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29/03/2018

"La Loi sur le secret des affaires" ça vous parle ?

Le parti de M. Macron impose le secret des affaires, qui restreint la liberté d’informer

29 mars 2018 / Maxime Lerolle (Reporterre)

Au pas de course, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à protéger le « secret des affaires ». La loi a étendu ce « secret » au-delà du strict cadre commercial, menaçant journalistes et lanceurs d’alerte, et donc la liberté d’informer.

Mardi 27 mars, alors que s’ouvrait à Luxembourg le procès en appel d’Antoine Deltour à la suite de l’affaire des LuxLeaks, l’Assemblée nationale commençait à débattre de la proposition de loi concernant le « secret des affaires ». Hasard du calendrier ou coïncidence ironique ?

Quoi qu’il en soit, le gouvernement a décidé de passer en force sur une proposition controversée. Sa tactique ? Jouer la carte de la « procédure accélérée ». Sous prétexte de rapidité et d’efficacité, la proposition de loi aura été débattue et votée une seule fois, mercredi 28 mars, à l’Assemblée nationale, par 46 voix contre 20. Le Sénat, mi-avril, n’en parlera que durant une unique session. Contrairement aux propositions de loi ordinaires, il n’y aura pas de navette parlementaire entre les deux Chambres.

 https://reporterre.net/Le-parti-de-M-Macron-impose-le-secret-des-affaires-qui-restreint-la-liberte-d

 La loi sur le "secret des affaires", une menace pour les lanceurs d'alerte ?

Pour les signataires, dont font partie de nombreuses sociétés de journalistes, des lanceurs d'alerte et des militants anti-corruption,  "des scandales comme celui du Mediator ou du bisphénol A, ou des affaires comme les 'Panama Papers' ou 'LuxLeaks' pourraient ne plus être portés à la connaissance des citoyens".

 

En effet, si le texte examiné à l'Assemblée protège en théorie les journalistes, les lanceurs d'alerte pourraient malgré tout être poursuivis dans certains cas. Car la loi "Sapin 2" protège les lanceurs d'alerte quand ils révèlent des pratiques illégales, mais pas forcément des pratiques jugées immorales, contraires à l'éthique ou à l'intérêt général, comme celles précédemment citées. Dès lors, ce serait au juge de séparer les révélations qui protègent l'intérêt général de celles qui sont répréhensibles.

 https://www.lci.fr/politique/loi-sur-le-secret-des-affaires-une-menace-pour-les-lanceurs-d-alerte-2082764.html

 

 

Une quarantaine de personnalités, lanceurs d'alerte, journalistes, dont Patrick APEL-MULLER, directeur de la rédaction de "l'Humanité", représentants de syndicats et d'ONG, et une vingtaine de sociétés de journalistes, des personnels, des lecteurs, dont celles de "l'Humanité" alertent sur les dangers d'un texte garantissant "le secret des affaires" examiné au Parlement à partir du 27 mars, qui met "gravement en cause l'intérêt général et le droit des citoyens à l'information".

Plus de 143 000 personnes ont déjà signé cette pétition.

 

 

 "La loi sur le secret des affaires est un danger pour nos libertés fondamentales"

 

Mesdames, Messieurs,

Vous serez prochainement amenés à vous prononcer sur la proposition de loi portant sur "la protection des savoir-faire et des informations commerciales non divulgués (secrets d'affaires) contre l'obtention, l'utilisation et la divulgation illicites".

Ce texte est la transposition d'une directive européenne adoptée en 2016 malgré les mises en garde des ONG, des syndicats, des journalistes et l'opposition massive des citoyens.

 Elaborée par les représentants des lobbies des multinationales et des banques d'affaires, elle constitue une offensive sans précédent contre l'intérêt général et le droit des citoyens à l'information.

La loi "secret des affaires" a des implications juridiques, sociales et environnementales graves. Sous couvert de protéger le entreprises, elle verrouille l'information sur les pratiques des firmes et les produits commercialisés par les entreprises.

