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06/05/2017

LEGISLATIVES : ACCORD EN VUE entre Insoumis et Communistes

Législatives : après de fortes tensions, accord en vue entre Insoumis et Communistes

On n’a jamais été aussi proche d’un accord entre la France insoumise et le Parti communiste français en vue des élections législatives. Jusqu’à présent toutes les discussions s’étaient soldées par des échecs.

 

A défaut de trouver une entente sur l’ensemble du territoire, c’est avec « un accord de désistement réciproque » que le mouvement porté par Jean-Luc Mélenchon est revenu vers le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, ce jeudi matin. Si ces désistements avaient déjà été évoqués par les deux alliés, les Insoumis ont proposé pour la première fois leur liste précise comprenant 52 circonscriptions : 26 circonscriptions dans lesquelles ils acceptent de se désister, et 26 autres où ils demandent aux communistes de faire place nette.


Les députés sortants PCF préservés

 

Les communistes se verraient ainsi réserver les circonscriptions de ses 7 députés sortants, auxquelles s’ajouteraient 8 autres (dont les bastions de Gennevilliers ou Bagneux dans les Hauts-de-Seine, ou une partie de Saint-Denis). La France insoumise précise qu’elle a déjà investi dans 11 autres circonscriptions « des candidats issus du PCF ou rattachés » à lui. Voilà pour les premiers 26.

 

Les insoumis réclament pour leur part d’être laissés seuls candidats dans plusieurs secteurs de Marseille, où Mélenchon a réalisé de hauts scores, mais également à plusieurs endroits à Paris (6e, 9e, 10e, 15e, 16e 17e circonscriptions). Les lieutenants du patron des Insoumis (Alexis Corbière à Montreuil, Charlotte Girard en Essonne, Eric Coquerel à Saint-Denis…) feraient aussi partie de l’accord. Il n’est toujours pas exclu que Jean-Luc Mélenchon lui-même soit candidat.

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2 JOURS AVANT DE REGLER SON COMPTE A LE PEN .. J.Luc MELENCHON déroule la partition de la présidentielle

18238134_10202941384693827_4424499426689363881_o.jpg dans Actus, Notes JLM

Comme un piano mécanique, la présidentielle déroule sa partition écrite de longue main. Le deuxième tour où tout électeur est pris en otage pour faire élire n’importe qui d’autre ou sinon c’est Le Pen, prouve son efficacité. Nous allons en effet tous refuser notre voix à Marine le Pen, quelle qu’en soit la forme et le prix. Nos maîtres chanteurs ont gagné. Leur chantage pervers avait commencé dès le début, il y a plus d’un an et demi. Comment oublier l’épisode «Juppé, seul capable de bloquer Le Pen » ? Et les gogos de la « gôche » cotisant pour voter « Juppé » à la primaire de la droite ? Boudi ! On croirait que c’était il y a cent ans ! Non, c’était juste en novembre dernier !

La farce s’est prolongée au fil des mois. Seule changeait de temps en temps la figure du pion de secours. Il faut dire que la combine avait si bien marché aux élections régionales ! La gauche votant Estrosi ou Xavier Bertrand, quelle apothéose ! Déjà, nous avions dit non. Qui s’en souvient ? Pour ma part je n’ai pensé qu’à cela, à ce qui s’était passé, aux déchirements d’alors tout autour de moi, parmi les gens que j’aime et ceux que je respecte. Les moutons de panurge du « front républicain », de leur côté, ont une mémoire de poisson rouge. Mais il est vrai que leur intérêt est de faire comme si tout cela n’avait pas déjà eu lieu puisqu’il s’agit de tout recommencer.

Cette fois-ci, le final de la comédie a été en apothéose, avec l’explosion finale des unes hebdomadaires et parfois quotidiennes : Macron à l’endroit , Macron à l’envers, Macron bébé, Macron enfant, Macron au ski, à la plage, certes creux et parlant beaucoup pour ne rien dire mais tellement… tellement Maacronnn quoua !

