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07/01/2015

FLORILEGES DE DESSINS GRIS POUR UN 7 JANVIER NOIR

Konbini

http://www.konbini.com/fr/tendances-2/reseaux-sociaux-dessins-charlie-hebdo/

Depuis plusieurs heures, des dizaines de dessins rendent hommage à Charlie Hebdo en réaction à l’attentat perpétré au siège du journal satirique, provocateur et nécessaire.

Les dessins comportent de nombreux points d’interrogation. On y croise des stylos, des plumes, de l’encre, des gommes mais aussi du sang. Ces illustrations ont été notamment diffusées via Twitter par des collègues des journalistes de Charlie Hebdo, et ce de par le monde.

Denis Pessin de Slate, Martin Vidberg, Zep et Plantu du quotidien Le Monde, na! de BFMTV, mais pas seulement : des internautes ont aussi exprimé leur soutien via le crayon.

Florilèges de dessins gris pour un 7 janvier noir.

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François PlayBac @dufourdufour

Hommage à l'ami Charb: son premier dessin dans Mon Quotidien, il y a 20 ans.

ATTENTAT TERRORISTE CHEZ CHARLIE HEBDO

Victimes de la liberté d'expression

face au fanatisme religieux

Ils ont "vengé le prophète"

Eux, faisaient juste leur métier de journaliste humoristique

Tout le monde y passait ... avec leur talent, leurs crayons

et leurs gommes bien pacifiques

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Charb dans le Charlie Hebdo de la semaine.

"Ils sont tous morts",

a dit à l'AFP Patrick Pelloux, urgentiste et chroniqueur de l'hebdomadaire, d'une voix blanche.

"Je suis vivant mais Charb, Cabu, ils sont tous morts...", a-t-il répété, hébété par le drame

Héca­tombe à Char­lie Hebdo

Cabu, Charb, Tignous, Wolins­ki…

4 dessinateurs particulièrement visés et lâchement assassinés

Des hommes cagoulés ont attaqué le siège du journal Charlie Hebdo, à Paris, mercredi 7 janvier. Le bilan provisoire était de douze morts, en début d'après-midi. Deux policiers feraient partie des victimes, selon une source proche de l'enquête.

Le procureur fait également état de 15 à 20 blessés,

dont quatre "en urgence absolue".

Charb travaille pour de nombreux journaux, Charlie Hebdo – dont il est le directeur de la publication depuis mai 2009 et le départ de Philippe Val –, L'Écho des savanes, Télérama, Fluide glacial et L'Humanité. Ses dessins, agrémentés pour la plupart des dessins symboliques de Maurice et Patapon, le chien et le chat anticapitalistes, se caractérisent par leur esprit corrosif et leur irrévérence. On peut citer aussi Marcel Keuf, le flic dans Fluide glacial.

 Sa rubrique dans Charlie Hebdo est intitulée Charb n'aime pas les gens.

 Mensuellement, il signe une rubrique satirique appelée La fatwa de l'Ayatollah Charb dans la gazette de Fluide Glacial. En 2007 et 2008, il a participé également à l'émission télévisée T'empêches tout le monde de dormir de Marc-Olivier Fogiel sur M6 en tant que dessinateur de plateau jusqu'à l'arrêt de l'émission, en juin 2008.

 C’est un soutien de longue date du PCF, et du Front de gauche aux élections européennes de 2009 et aux élections régionales françaises de 2010.

 Charb meurt le 7 janvier 2015, assassiné lors de la fusillade au siège du journal Charlie Hebdo‎‎ à Paris.

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Cabu, Charb, Tignous, Wolins­ki…: héca­tombe à Char­lie Hebdo

Jean Cabut, dit Cabu, est un caricaturiste, dessinateur de presse et auteur de bande dessinée français, né le 13 janvier 1938 à Châlons-en-Champagne (Marne) et mort le 7 janvier 2015 (à 76 ans) à Paris.

