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04/05/2015

Un Premier Mai ensanglanté

Jamais...

 

1er MAI 1891 fusillade à Fourmies: Un test "réussi"

pour le fusil Lebel »


" Partout la faim, Roubaix, Aubin, Ricamarie,

La France est d'indigence et de honte maigrie,

Si quelque humble ouvrier réclame un sort meilleur

Le canon sort de l'ombre et parle au travailleur."

[Victor Hugo]

1069442394.jpg239486182.jpg

Vieille cité industrielle du Nord de la France, la ville de Fourmies a atteint son apogée industrielle et démographique à la fin du XIXème siècle grâce au textile. Elle compte alors 15 000 habitants, en majorité des ouvriers. Sa distance la séparant de Paris, n’est que de 200 km. A plusieurs reprises, des grèves ont éclaté surtout le 1er Mai.

Le premier mai 1891, à Fourmies, le beau temps est au rendez-vous en ce premier jour du "mois de Marie", un vendredi. Sur les haies du bocage, l'aubépine veut fleurir. Les amoureux ont cueilli des rameaux de frêle blancheur pour les fiancées. Quoi qu'il arrive, les jeunes seront les héros de la fête.

477397106.jpgLe futur fondateur du parti ouvrier français, Paul Lafargue (gendre de Karl Marx) alors l’un des dirigeants nationaux des socialistes guesdistes, incita à la grève générale du 1 mai consacré à la revendication de la journée des 8h et à la hausse des salaires.

La scène du théâtre est prête: une esplanade rehaussée où la mairie, l'église et des estaminets invitent aux allées et venues, au rassemblement et aux harangues.

Pour montrer leur opposition aux revendications, les patrons ont fait apposer sur les murs de Fourmies, une affiche affirmant leur détermination à ne pas faire de concessions. Sous leur impulsion, le maire de la ville demanda l’envoi de 2 compagnies d’infanteries du 145ème régiment de ligne au sous-préfet d’Avesnes.

491960427.JPGA 9 heures, après une échauffourée avec les gendarmes à cheval, quatre manifestants sont arrêtés. Des renforts sont demandés à la sous-préfecture qui envoie en renfort deux compagnies du 145e  de ligne casernée à Maubeuge. Le 84e RI d'Avesnes est déjà sur place.

Dès le départ, cette manifestation devait se dérouler dans une ambiance festive et pacifique. A 10 heures, les ouvriers devaient porter leurs revendications à la mairie. Des festivités l'après-midi et un bal en soirée étaient inscrits au programme."Le plus grand calme est recommandé, pas de tumulte, pas de récriminations personnelles"

Dès lors le premier slogan : " c'est les huit heures qu'il nous faut " est suivi par " c'est nos frères qu'il nous faut ".

470630266.JPG18h15 : 150 à 200 manifestants arrivent sur la place et font face aux 300 soldats équipés du nouveau fusil Lebel qui contient de 9 balles (une dans le canon et huit en magasin) de calibre 8 mm. Ces balles peuvent, quand la distance n'excède pas 100 mètres, traverser trois corps humains sans perdre d'efficacité. Les cailloux volent ; la foule pousse. Pour se libérer, le commandant Chapus fait tirer en l'air. Rien ne change. Il crie : " baïonnette !.. en avant ! " Collés contre la foule, les trente soldats, pour exécuter l'ordre, doivent faire un pas en arrière. Ce geste est pris par les jeunes manifestants pour une première victoire. Kléber Giloteaux, leur porte drapeau s'avance.

 Il est presque 18h25....le commandant Chapus s'écrie : " feu !feu !feu rapide ! visez le porte-drapeau ! "

1845966414.jpg" La boucherie aurait duré encore longtemps si le curé catholique Margerin (*), n'était pas sorti de la maison et n'avait pas crié : " Assez de victimes ". Neuf enfants étaient couchés sur la place, un homme de 30 ans, 2 jeunes gens de 20 ans, 2 enfants de 11 et 12 ans et quatre jeunes filles de 17 à 20 ans." Paul Lafargue

Neufs morts, trente cinq blessés (au moins) en quarante cinq secondes.

