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10/02/2018

10 FEVRIER 2018 : anniversaire de la création de la FRANCE INSOUMISE.. En chansons !!

Couplet 1 :
 
Si tu ne veux pas voter pour JLM
Je te dédicace ce poème
En espérant éclairer ta lanterne
Pour balayer les pourris qui nous gouvernent
Eh socialo faut faire la part des choses
Il est grand temps de faire une pause
De jeter la rose qui se nécrose
D'envoyer valser la sinistrose
 
Refrain :
 
C'est l'hymne de la campagne,
de la campagne électorale de la gauche man,
de la gauche sociale
Crie le bien fort, use tes cordes vocales
 
Couplet 2 :
 
Pas de boulot, avec ou sans diplômes,
Partout la même odeur de zone,
Plus rien n'agite tes neurones
Surtout pas les bullshits que l'PS fanfaronne
Va voir ailleurs, rien ne te retient
Rejoins les insoumis pour construire demain
Ne te retourne pas, l'avenir te tend la main
Et sois le premier à chanter ce refrain
 
Refrain
 
Couplet 3 :
 
Attiré par Jadot le vert,
Tu veux préserver l'eau et protéger la terre
Dis toi qu'au bout tu risques d'être amer
Le bateau coule chez "Ecologie les verts"
Tu comprends alors que tu n'as plus rien
Comme nous avant toi
faut choisir ton bulletin
La France insoumise, c' est le bon chemin
Pour planifier les transitions de demain.
 
Refrain
 
Couplet 4 :
 
Attiré par la Lepen,
Qui compare tout à la race aryenne,
Ne vois tu pas, l'ombre qu'elle amène,
De Père en fille, le FN crache sa haine.
Relève la tête et fais ton deuil
La France est une belle terre d'accueil
Avec la Lepen et son orgueil,
Les réfugiés peuvent crever sur le seuil
 
Refrain
 
Couplet 5 :
 
Peut-être que je parle pour ne rien dire
Que quand tu m'écoutes, tu as envie de rire
Mais si la droite dure est ton avenir
Dis toi que c'est nos acquis
que ces gens veulent détruire,
J'aimerais pour tous nos idéaux
Que tu captes le message de mes mots
Car ce lopin de terre qu'est la France insoumise
Peut devenir continent, devenir terre promise!
 
Refrain
MOINS
 
 
 

 

CAMPAGNE DE LA FRANCE INSOUMISE SUR LE NUCLEAIRE

KARAOUI Hatika
Sujet brûlant.. Bravo LFI

09/02/2018

8 FEVRIER 1943 ...LES 5 MARTYRS DU LYCEE BUFFON

Le 8 février 1943, avenue de la Porte de Sèvres, dans un stand de tir transformé en lieu d'exécution, cinq très jeunes gens étaient fusillés par la Gestapo. Connus sous le nom des "cinq martyrs du lycée Buffon"

 

Ces lettres ont été lues, lors de la première entrée scolaire qui a suivi la Libération, à tous les élèves de France. Ces cinq martyrs seront cités à l'ordre de la nation le 24 mars 1947.

 


« Les martyrs du Lycée Buffon »
Résistants à l’occupant allemand, Jean ARTHUS, Jacques BAUDRY, Pierre GRELOT, Lucien LEGROS sont arrêtés le 31 mai 1942. Pierre BENOIT, sera arrêtés en août 1942. Ils avaient participé avec plusieurs centaines d’étudiants à la commémoration – évidemment interdite – de l’anniversaire de la défaite allemande de 1918. Tous les cinq étaient élèves au lycée Buffon à Paris, ils furent arrêtés par la police française qui les remit aux Allemands. Ils seront fusillés le 8 février 1943 sur le champ de tir d’Issy-les-Moulineaux. Avant leur exécution ils adressèrent à leurs parents une dernière lettre. C’est seulement au lendemain du débarquement allié que ces lettres ont pu être obtenues de l’occupant par leur famille. Ces lettres dont un proviseur du lycée Buffon, Monsieur Lamicp a dit qu’ « il plaindrait celui qui pourrait en achever la lecture d’un œil sec ». Ces lettres ont été lues, lors de la première entrée scolaire qui a suivi la Libération, à tous les élèves de France. Ces cinq martyrs seront cités à l’ordre de la nation le 24 mars 1947.


