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21/02/2016

VERDUN 14-18 : de la folie !

 

« Qui n’a pas fait Verdun n’a pas fait la guerre »..., disent les survivants

professeur émérite, université Paris-I Antoine Prost
Vendredi, 19 Février, 2016
L'Humanité

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Infographie : Humanité
PHOTO : RUE DES ARCHIVES/TALLANDIER

La bataille de Verdun a été un massacre effroyable. Mais si elle est devenue « la » bataille, c’est en raison de la noria des divisions, de la crainte de perdre la guerre, de la résistance française et de la valeur symbolique développée ensuite par un immense travail de mémoire.

De toutes les batailles de la Grande Guerre, celle de Verdun reste, dans notre mémoire nationale, la plus importante : c’est d’ailleurs la seule qui figure au programme d’histoire des collégiens. Comment expliquer ce statut exceptionnel ?

Une première explication est l’extraordinaire violence des combats jusqu’à l’été. C’est ce que signifiaient, au moment même, les soldats et officiers quand ils disaient : « Qui n’a pas fait Verdun n’a pas fa it la guerre. » De fait, les documents témoignent d’une lutte d’une rare intensité : on se bat dans des trous d’obus, plus ou moins reliés entre eux pour former des tranchées, sous le bombardement constant d’obus souvent de gros calibre. Se montrer de jour est s’attirer aussitôt des balles. La nuit, on veille, on travaille à renforcer les positions, on ne dort pas vraiment ; les corvées en tout genre et les brancardiers sillonnent le champ de bataille. Les survivants qui descendent du front semblent revenir de l’enfer.

Cette explication n’est pourtant pas suffisante. Verdun a été pire que les batailles précédentes, auxquelles les témoins la comparaient, mais les suivantes ont sans doute été plus dures encore, car l’escalade des bombardements n’a pas cessé ; après chaque échec, les états-majors ont conclu qu’ils n’avaient pas frappé assez fort, et ils ont frappé plus fort la fois suivante. Le million d’obus tirés par les Allemands le premier jour de l’offensive représente moins de quatre jours de la production française d’obus en 1918. Le nombre des morts de Verdun est impressionnant – 143 000 Allemands et 163 000 Français –, mais, compte tenu des effectifs, les pertes françaises sont plus lourdes sur la Somme qu’à Verdun. Les récits de la Somme ou du Chemin des Dames, en 1917, sont aussi terribles que ceux de Verdun : ils disent la faim, la soif, la boue – qui colle aux habits et happe parfois les soldats –, les bombardements incessants, les blessés, les cadavres et débris humains, la puanteur, les mouches, la mort présente à tout instant. Verdun est certes un peu différente : sur ce plateau entaillé de multiples ravins profonds, c’est un combat de petits groupes, à la grenade, alors que les autres batailles, en terrain moins mouvementé, mettent aux prises des lignes plus nettes, sur un front plus large. Mais c’est partout l’enfer.

D’autres raisons interviennent. La première est la « noria ». Le commandement français a en effet remplacé les divisions épuisées par des divisions fraîches, alors que les Allemands reconstituaient sur place leurs unités par des renforts. De ce fait, 70 divisions françaises ont combattu à Verdun, sur une centaine. Verdun est la bataille qu’ont « faite » le plus grand nombre de soldats français. En outre, elle est purement française, car les alliés n’y ont pas participé directement.

Les soldats ont intériorisé l’enjeu

Mais la vraie raison est l’importance de l’enjeu. C’était la première fois, depuis 1914, que les Allemands attaquaient, et en force. Tous les Français ont craint de perdre la guerre. À la fin de la semaine qui commence le 21 février, l’angoisse règne : la défaite sera-t-elle enrayée ? La population anxieuse guette les communiqués, la presse se veut rassurante, mais enregistre les reculs. Les hommes politiques s’agitent : c’est à Verdun que se joue le sort de la nation. Dans les semaines qui suivent, c’est là que ministres, parlementaires, journalistes, académiciens, diplomates, veulent aller, et pouvoir dire qu’ils y sont allés.

Les soldats ont intériorisé l’enjeu : ce n’est pas une bataille comme les autres, c’est « la » bataille, et il est juste que chacun y passe à son tour : la noria trouve là sa justification. Le moral des soldats n’est pas constant ; il y a des moments de lassitude, et même des refus de monter en ligne, mais aux moments les plus décisifs, ils consentent des sacrifices surhumains, et l’on peut parler d’héroïsme. Il ne faut pas que les Allemands passent. Le « mythe » de Verdun se constitue pendant la bataille elle-même : c’est le symbole de la résistance française.