Des scandales comme celui du Médiator ou du biphénol A, ou des affaires comme les Panama Papers ou LuxLeaks, pourraient ne plus être portés à la connaissance des citoyens.

En gravant dans le marbre la menace systématique de longs et coûteux procès, cette loi est une arme de dissuasion massive tournée vers les journalistes, les syndicats, les scientifiques, les ONG et les lanceurs d'alerte.

Nous, signataires de cette pétition, lanceurs d'alerte, syndicats, ONG, journalistes, chercheurs et simples citoyens, nous opposons à l'application en l'état de cette loi en France et vous demandons de défendre le droit à l'information et l'intérêt des citoyens que vous représentez, en adoptant les amendements qui vous sont présentés pour restreindre son champs d'application aux seuls acteurs économiques concurrentiels.

 

Pour signer en ligne   info.pollinis.org/fr/stopsecretdaffaires/

 

 

Ajoutée le 28 mars 2018
 
 
Le mardi 27 mars 2018, Ugo Bernalicis intervenait pour défendre la liberté d'informer dans le cadre de la proposition de loi dite "secret des affaires". Il a rappelé que si le texte s'efforce de protéger les entreprises, la protection offerte aux entreprises ne doit toutefois pas se faire au détriment de la liberté de la presse. Il a critiqué le choix de la majorité de ne pas surtransposer ce que l'Union Européenne nous impose. Ugo Bernalicis a ainsi indiqué que nous pourrions faire mieux, nous pourrions inspirer les autres états membres. Soyons une force d'impulsion pour protéger les lanceurs d'alerte. "Vous érigez le secret des affaires comme une arme de dissuasion massive... Le rapport de force est si inégale que le lanceur d'alerte ou le journaliste renoncera à dévoiler l'information". Ugo Bernalicis a rappelé que les propositions de la France insoumise ne visaient pas à s'opposer aux entreprises mais à défendre nos libertés et droits fondamentaux. Il a milité pour qu'une dérogation en matière de terrorisme, proposée par la France insoumise soit ajoutée au texte. Il a souligné le risque que ce texte ne permettre que le droit de la presse ne soit entravé par le droit commercial.

 

 

 

 

Lettre ouverte au C.R.I.F. par Béatrice GOLDREICH

Béatrice Goldreich

Voici le texte que viens d'envoyer au CRIF.

C'est avec stupéfaction que j'ai appris que vous refusiez la présence de Jean Luc Mélenchon à la marche blanche en hommage à Mme Knoll. Premièrement, de quel droit ? Deuxièmement, et c'est le plus plus grave, ce faisant, vous insinuez que le FN ou La FI c'est la même chose ! Vous rendez vous compte de la gravité de votre acte ? Il n'y a dans la FI ni racisme, ni xénophobie ni antisémitisme ! Juive et Insoumise, j'ai le rouge de la honte qui me monte au front quand je vous entends (mais ce n'est pas la première fois !). Nous défendons, et moi la première, le droit des palestiniens à avoir une terre et le droit de vivre sans se faire humilier et massacrer chaque jour. Comment un peuple qui a subi un génocide, peut il en faire subir un à un autre peuple ? Je ne confonds pas le peuple israelien et l'administration israelienne, qui chaque jour déshonore un peu plus tous les juifs du monde. C'est d'ailleurs une ONG israelienne qui la première a parlé de crimes de guerre envers Netanyahu, et les manifestations se multiplient là bas pour dénoncer ce régime innommable. Le journal Haaret'z n'a de cesse de dénoncer la diaspora française pour sa complaisance à l'égard d'un gouvernement que je n'hésite pas à qualifier de fasciste ! Vous en êtes grandement responsable. Je ne me sens en aucun cas représentée par votre conseil qui ne représente plus que les politiques libérales et les intérets des lobbies d'affaires, juifs ou non. je n'habite plus la région parisienne depuis quelques mois, sinon je me serais fait un plaisir de venir rendre hommage à cette victime de l'antisémitisme, avec mon étoile de David et mon badge de la France Insoumise. Je ne vous salue pas, on ne salue que ceux que l'on estime. Mais j'attends une réponse. Ce texte sera diffusé sur les réseaux sociaux.
Béatrice Goldreich
13200 Arles

***

bravo Madame et merci

Heureusement que je ne me contente pas des infos télévisées aux ordres.

