition du pouvoir entre ses différentes composantes ethniques et religieuses. Le nouveau Premier ministre irakien a fait un geste en direction de la communauté sunnite ; désormais, certaines tribus sunnites combattent les islamistes aux côtés de l’armée irakienne. Il a également lancé le chantier de la modernisation de l’armée irakienne – cela s’imposait eu égard à sa débandade de l’été dernier devant Daech. Les relations avec les Kurdes se sont elles aussi apaisées depuis la prise de fonction du Premier ministre.


Après des mois de frappes aériennes, l’engagement français reste entouré d’opacité et ses objectifs ambigus. La question de sa légalité se pose. À défaut d’un mandat de l’ONU, l’appel à l’aide du gouvernement irakien est certes susceptible de fonder une action armée, mais seulement temporairement, comme le stipule l’article 51 de la Charte des Nations Unies. De plus, l’extension des frappes de la coalition au territoire syrien, en dehors de tout cadre légal, pose problème.


Dès lors, dans la mesure où cette intervention se fait sous l’égide, non pas du Conseil de sécurité de l’ONU, mais de l’OTAN, et où nous doutons de l’efficacité de nouvelles frappes, nous nous abstiendrons, tout en précisant qu’il convient d’aider l’État irakien à éradiquer ces barbares. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.)

1. Autorisation de prolongation intervention Irak

 

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Autorisation de prolongation intervention Irak

par Candelier Jean-Jacques

Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, madame et monsieur les ministres, monsieur le secrétaire d’État, chers collègues,

 

Ce vote sur la poursuite de l’intervention française en Irak a lieu alors que notre pays vient d’être attaqué par des criminels fanatiques dont le profil est similaire à ceux qui sévissent en Irak et en Syrie. Ici comme là-bas, la question des modalités de notre réponse à la barbarie se pose.


Notre réaction doit-elle se résumer à une logique sécuritaire et guerrière ? Telle n’est pas la conviction des députés du Front de gauche. Que veulent en effet les terroristes, si ce n’est toujours plus de violence, le carburant de leur propagande et de leur machine de haine ? Toute l’histoire des vingt dernières années en Irak, en Afghanistan et en Libye le démontre : les interventions militaires occidentales directes ont toutes eu pour résultat de renforcer les groupes armés islamistes. La stratégie de guerre au terrorisme se solde par un échec patent, produisant même les effets inverses de ceux recherchés.


Qu’en est-il de cette intervention ? Quatre mois après le début des bombardements, le peuple irakien continue de souffrir et les États-Unis ont décidé d’envoyer plus de 3 000 conseillers militaires supplémentaires. Les violences en Irak ont coûté la vie à plus de 15 000 personnes l’année dernière, soit deux fois plus qu’en 2013.
Le bilan est encore plus lourd en Syrie, du fait de la guerre civile. Avec plus de 76 000 morts en 2014, ce pays vient de connaître son année la plus meurtrière.


Derrière ces chiffres, il y a des atrocités, des sociétés meurtries, des peuples déchirés. Il est temps de réfléchir au sens et à l’efficacité de notre intervention militaire, conduite sous l’égide des États-Unis.
D’un côté, l’avancée de l’État islamique en Irak a été freinée par les frappes aériennes de la coalition, par l’action des forces kurdes et irakiennes, avec le soutien indispensable de la coalition, ainsi que de milices chiites et des pasdarans iraniens.


De l’autre, la coalition est impuissante sur le front diplomatique. L’action militaire n’a pas permis d’éliminer les capacités offensives de l’État islamique. Cette secte barbare – car il ne s’agit pas d’un État – reconstitue ses troupes et pratique la guérilla. Sa stratégie consistant à se mêler aux civils rend difficile la poursuite des bombardements. Ces islamistes tiennent toujours Mossoul ainsi que des pans entiers du pays, où ils font régner la terreur. Les civils en paient le prix fort, en particulier les minorités kurde, chrétienne et yézidie. Personne n’échappe à cet enfer, pas même les musulmans, qui essaient de fuir la folie meurtrière de Daech.


