logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

12/11/2017

7 mois de bashing médiatique contre la France Insoumise

https://le-bon-sens.com/2017/11/11/7-mois-de-bashing-mediatique-anti-melenchon/

 bashing mediatique anti melenchon

Voilà maintenant plus de 7 mois que la France insoumise subit un bashing médiatique quasi continu et d’une violence rarement atteinte dans le passé. Comme ces attaques se font par vagues successives, plus ou moins étalées dans le temps, on a souvent du mal à en saisir le tableau d’ensemble et à en comprendre la logique de fond. C’est à cela que sert cet article, que je complèterai au fur et à mesure que de nouveaux bashings se présenteront : permettre d’avoir enfin ce « tableau d’ensemble ».

Car à la lumière de l’accumulation des attaques médiatiques contre Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise, le plus souvent créées de toutes pièces à partir d’éléments montés en épingles puis amplifiés par des logiques de buzz, on est en droit de s’interroger. Pourquoi une telle violence ? Et surtout : est-ce vraiment le rôle des médias ? Bien sûr, ils sont désormais inscrits dans un système capitaliste où la course aux clics est devenue en soi un objectif. Il leur faut donc attirer les lecteurs par des titres rocambolesques et des photos accrocheuses. Mais est-ce leur rôle ? Est-ce là la fonction que nous voulons confier aux médias dans notre société ?

Pourquoi ces attaques contre la France insoumise se multiplient-elles et gagnent-elles en intensité ? Et s’il s’agit, pour des médias liés au pouvoir politique et économique, de combattre la seule opposition qui propose encore de sortir du système capitaliste, pourquoi le faire en essayant de disqualifier cette opposition plutôt qu’en analysant ses idées et ses propositions ? Au moment où j’écris cet article, les députés de la France insoumise ont signé, depuis le début de leur mandat, 1347 amendements, soit à eux seuls 42,5% des 3170 amendements signés par l’ensemble des députés ! Pourquoi, dès lors, ne pas en parler ou ne le faire que sur un mode polémique comme avec l’amendement sur le drapeau européen ? Pourquoi essayer systématiquement de réduire la France insoumise à une opposition stérile qu’il faut mettre à l’écart ? Est-ce bien là le rôle des médias ? Est-ce bien là de « l’information », cette tâche si noble qui consiste à éclairer le peuple ?

Je ne le crois pas. Je crois au contraire que désormais il devient évident qu’une bonne partie du monde médiatique agit comme la deuxième peau du système capitaliste. Le devoir d’information a disparu au profit (c’est le cas de le dire) d’une logique de soutien du pouvoir en place, quel qu’il soit… tant qu’il ne propose pas de sortir du système capitaliste. Il faut dire que dans un pays où 90% de la presse est contrôlée par neuf milliardaires, il n’y a dans cela rien d’étonnant.

Même l’association « Reporters sans frontières » s’en inquiète. Elle place la France au 39e rang dans son classement mondial de la liberté de la presse. Et elle indique : « Le paysage médiatique français est largement constitué de groupes dont les propriétaires ont d’autres intérêts que leur attachement au journalisme. Cette situation entraîne des conflits qui font peser une menace sur l’indépendance éditoriale ». On ne saurait malheureusement dire mieux.

Comment penser, dès lors, que des journaux détenus par des milliardaires vont laisser parler sans réagir des gens qui prônent le partage des richesses et qui pointent du doigt la responsabilité sociale et environnementale des ultrariches dans la crise que traverse notre pays et notre planète ? Comment penser que ces médias vont informer de manière « neutre et objective » sur des députés qui proposent des choses nuisibles aux intérêts financiers de leurs propriétaires ? C’est bien sûr impossible. Le tout est simplement de le savoir et surtout de l’avoir bien en tête quand on lit un article.