Sera-t-elle invitée sur les plateaux télés ? Je ne pense pas

MELENCHON STOIQUE FACE AUX INSULTES PROFEREES A SON ENCONTRE PAR QUELQUES EXCITES

LE PRESIDENT DU C.R.I.F. A MIS DE L'HUILE SUR LE FEU... ON SAIT POURQUOI ... ON N'A PAS LE DROIT DE CRITIQUER LA POLITIQUE D'ISRAEL...(http://www.ujfp.org/spip.php?article5900)

C'est un comble !

Dommage pour la tenue de la manifestation qui aurait dû se dérouler dans le calme, sans échauffourée, par respect pour la famille de la victime.

***

Michelle Tirone

il y a 6 heures Jean-Luc Mélenchon philosophe parvient à rester positif devant l'extrême violence occasionnée par le CRIF. Je crois qu'aux yeux de beaucoup, le CRIF s'est totalement discrédité.

 

A lire l'article de l'UNION JUIVE FRANÇAISE POUR LA PAIX

http://www.ujfp.org/spip.php?article6289

"Dans ce climat tendu et alors que le fils de la défunte invite celles et ceux qui le souhaitent à participer à la marche blanche prévue à 18h30 Place de la Nation, le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) n’en finit pas de semer la division et s’octroie même le droit de désigner les personnes qui ont leur place à ce moment de recueillement. Pourtant, en prétendant faire de la lutte contre l’antisémitisme la mère de toutes les batailles, et en amalgamant sciemment l’opposition à la politique israélienne et la haine des Juifs, son agenda se résume en réalité à relayer la propagande de cet État et à discréditer le mouvement de solidarité avec la Palestine en faisant de lui le ventre fécond de la bête immonde. Son inénarrable président, Francis Kalifat, ne recule devant rien – et sûrement pas devant la diffamation. Il l’a en effet prouvé une fois encore hier soir en renvoyant dos à dos le Front National et la France Insoumise : les « deux extrêmes » (sic) ne seraient pas les bienvenus à la Marche blanche organisée à la mémoire de Mireille Knoll.

La critique d’Israël à gauche, cette « forme réinventée de l’antisémitisme » pour reprendre la dangereuse formule du Président Macron, et l’antisémitisme, bien réel celui-ci, de l’extrême-droite, ce serait la même chose !

Si la ficelle est un peu grosse, elle n’est certainement pas nouvelle : c’est le carburant de la machine de propagande des soutiens hexagonaux hystériques à Israël."

 

 

ça ne m'étonne pas que ceux-là vomissent MELENCHON...

 

https://francais.rt.com/international/31427-vote-onu-contre-israel-antisemite

28 déc. 2016,

Sous le titre «Les Nations unies effacent l'histoire juive», le Centre Simon Wiesenthal a placé en haut de son top 10 des actes antisémites et antisionistes le vote de la résolution de l'ONU jugeant illégales les colonies israéliennes en territoire palestinien.

Selon le centre Simon Wiesenthal, la troisième place de de la haine anti-israélienne et anti-juive est revient à la France et son gouvernement, coupables d'avoir été «le premier membre de l'Union européenne à appliquer la directive concernant l'étiquetage des produits israéliens fabriqués au-delà des frontières de 1967».  

 

  •  
    Tout à fait. Ils se servent à tout va de ce prétexte pour éviter tout débat et toute condamnation de leur politique terroriste. Ils sont en outre responsables de la déterioration de la situation de tout le monde arabe. En sus, ils ne se gênent pas d'intervenir dans d'autres pays souverains pour assurer leurs petites affaires et garder la haute main militaire sur la région. La réaction à cette condamnation est le révélateur brillant de leurs manies.
     
  • L'acte le plus sionniste depuis des années c'est d'avoir colonisé le monde en nous insultant de goy
     

 

  • Ce n'est pas une insulte. Cela veut dire "non-juif". Rien de plus.
 