Tout ce dressage rustaud avait pourtant failli dérailler quand il est devenu évident qu’en dépit de tous les barrages de calomnies, citations truquées, sondages en accordéon, je parvenais à me glisser dans le mouchoir de poche des éligibles au deuxième tour. Aussitôt, les orgues de Staline du parti médiatique se sont mis en place. Pendant quinze jours, les indignés de circonstances ont mitraillé sans pause et se sont mobilisés pour « faire barrage à Mélenchon ». Cuba mais pas Qatar, Poutine mais pas Erdogan, Alba mais pas Raka et Lafarge. Sans un mot contre Le Pen, les médiacrates qui n’ont jamais rien fait d’autres que de lui servir la soupe et la dédiaboliser au fil des mois et lui donner jusqu’au double de mon temps de parole, se sont dressés sur leurs ergots tout en haut du tas de fumier de la ferme des animaux.

Aucune bassesse ne fut de trop, aucune infamie ne fut négligée. Tout y passa, de la pseudo panique boursière jusqu’au plus viles insinuations dans lesquelles excella, cela va de soi, le plus doué pour cet exercice, le misérable François Hollande me traitant de dictateur. Sans oublier le bon vieux rayon paralysant certes bien démonétisé par l’abus d’usage : l’accusation d’antisémitisme et le pilonnage des sectes communautaristes de tous poils. Ouf ! À 600 000 voix près, le pire fut évité, je fus recalé du second tour. Et ainsi de suite jusqu’à cet accomplissement du néant que fut le calamiteux « débat » du mercredi d’entre deux tours. Quelle tristesse ce soir-là ! Voilà où en est la France poussée dans un enclos de seconde zone par les manipulateurs.

Les mêmes ont donc réembouché leurs trompettes de stigmatisation pour le deuxième tour. Ni la droite, ni les fillonistes qui fournissent le gros des transferts de voix vers le vote Le Pen ne furent interpellés. Ce sort fut réservé en exclusivité à notre équipe sur le mode du chantage a plein régime, et de l’injonction à l’anéantissement de la pensée ! Evidemment, tous les tireurs dans le dos s’y adjoignirent aussitôt comme à chaque étape de notre combat. Des naïfs ont cru que c’était en lien avec les circonstances. Comme si ça concernait vraiment le deuxième tour.

Non, tout tient dans une réalité simple : les élections législatives ont commencé. Ce n’est pas pour rien qu’un premier sondage annonce déjà la majorité pour les candidats de « En Marche ». Bien sûr, nous sommes sondés en tant que « Front de gauche » quoi que celui-ci n’existe plus depuis deux ans et soit devenu le cache sexe usuel du PCF. Cette nouvelle manipulation est un aveu elle aussi. Elle signifie que les législatives sont pour la première fois depuis bien longtemps incertaines comme l’a été l’élection présidentielle elle-même. Mais elles concentrent l’enjeu politique du pouvoir depuis que le deuxième tour est une formalité, une partition écrite d’avance. Dès lors, le vieux monde veut surtout se débarrasser du risque qui l’a tant effrayé à l’élection présidentielle. Tous les partis de la tambouille se sont donnés le mot pour dénigrer et tenter de faire chanter les récalcitrant. Les copains de chambrée qu’ils sont se retrouvent avec plaisir.

Demain, bien sûr, sous Macron, chacun d’eux pourra montrer son certificat de baptême républicain à l’heure des subventions, des réserves parlementaires, des dotations, allocations, nominations, promotions, distinctions et tutti quanti. Mais leur but présent est évidemment de disqualifier et de stigmatiser les odieux insoumis et leurs prétentions de renverser le rapport de forces dans les élections législatives !

Mais il y a davantage. L’idéal pour le scénario macroniste, dans le droit fil de la comédie des présidentielles, c’est qu’il n’y ait pas d’autres opposition que celle de l’extrême droite. Et que tout le reste forme au fond une seule et même famille politique que seules des nuances sépareraient. C’est ce scénario que notre position indépendante ruine. En refusant de mettre ma parole au service de ce calcul, nous avons rendu possible l’unité de tous ceux qui refusent l’embrigadement macroniste sous prétexte de Front national. Cette catégorie inclut non seulement les abstentionnistes politiques, les votes blancs et nuls mais aussi les personnes qui ont voté Macron au deuxième tour par sentiment de responsabilité morale.

Car il faut le dire à cet instant : nombre d’entre nous, votants insoumis, auront voté Macron. Et parmi tous ceux qui l’ont fait, insoumis ou pas, nombre sont impatients d’en découdre avec Macron à la première occasion. Tous sont bienvenus dans les files qui vont se fédérer. C’est pourquoi les enragés de la comédie macronistes ne pouvaient se contenter de notre consigne « pas une voix pour le Front national ». Ils ne voulaient  pas relever que l’option « vote Front National » n’était pas proposée dans la consultation des insoumis. Ils se sont empressés de nous attribuer un « ni-ni » qui n’a jamais été notre position.