Lettres écrites par les cinq Élèves du Lycée Buffon fusillés par les Allemands

 

Lettre de Jean ARTHUS (mort à 18 ans)

Paris, le 8 février 1943,

Mon Grand Chéri,

Je ne sais si tu t’attendais à me revoir, je m’y attendais. On nous a appris ce matin que c’était fini, alors, adieu ! Je sais que c’est un coup très rude pour toi, mais j’espère que tu es assez fort et que tu sauras continuer à vivre en gardant confiance en l’avenir. Travaille, fais cela pour moi, continue les livres que tu voulais écrire, pense que je meurs en Français pour ma Patrie. Je t’embrasse bien. Adieu, mon grand Chéri, Jean ARTHUS

Lettre de Jacques BAUDRY (mort à 21 ans)

Mes Pauvres Parents chéris,

On va m’arracher cette vie que vous m’avez donnée et à laquelle je tenais tant. C’est infiniment dur pour moi et pour vous. J’ai eu la chance de savoir, avant de mourir, que vous étiez courageux. Restez-le, surtout ma petite maman que j’embrasse de tout mon pauvre cœur. Mes pauvres chéris, j’ai accepté le combat, vous le savez. Je serai courageux jusqu’au bout. La guerre sera bientôt finie. Vous serez quand même heureux dans la paix, un peu grâce à moi. Je veux retourner à Dieu à côté de pépère et mémère. J’aurais voulu vivre encore pour vous aimer beaucoup. Hélas ! Je ne peux pas, la surprise est amère J’ai eu les journaux. Nous mourons en pleine victoire. Exécution ce matin à onze heures. Je penserai à vous, à Nicole. Hélas ! mes beaux projets d’avenir ! Qu’elle ne m’oublie pas non plus, ni mes parents Mais surtout, que la vie continue pour elle, qu’elle profite de sa jeunesse. Jacques BAUDRY

Lettre de Pierre BENOIT (mort à 17 ans)

Paris, le 8 février 1943mes Chers Parents, Chers amis, C’est la fin !… On vient de nous chercher pour la fusillade. Tant pis. Mourir en pleine victoire, c’est un peu vexant, mais qu’importe !… Le rêve des hommes fait événement…Nano, souviens-toi de ton frangin. Jusqu’au bout, il a été propre et courageux, et devant la mort même, je ne tremble pas. Adieu, petite Maman chérie, pardonne-moi tous les tracas que je t’ai faits. J’ai lutté pour une vie meilleure ; peut-être un jour, tu me comprendras ! Adieu, mon vieux Papa. Je te remercie d’avoir été chic avec moi. Garde un bon souvenir de ton fils. Tototte, Toto, adieu, je vous aimais comme mes propres parents. Nano, sois un bon fils, tu es le seul fils qui leur reste, ne fais pas d’imprudence. Adieu tous ceux que j’ai aimés, tous ceux qui m’aimaient, ceux de Nantua et les autres. La vie sera belle. Nous partons en chantant. Courage. Ce n’est pas si terrible après six mois de prison. Mes derniers baisers à vous tous Pierre BENOIT.