  •  Hé, oh, les sionistes, l'ONU n'a pas condamné Israel mais la COLONISATION des territoires palestiniens par  Israel...!! Il se confirme donc que critiquer la POLITIQUE d'Israel est considéré comme de l'anti-sémitisme ! Conclusion : Israel a le droit de tout faire.

Antisionisme et Antisémitisme par Michelle SIBONY, juive et antisioniste

http://www.ujfp.org/spip.php?article5900

 

Michèle Sibony : « Critiquer Israël n’est pas antisémite »

vendredi 6 octobre 2017

Interview parue le 3 octobre sur le site du "Courrier"

 

Juive et antisioniste, la militante française Michèle Sibony défend son combat contre la nature religieuse et coloniale de l’État d’Israël. Elle sera dès demain en Suisse romande.

Propos recueillis par Christophe Koessler.

Le 16 juillet dernier, le président français, Emmanuel Macron, déclarait sans sourciller face au premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu : « Nous ne cèderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. » Une grave accusation qui a fait bondir l’ensemble des milieux de soutien au peuple palestinien en France et de par le monde, dont nombre d’entre eux se déclarent ouvertement antisionistes. Parmi eux, les militants de l’Union juive française pour la paix (UJFP), qui dénoncent une grossière manipulation. Sa vice-présidente, Michèle Sibony, sera à Genève mercredi 4 octobre et à Lausanne jeudi 5 octobre pour un cycle de conférences intitulé sobrement « Antisionisme et antisémitisme, quelle différence ? » Avant-goût.

 

Pouvez-vous définir l’antisionisme et l’antisémitisme ?

Michèle Sibony : C’est de l’ordre du bon sens le plus élémentaire. L’antisémitisme est une forme de racisme, c’est l’essentialisation des Juifs en tant que Juifs, c’est la haine des Juifs parce qu’ils sont Juifs. L’antisionisme, c’est la critique d’une idéologie qui vise à la création d’un État juif en Palestine, par l’expulsion et l’oppression de la population palestinienne autochtone, et par un colonialisme de peuplement.

Le sionisme est l’enfant des idéologies européennes du milieu du XIXe siècle : la formation d’États-nations, au moment de la désintégration de grands empires européens, et la constitution des grands empires coloniaux.

L’idée, à l’époque, est qu’à chaque entité nationale doit correspondre un État et une terre. Le colonialisme européen permet alors de s’emparer d’autres territoires, en Afrique, en Asie... Le sionisme est une émanation parfaite de ces deux idéologies, il considère que le peuple juif constitue une nation sans terre, qu’il doit pour se normaliser créer son État, et il cherche une terre sur laquelle installer cet État. La Grande-Bretagne lui fournira le terrain en Palestine, avec la déclaration Balfour. Cela aboutit à la création de l’État d’Israël comme État national juif en 1948 sur la terre de Palestine au détriment de tous les droits du peuple palestinien. Aujourd’hui, l’antisionisme désigne la critique du sionisme et par voie de conséquence le régime mis en place en Israël.

 

L’antisionisme a d’abord été porté par des juifs…

Oui, autant le sionisme que l’antisionisme sont d’abord des idéologies juives. A la fin du XIXe siècle, le sionisme cherche à trouver une solution à l’antisémitisme par une définition nationale juive. Dès la naissance du sionisme, de nombreux juifs s’y opposent, la majorité en fait. Ceux-ci sont de toutes obédiences, religieux-orthodoxes, « assimilationistes » – qui cherchent à affirmer leur place de citoyen dans les pays où ils vivent – ou internationalistes. Sans parler des juifs du monde arabe qui n’étaient au départ ni intéressés ni même visés par le projet sioniste.

On se souvient de Lord Montagu, le ministre des Armées anglais. Lors de la déclaration Balfour, qui promit un foyer national juif en Palestine, il reprocha au gouvernement britannique de faire des sujets britanniques juifs des étrangers dans leur pays, et évoquait un risque généralisé à toute l’Europe et la Russie.