 

 

 

 

 

10/11/2017

DIFFERENT ... COMPRENDRE LE MONDE AUJOURD'HUI

DIFFÉRENT

Oui je sais je viens d’ailleurs
Et je sais que ce qui vous fait peur
Ce n’est pas ma prétendue violence
Mais c’est ma réelle différence

C’est vrai que ce que vous êtes aujourd’hui
Vous l’avez bravement conquis
Et alors ma seule présence
A pour vous une odeur de décadence

Mais je ne viens pas pour vous tuer
Mais je ne viens pas pour vous voler
Je viens pour changer de paysage
Je viens pour changer d’âge

Ce qui vous appartient
Est pour vous le plus sacré des liens
Mais celui qui n’a pas d’attache
Faut-il qu’au visage on lui crache

Toutes ces idées
Que vous avez capitalisées
Et dont vous vous croyez propriétaires
Que vous soyez nantis ou prolétaires

Mais je ne viens pas pour vous tuer
Mais je ne viens pas pour vous voler
Je viens pour changer d’éclairage
Je viens pour changer de personnage

Toutes ces idées plus que de vos nombreux biens
Vous lient le cœur et les mains
Vos plus précieuses croyances
Sont celles qui vous font croire à votre importance

Il est vrai que lorsque je squatte votre maison
Vous me donnez parfois raison
À condition que ce ne soit pas la vôtre
Mais celle d’un autre

Mais je ne viens pas pour vous aimer
Mais je ne viens pas pour vous détester
Je viens pour changer de voisinage
Je viens pour changer de rivage

Au chaud dans votre confort
Vous ne pensez jamais à la mort
L’enfant qui meurt dans la froideur crépusculaire
N’est pour vous qu’un risque identitaire

En repoussant les exilés
C’est votre monde que vous rétrécissez
Et ce qui n’est pas transformable
N’est que par la violence périssable

Mais je ne viens pas pour vous aimer
Mais je ne viens pas pour vous ressembler
Je viens pour changer de village
Je viens pour changer d’ancrage

N’avez-vous donc pas compris
Que nous ne sommes pas vos ennemis
Que ce sont les frontières
Qui entretiennent la guerre

Ce pour quoi vous avez combattu
Ce pour quoi vous vous êtes défendus
Ce qui est écrit dans vos livres
Ce qui vous a permis de survivre

Mais je ne viens pas pour vous imiter
Mais je ne viens pas pour vous diminuer
Je viens pour tourner une page
Je viens pour changer d'héritage

La liberté et l’égalité
Ne sont-elles pas pour toute l’humanité
Quelles que soient les personnes
Ou ne sont-elles que des idées bouffonnes

Si de vous je suis différent
J’ai les mêmes droits cependant
Ce sont ceux de tous ceux qui pensent
Et cela ne se limite pas à la France

Mais je ne viens pas pour être aimé
Je ne viens pas pour vous voler
Je viens pour changer de paysage
Je viens pour changer d’âge


 http://www.diffusinfolivres.com/pages/20-poemes-et-chants-pour-migrants-et-autres-mal-aimes.

 

 

En septembre 2015, au plus fort de la crise migratoire, l’Union européenne mettait en place un plan d’urgence visant à répartir les réfugiés dans les pays membres. Deux ans plus tard, alors que ce programme prend fin, le bilan est très faible. Sur les 160 000 personnes qui devaient être « relocalisées » dans toute l’UE, seules 29 000 l’ont été. La France elle-même, qui devait accueillir 30 000 personnes, a respecté moins de 20 % de son engagement. Maryline Baumard, journaliste au Monde en charge des migrations, analyse les raisons de cet échec.

 

LE MONDE

09/11/2017

Qu’est ce que le harcèlement scolaire ?

 

9 novembre 2017, une grande journée de mobilisation contre le harcèlement !

Une attention particulière sera portée cette année sur le rôle des témoins et la place des élèves comme acteur de la prévention du harcèlement.

Journée nationale Non au harcèlement : 9 NOVEMBRE 2017, tous mobilisés !