Créateur du personnage du Grand Duduche et participant aux équipes de journaux satiriques comme Hara-Kiri, Charlie Hebdo ou Le Canard Enchaîné, il collabore en outre à plusieurs émissions de télévisions aussi bien de débat - avec Droit de réponse - que pour enfant - avec Récré A2 - qu'il illustre en direc

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alt=Description de cette image, également commentée ci-après

 

Georges Wolinski, né le 28 juin 1934 à Tunis et mort le 7 janvier 2015 (à 80 ans) à Paris, est un dessinateur de presse français.

Il a collaboré au journal Hara-Kiri (versions mensuelle et hebdomadaire), ainsi qu'à Action, Paris-Presse, Charlie Hebdo, L'Humanité, Le Nouvel Observateur et enfin Paris Match. Il a également été rédacteur en chef de Charlie Mensuel.

Il est assassiné le 7 janvier 2015 lors de la fusillade au siège du journal Charlie Hebdo‎‎.

 

Né en 1957 à Paris, Bernard Verlhac, qui publie sous le pseudonyme de Tignous, est un dessinateur de presse français. Il dessine dans la presse depuis 1980. Après des débuts dans l’illustration et la bd, il publie en 1990 ses premiers dessins sur l’actualité dans L’idiot international et rejoint ensuite la rédaction de La Grosse Bertha. Tignous a beaucoup dessiné aussi pour L’événement du Jeudi. Depuis il collabore régulièrement à Charlie Hebdo, Marianne, Fluide Glacial, l’Express, VSD, Télérama et L'humanité!

 

 

Il semblerait que les tireurs les aient d'abord interrogés sur leur identité avant de les flinguer

C'est une tragédie, un acte abject

Jean Cabut (Cabu), Stéphane Charbonnier (Charb), comme Tignous et Wolinski, ont été assassinés par des terroristes ce 7 janvier 2015. Les assaillants étaient venus dans l'intention ferme de les tuer, rapporte une dessinatrice à l'Humanité.

 

[Mis à jour le 7 janvier à 14h43]

" Les terroristes étaient venus dans l'intention claire de les assassiner, affirme la dessinatrice Coco au journal l'Humanité. " Ils ont tiré sur Wolinski, Cabu... Ça a duré cinq minutes...

Je m'étais réfugiée sous un bureau... Ils parlaient parfaitement le français... Se revendiquaient d'Al Qaïda" explique-t-elle. Les premiers témoignages recueillis laissent à penser que les assassinats ont tourné au massacre. Des victimes ont été comptabilisées dans toutes les pièces.

 

IDENTITE D'UNE AUTRE VICTIME : Bernard MARIS
 

Bernard MARIS, né le 23 septembre 1946 à Toulouse (Haute-Garonne) et mort le 7 janvier 2015 à Paris, est un économiste, écrivain et journaliste français.

Il est assassiné lors de la fusillade au siège du journal Charlie Hebdo‎‎.


 

Bernard Maris

 

Economiste de renom, Bernard Maris enseigne à l'institut d'études européennes de l'université Paris-VIII. En décembre dernier, il a été nommé par le président du Sénat membre du Conseil général de la Banque de France. Auteur d'ouvrages de vulgarisation économiques à succès, il a publié entre autres chez Albin Michel: Ah Dieu! que la guerre économique est jolie et La Bourse ou la vie (avec Ph. Labarde) et Capitalisme et pulsion de mort (avec G. Dostaler). Il collabore régulièrement à de nombreux magazines ( «Oncle Bernard» de Charlie Hebdo), à I.Télé et France Inter.

Enfin, la consommation augmente!

La crise n'existe pas pour tout le monde. La consommation somptuaire et le parasitisme explosent.

Lire la suite

***

Concernant la zone euro, Bernard Maris s'exprime ainsi dans Charlie Hebdo, le 15 décembre 2010 :

« Moi-même, je pense qu'il y aura une nouvelle crise financière, que la zone euro éclatera, que l'Europe se balkanisera — elle est déjà balkanisée.