Vous êtes vous-même juive et antisioniste, comme les membres de l’UJFP. Comment se manifeste votre antisionisme ?

Nous remettons en question la nature du régime de l’État d’Israël, soit l’affirmation que l’État israélien est l’État du peuple juif, que sa terre appartient au peuple juif, et donc pas à ses habitants palestiniens. Cela nous apparaît comme contraire à la définition de toute démocratie moderne. En France, par exemple, tous les citoyens sont égaux. Ils participent tous de la Nation française. En Israël ce n’est pas le cas : il n’est pas l’État de tous ses citoyens. Il y a une différence entre la citoyenneté, qui peut aussi être accordée à des citoyens d’origine palestinienne, et la nationalité, qui ne l’est pas. Les Palestiniens vivant en Israël sont des citoyens israéliens de nationalité arabe. Or, la nationalité juive confère des droits refusés aux Palestiniens. L’État est de nationalité juive, la terre appartient à la nation juive.

Cela aboutit à des dizaines de lois discriminantes à leur égard, faisant d’eux des citoyens de seconde catégorie. Sans parler de l’occupation et de la colonisation qui continuent... en violation du droit international.

En luttant contre l’Apartheid, étions-nous racistes contre les Blancs d’Afrique du Sud ? Est-ce que nous voulions le démantèlement de l’État sud-africain, jeter tous les Blancs à la mer ? Non. Nous voulions que l’État sud-africain reconnaisse comme égaux tous les Sud-Africains, quelle que soit leur origine.

Être antisioniste pour nous aujourd’hui c’est exiger l’égalité de tous les habitants vivant sous la souveraineté israélienne entre la mer et le Jourdain.

 

Est-ce que contester la légitimité de l’État israélien, qui, pour devenir un Etat à majorité juive, a expulsé plus de 800 000 Palestiniens de son territoire en 1948, est antisémite ?

La question ne se pose pas en ces termes, même par les Palestiniens. Ce sont les propagandistes sionistes qui affirment que les antisionistes délégitiment Israël ou veulent le détruire. Même l’ancienne charte de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) concevait un État laïque et démocratique pour tous ses habitants, juifs, chrétiens et musulmans. La légitimité d’un État qui pratique l’apartheid, l’occupation, la colonisation ne peut s’acquérir que s’il change de nature. Lutter pour la fin d’un tel régime politique, je ne vois pas en quoi c’est antisémite. Ce n’est pas parce que ses citoyens sont juifs que l’État d’Israël est critiqué, mais parce qu’il met en place un régime colonial et des lois discriminantes. Ceux qui ont intérêt à entretenir cette confusion sont les dirigeants israéliens puisqu’ils considèrent leur État comme celui de tous les juifs du monde. Ce sont eux qui tentent d’imposer l’équation tout juif est sioniste, donc tout antisioniste est anti-juif.

Le cas Dieudonné n’a-t-il pas quelque peu brouillé les cartes en France ? Voici un antisioniste qui a dérivé vers un antisémitisme à peine déguisé… Sans parler du réseau Égalité et réconciliation, notoirement antisémite.

Bien avant Dieudonné il y eu des mouvements antisémites qui se disaient antisionistes. Il y a toujours eu des tentatives de brouillage, marginales, se servant de l’antisionisme pour diffuser leur antisémitisme. Dieudonné a eu un parcours inverse. Je ne pense pas qu’il était antisémite, il l’est devenu. Ce n’est pas acceptable pour autant. Ces gens-là rendent d’ailleurs un fort mauvais service à la cause du peuple palestinien.

A l’inverse, il y a toujours eu en France des courants d’extrême droite qui étaient antisémites et sionistes. Vous en trouvez actuellement aux États-Unis, dans les manifestations racistes de Charlottesville par exemple, où ont défilé des antisémites violents et tout à fait sionistes. Comme on en trouve en ce moment à la tête du gouvernement américain, ce qui n’a pas l’air de déranger le gouvernement israélien qui ne les condamne pas. Netanyahu a dû vraiment se faire prier, notamment par les organisations juives américaines, pour condamner du bout des lèvres les manifestations antisémites de Charlotteville.