 

“T’es nul(le)”, “pousse toi de là”, “personne ne veux de toi ici”.

Le harcèlement est une violence répétée, continue, sur une longue période, par une personne ou un groupe de personnes à l’égard d’une autre. Les attaques peuvent être verbales, physiques ou psychologiques. En France, environ un élève sur dix subit ce genre de violence au quotidien avec des séquelles et conséquences telles que lésions, marques corporelles issues de bagarres ou de jeux dangereux; ou moins visibles : difficultés de concentration, problèmes de sommeil, estime de soi qui s’affaiblit. L’enfant harcelé va s’isoler lentement car ses camarades ne le soutiennent pas, et les adultes sont peu présents. La culpabilité, la honte peuvent mener soit à un comportement social violent soit à un replis et un décrochage scolaire.

Le harcèlement ne s’arrête plus aux grilles de l’école

Le cyber-harcèlement est un nouveau phénomène qui monte en puissance. La définition et la responsabilité du harcèlement change: par internet on peut humilier quelqu’un de façon rapide, groupée et indirecte (sans s’adresser à la victime). Cela a lieu en dehors de l’école. Qui est alors responsable ? Cette nouvelle tendance démultiplie dangereusement les possibilités de harcèlement, mais également l’impact dévastateur sur la victime pouvant la conduire jusqu’au suicide.

 

Définition du harcèlement scolaire

« …lorsque l’enfant est exposé de manière répétée et à long terme, à des actions négatives de la part de un ou plusieurs élèves » (Dan Olweus, 1999).

Cette violence peut être :

  • verbale (insultes, moqueries, railleries);
  • non verbale (grimaces, gestes obscènes);
  • psychologique (propagation de rumeurs, processus d’isolement);
  • ou physique (coups, menaces).

La dynamique du harcèlement scolaire

  • Le harcèlement scolaire se différencie des autres formes de harcèlement (professionnel ou familial) par le fait qu’il est (presque) toujours un phénomène de groupe.
  • Le harceleur a besoin de témoins, de rieurs, de spectateurs.
  • Nuire et faire mal n’a d’intérêt que dans le regard des autres.
  • Les pairs peuvent être :
    • Des supporters (assistent le harceleur dans ses actes)
    • Des outsiders  (ne disent rien)
    • Des défenseurs  (s’interposent et /ou prennent en charge la victime)

Les 3 caractéristiques du harcèlement scolaire

  • La répétition : la violence est répétée, reproduite, réitérée sur une longue période rendant la vie de l’enfant infernale pendant des jours et des jours.
  • Le rapport de domination est imposé de façon insistante. Il y a un abus de pouvoir, une prise de pouvoir d’un enfant sur un autre. L’agression se fait d’un élève plus « fort » contre un élève plus « faible » ou ayant des difficultés à se défendre dans cette situation ; ou d’un groupe contre un élève isolé ; ou encore des plus âgés contre des plus jeunes.
  • L’intention de nuire : le « jeu » qui n’est pas au départ malveillant ou blessant, le devient lorsque le processus s’installe dans la durée. L’agresseur a l’intention délibérée de nuire même s’il prétexte presque toujours que c’est un « simple jeu », « c’est pour rire ».

Qui est harcelé ?

Il n’y a aucun critère pour devenir la cible d’un harcèlement. N’importe qui peut se trouver viser car TOUT peut servir de prétexte.
Tout le monde peut être harcelé, pour tout et n’importe quoi, sur la base de n’importe quel critère : trop intelligent, trop grand, trop petit, trop mince, trop gros…

Les conséquences

Le harcèlement scolaire est une violence et, comme toute personne qui subit une violence permanente, répétée, subie et imprévue (donc non contrôlable) et qui menace son égo (sa construction personnelle) cette personne est en état de stress chronique.

Dan Olweus, estime qu’un adolescent harcelé à l’école a quatre fois plus de risques d’avoir des idées suicidaires qu’un autre jeune.