Et de même pour les résultats de la consultation des 450 000 engagés du mouvement. Nous avions clairement annoncé qu’il ne s’agirait pas d’une « consigne » mais de l’expression du point de vue de ceux qui le donneraient.

Certes, la méthode est totalement inhabituelle. Et la paresse est un des problèmes récurrent de l’incurie médiatique. Mais tout de même ! Quelle avidité à faire dire à cette consultation qu’il s’agissait d’un « appel à voter blanc ou a s’abstenir » ! En cela, une fois de plus, ils signaient un aveu : ce n’est pas le résultat électoral qui comptaient à leur yeux. La priorité était de stigmatiser.

Car ce qui est attendu de chacun c’est la capitulation politique, le ralliement exigé comme ticket d’entrée au réfectoire de la bonne société. C’est tellement évident ! On le vérifie quand on voit que pas uns de nos détracteurs n’a eu une parole de condamnation comparable à celles qu’ils prononcent contre nous face aux syndicats de salariés, CGT, FO, Solidaires. Pourtant nous avons repris les mots et les arguments de ces derniers.

Bilan. Certes, les manipulations ont encore une fois fonctionné cela est évident. Certes, la victoire des médiacrates calomniateurs est sous nos yeux. Nous avons été éliminé du second tour à 600 000 voix près. Nous sommes encore sous le feu continu des canon des bien-pensants. Pour autant, ne perdons pas de vue l’essentiel. Rien n’a pu empécher 7 millions de suffrages de se regrouper en dépit de tout. Le sens profond de ce vote est intact. La société française ne peut être écartée de ses aspirations écologiques et sociales qu’au prix de manipulations de plus en plus en plus hasardeuses. Et la puissance de ce qui couve va se voir une fois de plus dimanche soir. Madame Le Pen battue, monsieur Macron élu, ce sera le devant du tableau.

Les faits qui vont structurer l’avenir proche ont une autre source. À la sortie des urnes dimanche, il y aura davantage d’abstentionnistes et de vote blancs et nuls que de bulletins dans l’urne pour le sauveur suprême désignés par les 9 milliardaires qui contrôlent 90 % des médias de notre brillante démocratie. Certes, les organisateurs de cette comédie n’en auront cure. Ils diront avoir triomphé. Et leur erreur sera de le croire eux-mêmes. On peut compter sur l’arrogance de Macron pour s’en aveugler aussi. Et pour passer à l’offensive sociale aussitôt que possible. Car son programme, sa méthode et son élection n’ont pas d’autre finalité que de mener cette guerre sociale qu’exige la Commission européenne et la droite européenne. Tout le reste n’est qu’apparence.

La France est le pays qui compte le record de millionnaires, qui sert le plus haut niveau de dividendes aux actionnaires, et ainsi de suite. C’est cela dont toute cette comédie électorale est le paravent. Alors, dans ce contexte, quand tout aura changé pour que rien ne change, les feux d’artifice éteint et les joies de commandes remisées au vestiaires, il ne restera rien que le goût des cendres amères servies à foison. Les gens simples vont mesurer l’ampleur du racket social qui va leur être infligé. Il ne restera que les lacrymos dans la rue, les saisies sur salaires, les coupures d’eau et d’électricité, et ainsi de suite. La misère va exploser. Macron ce sera pire que Hollande qui lui-même était pire que Sarkozy.

Comme je connais le nombre de plumes éthiques et indépendantes qui gardent la chiourme, je me fais un devoir de répéter ici : pas une voix pour le Front national bien sur. Mais notre souffrance pour les gens et pour le pays ne cessera pas de sitôt. Elle durera aussi longtemps que la chaîne ne sera pas rompue quelque part en Europe. Le devoir de résistance commence dès le résultat de l’élection présidentielle. Notre devoir est de saisir toutes les opportunités pour en finir le plus vite possible. Et l’élection législative est la première et la plus formidable de ces occasions ! Car c’est elle qui nous permet de refuser de donner les pleins pouvoirs au gouvernement Macron.