C'était à Fourmies le 1er mai 1891.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/16/Le_voleur.JPG


(*) Alfred Margerin est issu de la famille des Margerin d'Iwuy, une commune, située dans le département du Nord (59) et la région Nord-Pas-de-Calais… comme un élu du Cher-Nord

08:00 Publié dans Histoire, Mémoire | Lien permanent |

 

File:Le petit Parisien.JPG

Jamais le Nord n'oubliera ce premier mai 1891, à Fourmies.

-Marie Blondeau, 18 ans, une balle dans la tête, à bout portant

-Louise Hublet, 20 ans, 2 balles au front et une dans l'oreille

-Ernestine Diot, 17 ans, une balle dans l'œil droit, une dans le cou, son corps contient 5 balles

-Félicie Tonnelier, 16 ans, 5 balles.

-Kléber Giloteaux, 19 ans, une balle dans l'œil gauche et trois autres dans la tête

-Charles Leroy, 18 ans, 3 balles dans la poitrine, une à l'épaule.

- Emile Ségaux, 30 ans, 5 balles

-Gustave Pestiaux, 14 ans, 2 balles dans la tête et une à la poitrine

-Emile Cornaille, 11 ans, une balle dans le coeur.

-Camille Latour, 46 ans, mort le lendemain, traumatisé par la fusillade.

 

http://lacontrehistoire.over-blog.com/jamais

De l’aubépine au brin de muguet !

La chanson des fusillés de Fourmies (1891).jpg

 La_une_du_journal_L_illustration___9_mai_1891

Avec le drame de Fourmies, le 1er mai va s'enraciner dans la tradition de lutte des ouvriers. Il représente un tournant considérable dans l’histoire du mouvement ouvrier français et mondial. A la fin de l’année 1891, l'Internationale Socialiste va renouveler le « caractère revendicatif et international du 1er mai » comme un jour à part pour le monde du travail, en hommage aux « martyrs de Fourmies » !

Il faudra attendre le 23 avril 1919 pour que le Sénat Français ratifie la journée de 8 heures.

La signature des accords de Matignon par Léon Blum le 7 juin 1936, permettra une augmentation des salaires de 7 à 15 %, la reconnaissance du droit syndical dans l’entreprise, l’élection des délégués ouvriers, la création de conventions collectives, la semaine de 40 heures et les 15 jours de congés payés.

 

30/04/2015

V comme VIETNAM ET VICTOIRE

V comme Vietnam et Victoire

PAR PATRICK APEL-MULLER
JEUDI, 30 AVRIL, 2015
L'HUMANITÉ
L'éditorial de Patrick Apel-Muller : "En France, le 30 avril 1975 fut un moment de joie. Ils n’étaient pas si nombreux ceux qui, avec les communistes et l’Humanité, s’étaient dressés contre la sale guerre d’Indochine"

Le ballet de fer et de feu des hélicoptères s’était mué en une fuite éperdue du haut de l’ambassade américaine à Saïgon. Les occupants américains et leurs collaborateurs fuyaient dans une cohue anxieuse. La fiction du régime du Sud s’effondrait. Trente ans d’une guerre sans fin s’achevaient par la déroute du plus puissant des pays au monde. Les Etats-Unis pliaient devant un peuple qu’ils avaient noyé sous le napalm, l’agent Orange et les tapis de bombe. La défaite, sous les caméras du monde, ouvrait, semblait-il, une nouvelle ère où les peuples auraient le dernier mot face à l’impérialisme qui avait pris le relais des anciens colonisateurs.

En France, le 30 avril 1975 fut un moment de joie. Ils n’étaient pas si nombreux ceux qui, avec les communistes et l’Humanité, s’étaient dressés contre la sale guerre d’Indochine, se couchant sur les voies des trains d’armes, s’opposant au chargement des navires qui approvisionnaient les troupes coloniales. La suite fut un long combat de solidarité associant aux militants de la première heure des progressistes, des chrétiens, des gens de cœur. La figure rayonnante et modeste de l’Oncle Ho, Ho-Chi-Minh, symbolisait un peuple tandis que la photo d’une fillette, le dos en flamme sous le napalm, devenait l’acte d’accusation irréfutable des crimes américains.