Lettre de Pierre GRELOT (mort à vingt ans)

Paris, le 8 février 1943

Maman chérie, Papa et Jacques chéris,

Tout est fini, maintenant. Je vais être fusillé ce matin à onze heures. Pauvres parents chéris, sachez que ma dernière pensée sera pour vous, je saurai mourir en Français. Pendant ces longs mois, j’ai beaucoup pensé à vous et j’aurais voulu plus tard vous donner tout le bonheur que votre affection pour moi méritait en retour. J’ai rêvé tant de choses pour vous rendre heureux après la tourmente. Mais, hélas ! mes rêves resteront ce qu’ils sont. Je vous embrasse beaucoup, beaucoup. La joie de vous revoir m’est à jamais interdite. Vous aurez de mes nouvelles plus tard. Je vous embrasse encore et toujours, mes parents chéris. Gardez toujours dans votre cœur mon souvenir…Adieu, Maman, Papa, Jacques Chéris, adieu…Pierre GRELOT

Lettre de Lucien LEGROS.(mort à 19 ans)

Paris, le 8 février 1943.

Mes Parents Chéris, mon Frère Chéri,

Je vais être fusillé à onze heures avec mes camarades. Nous allons mourir le sourire aux lèvres, car c’est pour le plus bel idéal. J’ai le sentiment, à cette heure, d’avoir vécu une vie complète. Vous m’avez fait une jeunesse dorée : je meurs pour la France, donc, je ne regrette rien. Je vous conjure de vivre pour les enfants de Jean. Reconstruisez une belle famille… Jeudi, j’ai reçu votre splendide colis ; j’ai mangé comme un roi. Pendant ces quatre mois, j’ai longuement médité ; mon examen de conscience est positif, je suis en tous points satisfait. Bonjour à tous les amis et à tous les parents. Je vous serre une dernière fois sur mon cœur. Lucien LEGROS.

 

L’image contient peut-être : une personne ou plus et texte

8 février 1962 Manifestation tragique au métro Charonne

8 février 1962

 
 
"Ce n'était pas un "accident"
mais le résultat d'une violence policière banalisée et routinière."
 
Alain Dewerpe (le fils de la victime Fanny DEWERPE)***

 

Extraits : POEME de Roger VIDAL

 

Le jeudi huit février, ils étaient trente mille

A battre le pavé de notre capitale,

Parce qu'ils refusaient cette marque brutale

Qu'imprimaient les factieux dans le coeur de nos villes

Ils étaient trente mille en harmonie totale.

 

"Des slogans et des chants mais aucune violence",

Telle était la consigne et tous la respectaient

Leur combat était vrai et sans ambigüité

La paix juste la paix et sans ambivalence

Ils étaient venus là sans animosité.

 

Mais la mort les guettait à l'angle d'un bistro

La mort par le "bidule" en un choix de hasard

Thanatos attendait n'importe où, charognard

Puis il les rattrapa aux portes d'un métro

Et s'écoula leur vie comme un sang communard.

 

Ils s'y mirent à neuf, sans chichis ni dentelles

Pour mourir à Paris, quoi d'autre en vérité ?

Ah oui ce rêve là d'une autre Humanité.

Lisez leur nom gravé simplement sur la stèle.

 

Le 8 février 1962, 20 000 personnes participent à Paris à une manifestation contre les attentats de l'OAS et pour la paix en Algérie. A l'issue de ce défilé pacifique, les forces de l'ordre chargent les manifestants aux abords de la station de métro Charonne. Un déchaînement de violences policières qui fera neuf morts et plus de 250 blessés.

Le 8 février 1962, 20 000 personnes participent à Paris à une manifestation contre les attentats de l'OAS et pour la paix en Algérie. A l'issue de ce défilé pacifique, les forces de l'ordre chargent les manifestants aux abords de la station de métro…
HUMANITE.FR
 
- Jean-Pierre BERNARD, 30 ans, dessinateur aux PTT;
- Fanny DEWERPE, 30 ANS, sténodactylographe;
- Daniel FERY, 15 ans, employé de presse;
- Anne GODEAU, 24 ans, agent d'exploitation aux PTT;
- Edouard LEMARCHAND, 40 ans, employé de presse;
- Suzanne MARTORELL, 40 ans, employé de presse;
- Hippolyte PINA, 58 ans, militant du PCF et de l'Union Syndicale du Bâtiment de Seine et Oise CGT;
- Maurice POCHARD;
- Raymond WINTENGS, 44 ans, imprimeur typographe.