 

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05/05/2017

UN PSYCHOPATHE PAS DIGNE DE CONFIANCE... Emmanuel MACRON vu par un psychiatre

Le professeur Adriano Segatori est un psychiatre et psychothérapeute italien. Son analyse du profil d’Emmanuel Macron, basée notamment sur sa biographie et ses images de campagne, le pousse à conclure, de manière très argumentée : « Macron est un psychopathe qui travaille uniquement pour lui-même. »

 

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MACRON A 15 ANS QUAND IL Y A SEDUCTION AVEC SA PROFESSEUR DE 39 ANS

BRIGITTE

PEOPLE ... PEOPLE... CES DEUX-LA

Ils ne craignent pas de poser ici et là, de raconter leur vie

Gala

Ils se rencontrent sur les bancs de l'école, mais Brigitte ne se tient pas debout, face au jeune élève studieux Macron. De la sixième à la première, c'est dans l'ensemble scolaire La Provi­dence à Amiens qu'il découvre les joies des études. Brigitte Macron est déjà mariée, et se fait appe­ler de son nom d'épouse Brigitte Auzière. Elle est profes­seur de français, et anime le club de théâtre où le sérieux d'Emma­nuel laisse place à un peu de folie. Elle ne l'a jamais eu en cours, juste au sein du club de théâtre.

C'est sans doute cette liberté qui tapera dans l'oeil de celui qui est plus que jamais en lice pour deve­nir le prochain président de la Répu­blique.

Brigitte Macron confiera plus tard sur cette rencontre, "Je ne l’ai jamais vécue comme une trans­­gres­­sion. (…) Je ne l’ai jamais consi­­déré comme un élève".

Brigitte divor­cera et s'instal­lera à Paris quelques temps plus tard. Cette rencontre et cette union inso­lites font égale­ment d'Emma­nuel Macron, un homme hors normes. 

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04/05/2017

LE DOUBLE DISCOURS DU F.N

Le Pen, non !

 

Malgré les efforts de Marine Le Pen pour apparaître comme la candidate des classes populaires, les élus Front national votent systématiquement les textes les plus libéraux.

Longtemps, le FN n’a pas eu l’oreille du patronat. Laurence Parisot, alors présidente du Medef, s’était même fendue d’un pamphlet contre le parti d’extrême droite en 2011. Jusqu’en 2015, le syndicat patronal affichait généralement une défiance contre les velléités « protectionnistes » hostiles à l’Union européenne du FN, dont le programme ressemblait, selon les patrons, « à celui de l’extrême gauche ». Les choses ont peu à peu changé – tout comme les sondages d’ailleurs –, et Pierre Gattaz a récemment rompu avec cette ancienne position. Il a ainsi exprimé, à la mi-janvier, sa « volonté de traiter le FN comme les autres partis à l’occasion de la présidentielle », en invitant la candidate FN à venir s’exprimer devant les principales fédérations du Medef. Déjà, l’an dernier, lors des élections régionales, Wallerand de Saint-Just avait été reçu, au même titre que Claude Bartolone (PS) et Valérie Pécresse (LR), têtes de liste en Île-de-France. Le trésorier du FN n’avait pas caché sa satisfaction : « Ils disent des méchancetés sur nous lorsqu’ils sont seuls à la télévision, mais ce sont des gens bien élevés par ailleurs. »
 
À croire que le Medef a décidé d’être prudent – et de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier électoral… Il est vrai que, si le FN, dans ses efforts de « dédiabolisation », tente de se faire passer pour un parti défendant les classes populaires, ses élus ne cessent d’approuver ou de proposer des mesures des plus libérales. Ce qui est d’ailleurs de longue tradition pour l’extrême droite dans l’histoire. Le FN de Jean-Marie Le Pen, dans les années 1980 et 1990, ne cachait pas ses positions en faveur d’une économie de marché dérégulée. Plus récemment, lorsque la loi travail était examinée au palais du Luxembourg, les deux sénateurs FN David Rachline et Stéphane Ravier ont déposé des amendements aggravant le texte, destinés à mieux contourner les organisations syndicales, avant de les retirer promptement pour ne pas écorner l’image du parti vis-à-vis du monde du travail. Mais ce sont surtout les eurodéputés FN qui révèlent le caractère néolibéral du parti, avec des votes qui en disent long sur la politique économique qu’il mettrait en œuvre s’il arrivait au pouvoir. Comme pour la loi travail, les eurodéputés FN ont voté contre tous les amendements visant à renforcer le pouvoir des salariés et de leurs représentants face aux restructurations et aux licenciements boursiers. De même, comme le souligne Pervenche Berès, députée socialiste à Strasbourg, dans un petit livre sur l’action des eurodéputés FN [2], en matière de défense des droits des travailleuses, « ils ont voté contre les huit rapports présentés au Parlement européen depuis 2014 visant à renforcer les droits des femmes. Ils se sont opposés au congé maternité harmonisé à 20 semaines partout en Europe et rémunéré à 100 % ; ils sont contre un salaire égal entre les femmes et les hommes à compétences égales ».
L’eurodéputé FN Dominique Martin avait alors défendu en séance « la liberté des femmes de ne pas travailler » et de « s’occuper de leur foyer »…

Il reste 35% de l'article à lire.