Un immense travail de mémoire a développé ensuite la valeur symbolique de Verdun : les combattants sont revenus en pèlerinage, seuls, en famille, en groupes organisés par leurs associations ; un comité a construit l’ossuaire de Douaumont, grâce à des souscriptions de plus d’une centaine de villes françaises et étrangères, des manifestations commémoratives ont été organisées tous les ans. Les villes ont donné à des rues ou des places le nom de Verdun.

C’est parce que Verdun avait acquis cette valeur symbolique exceptionnelle qu’il n’y avait pas de meilleur lieu pour manifester la réconciliation des deux peuples par un geste spectaculaire et silencieux, la poignée de main du président Mitterrand et du chancelier Kohl, le 22 septembre 1984.

 

Repères

  • 21 février 1916. Début de l’offensive allemande. Quatre jours plus tard, le fort de Douaumont est enlevé.
  • 18 juin. Les Allemands, à portée de vue de Verdun, bombardent le secteur avec des obus au phosgène.
  • Du 21 au 24 octobre. Les Français pilonnent les lignes allemandes. Les Français reprennent Douaumont.
  • Mi-décembre. Après 300 jours, les troupes allemandes sont refoulées sur leurs positions de départ.

"Il réenchante la politique " et ça ne plaît pas à tout le monde !

 C'est Samuel ETIENNE, le journaliste sympa, qui l'a dit et ça me va !
Je me suis réveillée au passage de MELENCHON sur la 2.... Contente de ne pas avoir raté ça !

LA FLEUR AU FUSIL

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16/02/2016

OSONS CAUSER ! avec les jeunes... c'est rafraîchissant... pas de prise de tête

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15/02/2016

LE CRI DES PAYSANS NOUS CONCERNE TOUS

Afficher l'image d'origineAccueilPAR PATRICK LE HYARIC

Le cri des paysans

vendredi 12 février 2016

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De Bruxelles à l’Elysée va-t-on enfin entendre les cris de souffrance et de détresse qui montent de nos campagnes ? Le drame qui se joue actuellement dans les fermes n’est pas le résultat d’un mystérieux phénomène climatique mais celui de choix politiques et économiques qui obéissent aux cartels internationaux de l’industrie agro-alimentaire. Ceux-ci exploitent avec une violence inconnue jusque-là le travail paysan en faisant pression à la baisse sur les prix. Ils saccagent et détruisent en même temps la vie de nos campagnes. Ils poussent à des productions standard. Elles seront malaxées par la suite dans un complexe agro-industriel qui n’a que faire de l’alimentation et de la santé puisqu’il s’agit de préparer de manière industrielle des plats à… manger dans lesquels la « matière première agricole » doit coûter le moins cher possible.

Le système capitaliste n’a eu de cesse de baisser la part alimentaire dans la reproduction de la force de travail pour ne pas avoir à augmenter les salaires des autres travailleurs. Les actuels combats paysans ont partie lié avec toute la société dans la mesure où il est question du pouvoir d’achat de toutes et tous, de l’aménagement et de l’équilibre des territoires, de l’emploi, des équilibres écologiques, de la qualité alimentaire et de la santé. Ce lien entre la qualité de l’alimentation, les conditions de production agricole et la santé humaine est trop sous-estimé. Si ces enjeux étaient traités à leur juste mesure, on sortirait des débats stériles actuels pour considérer la production alimentaire comme une question d’intérêt général. Or, elle n’est traitée que par le petit bout de la lorgnette ou dans le cadre de petits débats politiciens.

Les plans d’urgence qui se succèdent et se ressemblent n’équivalent qu’au traitement d’un cachet d’aspirine pour soigner une maladie mortelle. Celle-ci porte le nom de dérégulation, celle d’un capitalisme mondialisé et financiarisé. Elle affecte tous les pays. Ainsi, en Allemagne, souvent présentée comme un modèle, 50 % des exploitations agricoles sont en grande difficulté. En France, elle est en train de détruire en ce moment même le tiers de notre élevage et les autres tiers risquent de suivre si on n’y met pas un coup d’arrêt. Mais au fond, n’est-ce pas ce qui est recherché pour passer à un autre type d’agriculture qui réponde mieux aux exigences des multinationales du secteur ?

C’est aussi l’objectif du projet du traité de libre échange transatlantique qu’il faut mettre en échec. Peu leur importe qu’un gigantesque plan social soit en cours. En sortir ne se fera pas à coups de mesurettes ou d’emplâtres comme il en a été pris l’habitude depuis maintenant des années. Une solidarité de combat devrait se nouer au plus vite entre agriculteurs et consommateurs, entre salariés et travailleurs – paysans, entre habitants des villes et des campagnes.