 

 

Charonne, 8 février 1962

 

Dans l'Humanité: Il y a 50 ans, le massacre de Charonne

MARDI, 7 FÉVRIER, 2012
HUMANITE.FR
 
 

Le 8 février 1962, neuf personnes tombaient au métro Charonne sous les coups de la répression policière d'une rare férocité, alors que 60 000 manifestants défilaient contre les attentats de l'OAS.

Cinquante ans plus tard, l'Humanité de ce mercredi 8 février 2012 rappelle cette sanglante page de l'histoire française à travers un cahier de quatre pages de témoignages d'une rescapée, de témoins et d'un journaliste de l'Humanité présent. A lire:

  • "Après le massacre, la situation a basculé": militant communiste du XXe arrondissement de Paris, Henri Malberg, alors âgé de 32 ans, se trouvait au métro Charonne
  • "La liste des victimes s'allongeait, c'était vraiment affreux. Nous étions en rage": entretien avec Jean Le Lagadec, journaliste de la rubrique politique de l'Humanité
  • "Je pensais juste à respirer": en février 1962, la sociologue Maryse Triper a 16 ans. Rescapée de la manifestation, elle a toujours tu son histoire, jusqu'à ce que deux auteurs en fasse une bande dessinée
  • "J'étais un jeune étudiant communiste du lycée Buffon": témoignage de Nicolas Devers-Dreyfus, qui avait quinze ans à l'époque. 

 

 
 
L'Humanité censurée au lendemain du massacre de Charonne le 8 février 1962. Parmi les neufs manifestants assassinés par la police du Préfet Papon, il y avait trois salariés de ce journal : Suzanne Martorell, Daniel Fery, Edouard Lemarchand.

 Accueil

À l'occasion du 54ème anniversaire de la répression sauvage du 8 février 1962 lors de la manifestation contre l’OAS et la guerre d’Algérie, le PCF et la CGT rendront un hommage aux neuf victimes au métro Charonne, lundi 8 février. Jean Friant, ouvrier chez Renault à Boulogne-Billancourt et rédacteur pour Avant-Garde était dans la manifestation et témoigne de la "bestialité policière" et de l'émotion lors de l'hommage aux victimes.

 

À l'époque je travaillais chez Renault à Billancourt et j'étais secrétaire du cercle des Jeunesses communistes de l'usine. Avec mon camarade Bernard B., nous avions rendez-vous à 20 heures au siège d'Avant-Garde dans le 15ème arrondissement, notre journal, pour y monter la garde de nuit. C'était prévu depuis une dizaine de jours.

Le 8 février 1962 de grandes manifestations se déroulaient contre les attentats de l'OAS à Paris. Nous rejoignons le rendez-vous avec les travailleurs de Renault au Pont-Marie, et nous remontons en cortège jusqu'à la place de l'Hôtel de ville. Soudain arrive, toutes sirènes hurlantes, un "chapelet" de cars de flics. Le temps que ceux-ci descendent et commence à charger, nous nous dispersons dans les rues étroites de ce quartier du centre de Paris. Nous prenons le métro jusqu'à la station Bir-Hakeim puis la rue Humblot (15ème) où se trouve le siège de notre journal. Soudain, une immence déflagration, des vitres tombent... Nous nous précipitons à la porte de notre journal, nous tambourinons, nous sonnons mais rien ! Du bruit à l'intérieur... Et, un quart d'heure plus tard, la porte s'entrouve : nous venons pour la garde !

Situation un peu surréaliste après cet attentat

Sont présents dans les locaux, les dirigeants et la rédaction du journal et des responsables des jeunesses communistes.Très vite, les nouvelles tombent : au métro Charonne des morts, des blessés. La bestialité policière !….