Face à ces forces obscures, l’inaction ne peut être de mise. Cependant, il est aussi de notre responsabilité de réaffirmer les principes du droit international face à la décision de l’exécutif d’engager la France sous un commandement américain et sous la tutelle de l’OTAN.


Faute d’avoir été informée par le Gouvernement, c’est par la presse que la représentation nationale a appris la décision de déployer un groupe aéronaval dans la région du Golfe persique, où le porte-avions Charles-de-Gaulle doit se positionner. Nous le répétons : la France doit retrouver une voix indépendante face à l’OTAN et aux États-Unis, dont nous ne partageons ni la vision du monde, ni les intérêts.


Nous pouvons d’autant moins accepter le leadership américain que les États-Unis sont à l’origine du chaos irakien.


Il est aussi temps de prendre nos distances avec les pétromonarchies.

Ai-je besoin de rappeler que l’État islamique n’est pas un phénomène spontané ? Il résulte à la fois de l’effondrement de l’État irakien, laminé par George W. Bush en 2003, et de la guerre civile syrienne, alimentée depuis 2011 par les Américains et leurs satellites. Ironie de l’histoire, les États-Unis sont à la tête de la coalition contre Daech, tout comme ils avaient combattu Ben Laden, alors que celui-ci avait été utilisé par la CIA contre les Soviétiques. La guerre contre Daech est la conséquence de la destruction de l’armée irakienne par l’occupant américain.

13/01/2015

Avec le peuple grec qui choisit Syriza

 Photo : Louisa Gouliamaki/AFP

Banderole « Troïka dehors » sur un bâtiment où les représentants du FMI ont loué des bureaux en 2010 à Athènes.
Photo : Louisa Gouliamaki/AFP
 
 

En 2005 en France et en Hollande avec le référendum sur le traité européen, en 2009 en Irlande, en 2012 déjà pour éviter la victoire de Syriza, 
les eurocrates ne ménagent pas leurs efforts pour empêcher les peuples de décider par eux-mêmes.

En 2005, en France et aux Pays-Bas, semaine après semaine jusqu’aux derniers jours d’avant le référendum qui soumettait le projet de Constitution européenne à ces deux peuples, les médias dominants n’ont cessé de déverser leurs armées de chiens de garde pour expliquer à la plèbe pourquoi il fallait dire oui à ce projet. Las, et malgré des sondages très orientés jusqu’à la dernière minute donnant le oui vainqueur, c’est un non qui, dans un élan de démocratie conscient, l’emportait largement, avec 55 % des voix pour la France et 63 % pour les Pays-Bas. Pour les Français, l’arrivée au pouvoir de la droite sarkozyste allait changer la donne. Dès février 2008, elle faisait adopter le traité de Lisbonne (c’est-à-dire le même texte mais encore plus contraignant que le précédent) à marche forcée. Les parlementaires ont voté en congrès la modification de la Constitution préalable à la ratification du traité de Lisbonne. La même histoire se répétera quasiment jour pour jour aux Pays-Bas.

Il s’agissait là d’un des premiers coups portés à la démocratie en Europe

Accueil

L’association Grèce-France Résistance a lancé une souscription pour permettre aux électeurs 
de retourner au pays voter. Un meeting de Syriza sera organisé la semaine prochaine.
 
Photo : Alkis Konstantinidis/Reuters
Place du parlement grec à Athènes.
Photo : Alkis Konstantinidis/Reuters

Avec la crise, la Grèce, c’est aussi un petit peu la France. Immigration oblige. C’est qu’avec un taux de chômage qui dépasse 25% de la population active et 50% pour les jeunes, ces derniers prennent leur valise. C’est une double peine. Ils ne peuvent rester au pays. Et on leur met des bâtons dans les roues pour s’exprimer. Ces citoyens ne pourront pas voter par 
correspondance ou dans les consulats. Ce n’est pas prévu par la loi électorale. Il faut un billet retour pour pouvoir exercer son droit de vote. Le soutien s’organise. L’association Grèce-France Résistance organise « des billets groupés » pour faire baisser les prix, nous confie Vangelis Goulas, dirigeant de Syriza-France.