 

"Les Français, et tous les habitants de notre pays, ne méritaient vraiment pas cette désespérante partie de catch.

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Ce sont bien les électeurs du 1er tour qui les ont qualifiés (de justesse il est vrai). Assez du cirque électoral de la 5eme république, citoyens réveillez vous, indignez vous, in- soumettez vous, nous le pouvons.


  • UN DEBAT EXTREMEMENT MEDIOCRE

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    Un débat extrêmement médiocre

    Le duel télévisé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, n’aura été de bout en bout qu’un pugilat consternant, ignorant les enjeux essentiels de cette élection présidentielle.

     

    Notre démocratie méritait-elle cette confrontation décousue, pauvre en propositions et en projets mais riche en attaques ad hominem et noms d’oiseaux ? Tout au long des 2h30 de ce « débat », si tant est que l’on puisse l’appeler ainsi, les électeurs ont assisté à une dispute de bas niveau dans laquelle aucun des protagonistes n’aura véritablement exposé son projet. Marine Le Pen parce que son principal objectif, manifeste dès les premières secondes, était de parler de son adversaire ramené à ses fonctions passées de « conseiller » et de « ministre de François Hollande », ce qui lui permettait d’attaquer ce qu’elle a présenté comme son « bilan » et de le qualifier à plusieurs reprises de « socialiste ». Emmanuel Macron parce que les attaques ad hominem de son interlocutrice lui ont épargné de rentrer dans le détail de son programme et d’en justifier les options puisqu’il lui suffisait de constater que celle-ci ne « propose rien ».

    Que pouvons-nous donc retenir de ce match arbitré par des journalistes inexistants ? Quelques petites phrases concoctées pour de piètres effets de manche. On a ainsi vu Emmanuel Macron se présenter en candidat de « l’esprit de conquête » face à la représentante de « l’esprit de défaite ». Marine Le Pen revendiquer être « la candidate du pouvoir d’achat » contre « le candidat du pouvoir d’acheter ». On a également appris que le premier, interpellé sur la disparition de la protection de la santé dans l’entreprise, n’était « pas d’accord avec certains points » de la loi El Khomri. Que la seconde devait prendre autant de libertés avec le code de la route qu’avec les juges pour se plaindre de la sévérité gendarmesque qui, à ses dires, prendrait les automobilistes pour des « vaches à lait ».

    Jouant constamment la mouche du coche, Marine Le Pen a multiplié ce que son adversaire, plus au fait des dossiers, n'a eu aucun mal à qualifier de « grosses bêtises » et de « mensonges ». Mais Emmanuel Macron a aussi fait preuve d’approximations sur la loi Dati, que la présidente du FN confond avec la loi Taubira ; ou sur le chômage qui contrairement à ses dires n’étaient pas plus important dans les années 1990, et n'est pas plus faible dans tous les autres pays de l’Union européenne.

    Plus préoccupant : plusieurs sujets essentiels n’auront pas même été effleurés. Pas un mot sur le réchauffement climatique, la destruction de l’écosystème et les politiques nécessaires pour y répondre. Pas plus sur l’accroissement des inégalités et de la pauvreté, et ce qu’il conviendrait de faire pour y remédier.

    La nullité de Marine Le Pen, éclatante dans ce débat, y compris sur l’Europe où Julien Rochedy, ancien directeur du FNJ, l’a jugée « catastrophique », était sans doute ce qui convenait pour mettre en valeur Emmanuel Macron, le candidat prisé des milieux d’affaires, de l’éditocratie et des vieilles gloires du PS. N’empêche, si aucun de ces deux candidats résiduels ne sort véritablement gagnant de ce pugilat, les perdants, eux, sont connus. Les Français, et tous les habitants de notre pays, ne méritaient vraiment pas cette désespérante partie de catch.


     
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