Les camarades préparent l'Appel national pour la mobilisation et la grève générale pour le lendemain, le 9 février ! Dans les locaux c'est le branle-bas de combat. Nouis passons toute la nuit à appeler toutes les fédérations de France des JC pour dicter le contenu de l'appel à diffuser pour le lendemain.

Le 9 février au matin, Bernard et moi retournons directement à l'usine. Meeting monstre dans le grand hall de l'Île Seguin: 10 000, 15000 travailleurs ?  Emotion et gravité ! Un million de personnes aux obsèques de nos 9 camades assassinés le 13 Février.

Un mois plus tard 19 mars 1962:  cessez-le-feu en Algérie.  ENFIN !

 

Le 8 février 1962, 9 travailleurs syndiqués de la CGT dont 8 étaient membres du Parti Communiste Français ont été sauvagement assassinés par des brigades spéciales de police sur l’ordre de Maurice Papon, alors Préfet de police de Paris et de Roger Frey, Ministre de l’Intérieur du gouvernement de l’époque

 

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image

 

 

Alain Dewerpe, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales a publié un ouvrage passionnant dont on peine à suspendre la lecture, malgré le format – près de 900 pages, dont 200 pages de notes – et la rigueur scientifique sans cesse explicitée de la démarche. Dédié à la mère de l’auteur, Fanny Dewerpe, l’une des neuf victimes des violences policières, le livre étudie dans toutes ses dimensions la manifestation du 8 février 1962, protestant contre les menées terroristes de l’OAS en France.

L’ouvrage, impressionnant de maîtrise, livre les résultats d’une enquête extrêmement fouillée qui place les événements de la manifestation du 8 février, jusqu’au gigantesque cortège des obsèques le 13 février, dans un cadre historiographique plus large.

On y trouve en effet des réflexions sur l’histoire de la police (chap. 3 Les politiques de la police), du fonctionnement de la justice (chap. 10 Impunités), de la violence de l’État gaullien (chap. 2 La violence d’État) fort éloignée de la légende pieuse aujourd’hui diffusée (chap. 4 Les raisons du pouvoir)

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08/02/2018

LA SILICON VALLEY ... LES ALGORITMES ...C'est quoi ??? on fait un effort.. on lit, on s'informe... ça nous touche de près

A lire aussi: Panique algorithmique, la BD de Gee sur le sujet

 Un algorithme, c'est technique.

Son usage, c'est politique.

 

Ils sont à l’œuvre quand Google vous propose un résultat de recherche. Quand Netflix vous conseille une série. Quand Facebook vous présente une actualité plutôt qu’une autre. Mais aussi dans les diagnostics médicaux, les transactions financières ou la prédiction des crimes… Les algorithmes sont partout. Les craintes qui les entourent se multiplient. Mais savons-nous ce qu’ils sont?

Loin de là, à en croire les résultats de l’étude IFOP publiée par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), qui lance un cycle de débats publics sur le sujet 

Selon cette étude, si 83 % des Français ont déjà entendu parler des algorithmes, 52 % disent ne pas savoir précisément de quoi il s’agit (et 31% assurent savoir précisément de quoi il s'agit.)

 

Une bonne vieille recette

« Un algorithme, c’est extrêmement simple, promet Serge Abiteboul. On connaît ça depuis toujours. Un enfant qui s’habille le matin suit un algorithme [en apprenant assez vite qu'il y a un ordre à suivre et qu'il aura quelques difficultés à enfiler ses chaussettes après ses chaussures]. Vous aussi, quand vous suivez une recette de cuisine. Un algorithme, c’est une séquence d’instructions utilisée pour résoudre un problème». 

L’avantage est qu’une fois qu'on sait comment résoudre le problème avec un algorithme, «la transmission de cet algorithme va permettre de ne pas avoir à inventer une solution à chaque fois.»