L’aspiration grandissante et légitime des consommateurs d’accéder à des aliments de qualité, produits à proximité de chez eux, doit être entendue. Un nouveau pacte pour l’agriculture paysanne, l’alimentation et la santé devrait être recherché. Cela implique de clarifier un certain nombre de données. Cette dramatique situation vient de loin, d’un modèle agricole intensif, surexploitant les travailleurs paysans, qui est désormais dans une crise dont il ne sortira pas sans une métamorphose profonde. D’autre part, les dérégulations européennes et mondiales provoquent une surproduction et une spéculation qui font chuter les prix de base mondiaux. Pour survivre, les agriculteurs sont poussés à produire davantage, ce qui aggrave d’autant l’absence de débouchés et fait baisser les cours.

Sarkozy et la droite n’ont que faire de ce cercle vicieux. Ils ont, toute la semaine dernière, répété d’abominables bêtises et mensonges. La crise du lait s’est accélérée comme nous l’avions dit il y a des années avec la fin des quotas laitiers acceptée sous le précédent quinquennat. La loi dite de « modernisation économique », votée par la droite en 2008, donne les pleins pouvoirs aux centrales d’achat, ce que ces politiciens et théoriciens avaient baptisé du nom de la « libération de l’économie ». Ils ont certes libéré les loups pour dévorer les petits paysans. Depuis, les centrales d’achat et de distribution exigent de pomper la moitié de ce que les fournisseurs de l’industrie agro alimentaire touchent au titre du CICE. Les débats sur la compétitivité et la « baisse des charges » n’ont pour objet que d’éviter celui sur la nécessaire rémunération du travail paysan par des prix couvrant les coûts de production et rémunérant le travail. L’expérience confirme qu’il faut tourner le dos à l’actuelle conception de la construction européenne qui n’est nullement un espace de solidarité et de fraternité, mais un espace organisant la compétition et la concurrence de plus en plus sauvage entre les pays. L’Allemagne ne veut pas appliquer aux saisonniers le salaire minimum qu’elle vient pourtant de créer, considérés comme une vulgaire main d’œuvre à présurer sans frein pour doper les magnats de son secteur agricole. Adeptes de l’industrialisation de l’agriculture, ils peuvent ainsi gagner des parts de marché dans le monde, au prix de la baisse des cours qui conduit à la mort de petites et moyennes exploitations. Dans ce contexte, les éleveurs français sont poussés vers l’abime tandis que les secteurs d’aval, transformateurs et grande distribution, ne subissent aucun contre coup de la crise.

Nous soumettons au débat l’idée de créer un prix d’achat plancher garanti à chaque travailleur paysan pour un quota donné de production, à négocier chaque année dans chaque production agricole avec les organisations de producteurs et les syndicats. Dans un même mouvement, la France doit prendre l’initiative d’une action pour réajuster la politique agricole commune afin de revenir à des régulations par les prix et des limitations de quantité afin d’éviter les surproductions, tout en mettant en place un dispositif de protections aux frontières extérieures de l’Union européenne pour combattre les importations anarchiques. Elle doit pousser pour l’organisation d’une conférence mondiale sous l’égide de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture, visant à instaurer des mécanismes dissuadant la spéculation sur les produits agricoles et alimentaires et permettant une régulation mondiale des prix. Il est également de la responsabilité des dirigeants européens d’entamer des négociations sérieuses avec la Russie pour sortir de l’absurde embargo actuel qui a de redoutables conséquences sur la vie de nos fermes. Au-delà, ce sont de nouveaux systèmes de production qu’il faut inventer, économes en énergie, en produits chimiques, en importations. Il faut le faire en association avec nos centres de recherche et les agriculteurs eux-mêmes qui disposent déjà d’une intelligence collective pour le mieux être de toutes et de tous. Dans l’immédiat, il est urgent de reporter, voir d’annuler un certain nombre de charges, de demander aux banques, en premier lieu au « Crédit agricole », de renégocier les emprunts, d’en abaisser les taux et d’utiliser les moyens juridiques à disposition pour empêcher la fermeture de dizaines de milliers d’exploitations agricoles.

Laisser les marchés et la finance faire la loi revient à abandonner nos territoires et nos filières d’élevage. L’indispensable transition de notre modèle de production et de consommation alimentaire est sacrifiée au détriment du travailleur agricole, du paysan, comme du consommateur, de l’environnement, de l’emploi et d’un aménagement harmonieux des territoires et du visage de la France.

C’est donc bien d’un engagement d’intérêt général dont il s’agit. Le cri des paysans nous concerne tous 

 

 

 
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