C’est une vieille histoire, l’antisémitisme a nourri le sionisme, il l’a rarement gêné. Le sionisme est né de l’antisémitisme, et s’est développé avec lui, il s’est toujours appuyé sur l’antisémitisme, pour justifier son projet de création d’État d’Israël au départ, et aujourd’hui pour justifier la persistance de son régime raciste.

 

Pression sur la solidarité internationale

Vous dites que ce débat entre antisionisme et antisémitisme sert à faire diversion.

Il est construit et promu par la politique israélienne et ses organes de propagande dans un seul but : nous empêcher de parler de ce que fait le régime israélien sur le territoire qu’il occupe, celui des Palestiniens. Si on parlait d’antisionisme, on serait sur un terrain idéologique et politique. Il s’agit pour les dirigeants israéliens d’éliminer le terrain politique puisque c’est là qu’ils ne peuvent répondre, et qu’il n’y a pas de justification possible. En revanche, sur le terrain du racisme antisémite, avec le sentiment de culpabilité des Européens, le souvenir du judéocide, la peur entretenue des juifs, là, on fait oublier la Palestine. L’antisémitisme, c’est le terrain sur lequel les gouvernants israéliens confortent leur régime politique, en faisant taire ce qu’il signifie pour la population opprimée.

Comment interprétez-vous la confusion entretenue au plus haut de l’État français entre antisionisme et antisémitisme ? Est-ce un acte délibéré de soutien à Israël ?

Le renforcement des alliances de l’Europe et des États-Unis avec Israël depuis l’échec du processus d’Oslo à la fin des années 1990 explique cette manipulation. La France a été le premier État à adopter une circulaire visant à criminaliser le mouvement Boycott, Sanctions et Désinvestissements (BDS). Cette alliance s’est doublée de la désignation par le néo-conservatisme d’un ennemi commun depuis le 11 septembre : l’islam. Un combat contre l’axe du mal. C’est ce qu’a déclaré Benjamin Netanyahu au président Emmanuel Macron lors de sa visite en juillet dernier en France à l’occasion de la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv de 1942, juste après sa redéfinition de l’antisionisme : « Votre lutte contre l’islam militant est notre lutte. »

 

Ce discours a-t-il déjà fait des dégâts en France et dans le monde empêchant des militants critiques de la politique d’Israël de s’exprimer ?

Certainement. Les militants de BDS ont été soumis à de nombreux procès en France. On a observé aussi une forte pression de l’exécutif sur le pouvoir judiciaire en France, qui n’hésite pas à demander aux procureurs d’instruire et de poursuivre les cas de boycott. Dans la grande majorité des cas, les juges, très irrités je crois d’être sollicités pour ce genre de cas, ont prononcé des non-lieux en première instance. Ce sont les procureurs qui ont renchéri ensuite.

On a exactement le même procédé avec les « délinquants solidaires » en France, qui défendent les migrants par exemple. Les procureurs doivent insister pour obtenir des condamnations en faisant appel de décisions très modérées en première instance. On constate donc un prise de pouvoir du politique sur le judiciaire. Cela montre un profond clivage entre la société civile et les gouvernements, que ce soit sur la question israélienne ou sur celle des migrants.

L’UJFP vient de publier cinq clips vidéos intitulés « Paroles juives contre le racisme » [*].

 

28/03/2018

Marche blanche contre l'antisémitisme : il faut écouter le fils de Mireille Knoll, pas le Crif

Le chef de file de la France insoumise se rendra à la marche blanche, accompagné de députés LFI, malgré la position du président du conseil des institutions juives de France.  

Jean-Luc Mélenchon se rendra à la marche blanche organisée mercredi à Paris en mémoire de Mireille Knoll, une octogénaire juive tuée la semaine dernière, malgré le refus du Crif de la présence du FN et de LFI, a indiqué son entourage.

Accompagné des députés LFI. Le chef de file de La France insoumise, qui avait fait savoir dès mardi qu'il s'y rendrait, sera accompagné des députés LFI, a-t-on précisé. "C'est difficilement supportable. Nous avions prévu d'y être et nous y serons en toute hypothèse (...) Nous n'appelons à la haine absolument jamais", a affirmé sur LCP le député LFI du Nord Adrien Quatennens.