  • Perte de l’estime de soi
  • Désinvestissement scolaire et une baisse des résultats scolaires
  • Absentéisme
  • Maladies psychosomatiques
  • Lésions physiques
  • Dépression

Comment reconnaît-on un enfant harcelé ?

Les symptômes sont le mêmes que ceux d’un stress post traumatique : enfant fuyant, évitant, inquiet, insomnies, angoisses… Le corps parle : soit statufié, rigide, soit il craque.

Des reviviscences (ou rumination):

  • Souvenirs répétitifs et envahissants de l’événement
  • Cauchemars
  • Flashbacks
  • Détresse ou réactivité physiologique lors de l’exposition à des stimuli associés à l’événement traumatique

Des altérations cognitives et émotionnelles:

  • Croyances négatives persistantes et exagérées au sujet de soi, des autres ou du monde
  • Tendance à se blâmer
  • Émotions négatives persistantes (peur, horreur, colère, culpabilité, honte)
  • Diminution de l’intérêt pour les activités
  • Sentiment de détachement d’autrui
  • Restrictions des émotions positives

De l’évitement:

  • Évitement des éléments (personnes, lieux, activités, objets, situations) rappelant la situation à fuir

L’hyperactivation du système nerveux:

  • Irritabilité ou excès de colère
  • Comportement imprudent ou autodestructeur
  • Hypervigilance
  • Sursauts
  • Difficultés de concentration
  • Difficultés de sommeil

 

Les enfants présentent ces signes de façon plus ou moins appuyée et certains peuvent ressortir plus que d’autres suivant les personnalités. Il faut regarder l’intensité d’un symptôme et la concomitance des symptômes.

Tout changement brusque de comportement de l’adolescent doit interroger les personnes qui encadrent les enfants.

Ces symptômes ne sont pas ceux d’une crise d’adolescence (contact impossible dans le cas de harcèlement).

Capture HARCELEMENT.JPG

Capture HARCELEMENT 2.JPG

Capture HARCELEMENT 3.JPG

 

Contacts en cas d’urge

 

nce

 

08/11/2017

FAITES-LES TAIRE !

« Faites-les taire ! »

« Faites-les taire ! »

Captures d'écran de titres de presse.

Hors campagne électorale, je ne crois pas qu’il y ait eu dans le passé récent une telle hargne médiatique d’aussi longue durée contre un mouvement politique d’opposition. Celle qui nous frappe sans relâche n’a aucune limite ! Ce soir-là c’étaient des enfants qui étaient appelés à témoigner contre moi, sur le plateau de « C’est à vous ». Cette émission est un haut lieu du dénigrement contre « La France Insoumise » sous la houlette de l’opportuniste Ali Badou. Lequel Badou, oubliant de couper son micro après le passage d’Adrien Quatenens, avait déjà régalé tout le plateau de ses commentaires méprisants contre « le vrai petit apparatchik » que serait Adrien. Bref un journaliste « indépendant » comme tant d’autres. Ce soir-là, devant Apathie goguenard, Badou fait dire à deux enfants que je n’étais pas « leur meilleur souvenir de leur vie et même le contraire », que j’étais « méchant » et « dangereux ». Il s’agissait de leurs souvenir d’une émission enregistrée en …mars 2017, sept mois plus tôt ! Aussitôt repris en cœur par divers sites internet. Par exemple celui de RTL titre :« “Au tableau !” : les enfants ont un bien mauvais souvenir du “méchant” Mélenchon. » Consternant. Et ça s’appelle du « journalisme » ! Des amis qui ne se laissent pas faire se sont fait un devoir de rechercher ce que « les enfants » avaient dit à l’époque où cette émission avait été diffusée. Ils avaient dit le contraire ! Il en a été fait une petite vidéo que je vous recommande.

