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11/02/2016

SOYONS LA FRANCE INSOUMISE


2017 : « Soyons la France insoumise »

Jean-Luc Mélenchon propose sa candidature à l’élection présidentielle de 2017. Pour l’appuyer dans cette démarche, signez sur : http://jlm2017.fr/ et partagez cette vidéo.

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Sa déclaration sitôt faite

"le lynchage habituel commence ...de part et d'autre"

Pour une fois que ce sont les citoyens qui vont décider

et non les Partis de connivence !

jl melenchon,presidentielles 2017,jlm2017.fr

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Je préfére un désistement aux élections après un vote de conviction

plutôt qu'un "arrangement" avant vote sur le dos des électeurs qui ne s'y retrouvent plus

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"Je vous propose ma candidature pour l’élection présidentielle de 2017. Cette élection peut-être une chance pour notre peuple. C’est l’occasion de tourner pacifiquement et démocratiquement la page de l’ordre injuste et cruel dans lequel s’enfonce notre pays et notre continent. 2017 sera une année décisive : un nouveau traité européen sera proposé et le projet de marché commun avec les États-Unis sera achevé. Il faut les refuser. C’est le moment d’agir. Soyons la France insoumise.

Le changement climatique a commencé. Il ne faut plus céder aux lobbys productivistes pour changer notre façon de produire et de consommer. Soyons le peuple souverain.

Ma proposition de candidature est donc un appel à l’engagement. Il s’adresse à qui a compris ce point essentiel : tant que dureront la monarchie présidentielle et les traités européens actuels, notre peuple sera privé de tout pouvoir pour régler ses problèmes. Là est la racine de toutes nos misères, celle qu’il faut trancher d’urgence.

Lire la suite

 

La démarche

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 Ce livre est ma carte d'identité politique
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Je passe à l’action pour que nous puissions commencer à convaincre, mobiliser, trouver les financements et les parrainages. En 2012, nous avons été quatre millions à voter ensemble pour soutenir le projet de Révolution Citoyenne et le programme L’Humain d’abord. Ce fut un temps fort de notre vie politique. La suite a montré combien nous avions vu juste sur tant de sujets. Voilà un bon point de départ pour proposer de nouveau au pays de choisir l’humain plutôt que la finance, l’audace plutôt que la résignation, la résistance plutôt que la soumission. 

Je m’adresse à toute personne qui perçoit l'urgence de la situation. À qui n’en peut plus de la montée des misères dans notre pays et de l’enrichissement des plus riches. À qui ne supporte plus d’entendre du matin au soir que tout va mal sans que soient jamais mis en cause le gavage des actionnaires, l’assistanat ruineux offert sans contrepartie au MEDEF, le pouvoir de l’oligarchie et de sa caste droguée aux ivresses de la mondialisation financière.

Soyons les indignés, les insoumis qui agissent ! Nous, de tous les milieux sociaux, nous, femmes et hommes, qui n’en pouvons plus de la société de l’argent-roi quand des centaines de gens meurent de froid dans la rue, sur leur poste de travail ou de maladies restées sans soins. Nous qui ne supportons plus de voir sans cesse reporter à demain l’exigence de produire et de consommer de façon écologique quand le dérèglement climatique est commencé et quand l’agriculture industrielle empoisonne notre santé, la terre et le vivant. Assez de voir l’air, l’eau, les paysages accaparés par les multinationales et le pouvoir de la finance ! Je m’adresse à qui veut voir une France indépendante, en Europe et dans le monde, une France qui refuse la généralisation de la guerre.

J’appelle les pacifiques, les tolérants, les laïques qui rejettent comme moi tous les fanatismes religieux, tous les communautarismes et tous les racismes. Nous voulons vivre dans une société qui soit… humaine. Une société où la République, la fraternité, l’art, la culture et le savoir, la recherche et le loisir seraient libérés des obscènes exigences du marché. Où l’archaïque inégalité entre les femmes et les hommes serait éradiquée. Où les privilèges des puissants sont abolis et où nous nous serions réellement tous égaux devant la loi et la justice. Où l’État et le service public seraient de retour partout dans le pays. Où le peuple exercerait le pouvoir ! Bref : nous voulons des choses simples. Une société plus lente, plus douce, où l’on peut entendre parler et voir d’autres spectacles que ceux de l’argent, les intérêts particuliers et la violence.