La victoire ne signait pas la fin des difficultés pour ce peuple entravé par sourd blocus. Il fallait reconstruire un pays dévasté, panser une nature défolié, inventer un futur de paix. Le Vietnam s’est mis en marche, trébuchant parfois, se relevant toujours. Nous continuons à croire en son avenir.

Patrick Apel-Muller

 

Vietnam : « Plutôt se sacrifier que perdre

notre indépendance »

LINA SANKARI
JEUDI, 30 AVRIL, 2015

L'HUMANITÉ

 Ce matin, armée, vétérans, travailleurs, femmes et artistes ont défilé pour célébrer les quarante ans de la libération de Saigon. Un anniversaire résolument tourné vers l’avenir.

Hô Chi Minh-Ville (Vietnam), envoyée spéciale
Il était 6 heures du matin, ce 30 avril 1975, lorsque l’assaut final fut donné par les troupes nord-vietnamiennes afin de libérer Saigon. Quarante ans plus tard, à la même heure, les différents corps de l’armée et les organisations de la société civile s’affairent. Le soleil peine à se lever sur Hô Chi Minh-Ville mais les jeunes communistes ajustent leur chemise bleue, les paysans cherchent les fleurs avec lesquelles ils doivent défiler, certains ont du mal à se réveiller. Les drapeaux rouges frappés de l’étoile jaune forment encore un tas désordonné sur la pelouse qui jouxte les cérémonies de la réunification. Jour férié au Vietnam, ce 30 avril était placé sous le signe de l’unité nationale et de la transmission de la mémoire aux générations futures par la présence des différents groupes ethniques et d’enfants. 
Emblématiques de la culture nationale, des fleurs de lotus, portées par des danseurs, symbolisent la fidélité aux idées de la révolution et la pureté. Deux thèmes centraux du discours du Premier ministre Nguyen Tan Dung qui a ponctué le défilé. Après un hommage appuyé aux vétérans et à l’héroïsme des mères de famille pendant la guerre, le chef du gouvernement a rappelé le sens de cette journée. « Après avoir vaincu les colonialistes français, le peuple du Vietnam aspirait à vivre en paix, dans l’unité, la liberté et la prospérité (…). Les impérialistes américains et leurs sbires ont imposé un régime néocolonial pour transformer le sud du pays en une base militaire américaine, réprimer brutalement la révolution dans le sud et mené une guerre dévastatrice au nord (…) Nous préférions endurer et nous sacrifier plutôt que perdre notre indépendance et être des esclaves». 
Trente ans de guerres presque ininterrompues, 7,8 millions de bombes larguées à partir de 1965 (deux fois plus que pendant la Seconde Guerre mondiale), 1 350 000 morts et entre 2,1 et 4,8 millions de personnes répartis dans 20 000 villages directement affectées par l’épandage d’agent orange…  Le Vietnam est dévasté mais doit désormais faire face à l’embargo américain et aux deux guerres successives contre les Khmers rouges cambodgiens et le puissant voisin chinois. « D’une nation sous-développée, nous sommes devenus un pays à revenus intermédiaires avec une croissance moyenne de 7% », a souligné Nguyen Tan Dung. A plusieurs égards, le Premier ministre a expliqué que de nombreux défis restaient à relever, malgré la mise en place, en 2012, d’un système de protection sociale et la réduction du taux de pauvreté à moins de 6%. Loin d’être achevé, le processus d’industrialisation reste trop lent, a-t-il reconnu. « L’écart de développement entre notre pays et le reste de la région n’a pas été réduit comme prévu. (…) L’écart entre les riches et les pauvres s’est creusé». Enfin, le chef du gouvernement a mis en garde contre le niveau de corruption et le train de vie de certains cadres du parti communiste. « Nous devons nous concentrer à rendre notre parti propre, fort et vraiment éthique et civilisé comme l’Oncle Hô l’a toujours souhaité », a expliqué Nguyen Tan Dung, appelant à la mise sur pied d’un « Etat de droit socialiste », à l’amélioration des droits de l’homme et du citoyen et à l’accélération des réformes. Avant de conclure : « Partant de la tradition de paix et d’amitié, nous portons une politique consistant à mettre le passé derrière nous pour regarder vers l’avenir ». 