On voit là que même manipuler des enfants est une méthode acceptable pour ces « journalistes ». Comme on n’a pas la même morale, on ne dira rien du critère de choix des deux petits perroquets bien dressés exhibés sur le plateau. Un tel procédé n’a choqué aucune de vaches sacrées de la corporation pourtant si prompte à beugler en cadence dès qu’il s’agit de ses « devoirs d’informer » et autre sauf conduit de la bonne conscience des faiseurs de ragots. Ce silence est évidemment une complicité. On l’a vu quand le journal Minute a titré « Mais qu’on la fasse taire, bordel ! » s’agissant de Danièle Obono. Il n’a pas titré « qu’elle se taise ! ». Non, le titre est une injonction. Donc un appel à la violence. Silence total des indignés permanents. Taubira c’était classe. Obono… Et cela la semaine où l’on apprenait que des dingues d’extrême droite envisageaient un mauvais coup contre des mosquées, Castaner et moi. La caste approuve. « Faites-les taire » est la consigne, le but. Pour cela chaque semaine depuis notre entrée au Parlement l’un ou l’autre des médias de la bande des 9 milliardaires qui contrôlent 90% des médias du pays monte un buzz de cette nature aussitôt repris par toute la boucle des médias sur internet. Confort : pendant qu’ils choisissent de parler de ça, ils s’évitent de devoir mentionner quoique ce soit de nos combats. Leur but n’est pas d’aider à penser en informant mais d’empêcher de le faire en détournant l’attention.

La caractéristique commune de ces campagnes est de viser les personnes en tant que telles. De détruire l’image et la réputation des personnes. À tour de rôle, outre votre serviteur, Danièle Obono, Clémentine Autain, Alexis Corbière, François Ruffin, Danielle Simonnet ont été exposé sur ce pilori médiatique. Tous les prétextes ont été bons, de la chemise de Ruffin hors de son pantalon au refus d’Obono de se mettre à crier « vive la France » sous le fouet.  La longue saloperie contre les logements de Corbières puis Simonnet, l’abominable harcèlement contre Raquel Garrido nous ont bien montré qu’il n’y avait pas de limite.

Pourtant aucun d’entre mes amis, je dis bien aucun d’entre eux, n’a commis quelque acte que ce soit illégal, ou moralement condamnable. Il a fallu trois semaines de pilori et une mobilisation des internautes écœurés pour que le décryptage de Libération s’intéresse au sujet et disculpe nos amis. Tous les autres ont regardé en silence déferler les mensonges et pleuvoir les calomnies sans broncher. Chacun d’eux a naturellement jeté lui-même quelques pierres propices à déclencher des clics rémunérateurs. Et bien sûr dans chaque cas, à chaque occasion, mon nom, ma photo a été associé aux supposées turpitudes des malheureux crucifiés.

En fait ils ont payé leur amitié et leur partage de mes combats. Car mon nom, ce sont des clics de plus sur une page comme me l’a expliqué un de ces gestionnaires de site. Les clics doivent correspondre à un nombre de vues garanties aux annonceurs. Sitôt que le nombre de clics baisse, il faut un buzz pour faire repartir les clics. Sans aucune considération pour mes amis, pour leur famille, pour leur honneur, pour l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes, ils ont été trainés dans la boue inlassablement. Parfois s’ajoute encore l’infamie des coups tordus. Ainsi quand le PCF exige que notre amie Daniele Simonet quitte son appartement pourtant à loyer libre. Car, bien sûr, aucun élu communiste, aucun dirigeant n’occupe de son côté non pas un logement a loyer libre mais un logement social ! Aucun très éminent dirigeant du PCF en poste n’en occupe ni n’en a occupé ! Et bien sûr, il faut oublier ces années où c’était une recommandation politique d’habiter en HLM pour « rester proches de ceux qu’on représente ». Voilà à quel niveau est tombé la direction de ce parti qui, parvenu à 2% de vote, se donne le temps de délibérer sur le logement des dirigeants de la FI.