Il s’agit de faire naître une nouvelle France. Une France qui retrouve le goût du futur. Une France première nation écologique du monde. Une France aux avant-postes de de la culture, de la science, de la technique, des savoir-faire, de l’humanité. Une France pionnière des mers et de l’espace.

Passons à l’action. Si vous voulez en être, appuyez ma proposition. Je lance un mouvement citoyen pour nous permettre d’agir collectivement, sans affiliation obligée à un parti politique.

Nous devons commencer maintenant : il y a tant de travail à faire. Donnez le coup de main. Appuyez ma proposition de candidature sur ce site, prenez votre part des initiatives à prendre. Si vous le pouvez, faites un don, même modeste. Participez au travail sur le programme que j’introduis sur ce site. Ma proposition de candidature va se construire autour de ce site internet. À qui cette proposition est-elle faite ? À tout le monde ! Mais d’abord aux personnes qui veulent s’engager à titre personnel.

Créez partout des groupes d’appui à cette candidature ! Je réunirai une assemblée représentative des signataires. Bien sûr, si des partis, clubs, associations, réseaux, souhaitent participer à ce mouvement collectif et s’ils sont prêts à en respecter le pluralisme et la priorité donnée à l’action citoyenne, ils y seront les bienvenus.

Une fois ma tâche accomplie, les signataires seront les propriétaires de cet outil et ils décideront s’ils veulent en faire un mouvement politique permanent. Je vous propose donc à la fois une candidature, un projet en construction, un moyen de travail commun et un outil d'action.

Vouloir changer le cours des évènements est un devoir d’intérêt général humain. C’est un immense défi, bien sûr. Mais il ne doit pas nous effrayer.

Faisons nôtres les mots de Jean Jaurès : « Un jour ou l’autre, dans notre pays de France, la grandeur des évènements répond à la grandeur de la pensée »

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10/02/2016

UNE NOUVELLE DROITE S'IMPLANTE... le F.N. ! c'était en 1984 avec Mitterrand aux commandes

Décidément !

Je feuillette ma Chronique de la France et des Français et je lis :

 

 

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17 juin 1984 : UNE NOUVELLE DROITE S'IMPLANTE

Héritier d'une droite autoritaire, populiste et xénophobe, le Front National gardait une audience restreinte. Or, son discours sur l'immigration, le chômage et la délinquance fait aujourd'hui recette.

Les élections européennes lui permettent de trouver une audience nationale, plus forte dans la France urbaine du Nord et du Sud-Est.

Avec 10,95% des voix, le parti de Jean-Marie Le Pen emporte 10 sièges.

Ce vote témoigne plus d'une contestation radicale du gouvernement que d'une réelle adhésion aux thèses lepénistes. Mais les autres partis devront désormais compter avec lui.

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Le 13 février 1984 on lui avait offert un plateau télévisé de grande audience pour la première fois

"Jean-Marie LE PEN est l'invité de "l'Heure de Vérité" sur Antenne 2. C'est sa première participation à une émission télévisée de grande audience".

*

17 juillet 1984 : Démission d'Alain SAVARY après le retrait de son projet de loi, suivie de celle du gouvernement MAUROY.

Laurent FABIUS est nommé Premier ministre

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19 juillet 1984  : départ des 4 ministres communistes "La contradiction entre la présence des communistes au pouvoir et leur discours hostile à sa politique économique devenait invivable. Le P.C.F. dont le comité central était convoqué après la démission de Pierre MAUROY, a décidé de ne pas participer au gouvernement FABIUS..."

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Alors ?

32 ans plus tard!!

No comment !