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Vietnam « J’étouffais sous les morts mais je n’osais pas crier »

30 avril 1975, le Vietnam libéré
MADELEINE RIFFAUD
JEUDI, 30 AVRIL, 2015
Le 12 novembre 1970, l’Humanité publie les paroles poignantes de la petite Da, douze ans, rescapée 
d’un des multiples massacres de civils, recueillies à Stockholm par la grande reporter de guerre Madeleine Riffaud.
 
 

 Nous sommes le seul peuple à avoir vaincu une telle invasion »

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Toute la semaine, les vétérans ont afflué vers Hô Chi Minh-Ville afin d’assister aux multiples commémorations du quarantième anniversaire 
de la libération du Vietnam. La question de la mémoire aux jeunes générations reste posée.
 
 
 

AVRIL 45 ! ils découvrent les camps qu'ils libèrent

http://liberation camps.memorialdelashoah.orddecouverte/introduction.html

DECOUVERTE ET LES LIBÉRATIONS DES CAMPS

Pour les Alliés occidentaux comme pour les Soviétiques, la « libération » des camps n’a pas été planifiée.
Elle intervient au gré des opérations militaires. 
Parler de « libération » est donc un abus de langage même si le soulagement des déportés, lorsqu’ils sont en mesure d’apprécier les événements, est considérable.
La « découverte » des camps, à l’Ouest comme à l’Est, est un choc moral immense mais dont l’impact est de courte durée

DOCUMENTER LES CRIMES NAZIS

Dès l'annonce de l’invasion allemande lors de l’opération Barbarossa, sur ordre venu des plus hautes autorités, les opérateurs soviétiques mettent en place des équipes de tournage pour filmer les faits de guerre, notamment les traces de destructions et de massacres de masse. 
L'objectif des autorités soviétiques est triple : 
- mobiliser les soldats et la population par le recours à des films utilisant un registre émotionnel,
- informer l’opinion internationale des épreuves traversées et peser dans l’ouverture d'un deuxième front en Europe,
- contribuer à instruire les procès à venir en collectant un maximum de preuves contre l’armée allemande, en constituant notamment une commission spéciale d’enquête suite aux révélations sur les exactions allemandes. 

La constitution de ces preuves découle directement de l'avancée des troupes soviétiques. Après une succession de défaites, l'Armée rouge entame la reconquête de son territoire en 1942, puis celle des pays Baltes, de la Pologne et des territoires allemands orientaux en 1944. 
Au fur et à mesure de cette progression, marquée par des replis et des échecs, se multiplient les découvertes macabres : elles surviennent parfois plusieurs années après les crimes nazis, parfois quelques jours plus tard.

 

Libération du camp de concentration de Dachau par l'armée américaine le 29 avril 1945.

 ARCHIVES - VIDEO - Le 29 avril 1945 le camp de concentration de Dachau est libéré par l'armée américaine. On découvre avec effroi les conditions de détention des prisonniers. Le Figaro publie le témoignage de l'un d'entre eux.

 

29 avril 1945, quelques témoignages de rescapés sont publiés dans la presse.

Sept médecins ayant participé à ces atrocités ont été condamnés à mort lors du «procès des médecins» qui s'est tenu à Nuremberg du 9 décembre 1946 au 19 juillet 1947, à la suite du procès des criminels de guerre nazis.

On estime que plus 200.000 opposants politiques, juifs, homosexuels et tsiganes y furent détenus, et que plus de 70.000 d'entre eux y moururent.

Les Alliés viennent de libérer le camp de Dachau. Un officier évadé de cet enfer nous a donné quelques détails sur la vie des milliers de déportés qui y ont passé d'interminables mois.