L’itinéraire que vous suivez le matin pour vous rendre au bureau est aussi un algorithme : vous n’inventez pas chaque jour un nouveau chemin. Autre exemple parlant : quand vous cherchez un mot dans le dictionnaire, vous l’ouvrez au milieu, comparez le mot recherché au mot sur lequel vous êtes tombé au hasard, sélectionnez la première ou seconde moitié du dictionnaire selon que le mot recherché est avant ou après ce mot, jusqu’à trouver le mot souhaité. Quels génies vous faites : voilà un algorithme qui porte sur le symbole écrit que sont les lettres.

 

Ayant du mal à comprendre la vidéo ci-dessous,

je suis allée à la pêche aux infos...

Après tout, il suffit de vouloir apprendre, s'informer pour comprendre...

ce que certains voudraient nous cacher... ça c'est fait !

Et une fois qu'on a compris, on sait

**

Silicon Valley, c’est où ?

Silicon Valley ou vallée du Silicium s’étend sur 40 km au Sud-Est de San Francisco, entre San Mateo et Fremont, mais en passant par San Jose. Bien sûr, ces frontières évoluent et sont directement liées aux entreprises qui poussent dans la région ; il s’en crée environ 11 nouvelles par semaine.

 

En 1971, c’est un journaliste local, Don Hoefler, qui a baptisé les lieux. Devant le nombre croissant d’entreprises high tech qui s’y installaient, il a fait le rapprochement avec le « silicium » (« silicon » en anglais), qui, en plus d’être un élément de la croûte terrestre, est un matériau essentiel des composants électroniques. 

Silicon Valley accueille des cerveaux du monde entier et le sièges sociaux de sociétés comme Google, Apple, Facebook, eBay, Yahoo!, Hewlett-Packard donc, SanDisk, Intel, Adobe Systems…

  • Il y existe environ 11 500 entreprises high-tech qui emploient 420 000 personnes et réalisent environ 100 milliards de dollars de chiffre d’affaires.
  • Il est connu que si la Californie devenait un état indépendant, elle serait la sixième puissance économique au monde.

  • Mais l’on sait moins que si la Silicon Valley accédait à l’indépendance, elle constituerait la douzième puissance mondiale
  • 160 sociétés de capital risque sont implantées dans la région de la Vallée.
  • Plus de 15% des brevets déposés aux Etats–Unis le sont par des sociétés, universités ou laboratoires localises dans la Vallée.

 

Dans son livre La nouvelle servitude volontaire, Philippe Vion-Dury démontre comment, progressivement, chacun délègue son libre-arbitre aux algorithmes. Pour l'auteur, il est temps d'acquérir un réflexe critique.

"Les entreprises de technologies n'ont de cesse de se présenter comme les sauveurs du monde", écrit Philippe Vion-Dury. Mais l'enfer est pavé de bonne intentions. Pour l'essayiste, auteur de La nouvelle servitude volontaire publié mercredi (aux éditions FYP), les entreprises de la Silicon Valley sont porteuses d'un véritable projet politique.  

Leurs algorithmes mettent sous leur coupe ceux qui s'y soumettent, volontairement. Aveuglant les consommateurs et les Etats par l'éclat de leur spectaculaire réussite économique, ces entreprises sont en train d'accumuler des sommes incalculables de données, grâce auxquelles elles ambitionnent de tout mesurer, tout contrôler, tout prévoir. Ou quand les mathématiques deviennent totalitaires.  

Il est très difficile aujourd'hui de critiquer la Silicon Valley, qui se présente comme le "sauveur du monde". Cependant vous affirmez que la réalité de ces multinationales est "bien plus crue". Quelle est-elle? 

Il est très compliqué de s'opposer à la logique de progrès de ces entreprises sans passer pour un réactionnaire. Les ingénieurs de la Silicon Valley portent l'idée que leurs technologies peuvent résoudre tous les problèmes. Evgeny Morozov parle de "solutionnisme".  

La Silicon Valley, c'est la culture protestante évangélique de l'Amérique: l'homme est le maître de la Création et ses outils ont pour mission divine de transformer la Terre en paradis. Mais derrière l'apparence salvatrice, il existe des enjeux plus pragmatiques et prédateurs de domination de marché.  