05/02/2016

UN TROP GRAND CHAPEAU

 Couverture de l'Hebdo Politis N°1386
 

Un trop grand chapeau

Grâce à l’affaire de la déchéance de nationalité au moins, les plus naïfs ou les plus complaisants savent dans quel pétrin nous sommes !

Tout le monde l’a compris : si rien ne bouge, la gauche sera bientôt un champ de ruines. Et ça ne sera pas seulement le résultat d’une présidentielle ou d’une législative catastrophique – on finit toujours par se remettre des débâcles électorales ! La défaite qui se profile sera cette fois culturelle et idéologique. C’est-à-dire profonde. Et peut-être irréversible. Les principes les plus élémentaires auront été rayés du grand livre de l’histoire du mouvement humaniste et social. C’est sans doute ce constat qui a conduit des intellectuels et quelques politiques à lancer un appel pour une « grande primaire à gauche ».

Leur démarche est louable. On en comprend bien la philosophie. Le mouvement est plus important que la fin. Pour eux, il n’est pas temps de se demander quel nom pourrait sortir de ce trop grand chapeau. Les signataires veulent surtout un débat. Un vrai débat « sur les inégalités, la crise écologique, l’éducation, les discriminations, la réforme des institutions, les libertés, la justice, la sécurité, la fiscalité, les territoires, l’Europe, la mondialisation… ». L’énumération est longue. Et elle est en soi accablante pour le gouvernement actuel, car elle donne la mesure des blocages dont il est responsable. Mais, c’est sans doute l’affaire de la déchéance de nationalité qui a réveillé les consciences. Merci François Hollande ! Grâce à lui au moins, les plus naïfs ou les plus complaisants savent dans quel pétrin nous sommes !

Et si on voulait donner un autre exemple de l’état intellectuel et moral de notre exécutif bicéphale, il faudrait encore citer le discours de Manuel Valls, samedi, devant l’Hyper Cacher, cible de l’attentat antisémite de janvier 2015.

Je l’évoque ici parce que quelques-uns des mots prononcés heurtent au plus profond la philosophie de la gauche. Quand un homme qui se dit (qui se croit ?) encore de gauche en vient à fustiger toute tentative de compréhension du phénomène jihadiste, c’est que nous sommes tombés bien bas.

Marcel Gauchet a eu raison de juger ce propos « ahurissant ». Il l’est en effet, et au sens premier du mot : il rend stupide. Sans compter que dans un discours qui se veut antiraciste, le refus de vouloir comprendre conduit tout droit au racisme. Si ces tueurs ne sont pas le produit de processus qu’il faut analyser pour pouvoir les combattre, alors d’où viennent-ils ? De quel gène assassin sont-ils porteurs ? Nous pataugeons en plein sarkozysme !

Évidemment, la pétition pour une primaire à gauche ne cite pas cet exemple. Sa rédaction était antérieure. Elle est néanmoins très sévère pour la politique du tandem Hollande-Valls. Et il ne fait aucun doute que cette initiative est une énorme pierre dans le jardin de François Hollande, qui, comme tout Président sortant, se rêve en candidat naturel à sa réélection. Mais – et c’est ici que surgissent nos interrogations – le texte est lourd de beaucoup d’ambiguïtés.

Supposons par exemple, et par extraordinaire, que MM. Hollande et Valls, en désespoir de cause, et à défaut d’inversion de la courbe du chômage, jouent le jeu de cette primaire. Et que, pour finir, la « grande primaire de la gauche » accouche d’un candidat de droite ou de centre-droit dans leur genre… On imagine les signataires de notre appel, soudain pris au piège, et contraints de faire campagne pour ceux-là mêmes qu’ils voulaient écarter.

Ou, hypothèse tout aussi absurde, Valls contraint de soutenir Mélenchon…

D’où l’intérêt de préciser sérieusement le périmètre de la politique souhaitée, sans aller jusqu’à parler d’une primaire de « la gauche de la gauche » dont, d’ailleurs, Jean-Luc Mélenchon et Cécile Duflot (qui ne doit pas être très loin derrière l’initiative dont il est question ici) ne voudraient peut-être pas.