- Je suis parti, nous dit-il, le 2 juillet 1944 avec 2.400 résistants ou otages, ramassés au hasard. Parqués dans des wagons à bestiaux, nous avions pour toute nourriture une boule de pain chacun. Le voyage dura quatre jours. 925 de mes camarades moururent en route: la chaleur, l'odeur, la soif étaient si atroces, que certains déportés devenus fous s'attaquaient à leurs voisins. Dans mon propre wagon régnait une discipline de fer. Nous avions désarmé les camarades qui avaient réussi à dissimuler un canif, ainsi il n'y eut pas d'assassinat.

«Nous débarquâmes à Dachau. Quatre kilomètres de marche; nous portions avec nous l'odeur de la mort, et nous venions de voir les S.S munis de fourches descendre les cadavres des wagons que nous avions quittés, les entasser sur des chariots et les acheminer vers le four crématoire.

«Curieuse chose, que ce camp de Dachau, dont les marais furent asséchés dès 1933 par les détenus de l'époque, des Juifs allemands qui, leur travail accompli, furent tous exécutés sur place. Les blocks où se trouvaient les prisonniers et les usines repliées qui fonctionnaient à Dachau ont été construits sur leurs ossements.

«A notre arrivée, peu de Français se trouvaient au camp. Ce n'était pas la brutalité, la bestialité qui régnaient là, mais le sadisme, savamment organisé, les tortures à heures fixes, 25 coups de matraque, 50 ou 75, sur les corps nus, décharnés; pendaison des «terroristes» par les bras ou les jambes, jusqu'à ce que soient rompus tous les muscles, et souvent les os. Les exécutions capitales auxquelles nous étions forcés d'assister également se faisaient par pendaison ou par strangulation, lorsque les cordes n'étaient plus assez solides pour supporter le poids d'un homme. Ensuite nos repas nous étaient servis à côté des corps de nos camarades assassinés.

«Après le travail, à l'heure de la soupe, nos gardiens s'amusaient à nous faire accroupir, les mains tendues horizontalement; on posait une bêche sur nos bras, et l'on nous faisait tenir notre gamelle entre les dents. Puis il s'agissait de se relever, de s'accroupir, de se relever à nouveau, pendant une demi-heure, tandis que la soupe se répandait par terre sans que nous ayons pu y toucher.

«L'un de nos chefs de camp que nous appelions «Afrika Korps», était particulièrement féroce. Son plus grand plaisir était de tirer sur l'un d'entre nous; il nous provoquait souvent pour que nous en fournissions le prétexte. Je l'ai vu jeter une pomme à un Russe et viser de façon à ce que la pomme sortit de l'enceinte permise. Le pauvre Russe affamé se précipita sur la pomme, vit le revolver du chef braqué sur lui, se hâta de revenir vers nous en rampant, et fut abattu dans l'enceinte qu'il avait réussi à réintégrer.

 

«Les Américains et les Anglais s'étonneront peut-être des aménagements méticuleux qu'ils trouveront à Dachau; qu'ils ne s'y trompent pas. Dachau est, comme les autres camps, un lieu de souffrance et de torture, où le génie allemand a su combiner son goût de l'ordre et sa folie sadique.»

Les déportés de la baraque 56 du camp de concentration de Buchenwald en Allemagne photographiés par le soldat H. Miller le 16 avril 1945 au moment de la libération du camp par les Alliés (sur la couchette du milieu, le 7e à partir de la gauche serait Elie Wiesel).

1945 : Le Figaro découvre les camps de concentration nazis

«Moscou, 6 fév.- L'agence Tass annonce la libération par l'armée rouge de 4.000 déportés politiques français, belges et hollandais détenus par les Allemands dans le camp de concentration d'Oswiecim. (AFP)» C'est par cette seule dépêche parue dans l'édition du 7 février que Le Figaro annonce la libération du camp d'Auschwitz. La presse dans son ensemble reste muette sur cet événement qui semble a posteriori un moment clé de l'Histoire pour la bonne raison que l'armée russe qui a libéré le camp presque par hasard, ne médiatise pas sa découverte. Les images, en partie reconstituées de la libération d'Auschwitz ne parviendront aux occidentaux que bien plus tard.