En outre, une collecte de fonds a été lancée, afin de financer le retour de ceux qui n’ont pas de quoi payer un voyage vers la Grèce (1). Ce type d’initiatives existe dans d’autres pays où l’on trouve une diaspora grecque. C’est à Londres que le mouvement a été lancé, avec un appel de fonds : « Donnez nous une chance de rentrer en Grèce et de voter pour la démocratie ».

« Le profil des Grecs vivant en France a beaucoup changé avec la France. Le profil de l’intellectuel ou de l’artiste est devenu un mythe. On a affaire à des ouvriers, à des jeunes... », note Vangelis Goulas, qui précise qu’« après un ou deux mois, certains s’en retournent en Grèce, faute d’avoir trouvé du travail ».

Une partie des exilés en France est donc mobilisée. « Parce que c’est notre pays », précise le dirigeant. Mais aussi « parce que la victoire de Syriza représenterait aussi quelque chose pour l’Europe toute entière », avance-t-il, avant d’énumérer les autres pays touchés par la crise : « l’Italie, l’Espagne, le Portugal.»

Les Français sont les bienvenus pour participer à cet élan. Un meeting devrait être organisé le 15 janvier à Paris, avec la participation de forces politiques françaises, mais aussi d’organisations et d’associations antilibérales.

Chèque à adresser à l’Association Grèce-France Résistance, 11, rue Charles-Péguy, 93260 Les Lilas. Ordre : 
Grèce-France Résistance.

 

 

International

Soutenons le droit du peuple grec à prendre en main son destin

Grèce: Syriza maintient son avance
Le Figaro - Il y a 15 heures
Le parti de gauche anti-austérité Syriza maintient son avance sur les conservateurs de la Nouvelle démocratie (ND) à moins de deux semaines ...
 
****
 
 
Lundi 12 janvier 2015
 

NDLR – ReSPUBLICA est parmi les signataires de ce texte. Un meeting parisien est prévu dans les prochains jours (à suivre sur www.syriza-fr.org)

Nous, organisations politiques et syndicales, associations citoyennes françaises, souhaitons alerter l’opinion publique au sujet de la situation politique et sociale en Grèce aujourd’hui. Nous sommes unis par le souci de voir la démocratie et la transformation sociale progresser à nouveau en Europe.

A l’issue de près de cinq années d’austérité imposée par la troïka de la Commission Européenne, de la BCE et du FMI, qui ont conduit le pays dans un désastre économique et social sans précédent, les Grecs sont appelés à exprimer leur volonté dans les urnes. Tout laisse présager le désaveu des politiques austéritaires qui ont été appliquées et la montée électorale des forces qui les contestent.

La victoire de SYRIZA peut ouvrir la voie à la fin de la politique néolibérale d’austérité mise en œuvre par les gouvernements grecs et à la tutelle de la Troïka, au rétablissement de la souveraineté populaire et du cadre démocratique, à la sauvegarde des services publics et du patrimoine public, à la redistribution des richesses en faveur de la population. Comme le montrent les manifestations massives au Portugal, en Espagne et plus récemment en Italie, ou la grève générale en Belgique, l’injonction de rembourser aux détenteurs de capitaux des dettes illégitimes au prix de la destruction d’un modèle social ne passe plus.

Une telle rupture avec les recettes néolibérales est aujourd’hui nécessaire dans l’ensemble des pays européens et notamment en France. Les Mémorandums, la mise sous tutelle des pays les plus fragiles par la Troïka doivent cesser immédiatement.

Aujourd’hui, le poids de la dette publique sert de justification aux politiques austéritaires. C’est pour cela que nous considérons qu’il faut soutenir l’exigence portée par Syriza d’annulation de la plus grande partie de la dette publique et conditionner le remboursement de l’autre partie à la satisfaction effective des besoins de la population en matière d’alimentation, d’habillement, de santé, de logement, d’éducation, d’emploi, d’environnement et de sécurité publique qui représentent autant de droits fondamentaux. Ces mesures, qui sont une nécessité urgente pour les Grecs, sont un exemple à diffuser et à débattre.