Une primaire n’a de sens que si elle organise la confrontation entre gens qui ont encore quelques idées et principes en commun. Sinon, mieux vaut passer directement à la case premier tour de la présidentielle.µ Les auteurs de l’appel sous-estimeraient-ils la profondeur des désaccords ? Mais me voilà dans le rôle désagréable de Cassandre.

Alors, dans l’immédiat, retenons surtout que le mouvement enclenché a le mérite d’exister et de susciter un premier débat. Ne serait-ce que sur la définition de la gauche, et l’identité politique de ceux qui s’en réclament. La confusion est telle que la réponse est devenue incertaine. Gageons que les prochains jours vont aider ceux qui ont encore des doutes à y voir plus clair. La loi « Macron 2 », qui sera peut-être une loi « El Khomri 1 », du nom de la ministre du Travail, et la présentation, le 18 janvier, par François Hollande de ses nouvelles mesures pour l’emploi apporteront quelques clartés supplémentaires dans le grand débat qui devrait agiter notre pays : comment sortir du chômage ?

Par le bas et la précarité en fabriquant des travailleurs pauvres ?

Ou par le haut, avec de vrais emplois ? Il y a là matière à définir la gauche.

LA PETAUDIERE § MACRON, VALLS, HOLLANDE

La pétaudière

Ce gouvernement avance en crabe. Pour connaître sa destination finale, il faut suivre la trajectoire rectiligne d’Emmanuel Macron.

À quoi sert Emmanuel Macron ? À charmer le gotha de la finance internationale à Davos ? Sans doute. À rassurer les banquiers dépressifs qui auraient encore peur de François Hollande ? Peut-être. Mais pas seulement. Il sert aussi à nous faire prendre des vessies pour des lanternes et – plus improbable encore – Manuel Valls pour un homme de gauche. Voyez le débat sur le code du travail et cette affaire des 35 heures. Il a suffi que le jeune ministre de l’Économie clame, du haut de sa montagne suisse, qu’il n’y aurait désormais plus la moindre majoration de salaire en cas de dépassement de l’horaire légal du travail pour qu’une majoration misérable de 10 %, au lieu des 25 % actuels, apparaisse comme la marque d’une politique sociale généreuse.

Un tour de passe-passe rendu possible aussi grâce à la nonchalante complicité d’un grand sage de la République : Robert Badinter. Après la sortie « ultra-transgressive » d’Emmanuel Macron, le rapport remis lundi par l’ancien garde des Sceaux est apparu comme un moindre mal. Et Manuel Valls, qui plaidait il y a peu encore pour un déverrouillage complet des 35 heures, a pu se donner le beau rôle (les occasions sont rares) : « Il faut, a-t-il lancé, que les heures supplémentaires soient majorées et elles le seront toujours. » Des esprits malintentionnés imagineront sans doute une obscure connivence entre Macron et Valls. Le premier jouant, à contre-emploi, le rôle du bad cop, pour mieux permettre au second d’apparaître comme un ardent défenseur du droit social. Mais la réalité est plus simple, et tellement plus humaine. Ces deux-là ne s’aiment pas, et ils se livrent une concurrence dans laquelle nous sommes peu de chose, nous autres citoyens.

C’est que le jeune Macron a surpassé son Premier ministre dans l’art de la transgression de toutes les règles sociales. À Davos, il a cruellement éclipsé son patron. Et celui-ci ne s’en remet pas. Car, l’appétit venant en mangeant, et les sondages aidant, le ministre de l’Économie commence tout doucement à se voir un destin national. Lui que l’on imaginait plutôt retournant en 2017 dans le privé, bombardé à la tête d’une grande banque. Il paraît même que des grands patrons lui ont déjà offert de financer sa campagne. Du coup, Manuel Valls, qui s’était fait une spécialité du dynamitage de tous les acquis sociaux (souvenons-nous des primaires de 2011), est Gros-Jean comme devant. Il a trouvé plus dynamiteur que lui.