La masse de données que ces entreprises collectent sur leurs utilisateurs est pour vous la porte ouverte aux manipulations. C'est particulièrement préoccupant, en période d'élections. Il suffit de constater le pic d'inscriptions sur les listes électorales aux Etats-Unis provoqué par un simple rappel de Facebook. 

Derrière, Facebook étudie comment on peut créer des comportements chez les gens. En 2012 il avait mené une expérience psychologique en changeant le fil d'actualités de 690 000 personnes sans les en avertir. Cette année, on a découvert son pouvoir d'influence avec le scandale autour de son module d'actualités.  

Le chercheur Robert Epstein a montré que dans un pays où un moteur de recherche est quasi en situation de monopole, des résultats de recherche biaisés pourraient influencer sensiblement une élection.  

Certains détails sont révélateurs, comme lorsque vous soulignez que Microsoft est le deuxième employeur des anthropologues aux Etats-Unis. 

Pour les GAFA, l'homme devient le produit. Ces postes deviennent clés, surtout avec le développement de l'intelligence artificielle. Un des domaines de recherche est l'écologie de l'attention. Actuellement, des équipes avec des moyens énormes travaillent sur quelque chose qui paraît tout bête: les notifications. Le but est de créer des comportements addictifs et des accoutumances, pour ramener les utilisateurs dans l'enceinte des applications. 

Vous décrivez les modèles prédictifs, utilisés notamment par les assurances, comme des outils de normalisation et de surveillance. N'est-ce pas culpabilisant? 

La culpabilité marche de pair avec le néolibéralisme. On doit intérioriser les objectifs de son entreprise, et quand on ne les remplit pas, on se sent coupable. Si on ne fait pas son jogging un jour sur deux et qu'on mange trop gras, un bracelet connecté va se charger de nous culpabiliser.  

On est passé d'un pouvoir de type patriarcal avec des interdits à un pouvoir plus soft et pernicieux, visant à obtenir des gens qu'ils s'adaptent à certaines normes. C'est ce que j'appelle Big Mother

Derrière la transparence, y-a-t-il forcément la surveillance? 

Ce n'est pas tant la transparence qui est problématique que son asymétrie. Plus les individus deviennent transparents, plus les instances de pouvoir - les entreprises - deviennent opaques. Personne ne peut forcer Google à révéler comment fonctionne son algorithme. Les Etats eux-mêmes sont plus transparents.  

Ainsi, en France, la Commission d'accès aux documents administratifs a recommandé en septembre que l'Education nationale dévoile le code source d'Admission post-bac (APB).  

Vous parlez de "servitude volontaire". Mais a-t-on encore le choix? 

On a l'illusion d'avoir le choix. Au début de l'automobile, les gens n'en voulaient pas, ils trouvaient cela bruyant. Et puis, peu à peu, les villes se sont construites autour de la voiture, les passants ont été relégués sur des trottoirs. La voiture s'est imposée à tous.  

Aujourd'hui, si on refuse ces technologies, si on utilise pas Facebook, Tinder, etc., on risque de se couper du lien social.  

Vous évoquez "l'ambition totalisante" des approches prédictives et probabilistes, qui colonisent tous les domaines. "Totalisante", c'est pour éviter de dire "totalitaire"? 

L'esprit porté par ces entreprises de la Silicon Valley est pour moi totalitaire, mais pas les entreprises elles-mêmes. Seul un Etat peut devenir totalitaire. Là où cela devient vraiment inquiétant, c'est quand ces pratiques touchent l'Etat lui-même, par exemple via des algorithmes prédictifs à la Minority Report pour prévenir la criminalité. 

La logique de "scoring" fait que nous avons tous des notes un peu partout qui nous définissent en termes de potentiel et de risque. Vous expliquez que cette approche individualisée tend à légitimer les inégalités. 