Un peu plus tôt, la présidente du FN Marine Le Pen avait elle aussi annoncé qu'elle participerait à la marche blanche.

 Octogénaire tuée : Mélenchon ira à la marche malgré le refus du Crif
 
 
https://www.marianne.net/debattons/editos/marche-blanche-contre-antis%C3%A9mitisme-il-faut-ecouter-fils-mireille-knoll-pas-le-crif
 

Marche blanche contre l'antisémitisme : il faut écouter le fils de Mireille Knoll, pas le Crif

 

Alors que la France entière a été bouleversée par l’horrible assassinat de Mireille Knoll, survivante de la rafle du Vel’d’Hiv, âgée de 89 ans ; alors qu’une marche blanche est organisée, ce mercredi 28 mars à 18h30 depuis la place de la Nation à Paris, pour dénoncer cette nouvelle manifestation d’un antisémitisme que l’on espérait ne jamais revivre, il se sera trouvé quelqu’un pour opérer un tri sélectif des manifestants et décréter que certains n’avaient pas leur place dans le cortège des antiracistes. Et pas n’importe qui puisqu’il s’agit de Francis Kalifat, président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France).

A l’en croire, ni Marine Le Pen ni Jean-Luc Mélenchon ne seraient habilités à venir saluer la mémoire de Mireille Knoll. Francis Kalifat dit vouloir le plus large rassemblement, mais sans les deux noms précités.

On passera sur l’amalgame entre deux familles politiques qui ne représentent pas vraiment les mêmes courants de pensée, et qui se retrouvent soudain jetées dans le sac commun de l’opprobre. Le président du Crif semble avoir oublié qu’à une certaine époque, leurs aïeux respectifs se retrouvaient les uns du côté des Collabos, les autres parmi les Résistants, et que nul alors ne les aurait confondus. Certes, les temps ont changé, mais pas au point d’effacer les leçons de l’histoire.

On ne pouvait envoyer pire message dès lors qu’il faut rassembler au-delà des confessions

On oubliera que dans un passé récent, Roger Cukierman, lui-même ex président du Crif, assurait que Marine Le Pen était « irréprochable personnellement », comme quoi tout le monde a ses faiblesses.

On passera sur la facilité avec laquelle le Crif se croit habilité à considérer que toute critique du gouvernement d’Israël est le premier pas vers l’antisémitisme, ce qui concernerait tous les juifs partisans d’un Etat palestinien.

On retiendra qu’au moment où il faut réunir contre l’antisémitisme tous les Français quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent, Francis Kalifat se croit moralement en droit de dire quels sont les bons et les méchants, sur une base idéologique douteuse. On ne pouvait envoyer pire message dès lors qu’il faut rassembler au-delà des confessions, des communautés de pensée, et des engagements politiques.

Merci, Daniel Knoll

Fort heureusement, le Crif n’a pas le monopole de la lutte contre l’antisémitisme ou contre toutes les formes de haine, y compris chez les juifs de France, qui sont loin de se reconnaître dans une association qui prétend parler en leur nom. Nul ne peut instrumentaliser le combat contre le racisme, qui concerne tous les citoyens.

Voilà pourquoi on saluera tous ceux qui se sont élevés contre les injonctions de Francis Kalifat, parmi lesquels de nombreux juifs, d’ailleurs, membres ou pas du Crif.

On rendra notamment hommage au fils de Mireille Knoll, Daniel Knoll, qui a déclaré à la télévision : « Le CRIF fait de la politique et moi j’ouvre mon cœur à tous ceux qui ont une mère, c’est-à-dire à tout le monde ». Et d’ajouter : « Tout le monde est concerné ». Merci, Daniel Knoll, pour cette leçon d’humanisme sans sectarisme. C’est le meilleur hommage que l’on puisse rendre à une femme qui fut l’épouse d’un survivant d’Auschwitz.

 

 
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