Les premiers témoignages sur la déportation sont publiés dans la presse française à la libération des camps par les armées alliées à partir d'avril 1945 (exception faite de L'Humanité qui dès septembre 1944 publie les photos de rescapés du camp de Maïdanek, en Pologne). La presse écrite est frileuse, hésitant à soumettre aux lecteurs ces terribles récits susceptibles d'affoler les familles en attente de nouvelles d'un parent déporté. Ainsi lorsque le correspondant de guerre du Figaro, James de Coquet, envoie le récit de la libération du camp de Vaihingen en Allemagne, libéré le 7 avril 1945 par l'armée française, le directeur du journal Pierre Brisson prend la plume le 18 avril pour justifier son choix de publier ce «récit hallucinant». Il estime que par-delà les «angoisses» ressenties à la lecture du texte, il est du devoir des journalistes d' «enregistrer les faits, de les consigner, d'en fixer l'image et de le faire au moment même où l'imminence de la victoire prépare, dans un monde épuisé d'horreur, les voies de l'oubli».

LIRE: Avril 1945: l'insoutenable découverte du camp de Vaihingen

Ce n'est pourtant pas le premier article de James de Coquet sur les camps: le 3 mars 1945 Le Figaro publiait déjà son récit de sa visite du camp de Natzweiler-Struthof, en Alsace, libéré en novembre 1944 par l'armée américaine. Il y décrivait alors en détails et sans avertissement préalable les expérimentations médicales perpétrées sur les prisonniers dans le «camp des supplices».

LIRE: Mars 1945: la barbarie nazie à l'œuvre dans le camp du Struthof

Le 19 avril, c'est le témoignage d'un rescapé de Buchenwald que recueille Le Figaro. Julien Cain, ancien directeur de la Bibliothèque nationale, tout juste rapatrié à Paris raconte avec beaucoup de réserve sa vie au camp de concentration (ou est-ce édulcoré par le journaliste?) mais il affirme avec force que les camps n'étaient pas «autre chose qu'une organisation scientifique d'extermination». Phrase choc reprise en titre de l'article. Extermination de qui? Ce n'est jamais explicitement dit. Le Figaro dans les premiers mois de 1945 ne fait pas de différence entre les déportés et englobent les juifs dans l'ensemble des «déportés politiques».

 

10/04/2015

COMBAT POUR L'EGALITE

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Cidefil 09 avril 2015

Par Patrick Le Hyaric

Combat pour l’égalité

jeudi 9 avril 2015

 

Un mal mortel ronge nos sociétés et la planète : les inégalités.

Deux chiffres désormais résument la profondeur et l’ampleur de cette fracture qui déchire notre monde : le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde dépasse celui des 99% restants. Soixante-sept personnes possèdent autant de richesses que trois milliards et demi d’êtres humains.

Ceci ne peut plus durer !

Des pays, souvent les plus pauvres, en proie à de ravageurs phénomènes climatiques, sont appelés à freiner leur développement par ceux-là mêmes qui depuis des décennies voire des siècles continuent de piller leurs richesses. Des guerres pour des territoires, pour l’énergie, pour l’eau ou pour s’assurer des dominations font rage dans de trop nombreux pays, provoquant l’humiliation, le désarroi, l’errance de peuples privés de moyens d’existence et des droits les plus élémentaires.

L’austérité imposée dans l’Union européenne fabrique des pauvres de plus en plus nombreux pendant qu’une caste de riches s’enrichit de plus en plus. Ses dogmes repris par les gouvernements épargnent d’autant les plus fortunés qu’ils assomment les classes populaires en tirant vers le bas tout le corps social et en creusant toujours davantage les inégalités entre pays, entre régions, entre travailleurs, entre citoyens.

Dans ce monde-là, les profits sont privatisés et distribués à une poignée d’actionnaires-propriétaires tandis que les pertes sont socialisées.