Mais un certain nombre d'événements surgis depuis dix ans n'étaient pas prévisibles : la méga-crise financière, qui pouvait vraiment la prévoir ? Les Twin Towers ? »

 

Patrick Pelloux, rescapé de l’attentat de Charlie Hebdo

Paris, le mercredi 7 janvier 2014 – Le docteur Patrick Pelloux, patron de l’Association des médecins urgentistes de France et collaborateur régulier de l’hebdomadaire Charlie Hebdo était présent ce matin lors de l’attentat perpétré au siège du journal et qui a causé la mort de douze personnes, dont plusieurs dessinateurs célèbres (Cabu, Wolinski, Charb et Tignous) . Selon Gérard Kierzeck, médecin urgentiste et chroniqueur pour Europe 1, Patrick Pelloux aurait participé à la prise en charge des blessés dans les minutes qui ont précédé l’arrivée des secours. Très éprouvé par cette tuerie, le praticien s’est rendu dans l’après-midi à l’Hôtel Dieu où une cellule psychologique a été mise en place pour accueillir les 34 rescapés.

A.H.

 

Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité : "Nous pleurons des confrères, des collègues, des amis, des camarades"

Mercredi, 7 Janvier, 2015
L'Humanité.fr
"L’ensemble du personnel de l’Humanité et moi-même, profondément révoltés et attristés, a déclaré le directeur de l'Humanité. Parmi les victimes de cet abject attentat contre l’équipe de Charlie Hebdo, quatre de nos amis ont perdu la vie : Georges Wolinski, Charb, Tignous et Cabu.
 
La violence barbare vient de frapper au cœur de Paris. En s’attaquant physiquement à un journal pour le détruire, c’est une part de liberté qu’on brûle. En massacrant, en tuant des journalistes, des salariés du journal, les policiers qui assuraient leur surveillance, les terroristes ont ciblé le fondement même de la République. 
 
L’ensemble du personnel de l’Humanité et moi-même, profondément révoltés et attristés, exprimons notre plus vive sympathie et notre totale solidarité aux victimes ainsi qu’à leurs familles et amis. 
Parmi les victimes de cet abject attentat contre l’équipe de Charlie Hebdo, quatre de nos amis ont perdu la vie : Georges Wolinski qui a participé à tant d’aventures avec les équipes et les lecteurs de l’Humanité, Charb qui nous a prêté son talent à de nombreuses reprises, Tignous qui illustrait de son ton mordant l’actualité de ces dernières années et Cabu, immense dessinateur unanimement reconnu.
Ils manqueront à notre journal.
Ils manqueront aux voix progressistes qui se battent partout contre l’obscurantisme et la folie meurtrière. Leur écriture, leurs dessins manqueront, car, quoiqu’on en pense, ils révélaient des faces parfois cachées des turpitudes de ce monde et de ses acteurs.
 
L’Humanité est en deuil. Nous pleurons des confrères, des collègues, des amis, des camarades. 
 
Nous appelons toutes les forces disponibles à se rassembler et à se mobiliser contre l’abject et pour la défense de la République.
 
Devant ce terrible drame, j’adresse mes condoléances et toute mon affection à leurs familles et amis dont de nombreux salariés de l’Humanité.
 

 Le fondateur du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, devant les locaux de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015 - Le fondateur du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, devant les locaux de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015 - AFP Kenzo Tribouillard

Le fondateur du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, devant les locaux de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015 - AFP Kenzo Tribouillard

Jean-Luc Mélenchon, Parti de Gauche: "Le nom des meurtriers est connu: lâches, assassins, tuent les sans défense. Le nôtre: chagrin et réplique républicaine. # CharlieHebdo "(tweet).

 *

*
Une attaque "sans précédent" contre la presse en France (RSF). L'attaque armée contre le journal Charlie est une attaque "sans précédent" contre la presse en France, a souligné Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières.
 
"Une attaque barbare comme celle-là, c'est une affaire sans précédent", a déclaré sur la chaîne iTÉLÉ M. Deloire qui s'est rendu sur place dans le XIe arrondissement. "C'est des choses qu'on voit malheureusement dans des pays comme le Pakistan, la Somalie", a-t-il relevé.
 
"Il n'y a pas d'agression plus grande contre la liberté de la presse et contre toutes les libertés que de s'attaquer à un journal qui a simplement le tort d'exercer pleinement sa liberté d'expression", a ajouté Christophe Deloire.
 

 

 

 

06/01/2015

Une caméra plutôt qu'une mitraillette pour combattre

 

 

René Vautier laisse une empreinte indéfectible parce qu'il a su marquer les esprits (Pierre Laurent)

Lundi, 5 Janvier, 2015

René Vautier, cinéaste militant du film indépendant et anticolonialiste, vient de disparaître.

Homme de légende, de convictions, cinéaste baroudeur- il nous manque déjà. René Vautier était membre du Parti communiste depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Individualiste généreux, enragé, charmeur, René Vautier était toujours un marginal, tant en politique que dans les milieux du cinéma. Homme de la fidélité dans ses convictions et amitiés, René Vautier avait épousé les causes de son époque : anticolonialiste, régionaliste frôlant l'indépendantisme, écologiste, anticapitaliste… Nous perdons un combattant de la liberté, qui a payé chèrement son engagement.

Son premier film, « Afrique 50 », est un violent et efficace réquisitoire contre le colonialisme français en Afrique noire, contre le travail forcé. Le film lui valu une interdiction totale, 13 inculpations. L'armée, se rappelant qu'il n'avait pas fait son service militaire (ses faits de Résistance auraient pu pourtant l'en exempter), l'envoya en Allemagne, où il passa quasiment un an en prison militaire.

Avec « Avoir 20 ans dans les Aurès » Il avait fait un choix, celui de montrer, dénoncer cette guerre d'Algérie qui n'en avait pas le nom. La distribution dans le circuit indépendant, les salles municipales d'art et d'essais, il y a quelques années, de ce film marquant. avait fait redécouvrir son œuvre, son génie cinématographique.

Il laisse une empreinte indéfectible parce qu'il a su marquer les esprits. Il a su montrer la vérité telle qu'elle est. C'est grâce aux témoignages qu'il avait récoltés, qu'avait été prouvé que Jean-Marie Le Pen avait pratiqué la torture en Algérie (produit lors du procès du Canard enchaîne en 1985). Pacifiste, antimilitariste, passionné de la Bretagne, il était un bel anarcho-communiste et la légende raconte que les CRS, dans les années 60, le confondaient avec Léo Ferré.

Fier de l'avoir compté parmi les siens, son Parti lui rend hommage.

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Avril 1961. Dans le massif des Aurès, un commando de l’armée française, formé d’appelés bretons, affronte un groupe de l’Armée de libération nationale lors d’une embuscade. Les soldats parviennent à faire un prisonnier mais l’un d’entre eux est blessé au cours de l’accrochage. Instituteur dans le civil, il se rappelle les événements vécus avec ses camarades au cours des derniers mois. Leur opposition à la guerre en Algérie les a conduits dans un camp réservé aux insoumis. Il se remémore la façon dont leur chef a su les transformer, de jeunes Bretons antimilitaristes qu’ils étaient, en redoutables chasseurs de fellaghas, prêts à tuer et y prenant goût. Tous sauf Nono... Une plongée dans les contradictions de la guerre d’Algérie autant que dans celles de l’âme humaine - See more at: http://www.avoir20ansdanslesaures.net/wp/#sthash.LNQj4krc.dpuf
Avril 1961. Dans le massif des Aurès, un commando de l’armée française, formé d’appelés bretons, affronte un groupe de l’Armée de libération nationale lors d’une embuscade. Les soldats parviennent à faire un prisonnier mais l’un d’entre eux est blessé au cours de l’accrochage. Instituteur dans le civil, il se rappelle les événements vécus avec ses camarades au cours des derniers mois. Leur opposition à la guerre en Algérie les a conduits dans un camp réservé aux insoumis. Il se remémore la façon dont leur chef a su les transformer, de jeunes Bretons antimilitaristes qu’ils étaient, en redoutables chasseurs de fellaghas, prêts à tuer et y prenant goût. Tous sauf Nono... Une plongée dans les contradictions de la guerre d’Algérie autant que dans celles de l’âme humaine - See more at: http://www.avoir20ansdanslesaures.net/wp/#sthash.LNQj4krc.dpu

 © 2005 ilan ginzburg

 

Je l'ai aperçu à la Fête de l'Huma à laquelle il se rendait chaque année

pour débattre

René Vautier « Les attardés du colonialisme me poursuivent encore de leur vindicte »

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui
Lundi, 4 Mai, 2009
L'Humanité
Entretien réalisé en 2009 avec René Vautier par Rosa Moussaoui. À quatre-vingt-un ans, le cinéaste René Vautier reste plus que jamais fidèle à ses convictions et à son combat anticolonialiste.

Comment expliquer que des films comme Afrique 50 et Avoir vingt ans dans les Aurès soient encore aujourd'hui la cible de violentes attaques des tenants de l'idéologie colonialiste ?

René Vautier. J'ai fait Afrique 50 à l'âge de vingt et un ans. Mon seul but était de montrer la vérité sur le quotidien des paysans noirs en Afrique occidentale française. J'ai simplement filmé ce que je voyais. On a alors tenté de m'empêcher de filmer. Les choses se sont très mal passées avec les colons. Ce film, auquel la Cinémathèque française a rendu il y a quelques années un élogieux hommage, m'a valu, à l'époque, de sérieux ennuis. Avoir vingt ans dans les Aurès a reçu, en 1972, le prix de la critique internationale au Festival de Cannes. En dépit de cette récompense, le film a dû attendre douze ans avant d'être diffusé sur une chaîne de télévision française. Certains y voyaient une insupportable mise en cause des prétendus bienfaits de la présence française dans les colonies. Ces films continuent d'être diffusés, cités, ce qui nourrit le ressentiment des attardés du colonialisme.

Comment expliquer le regain d'activisme des nostalgiques de la colonisation, du vote d'une loi exaltant « les aspects positifs » de la colonisation à la construction de stèles et de monuments glorifiant les criminels de l'OAS ?

René Vautier. Le député UMP Christian Vanneste (l'un des plus fervents défenseurs de la loi du 23 février 2005 sur la colonisation « positive » - NDLR) a tenté, il y a quelque temps, de faire interdire Avoir vingt ans dans les Aurès dans une salle de la banlieue lilloise. Des jeunes ont protesté. Du coup, il n'y a pas eu une, mais dix projections, qui ont rencontré un franc succès auprès du public. Ces nostalgiques, liés à la droite ou au Front national, me poursuivent encore aujourd'hui de leur vindicte, perturbant les manifestations auxquelles je participe.

Ces gens vous accusent d'être un ennemi de la « blanchitude » et de la « France française ». Comment le résistant juge-t-il de tels propos ?

René Vautier. C'est à 200 mètres du palais de justice de Quimper (où s'est tenu le procès - NDLR) que j'ai été décoré de la Croix de guerre à l'âge de seize ans pour faits de résistance. J'appartenais à un groupe d'Éclaireurs de France qui se sont battus contre les occupants allemands. J'ai continué, après la guerre, à me battre pour les mêmes idées : l'égalité des peuples, la lutte contre le fascisme, quel qu'il soit.

L'idéologie coloniale reste-t-elle, selon vous, enracinée en France ?

René Vautier. Certains milieux refusent catégoriquement tout regard lucide sur le passé colonial. Or les jeunes générations doivent être instruites de ce qui fut fait au nom de la France dans les colonies. J'espère que mes films peuvent continuer à y contribuer.

 

 Sur son compte Facebook, un ami très proche de René lui a dédié cette poésie d’Eluard, qui lui ressemblait tant.

Un homme d’image qui avait pour seul arme sa caméra est mort
Il s’appelle René VAUTIER
FRATERNITE disait-il … paix à lui

eluard

Un homme est mort qui n’avait pour défense
Que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n’avait d’autre route
Que celle où l’on hait les fusils
Un homme est mort qui continue la lutte
Contre la mort contre l’oubli

Car tout ce qu’il voulait
Nous le voulions aussi
Nous le voulons aujourd’hui
Que le bonheur soit la lumière
Au fond des yeux au fond du cœur
Et la justice sur la terre

Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d’amies
Ajoutons-y Péri
Péri est mort pour ce qui nous fait vivre
Tutoyons-le sa poitrine est trouée
Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux
Tutoyons-nous son espoir est vivant.