Elles doivent s’accompagner d’un audit citoyen de l’ensemble des dettes souveraines en France comme en Grèce et dans le reste de l’Europe, audit que sommes nombreux à avoir porté depuis 2011.

C’est au peuple grec de prendre en main son destin. Nous nous opposons fermement à toutes les tentatives actuelles d’ingérence dans la vie politique grecque de certains dirigeants européens que ce soit par des déclarations publiques ou par des mesures visant à créer un climat de peur et d’intimidation.

Nous dénonçons également toute tentative de désinformation concernant l’état réel de la Grèce et les positions soutenues par les forces qui rejettent les Mémorandums. Nous nous opposerons demain avec la même fermeté à toute tentative de chantage et d’isolement à l’encontre d’un gouvernement grec qui prendrait le contrepied des choix actuels.

Nous vivons un moment historique

Les mouvements sociaux massifs dans le pays ont construit une solidarité contre la crise. L’arrivée au gouvernement d’une force de rupture avec l’austérité en Grèce peut ouvrir la voie à un bouleversement politique à l’échelle européenne. Cela contribuerait à donner un souffle nouveau aux mobilisations sociales et citoyennes, à faire reculer l’abstention et à donner un coup d’arrêt à la montée de l’extrême droite. C’est pour cela que dans les semaines et les mois qui viennent nous manifesterons partout en France notre solidarité avec le peuple grec, avec l’espoir qui émerge en Grèce et qui est aussi le nôtre.

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 Jean-Luc Melenchon (Parti de gauche), le leader de gauche grec Alexis Tsipras et Pierre Laurent (PCF), vendredi à Saint-Denis.
 Jean-Luc Melenchon (Parti de gauche), le leader de gauche grec Alexis Tsipras et Pierre Laurent (PCF), à Saint-Denis. (Photo Pierre Andrieu. AFP)

11/01/2015

Pas naïfs ! Conspués par tous puis encensés

A la veille des hommages œcuméniques rendus aux victimes de Charlie Hebdo, et alors que les Français se rassemblent déjà un peu partout en France, certains dessinateurs et journalistes de l'hebdomadaire satirique ont exprimé leur surprise face à un tel engouement. Des manifestations de soutien qui peuvent sonner étrangement, envers un journal qui a toujours cultivé l'irrévérence et l'art de ne pas se faire que des amis.

 Rédacteur en chef de Charlie Hebdo, au journal depuis quinze ans, Gérard Biard, en congés à Londres hier, a échappé à l’attaque terroriste

« Ils ont fait sonner les cloches de Notre-Dame pour Charlie, non mais on rêve ! », s'exclamait vendredi Gérard Biard, rédacteur en chef de Charlie Hebdo, pour souligner l'ironie de la situation d'un journal anticlérical célébré unanimement, jusque dans la plus célèbre cathédrale parisienne.

« UN JOURNAL QUI A ÉTÉ CONSPUÉ PAR TOUT LE MONDE »

Plusieurs membres de la rédaction ont reçu avec un peu d'amertume ces marques de solidarité envers un journal que peu soutenaient encore il y a quelques jours. Parmi eux, la rédactrice Zineb El Rhazoui, qui expliquait au Monde :

« J'aurais aimé que ceux qui sont morts bénéficient d'un tel soutien de leur vivant. Et ce n'était pas du tout le cas. 'Charlie Hebdo' est un journal qui a été conspué par tout le monde. Et ce qui est arrivé, on pouvait s'y attendre. On recevait des menaces tout le temps et certains nous disaient qu'on l'avait bien cherché… »

 

Laurent LEGER, grand reporter à CHARLIE HEBDO, rescapé

 

D'autres n'iront carrément pas manifester, à l'image de Laurent Léger, journaliste enquête et investigation de Charlie Hebdo

« Je n'irai pas à la manifestation de dimanche mais je crois que suis le seul de l'équipe de 'Charlie Hebdo' à avoir fait ce choix. Je n'aime pas manifester en général, je pense que 'Charlie Hebdo' peut être absent d'un cortège où il y aura des politiques de tous bords et au sujet duquel il y a eu une polémique avec le FN. Pour autant, je trouve que le mouvement de soutien actuel est formidable et j'espère qu'il y aura beaucoup de monde à manifester dimanche. »
'Charlie Hebdo' a toujours été à part. Maintenant 'Charlie Hebdo' devient mainstream. On s'institutionnalise, pour une semaine ou deux. C'est nouveau. Mais c'est un passage obligé, je ne suis pas contre cela. Et je sais que dans quelques semaines, une actualité en aura chassé une autre et nous serons seuls. (...) On est un peu dépassés : ce n'est pas que pour 'Charlie' que les gens vont défiler. Ça se comprend. »

***

Luz, dessinateur emblématique de l’hebdo, prend la parole pour la première fois, au lendemain de la mort de ses amis et à la veille du grand rassemblement de dimanche.

Dans Les Inrocks, le dessinateur Luz, rescapé de l'attentat du 7 janvier, estime de son côté que « la charge symbolique actuelle est tout ce contre quoi Charlie a toujours travaillé ». Il ajoute :

« C'est formidable que les gens nous soutiennent mais on est dans un contre-sens de ce que sont les dessins de 'Charlie'. (...) Cet unanimisme est utile à Hollande pour ressouder la nation. Il est utile à Marine Le Pen pour demander la peine de mort.
On parle de la mémoire de Charb, Tignous, Cabu, Honoré, Wolinski : ils auraient conchié ce genre d'attitude. »
......Hollande ne craint pas l'Etat Islamique

Qu’est ce que tu penses du fait que Manuel Valls n’a pas convié Marine Le Pen au “rassemblement républicain” de demain ?

Je m’en branle.

Est ce que tu as l’impression qu’on essaie de récupérer Charlie ?

Honnêtement, qu’est ce que tu veux récupérer ? Après, il y a ce grand élan. Mais dans un an, que restera-t-il de ce grand élan plutôt progressiste sur la liberté d’expression ? Est ce qu’il va y avoir des aides à la presse particulières ? Est ce que des gens vont s’opposer à la fermeture des journaux ? Des kiosques ? Est ce que les gens vont acheter des journaux ? Que restera-t-il de cet élan ? Peut-être quelque chose. Mais peut-être rien.

Comment allez vous travailler ?

On va continuer à faire nos bonshommes. Notre boulot de dessinateur est de mettre le petit bonhomme au coeur du dessin, de traduire l’idée qu’on est tous des petits bonhommes et qu’on essaie de se démerder avec ça. C’est ça le dessin. Ceux qu’on a tué étaient juste des gens qui dessinaient des bonhommes. Et aussi des bonnes-femmes.

Et c’est beaucoup demander à des petits bonhommes de sauver la République ?

Exactement.

Propos recueillis par Anne Laffeter. (This interview is also available in english)

 Le dessinateur et caricaturiste Willem

Le dessinateur néerlandais Willem, de son vrai nom Bernard Holtrop, a eu les mots les plus durs dans Le Point. Réagissant au soutien du chef de file de l'extrême droite néerlandaise Geert Wilders, il s'est exclamé :

« Nous vomissons sur tous ces gens qui, subitement, disent être nos amis. »

 

Et pour ce qui est du soutien mondial à son journal :

« Ils n'ont jamais vu 'Charlie Hebd'o. Il y a quelques années, des milliers de gens sont descendus dans les rues au Pakistan pour manifester contre 'Charlie Hebdo'. Ils ne savaient pas ce que c'était.
Maintenant, c'est le contraire, mais si les gens manifestent pour défendre le libre mot, c'est naturellement une bonne chose. »

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/10/unanimite-des-hommages-a-charlie-un-contre-sens_4553578_3224.html#kJI3hyb5yt9fgirT.99
 
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