Pratiquer l’évasion fiscale et rejoindre les paradis fiscaux est devenu une ambition essentielle d’une oligarchie qui n’a que faire de l’intérêt général.

De partout, le monde, notamment avec « les indignés », crie sa soif de justice. Le virus de l’inégalité, associé au refus d’écouter les peuples lime patiemment les fondements mêmes des sociétés et de notre république.

L’égalité en droit, à l’origine et au cœur du projet républicain depuis 1789, est détournée, minée, attaquée.

Notre constitution proclame des droits, notamment ceux permettant d’accéder aux besoins élémentaires vitaux tel que se nourrir, se loger, se déplacer, se soigner, accéder à l’énergie, à l’éducation, à la culture…, bref aux biens communs humains.

Mais dans les faits, pour des millions d’individus, ces droits élémentaires sont inaccessibles, remis en cause sous la pression des maîtres de la finance qui désormais dominent tout, orientent les choix économiques, s’accaparent les biens publics pour en faire des centres de profits au détriment des biens communs, détruisent les protections sociales pour que des assurances privées en fassent leur miel, affaiblissent l’éducation, la création culturelle ou l’information transformées en valeur marchande. Services publics, protection sociale, éducation, culture ne sont plus considérés que comme de vulgaires variables qu’il conviendrait d’ajuster en fonction des pressions financières exercées sur l’Etat et des « recommandations » bruxelloises.

La dé-civilisation est à l’œuvre ! Il faut urgemment la stopper !... (LIRE LA SUITE)

 

Une grande respiration

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Pour les médias, la seule info du jour, de la semaine, du mois, c’est évidemment la famille Le Pen. Il faudrait presque que s’excusent d’exister les milliers de gens qui ont sacrifié une journée de salaire et dépensé tant de temps et d’énergie pour réussir cette grande marche à Paris et en Province. Le pays médiatique et le pays social fonctionnent davantage que jamais comme deux réalités strictement séparées. Je fais un petit post pour clore cette journée.

Ce grand soleil et cette manifestation interminable ont fonctionné comme une grande respiration. Souvent joyeuse, toujours rageuse, la marche déroulait ses cortèges d’abord denses puis en accordéon quand passaient les cortèges qui avaient attendus trois ou quatre heures le moment de démarrer. Je suis resté moi aussi  trois ou quatre heures sur mon bout de trottoir à saluer les syndicalistes, à bavarder ici ou là pour me faire raconter les situations locales ou donner mon avis sur des sujets à propos desquels on m’interpellait. Je ne cache pas que l’accueil très amical m’a beaucoup touché et parfois même bien ému. Je ne compte pas revenir sur tous ces échanges à cet instant quoique comme par le passé tout ce qui s’est dit me fait réfléchir et chercher à savoir plus avant.

 

Mais après avoir discuté avec des femmes et des hommes de divers secteurs de la santé, j’ai pu prendre la mesure de la détresse des gens au travail dans ce domaine jusqu’à l’épuisement de leurs forces, de leur alerte sur les risques dorénavant encourus du fait du délabrement, des sous-effectifs et de la vision grossière de l’hôpital sous l’angle de sa seule rentabilité.

Une autre question m’a marqué. Il s’agit de la souffrance psychologique au travail. Et ceci dans une direction bien précise. Il s’agit de tous les postes de travail en sous-effectif ou surcharge où les gens savent qu’ils ne pourront pas bien faire ce qu’ils ont à faire. Car tout le monde prend à cœur ce qu’il fait, même si la tâche est rude ou même rebutante. Et savoir qu’on fera mal avant même d’avoir commencé est démotivant en même temps que très intimement déstabilisant. Bref, ces problèmes tous mis bout à bout sont le non-dit, non montré de notre époque. Depuis janvier l’actualité ce sont les catastrophes et les histoires de religion qui tiennent le dessus du panier médiatique. C’est comme si aucun fait social et rien de la vie réelle n’existait plus. Pendant quelques heures, le pays concret était là dans la rue pour parler de la vie réelle. Avec le soleil, c’était comme une sorte de résurrection. On apprend que les syndicats qui ont appelé à cette journée de grève interprofessionnelle se revoient pour décider de la suite de l’action contre la loi Macron. Le principe d’unité semble l’emporter. Tant mieux. La brèche ouverte peut s’élargir.