Mais cette affaire des 35 heures mérite une autre lecture, car elle nous en dit long sur le mode de fonctionnement de ce gouvernement.

Sans que cela soit le moins du monde concerté, mais parce que tel est son tropisme politique, Emmanuel Macron lance ses ballons d’essai. Il dit carrément ce que les autres ne peuvent pas dire. On ne manque pas ensuite de le désavouer. Mais, à la fin, je ne suis pas sûr que la ligne Macron ne va pas l’emporter. Parce que c’est aussi la ligne Valls, celle de François Hollande, et surtout celle du Medef. À mesure que les heures passaient, lundi, quelques analystes futés finissaient par comprendre ce qui se cachait derrière cette usine à gaz. Une durée du travail « réaffirmée » à 35 heures, une majoration de salaire confirmée pour les heures supplémentaires, mais… Mais la possibilité de référendum par entreprise… Mais la possibilité d’accords syndicaux minoritaires… Mais toutes sortes de voies possibles pour déroger aux grands principes proclamés par Robert Badinter.

Au-delà même du dossier des 35 heures – qui n’est pas anodin –, ce qui retient l’attention ici, c’est la méthode. Ce gouvernement avance en crabe. Pour connaître sa destination finale, il faut suivre la trajectoire rectiligne d’Emmanuel Macron. Et il convient ensuite de relativiser les désaveux dont il est l’objet. Lui s’en moque éperdument, car il capitalise pour son avenir auprès de ceux qui seront peut-être, le moment venu, ses bailleurs de fonds, ses amis de Davos. Si jamais le moment vient…

Quant à François Hollande, il compose pour y parvenir un itinéraire nettement plus sinueux, fait de dénégations et de contradictions. Entre l’objectif affiché avec zèle par le ministre de l’Économie et le résultat auquel parvient le président de la République, il y a toutes les contingences de la politique : les réticences de sa majorité parlementaire, les mobilisations sociales qui reprennent, et aussi, il faut bien le dire, le manque de maîtrise des principaux acteurs qui ont tendance à se prendre eux-mêmes les pieds dans le tapis. Voir l’interminable affaire de la déchéance de nationalité.

Ce schéma a un défaut : il se voit. On n’en suit pas tous les méandres, et on peine à démêler la part des nuances idéologiques et celle des intrigues personnelles, mais, au fond, quelle importance, puisqu’on devine la finalité. Quant à Manuel Valls, surpassé par son jeune rival, il s’en va transgresser sur un autre terrain. Celui des libertés publiques. À propos, on attend avec inquiétude la façon dont il va traiter l’affaire de Notre-Dame-des-Landes. Après le jugement du tribunal de Nantes, il peut maintenant décider à tout instant d’envoyer les CRS expulser les paysans. La gauche est au gouvernement, vous dis-je.


Photo : FABRICE COFFRINI/AFP

 

CONTRE LA REPRESSION SYNDICALE

Contre la répression syndicale, la lutte s’organise

Plusieurs milliers de manifestants se sont réunis ce jeudi 4 février dans toute la France pour réclamer la relaxe des anciens salariés de Goodyear, sous le joug d’une condamnation inédite.

À Paris, place de la Nation, des milliers de militants ont répondu à l’appel de la CGT. Réunis pour exiger la relaxe immédiate des huit anciens salariés de Goodyear, syndicats, élus et citoyens ont exprimé leur solidarité face à une décision de justice disproportionnée et sans précédent. Condamnés à deux de prison dont neuf mois ferme pour avoir retenu deux cadres de leur entreprise menacée de fermeture, les huit employés montés sur un camion-scène ont dénoncé une condamnation politique insoutenable dont ils font appel. Si les anciens de l’usine d’Amiens gardent espoir et continuent le combat, ils n’oublient pas les années de lutte et la violence sociale à laquelle ils ont dû faire face, seuls.

Ce jeudi, Mickael Wamen rappelle que douze ex-ouvriers sont morts depuis la fermeture de l’entreprise, évoquant les suicides, l’alcoolisme et la détresse à laquelle les salariés ont aussi été condamnés.

