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10/11/2013

MORDILLAT MORDILLE SANS LANGUE DE BOIS

Politique - le 6 Novembre 2013

lll Faut-il faire le distinguo entre socialistes au gouvernement et dans les municipalités ?

La gauche de droite est au pouvoir, par Gérard Mordillat

Gérard Mordillat est écrivain et cinéaste.

C’est une constatation cruelle mais c’est une constatation nécessaire : il y a désormais en France deux partis de droite. Un parti à tendance néofasciste, l’UMP à la sauce FN, et un parti néolibéral qui ne porte plus le nom de socialiste que par paresse.

Monsieur Valls suggérait d’ailleurs d’en changer, conscient que le terme « socialiste » est désormais vide de sens pour lui et ses semblables, comme le terme « gaulliste » l’est pour messieurs Sarkozy, Copé, Fillon et consorts. Par ailleurs, à propos des socialistes, il est devenu banal de parler de « la gauche de droite », ce qui oblige les commentateurs à distinguer certaines déclarations individuelles émanant de « socialistes de gauche ». Il y aurait donc des socialistes qui récusent le nom même de socialistes – des hommes de droite déguisés en hommes de gauche, si l’on préfère – et des socialistes qui, contre la majorité de leur propre parti, tentent de ne pas solder l’héritage de Jaurès.

C’est dire combien la confusion gouverne. Aux élections municipales qui s’annoncent, cette confusion risque d’augmenter encore puisque, à Paris en tout cas, le PCF a décidé de faire liste commune dès le premier tour avec le PS. Mais avec quel PS?

Celui dont les membres siègent au gouvernement ou avec quelques irréductibles pour qui le « socialisme », selon Jaurès, travaille « à la réalisation de l’humanité ». Une humanité qui « n’existe point encore ou existe à peine. À l’intérieur de chaque nation, elle est compromise, comme brisée, par l’antagonisme de classe, par l’inévitable lutte d’une oligarchie capitaliste et du prolétariat. Seul le socialisme, en absorbant toutes les classes dans la propriété commune des moyens de travail, résoudra cet antagonisme et fera de chaque nation enfin réconciliée avec elle-même, une parcelle d’humanité ».

À l’aune de ces paroles et de ses actes, est-ce que M. Hollande est socialiste? Est-ce que M. Moscovici l’est? Et M. Valls? Et M. Strauss-Kahn? Et M. Sapin ? Et M. Cahuzac, qui récusait la lutte des classes ? Et M. Lamy ? Et tous ces ministres si empressés de parader à l’université d’été du Medef et préférant se faire porter pâles lorsqu’il s’agit d’arpenter les allées de la Fête de l’Huma ? Et… et… et… etc.

On ne peut pas, bien sûr, mettre tous les socialistes dans le même sac Vuitton. Sur le plan municipal, il est incontestable que des élus socialistes œuvrent sans réserve à améliorer le sort de leurs concitoyens, à tenter de leur rendre la vie plus facile, à développer les activités artistiques et culturelles, etc. Je pense notamment aux actions menées dans les 11e et 20e arrondissements. Il n’y a pas de discussion, ces socialistes-là font ce qu’ils peuvent et, même, font en partie ce qu’il faut et pourraient même faire plus en ce qui concerne le logement, mais ils agissent.

Maintenant, si on s’intéresse aux membres « socialistes » du gouvernement, le bilan est tout autre. La liste des reniements, manquements, trahisons est si longue qu’il serait fastidieux de la détailler. Juste pour mémoire : la signature du traité Merkozy, la séparation de façade entre les banques de dépôt et les banques d’affaires, l’absence d’un relèvement significatif du Smic, l’abandon de la lutte historique de la classe ouvrière pour la diminution du temps de travail, l’allongement de l’âge du départ à la retraite, la ruine confirmée de l’hôpital public, l’absence de loi pour empêcher les licenciements de confort financier, le choix du capital contre le travail, Florange, PSA, etc. N’en jetez plus, la cour est pleine !

Le piège est là.