Le résultat, on le connaît : la peur chez plus d’un. Des camarades moins connus, ou tout à fait inconnus se confient « je ne veux pas que mon nom apparaisse, c’est trop risqué ». D’autres : « je me cache, je ne veux pas d’histoire avec la presse ». Les hauts fonctionnaires favorables se cachent ou agissent sous pseudonymes. Les journalistes amis s’excusent de devoir cotiser au devoir de dénigrement. Tout le monde sait de quelles ignominies peut se payer l’engagement politique à nos côtés. Telle est l’ambiance, sciemment entretenue par la caste : « faites-les taire ». Voilà leur but.  Mais c’est aussi un indicateur fort de l’état de tension et de fragilité du système. C’est pourquoi je crois important d’en parler.

En ce qui me concerne, c’est la deuxième fois avec ce sketch des enfants que j’ai le droit à une falsification pure et simple. Ainsi quand j’avais mis en garde contre le harcèlement du dénigrement contre nous sur le thème de notre soi-disant complaisance avec les islamistes. Je disais que cela pourrait nous mettre en danger à cause des violents. Qu’avais-je fait là ! Je me suis vu reprocher, sur divers plateaux et même dans le « Canard Enchainé », d’avoir menacé en fait les journalistes. Et cela au mépris de mon propos réel pourtant écrit, publié et lisible par tous. Le procédé est simple : le premier dit, le suivant répète sans vérifier et bientôt tout un plateau caquète sur un thème qui n’existe pas. Il fonctionne sans interruption désormais.

L’épisode des enfants qui se plaignent du « méchant Mélenchon » m’a paru un pic d’immoralité de cette campagne de dénigrement permanent. Peu importe les raisons d’agir de ceux qui l’ont imaginé. Ils doivent sans doute faire tellement plaisir à leurs amis de classe dans les déjeuners et diners en ville. Ce qui compte c’est le résultat. Tout ce bruit étouffe le travail concret que nous accomplissons. De nos 400 amendements à la loi de finances, pas un n’a été traité de près ou de loin. De même pour ceux de la loi de financement de la Sécurité sociale. Mieux : après nous avoir étouffé et dénigré, les bons esprits reviennent à la charge pour dire que nous « n’avons pas de propositions » ou même que nous sommes « absents ». C’est ce que rapporte Le Canard Enchainé de la bouche d’olivier Faure, président du groupe PS à l’Assemblée, sans que le palmipède se préoccupe de savoir si c’est vrai ni combien parmi les 32 députés PS étaient dans le débat et les votes et combien les 17 de la FI.

Par contre après une grosse campagne diffamante sur Simonnet, on sait tout de son logement, de son salaire. Notons qu’elle intéressait moins les mêmes impertinents quand elle dénonçait le rôle de Lafarge dans le financement de Daech. Mais ceci explique peut-être cela. En tous cas, la preuve est faite qu’il n’y a pas de limite. Un « grand » journal a même cherché à savoir dans quelle école seraient inscrits désormais les enfants de Corbière… Aucune de ces pratiques honteuses ne reçoit le moindre correctif  des professionnels. Tous sont d’accord puisque tous se taisent. Beaucoup participent. Nous restons donc sans recours. Car répondre, protester déchaîne de véritables crises d’hystérie corporatiste.

Tout cela répond à une technique aussi ancienne que la caste : « pas vous, pas ça ». Sans changement depuis Jaurès, invariant sur l’ensemble des continents où notre courant existe, le truc consiste à nier ce que nous sommes, qui nous sommes pour nous rendre clivants et suspects. Je n’attends aucune pause dans cette campagne. Au contraire, plus l’exécutif dévale la pente des sondages, plus le danger s’accroît pour le cœur de la caste des riches : que le pays veuille vraiment d’une tout autre politique. L’agression sociale en cours est si évidente, si ostensible ! Elle est tellement entourée de paroles de mépris de classe ! La charge explosive s’est donc encore accrue depuis le grand signal d’alarme qu’a été le niveau d’abstention dans les élections législatives.