À lire >> Goodyear : Sept ans de violence sociale

À leurs côtés, les membres de la CGT, dont Philippe Martinez, secrétaire générale confédération, et des salariés ont exprimé leur colère face à la multiplication des répressions syndicales. Tous ont exigé que cesse les représailles à l’encontre des salariés et des syndicalistes, faisant notamment allusion à la condamnation des anciens de Goodyear, mais aussi aux poursuites contre les salariés d’Air France , accusés d’avoir participé à l’épisode «de la chemise arrachée».

À lire >> Air France: le procès des salariés accusés de «violences» fixé au printemps

Discrètes mais bien présentes, différentes personnalités politiques de gauche ont également tenu à manifester leur solidarité, encourageant les syndicalistes à poursuivre leur combat. Pour Danielle Simonnet, conseillère de Paris (Parti de gauche), «être là, c’est essentiel». Face à une criminalisation des actions syndicales, la coordinatrice politique du PG a par ailleurs fait part de ses craintes pour la démocratie:

Un pays qui met en prison ses salariés ne peut pas être démocratique. Nous sommes dans un système oligarchique qui s’émeut pour deux chemises arrachées, mais ne fait preuve d’aucune compassion à l'égard d'employés dont le seul crime est d’avoir défendu leurs emplois, face à des patrons voyous et avides.

Selon elle, «le premier renoncement de François Hollande a été de ne pas instaurer l’immunité des actions syndicales». Une revendication partagée par les manifestants qui réclament eux-aussi davantage de protection.

© Politis

De même, Laurence Cohen, sénatrice communiste (PCF) du Val-de-Marne ne comprend pas «les cadeaux que l’État continue de faire au patronat». Pour cette élue, «l’urgence est d’abord sociale. Je pense que la politique peut prendre le dessus sur l’économie» mais qu'il s'agit d'une «volonté politique» à mettre en place.

 

«Réprimés, méprisés, STOP»

Délégués syndicaux, inspecteurs du travail ou salariés en lutte se sont succédés sur la petite scène installée place de la Nation. Sous un même slogan – «réprimés, méprisés, stop» – ils ont dénoncé les violences sociales dont ils ont été victimes ou témoins, mais ont aussi fait part de la nécessité d’un tel combat. Des prises de paroles symboliques ont également eu lieu, dont celle de Mickael Wamen, l’un des salariés condamnés pour avoir «séquestré» deux anciens cadres de Goodyear. Un discours largement applaudis par les manifestants. Pour Juliette, retraitée et militante à Force Ouvrière, «ce sont des paroles qui donnent espoir et permet de croire à un véritable rassemblement ouvrier et citoyen».

Au nom de ces sept autres «camarades», le leader de la CGT à Goodyear a dénoncé les mesures prises à leur encontre et appelle à encore plus de mobilisation et de solidarité:

Aujourd’hui, cette action est nécessaire, mais elle n’est pas suffisante, a t-il avertit. Il faut que nous montrions au gouvernement que nous n’acceptons pas ce qui est en train de se passer.

Partisan d'une mobilisation sociale unie, Mickael Wamen a proposé de réunir dans la rue les différents secteurs en lutte : enseignants, chauffeurs de taxis, agriculteurs, ouvriers… «La réalité, c’est que nous sommes tous condamnés. Il n’y a pas que ceux de Goodyear; nous sommes tous condamnés à agir.»

Selon Philippe Martinez, ce rassemblement aurait réuni près dix milles personnes à Paris (2.800 selon la préfecture), et se serait tenu dans quatre-vingt villes de France.

© Politis


Photos : CHLOE DUBOIS/ POLITIS -

Mickael Wamen, le 4 février 2016 lors de la manifestation de soutien organisée par la CGT

Manifestation à Paris, Place de la Nation

Danielle Simonnet (Front de gauche), lors de la manifestation à Paris

"Seuls coupables les financiers. À quand la justice?" - Pancarte laissée Place de la Nation à Paris pendant le rassemblement

 
 
 
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