Kate Crawford, qui travaille chez Microsoft et au MIT, a montré par A+B que les algorithmes sont un moyen de perpétuation des inégalités sociales. Les algorithmes ne sont pas neutres comme on veut nous le faire croire. Ce qui est inquiétant, c'est que de plus en plus de services publics utilisent ces techniques-là. Comme Pôle Emploi par exemple, qui veut s'en servir pour réduire le chômage. 

Pourquoi pensez-vous que les politiques s'en remettent aux algorithmes? 

Il existe une alliance de fait entre la volonté des entreprises de la Silicon Valley de prendre en main des services qui appartiennent au collectif, et la volonté des politiques de s'en décharger. Remplacer des conseillers Pôle Emploi ou des policiers par des algorithmes quand les caisses sont vides, c'est de l'opportunisme.  

C'est aussi la question du vide de la pensée politique, qui n'a plus d'autre idéologie que le libéralisme. On en arrive à un idéal d'administration de toutes choses. On fait appel à une classe de gestionnaires. 

 

 

Philippe Vion-Dury est essayiste, journaliste, chroniqueur, spécialiste des questions de société, des nouveaux modèles économiques et des technologies.

Avec comme crédo la volonté de changer le monde, c’est au coeur de la Silicon Valley que se façonne la société numérique.

Portées par une spectaculaire réussite économique, les entreprises de haute technologie veulent dessiner un monde meilleur en prenant en main la majorité des aspects de notre quotidien, en généralisant la prédiction algorithmique.

L’homme devient intégralement transparent, immatériel. La liberté de choisir, la créativité et l’émancipation sont désormais remplacées par l’anticipation, la prédiction et la régulation. C’est bien plus qu’une révolution numérique ; c’est un véritable projet politique qui est à l’œuvre.

Avec rigueur et précision, Philippe Vion-Dury révèle que les technologies sont porteuses d’une idéologie et d’un projet de civilisation. Il démontre que les modèles prédictifs, les algorithmes et les objets connectés instaurent une société du contrôle dans laquelle l’individu, comme le collectif, abandonne la maîtrise de son destin. Il explique comment la peur de se confronter à la solitude, à l’altérité et à l’échec nous conduit à une nouvelle servitude volontaire.

 

« La masse de données que ces entreprises collectent sur leurs utilisateurs est pour vous la porte ouverte aux manipulations. C’est particulièrement préoccupant, en période d’élections. Il suffit de constater le pic d’inscriptions sur les listes électorales aux Etats-Unis provoqué par un simple rappel de Facebook ».

« Actuellement, des équipes avec des moyens énormes travaillent sur quelque chose qui paraît tout bête: les notifications. Le but est de créer des comportements addictifs et des accoutumances, pour ramener les utilisateurs dans l’enceinte des applications ». 

« Plus les individus deviennent transparents, plus les instances de pouvoir – les entreprises – deviennent opaques. Personne ne peut forcer Google à révéler comment fonctionne son algorithme. Les Etats eux-mêmes sont plus transparents ». lire l’article sur L’Expansion – L’Express

« Il est aujourd’hui très convenu de dire que les technologies numériques pourraient dégénérer en une surveillance de masse, totalitaire, dont la Stasi n’aurait même pas rêvé ».

« Les entreprises étendent maintenant leurs mains sur notre intimité, nous accompagnent partout : dans nos rendez-vous amoureux, nos découvertes artistiques, nos recherches intellectuelles, nos achats, notre santé, etc. Dans ce système-là, nous avons tous l’illusion sans cesse renouvelée de la liberté et du plaisir, alors qu’en réalité, nous nous laissons exploiter pour pouvoir consommer davantage. Nous affadissons notre vie en laissant pénétrer la logique marchande toujours plus profondément, et affaiblissons notre libre-arbitre en nous en remettant aux conseils, suggestions et recommandations de ces multinationales amicales ». lire l’article sur Le Comptoir