Hollande reçoit Gattaz le jour de la manifestation !

Pendant que les salariés marchaient dans les rues, le président qu’ils ont élu recevait les dirigeants des syndicats patronaux pour leur confirmer leur prochain nouveau gavage. Un bon résumé de l’imposture qu’est devenu ce quinquennat. La veille, Valls s’est moqué du monde en discourant : « les Français veulent de l’efficacité, nous avons entendu leur message : le mouvement de réforme doit s’amplifier ». Voilà qui est dit : l’abstention, le vote d’extrême droite la déculottée du PS avait un sens : exiger davantage de cadeaux au MEDEF. Limpide. Au passage, l’homme pressé ne dira pas quel aveu d’échec est son nouveau plan pour l’investissement !

Encore deux milliards et demi « d’allégements » d’impôts pour les entreprises qui investiront d’ici douze mois. Ah bon ? Mais on croyait que le CICE, cette pompe à fric, et les 40 milliards déjà offerts étaient destinés à favoriser l’investissement ! Nouvelle preuve que ce plan ne valait rien. Quant à ces nouveaux cadeaux fiscaux, qui va les payer ? Comme le budget doit rester dans le cadre des ordres de Bruxelles, on devine la réponse : encore des coupes dans les budgets publics ! Mais avant même que ce nouveau père Noël soit passé aux frais de tous, déjà on apprenait que les investissements des collectivités locales baisseront l’an prochain de 10%. L’asphyxie de l’économie va donc continuer. Au moins, le patronat officiel est-il content ? Non. Le jour même, Pierre Gattaz, le président du Medef, dans un entretien au Figaro menace et tempête ! Ces gens-là sont insatiables. Par nature.

Les ambiguïtés des Le Pen

On nous a pourri la journée et la veille avec les aventures de la famille Le Pen. Je donne mon avis. C’est une excellente nouvelle que cette bagarre-là. D’abord parce qu’elle peut un peu désorganiser le FN. Ensuite parce qu’elle nous donne raison sur tout ce que nous avons dit de Jean Marie Le Pen vu que ce sont ses propres affidés et familiers qui l’avouent à présent. D’autre part, cela va continuer à marginaliser les ultra-violents de l’extrême droite qui vont être mis en quarantaine en même temps que celui qui les avait tirés du néant. Enfin, parce que nous connaissons le fond de la motivation.

Le FN rêve des bonnes places et de la normalité politique. Au bout du compte, la formation d’extrême droite de Marine Le Pen suit la pente qu’avait suivie avant elle son homologue italien le MSI de Fini. Le rapprochement avec la droite traditionnelle, condition pour gagner au deuxième tour le nombre suffisant de sièges qui donne des présidences de régions, par exemple, est à ce prix. Une opportunité se présente qu’après la dédiabolisation s’annonce la dilution dans le sirop de la droite telle que celle-ci est devenue depuis qu’elle a déjà adopté l’essentiel des thèses de la famille Le Pen sur tant de sujets.

Restera le contenu économique du programme lepéniste. Son incohérence actuelle ne pourra pas durer. La chauve-souris de la politique  ne pourra continuer à faire croire qu’elle est un oiseau de gauche en même temps qu’un rat de droite, c’est-à-dire à la fois pour la retraite à soixante ans et pour les fonds de pension ; contre l’augmentation du SMIC et pour le pouvoir d’achat des ouvriers ; pour la sortie de l’euro et pour le remboursement de la dette. Et ainsi de suite. Tout le monde connaît la formule du cardinal de Retz selon laquelle on ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens. Tel est le moment dans cette famille. Danger qui ne nous menace pas.

 


Mélenchon : « Mme Merkel est en train de... par lepartidegauche

 

 
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