Dans ce contexte, le ciblage permanent des figures de « la France insoumise » est une opération à double tranchant. Certes, elle radicalise le rejet des milieux bien-pensants. Catégorie flottante en toute hypothèse. Mais elle éduque et endurci la masse de ceux qui partagent nos idées et ne s’en laissent pas compter. Ce qui leur restait de naïveté disparait. La détermination augmente. Un ample secteur d’opinion se renforce dans ses conviction et par cela même étend son influence. La leçon ne doit pas être perdue de vue. Le parti médiatique est en lutte. Nous aussi. Les campagnes de calomnies sont la dernière armes dont disposent ces gens qui savent combien la bataille morale est déjà perdue pour eux seulement six mois après la fin de la présidentielle. Le mépris présidentiel, la politique des grandes faveurs pour les riches a fait son effet.

07/11/2017

AU-DELA DE L'IMMORALITE

Entretien réalisé par Pierric MarissalMardi, 7 Novembre, 2017

 

 

 

Après les Paradise Papers et la fuite de plusieurs millions de documents, le sénateur Éric Bocquet appelle à « établir une définition commune et internationale des paradis fiscaux ».

Un nouveau chapitre de révélations sur l’évasion fiscale des riches, des puissants et des multinationales s’ouvre avec la fuite de plusieurs millions de documents compilés et analysés depuis un an par le Consortium international des journalistes d’investigation (Icij). Fondé aux Bermudes, le cabinet Appleby, dont proviennent les documents, se veut une institution respectable. Ses pratiques ne sont pas illégales, assure-t-il dans un communiqué offusqué. Et la première salve de publications montre que, outre la reine d’Angleterre, des personnalités au cœur du pouvoir abusent de l’optimisation fiscale. Ainsi, 13 membres de la garde rapprochée de Trump, dont le ministre de l’Économie et le vice-président de la Banque centrale américaine, sont mouillés. Preuve s’il en est que l’évasion fiscale est au cœur du système libéral. Le sénateur PCF du Nord Éric Bocquet, coauteur du livre plus que jamais d’actualité Sans domicile fisc (éditions du Cherche Midi), éclaire ces dernières révélations.

Depuis le début des révélations, on tergiverse beaucoup sur le côté immoral mais légal de l’optimisation fiscale. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Éric Bocquet Il faut dépasser ce débat entre optimisation légale et évasion illégale. J’aime citer l’ancien chancelier de l’échiquier britannique Denis Healey qui disait que la différence entre les deux résidait dans l’épaisseur du mur de la prison. Si l’optimisation était légale, pourquoi tant d’opacité et d’ingénierie pour dissimuler ces pratiques ? Dès lors qu’on opacifie à dessein, qu’on met en difficulté les États et les services publics par les ressources budgétaires qui leur échappent, on est au-delà de l’immoralité, on est dans le scandale, l’indécence. Donc il n’y a pas de question à se poser, ces pratiques doivent être combattues et interdites.

Que sont ces cabinets d’avocats dont il est à nouveau question ?

Éric Bocquet Ce sont des rouages cruciaux dans la chaîne de la responsabilité collective de l’évasion fiscale. Il y a les banques, les multinationales, les milliardaires et au milieu, ces cabinets d’audit et de conseil proposent les schémas d’évasion fiscale à leurs clients. Les Panama Papers ont révélé les documents d’un seul cabinet, Mossack Fonseca, là il s’agit d’un autre, Appleby, mais il y en a des milliers à Singapour, à Londres, à Hong Kong… Dans une île comme Chypre, qui est membre de l’Union européenne, il y a 20 000 avocats fiscalistes.

Pourquoi en France forme-t-on encore ce genre d’avocats fiscalistes dans des universités publiques ?