Paul Éluard

 

Les médias sont plus prompts à blablater sur Nabila

que de rendre hommage à cet homme-là

Alors je fais ce que je crois juste, à mon niveau

 

28/12/2014

Un éléphant ça trompe énormément


"Le combat de 2012 c'est de préserver le repos... par lepartidegauche

23/12/2014

L'extrême droite attaque

http://www.lamarseillaise.fr/bouches-du-rhone/societe/34346-la-democratie-attaquee

Gardanne : défendre la démocratie attaquée par l'extrême droite

  • Écrit par  eparente
  • lundi 22 décembre 2014 11:15
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Très large rassemblement contre l’extrême-droite, hier matin à Gardanne, avant une distribution de tracts sur le marché. photo H.B. Très large rassemblement contre l’extrême-droite, hier matin à Gardanne, avant une distribution de tracts sur le marché. photo H.B. L'utilisation de l'article, la reproduction, la diffusion est interdite - LMRS - (c) Copyright Journal La Marseillaise
 

Très large rassemblement à Gardanne, dimanche, en présence de militants, de citoyens et élus, suite à la violente agression du responsable de la section du Parti communiste.

« Partout où un homme est agressé parce qu’il est un dirigeant politique et qu’il porte haut et fort ses idées humanistes et de progrès social, c’est toute la démocratie qui est attaquée. » Cette phrase prononcée solennellement par Muriel Martin (secrétaire de l’UL CGT de Gardanne), dimanche matin devant la mairie de Gardanne, face à un très large rassemblement contre l’extrême droite par les militants communistes, syndicalistes et de nombreux citoyens, résume à elle seule la gravité de la situation.

François Eddy, 35 ans, représentant CGT à la Centrale thermique et responsable de la section du PCF de Gardanne, était passé à tabac le 4 décembre alors qu’il rentrait tranquillement chez lui, le soir. « L’agression s’est déroulée en moins d’une minute vers 23h dans l’obscurité totale. Je n’ai rien compris ! Six personnes se sont ruées sur moi devant mon domicile, me rouant de coups et criant des slogans du Front national. J’ai une côte cassée, un bleu au poumon et plusieurs hématomes importants sur le corps », explique la victime, en arrêt maladie pour un mois et demi. Et de préciser : « L’affaire est entre les mains de la justice mais ce qui m’angoisse aujourd’hui c’est plus ma famille et mon enfant (5 ans et demi) qui m’a, en plus, vu en sang... »

Acte violent non isolé

Une situation d’autant plus répréhensible que c’est un véritable déchaînement de violence extrémiste auquel on assiste depuis quelques mois dans le Sud-Est, après la profanation du mémorial de Missak Manouchian à Marseille ou encore l’agression contre les jeunes militants communistes le 23 octobre à Aix par les membres de l'Action française dont on sait l’affiliation avec le FN (notamment à Gardanne). Dénoncés par la Ligue des droits de l’Homme, le Mouvement pour la paix, le NPA, etc., ces actes non isolés ont été fermement condamnés par les représentants du Parti communiste qui appellent les autorités républicaines « à prendre toutes les dispositions nécessaires pour identifier et sanctionner les auteurs de l’ensemble de ces agressions qui ne sont animées que par la haine et la violence ».

Ce dimanche 21 décembre, Jocelyne Arnal (adjointe au maire de Gardanne) a exprimé son indignation, appelant à faire front aux extrémistes au nom des valeurs de la démocratie. De son côté, Muriel Martin contextualise : « Chômage, bas salaires, reculs sociaux, l’austérité que nous impose le gouvernement instaure un climat social qui prône l’individualisme, la compétition entre les salariés. Le tout agrémenté par le JT de 20H qui désinforme les masses à coup d’insécurité, de violence et de peur de l’autre. Pour servir toujours plus les exigences du Capital, ils participent à la division de ceux qui pourtant ont les mêmes intérêts à défendre (...) et font la part belle au Front national qui surfe sur ce brouillage idéologique et ce repli sur soi. »

Une extrême droite, aux visages de haine qui « véhiculent une idéologie très dangereuse pour la démocratie », alerte pour sa part la section du PCF de Gardanne.

Houda Benallal

Dernière modification le lundi, 22 décembre 2014 11:28
Publié dans Société
 
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