Si nous votons pour le socialisme « municipal » et que, par miracle, le parti à la rose évite ainsi la déroute annoncée, le gouvernement y verra l’adhésion des citoyens à sa politique ; au contraire, si c’est la Berezina, les mêmes socialistes « de gouvernement » déclareront que ce vote est sans signification, sinon purement local, et continueront de mener leur insupportable politique.

Dans un cas comme dans l’autre, l’électeur sera volé de son vote, comme il l’a été après le référendum à propos du traité constitutionnel rejeté par une très large majorité de Français (y compris une majorité de militants socialistes) et repassé au Parlement dans les mêmes termes sous le nom de traité de Lisbonne, avec l’appui massif des élus socialistes. Un déni de démocratie que « toute l’eau de la mer ne saurait effacer », aurait dit Lautréamont.

Mais tout cela serait sans importance.

L’urgence serait de faire barrage au Front national, aux prochaines élections municipales et européennes, de voter utile. Et déjà, le chœur des « socialistes » de gouvernement entonne le grand air de la nécessité, qui fait loi. Mais dans le même temps, quand les citoyens ne votent pas selon le désir des « socialistes » de gouvernement, leur vote est méprisé, annulé ; mais, dans le même temps, M. Valls tient des propos et mène une action en parfait accord avec les idées de madame Le Pen, de Ciotti, Guéant, Hortefeux et les autres, y ajoutant l’hypocrisie d’expulser, de persécuter au nom de « l’humanité ».

Avant de voter, si nous posons la question : qu’avons-nous de commun avec les « socialistes » du gouvernement ? La réponse est meurtrière : rien. Qu’ont-ils de commun avec messieurs Sarkozy, Copé, Fillon et leurs amis ? La réponse est assassine: presque tout, hormis quelques nuances sur l’enseignement, la recherche et la justice. Ce qui les distingue ne sont que des postures au grand théâtre de la politique spectacle. Les uns jouent à être de gauche, les autres à être de droite, mais tous chantent en chœur la rengaine thatchérienne « il n’y a pas d’alternative », sont les thuriféraires du capital, de la propriété privée. Personne ne peut avoir oublié cette une stupéfiante de Paris Match où François Hollande et Nicolas Sarkozy posaient côte à côte, dans le même costume, la même attitude, défendant à l’unisson le oui au référendum. Des jumeaux sortis du même œuf néolibéral, affichant la même morgue, le même mépris des citoyens, ces minables, ces rustres, dont le vote n’était organisé que pour amuser la galerie.

Dès lors, comment pourrions-nous, une fois encore, voter utile, faire confiance aux « socialistes » de gouvernement ?

Nous ne pouvons pas. Nous ne pouvons plus. Nous ne pouvons pas à la fois être leurs critiques les plus déterminés et les alliés de circonstance des socialistes municipaux qui, par leur silence – de fait –, font perdurer une politique ouvertement de droite, antisociale et sécuritaire. Au nom de je ne sais quelle morale de circonstance, la confusion ne doit pas être entretenue, ne peut plus l’être. Elle n’est plus de mise.

Aujourd’hui, les « socialistes » de gouvernement ne sont plus simplement des faux frères, ni des adversaires, mais des ennemis (de classe) que nous devons affronter, quoi qu’il en coûte. Un siège au conseil municipal de quelque ville que ce soit ne vaut pas d’abdiquer nos convictions, notre volonté de transformer le monde et de réaliser l’humanité que Jaurès appelait de ses vœux.

C’est dire qu’il faut avoir le courage de rompre clairement avec ce « socialisme » en peau de lapin qui n’est que démagogie et mensonges. Cette rupture politique est salutaire même pour nos camarades socialistes, ces militants pris en tenaille entre l’affliction et 
l’indignation de ce qui se pratique aujourd’hui en France au nom du « socialisme ». Les positions sont claires : les « socialistes » de gouvernement sont désormais sans vergogne un parti de droite, à nous d’incarner la gauche en actes, de cesser d’être aimables et compréhensifs, 
et de nous dresser contre eux et leurs répliques de l’UMP-FN. Comme disait l’autre : le 
changement, c’est maintenant!

***

*

Gérard MORDILLAT



 

Romans

05/11/2013

HOPITAL SILENCE !

Social-Eco - le 4 Novembre 2013

Urgences

À l’Hôtel-Dieu, c’est hôpital silence

Malgré la mobilisation des personnels, des usagers, des syndicalistes, des élus et militants politiques, l’extinction programmée des urgences démarre ce lundi.

Qui a dit que le gouvernement cédait à toutes les pressions ? À l’emblématique hôpital parisien de l’Hôtel-Dieu, c’est sans bouger d’un iota que le pouvoir résiste depuis des mois à la levée de boucliers suscitée par le projet de fermeture des urgences. Malgré la mobilisation des personnels, des usagers, des syndicalistes, des élus et militants politiques (PCF, PG, EELV et NPA), Marisol Touraine pourrait bien laisser la direction de l’AP-HP mener son projet à son terme dans les délais prévus, ce lundi 4 novembre, alors même qu’en juillet la ministre de la Santé avait elle-même promis de « décaler » la procédure au-delà de cette date.

Depuis le 22 octobre, des consignes ont été données par circulaire aux pompiers pour dérouter peu à peu les patients vers les services d’urgences des autres hôpitaux parisiens. À partir de ce lundi, ils ne devraient plus venir du tout. « Mais il n’y aura pas de changement pour les Parisiens puisque les personnes qui se présenteront, quel que soit le moment du jour ou de la nuit, seront prises en charge avec une qualité et une sécurité garanties, assure à l’AFP Nicolas Péju, porte-parole de l’agence régionale de santé d’Île-de-France. Il y a absolument continuité du service pour la population. »

Rien n’est plus faux, pour les opposants à la fermeture des urgences de l’Hôtel-Dieu. Après avoir fait le siège du ministère de la Santé, mercredi, ils ont organisé vendredi, jour de la Toussaint, une action spectaculaire non loin du Panthéon : dans un cortège funéraire, ouvert par un cercueil, ils ont mimé les funérailles d’un patient mort de n’avoir pas été pris en charge à temps par des urgences débordées.

Sur fond de sursaturation dans les services d’urgences dans la capitale, tous craignent le pire désormais. « Le mort symbolique, c’est pas que des mots en l’air. Toutes les études le montrent : plus on attend aux urgences, plus on meurt », explique en blouse blanche Gérald Kierzek, fer de lance de l’opposition et ex-chef des urgences de l’Hôtel-Dieu. Face à la mobilisation, Marisol Touraine continue, elle, de faire le dos rond et de se taire. 

Bertrand Delanoë, a prévenu dimanche qu'il ne "validerait aucune forme de démantèlement" des urgences de l'Hôtel-Dieu. "Depuis de nombreuses années la question de l'offre d'urgence à Paris est un des enjeux essentiels pour la vie quotidienne et la santé des Parisiens, souligne le maire de Paris dans un communiqué. C'est dans ce contexte que se pose la question de l'avenir de l'Hôtel-Dieu car dans l'attente des conclusions [d'un] groupe de travail, il est impératif qu'aucune décision prématurée et irréversible ne soit prise qui consisterait en fait à préempter l'issue de ce débat." "Je ne validerai aucune forme de démantèlement et je demande qu'un projet partagé et crédible, socialement juste et médicalement efficace, dont les Parisiens ont tant besoin, soit élaboré", prévient Bertrand Delanoë.

Lire aussi :

 

Thomas Lemahieu

30/10/2013

LA GAUCHE BOUGE de F. HOLLANDE

NEOLIBERAL depuis 1983

Après l'espoir suscité par l'arrivée de l'Union de la Gauche au pouvoir, avec l'élection, le 10 mai 1981, de François Mitterrand à la présidence de la République, la nomination de ministres communistes et les promesses de nationalisations tenues, c'est la douche froide dès 1983 avec un plan de "rigueur" chargé de remettre de l"ordre" dans les comptes publics. Sous couvert de "rigueur" ou de "désinflation compétitive", il s'agit d'amorcer la conversion du Parti socialiste à l'idéologie néolibérale.


François HOLLANDE  a collaboré à un ouvrage, LA GAUCHE BOUGE, édité en 1985, aujourd'hui "épuisé". Ce livre témoigne de l'adhésion au libéralisme d'un homme politique encore très jeune...

 Il a utilisé le pseudonyme de Jean-François Trans lors de la publication de ce livre, édité chez Jean-Claude Lattès.

Dès l'introduction, le lecteur est prévenu : "Finis les rêves, enterrées les illusions, évanouies les chimères. Le réel envahit tout..."

... Pas de langue de bois pour ce club des cinq qui veut gagner des postes importants au sein du Parti Socialiste, puis, à terme, au niveau national, en fondant un mouvement "Trans-courants" chargé de balayer les rentes des féodalités installés dans les différentes tendances du Parti Socialiste, au bénéfice d'un consensus autour d'une gauche dite "moderne" et libérale...

Il ne s'agit plus à la fin du XXe siècle d'assurer la représentation politique de la classe ouvrière ...

Fini la lutte des classes, vive l'individualisme. .. Individualisme négatif pour tous les exclus de cette révolution libérale. Une société duale qui fait donc l'impasse sur le conflit entre le capital et le travail.

La langue néolibérale accuse déjà les travailleurs de défendre les "avantages acquis" ou le "conservatisme" qui n'est plus un réflexe de riches, mais une nécessité des pauvres".

Les auteurs de LA GAUCHE BOUGE assument le tournant néo-libéral masqué sous le thème de la "rigueur" : "En réhabilitant non sans opportunité, l'entreprise et la réussite, la gauche, avec l'ardeur du néophyte, retrouve des accents que la droite n'osait plus prononcer, depuis des lustres, de peur d'être ridicule. Mais prenons garde d'en faire trop : pour faire oublier nos frasques égalitaristes, ne gommons pas notre vocation sociale".

Et le cynisme continue : "Ce n'est pas par calcul ou par malignité que la gauche a accepté de laisser fermer les entreprises ou d'entamer le pouvoir d'achat des Français. C'est par lucidité. Refuser ces évolutions et c'en aurait été fait de la perspective d'une gestion régulière du pays par la gauche".

Finis les idéaux politiques, bienvenue à l'expertise et à la gestion avec les postes et les positions de pouvoir liés à une alternance entre la droite et la gauche en harmonie avec le néolibéralisme anglo-saxon, ses "démocrates" et ses "républicains" aux Etats-Unis, ses "travaillistes" et ses "conservateurs" au Royaume-Uni.

... Face à un Parti communiste qui se durcit et se marginalise dans une opposition radicale à la social-démocratie, le Parti Socialiste retrouve les marges de manoeuvre nécessaires pour s'affirmer comme le pôle essentiel de rassemblement des réformistes et des modernistes.


L'alternance doit désormais apparaître naturelle, normale et durable. "Il n'y a donc plus pour les socialistes de perspective concevable d'union avec le Parti communiste français".

C'est tout naturellement que le club des cinq se revendique "libéral de gauche".

L'oligarchie s'organise. François HOLLANDE et ses quatre acolytes envisagent d'accentuer encore le caractère présidentiel du régime, qui d'ailleurs se réalisera sous Lionel JOSPIN lorsqu'il était Premier Ministre entre 1997 et 2002, avec l'inversion du calendrier électoral donnant la priorité à l'élection présidentielle. Les cohabitations entre la droite libérale et les libéraux de gauche sont également envisagées...

Rien n'empêcherait alors les Français de choisir un président de tendance politique différente de celle du Parlement.

François HOLLANDE est, semble-t-il, conscient du préjudice que lui causerait la révélation de sa coopération à cette profession de foi néolibérale puisqu'il ne mentionne pas l'ouvrage LA GAUCHE BOUGE parmi ses oeuvres dans sa notice du Who's Who de 2013.

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Le tournant néolibéral du Parti socialiste en 1983 est ainsi confirmé par cet ouvrage particulièrement important à lire puisque François HOLLANDE s'est fait élire président de la République en annonçant de faux combats contre les riches et contre la finance soi-disant sans visage. Il fallait en finir avec le "président des riches" et nous avons voté au second tour pour François HOLLANDE, il est vrai sans beaucoup d'illusions.

Mais nous avons été déçus objectivement tant le bilan est alourdi, avec la montée des licenciements boursiers, et aussi subjectivement, avec la perte de tout espoir et de tout crédit en la parole politique des socialistes.

 

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Quand la gauche a basculé à droite

C’est un anniversaire essentiel et qu’on a « oublié » de célébrer : il y a trente ans, en 1983, la gauche basculait à droite. En dix jours, au mois de mars, se déroule un thriller politique : le 13 mars encore, François Mitterrand souhaite une « autre politique ». Le 23 mars, c’est plié : ce sera le « tournant de la rigueur » et l’Europe de l’austérité. S’ouvre alors la « parenthèse libérale ».
Cet abandon, François Hollande ne le subit pas : il en tire une fierté. D’une oraison à Pierre Mauroy à un hommage à Pierre Bérégovoy, en passant par une génuflexion à Jacques Delors, l’actuel président glorifie les héros de ce virage gestionnaire. Se veut leur continuateur dans le reniement des espérances. Et il y parvient.

Impossible de comprendre la gouvernance d’aujourd’hui, le Parti socialiste, les choix économiques présents sans en revenir à cette période clé, déterminant pour l’avenir.

http://www.agoravox.tv/

...

C’est en relisant « La gauche bouge » livre collectif de « transcourants » du PS qu’écrivit François Hollande (sous le pseudo Jean-François Trans…) avec Jean-Yves Le Drian, Jean-Pierre Jouyet, Jean-Pierre Mignard qu’on prend la mesure de ce qui arrive.

Il y exposent ce que serait deviendrait la gauche, qui ne serait bientôt « … plus d’abord un projet économique… mais un système de valeurs. Ce n’est plus une façon de produire mais une manière d’être  », que «  Ce n’est pas par calcul ou par malignité que la gauche a accepté de laisser fermer les entreprises ou d’entamer le pouvoir d’achat des Français. C’est par lucidité. Refuser ces évolutions et ç’en aurait été fait de la perspective d’une gestion régulière du pays par la gauche  »…

et ces autres passages :

  • « Quant au repli sur la sphère privée, faut-il s’en plaindre ?… »

  • « Quelle place accorder à l’individu dans les vingt prochaines années… voilà le seul enjeu. La deuxième piste est plus évidente encore : la lutte contre le chômage exige une extension massive du travail à temps partiel ».

  • « La droite sera jugée sur un autre terrain que celui de l’emploi et de la sécurité : celui des mœurs..

29/10/2013

UN PRESIDENT NORMAL ?

François HOLLANDE s'est fait élire en promettant d'être un président "normal". Après la charge éruptive du président SARKOZY, avec ses annonces quotidiennes et un train de vie chic et cher, la normalité affichée de François HOLLANDE a permis à la France de retrouver un peu de calme et de sérénité. Mais la conséquence a été d'assoupir la vigilance des Français vis-à-vis de la mise en application des promesses du candidat.

En effet, le président normal s'est très vite révélé l'être plus encore qu'il ne l'aurait fallu. La normalité est allée jusqu'à en faire un militant du social-libéralisme. La règle d'or budgétaire a été votée dans la précipitation et la confusion, dès l'automne 2012, sans que le peuple français ait pu donner son avis sur une question aussi importante.

La stratégie de communication mise en place autour de la "normalité" est en total décalage avec des rapports sociaux de domination dont la violence est anormale.

Elle a comme objectif d'obtenir l'adhésion du peuple à la politique du président HOLLANDE et de son gouvernement dans un consensus mou, éliminant, voire discréditant et stigmatisant, les velléités contestataires de ceux et celles qui ne peuvent accepter l'inacceptable.

La sérénité apparente de ce président, après la fougue gesticulante du prédécesseur, est une autre forme de violence symbolique dans la douceur respectable d'une République apaisée.

Quand SARKOZY impressionnait, HOLLANDE rassure et rassérène. ENDORT ?

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28/10/2013

Insidieux, planétaire et non repéré

"Nous ne subissons pas une crise ni des crises, mais les effets d'une révolution. Un nouveau régime est près de s'établir, insidieux, planétaire et non repéré. Hégémonique, il est issu d'une idéologie politique masquée sous le terme vague et confus de "mondialisation".

Son but : divorcer d'une ère où le plus grand nombre possible d'hommes et de femmes était indispensable pour faire fonctionner la planète, le plus souvent au profit d'un petit nombre la dominant. De fulgurants progrès techniques, l'avènement de la cybernétique rendent aujourd'hui cette somme d'êtres humains de moins en moins nécessaire à ce fonctionnement, donc à ce profit- par là de moins en moins rentable aux yeux de la minorité prédominante, laquelle dès lors juge cette abondance de plus en plus superflue, vainement coûteuse, donc désavantageuse, c'est dire préjudiciable -soit, à défaut de la rejeter, une dépense à restreindre et très sévèrement.

Le nouveau régime s'y applique.

La crise se révèle être son meilleur auxiliaire, voire son instrument....

Sous son étau, les mesures antisociales les plus contestées semblent d'évidence nécessaires, urgentes, ou même désirables ; mises en oeuvre comme allant de soi, elles répondent aux rêves les plus fous des ultralibéraux.

Déjà, le chômage et autres calamités du même ordre prennent l'allure de dommages collatéraux inévitables, par là insignifiants..."

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Extraits

... "Les corps à vendre ne trouvent guère d'acheteurs, mais "les voix" ?

Les voix, elles, sont offertes et psalmodient en choeur une langue dénaturée qui altère la pensée, pilonne le politique ...

Comment ose-t-on nommer "plan social" un licenciement ? Comment cette expression a-t-elle pu devenir banale, d'un usage si machinal et courant ? Et comment  -c'est ici le vrai scandale- peut-elle être machinalement employée par ceux que visent ou que touchent les licenciements et par tous ceux opposés au système qui les permet ou, mieux, les favorise ?...

Le mot "social", alors telle une gifle, supposé définir le projet et l'acte d'expulser, de bannir, d'éjecter un être de sa place sociale, de priver une personne de ses moyens de vivre et qui présente chaque exclu comme l'heureux destinataire de projets altruistes élaborés par des interlocuteurs des plus attentifs.

On ne licencie plus, on ne vire plus, on ne "dégraisse" plus, on n'éjecte plus, on ne renvoie plus, on n'évince plus, on ne jette plus dehors, on ne chasse plus,  on ne congédie plus, on ne fout plus à la porte, on ne bousille plus aucun destin : on "ouvre des plans sociaux"....

 

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... A quel degré de soumission, d'acquiescements, de renoncements sommes-nous parvenus ?

Ce qui confond, indigne le plus (après tout, la ruse des autres pourrait passer pour de bonne guerre, ils sont ici fidèles à leur objectif), c'est l'usage que font eux-mêmes ceux qui en sont la proie, de ce discours cynique.

Comment les syndicats, les salariés eux-mêmes, la gauche osent-ils accepter ces termes, eux-mêmes les employer ?

Consentir à ce qui nie, annihile leurs problèmes, les bafoue ?

Cet affront pas même ressenti.

***

 

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Répondre à l'urgent "besoin" qu'a "le public" de "ces livres".

Après l'Horreur économique" paru en 1996, Viviane FORRESTER décédée en avril 2013, avait projeté de publier en janvier 2014 au Seuil, une vingtaine de feuillets, après L'Horreur Economique, ce livre au succès planétaire.

 
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