Éric Bocquet C’est une vraie question. Éric Vernier, qui enseigne la finance à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), alerte sur la nécessité d’introduire de l’éthique dans ces formations. Dans ses propres cours, de plus en plus d’étudiants rêvent de devenir des genres de Jérôme Kerviel et de brasser des millions. La finance leur fait miroiter des gains faciles sans jamais parler d’intérêt général.

Ces scandales à répétition peuvent-ils changer les choses ?

Éric Bocquet On en est à un scandale par an. Il y a eu HSBC, UBS, les Offshore Leaks, les LuxLeaks, les SwissLeaks, les Panama Papers… Aujourd’hui les Paradise Papers, et demain cela continuera. Tant qu’on ne s’attaquera pas en profondeur et dans la durée à ce système qui s’est installé lors de ces trois ou quatre dernières décennies. Il faut saluer le travail de l’investigation, des lanceurs d’alerte, des syndicats, des ONG comme Attac, Oxfam, le CCFD-Terre solidaire… Tous sensibilisent, se battent au quotidien et participent à créer un mouvement de fond qui pourra faire bouger les choses. Mais c’est le politique qui définit des règles. Enfin normalement, car aujourd’hui on voit des multinationales qui fixent leur propre taux d’impôt et vont le négocier avec les pays les plus accueillants… Et si on reproche à une banque française d’avoir des filiales aux Bermudes, elle répondra qu’elle est en conformité avec la réglementation française. Idem pour Monaco, Jersey ou Guernesey, qui sont pourtant aujourd’hui à nouveau mis en cause dans les Paradise Papers. Il faut donc commencer par établir une définition commune et internationale des paradis fiscaux, une liste claire et de la transparence. On l’exige chez les parlementaires, et c’est bien normal, mais on ne la demande ni aux multinationales, ni aux banques, ni à ces cabinets d’avocats. Et il faut arrêter de dire que l’évasion fiscale est un dysfonctionnement de l’économie libérale, elle est au cœur du système. Henry Morgenthau, secrétaire d’État de Roosevelt dans les années 1930 aux États-Unis, disait que l’impôt était le prix à payer pour vivre dans un monde civilisé. Et les multinationales veulent la jungle.

Peut-on espérer une réponse politique ?

Éric Bocquet On est dans un contexte où le politique a capitulé, il y a eu tellement de complicités et de renonciations. La France s’honorerait d’incarner cette résistance, d’avoir un autre rôle. Mais non, Macron repousse les discussions sur la taxe Tobin à l’échelle européenne, fait la flat tax sur les revenus du capital… Ce gouvernement est au service de l’argent et, comme le précédent, il joue le jeu du dumping fiscal mondial. L’impôt sur les sociétés était à 33 %, il est passé à 28 et sera bientôt à 25 %. Anecdote éclairante : lors d’une audition à la commission des Finances du Sénat au mois de mai, les représentants de la finance et la directrice générale du Trésor de Bercy, autrement dit les banques et la République main dans la main, ont tenu le même discours : profitons du Brexit pour attirer les institutions financières. Les banques ont mis deux conditions : pas de taxes et une réforme de fond du Code du travail. Lorsqu’on dit que c’est la finance qui fait la politique des États, il n’y a qu’à voir les réformes récentes pour voir où nous en sommes… Le combat à mener est là. Reconquérir le pouvoir concédé à la finance. On le voit bien avec Emmanuel Macron, mais c’est encore plus vrai avec Donald Trump, dont les ministres, les conseillers, les financeurs sont impliqués dans le scandale. Voilà un président des États-Unis qui peut se vanter de ne pas avoir payé d’impôt fédéral depuis vingt ans sans que cela ne gêne outre mesure et qui, dans sa première administration, a employé 3 personnes de Goldman Sachs, la plus puissante banque d’affaires du monde… On tue la politique à dessein, car on préfère gérer la société sans le peuple, et tant pis pour les taux record d’abstention aux élections. L’oligarchie, ce n’est pas une vue de l’esprit, ça existe.

Éric Bocquet

Sénateur PCF, coauteur de Sans domicile fisc

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique