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01/07/2015

A LA BASTILLE ! SOUTENONS LE PEUPLE GREC

Photo de Jean-Luc Mélenchon.

Jeudi 2 juillet, rendez-vous à 18h30 place de la Bastille pour soutenir le peuple grec. Faites passer !

 

 
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Les Unions régionales CGT - FO - FSU et Solidaires appellent à participer à la manifestation de soutien au peuple grec et au respect de sa souveraineté le jeudi 2 juillet à 18h30.

La Grèce est aujourd’hui dans une situation catastrophique, parce qu’elle a été un des laboratoires de l’ap- plication des politiques d’austérité imposées par le FMI, la Commission Européenne et la Banque centrale.

Vendredi dernier, ces mêmes institutions sont restées intransigeantes dans les négociations : application des politiques néolibérales ou rien. Le gouvernement grec ayant décidé de soumettre le projet d’accord au vote, l’Eurogroupe a réagi immédiatement en coupant les vivres le 30 juin, qualifiant le référendum grec de " coup de force " et en excluant le ministre grec des finances de la réunion !

Les masques sont tombés. Les dirigeants européens sont prêts à tout, y compris au mépris de l’expression populaire, pour empêcher la mise en place d’autres politiques que celle de l’austérité.

Les forces syndicales qui mènent la lutte contre l’instauration de politiques libérales qui remettent en cause les droits sociaux, détricotent les droits du travail et privilégient la finance au détriment des salarié-es et des privé-es d’emploi, ne peuvent rester passives.

Déjà le 9 avril, lors de la manifestation unitaire CGT- FO-FSU-Solidaires, nous avions installé un calicot géant " d’Athènes à Paris, dans toute l’Europe, non aux politiques d’austérité "

Manifester notre soutien au peuple grec qui s’est clairement prononcé le 25 janvier dernier pour refuser l’étranglement des politiques d’austérité, c’est refuser un nouveau déni de démocratie en Europe après ceux rejetant le vote contre le projet de traité constitutionnel européen en France en Irlande et aux Pays Bas.

Mais c’est aussi vital pour le mouvement syndical qui se bat pour couper le cou aux matraquages idéologi- ques, sans fondements, laissant entendre qu’il n’y a pas d’autres choix possibles, en France comme partout en Europe.

Respect des choix démocratiques des peuples et refus des politiques d’austérité sont deux mots d’ordre que portent les unions régionales d’Ile de France, CGT -FO - FSU- Solidaires.

Elles appellent à participer massivement à cette manifestation.

Paris, le 29 juin 2015
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

27/06/2015

GRECE : PAS TOUCHE AUX RICHES !

Accueil
 

Les créanciers disent à Tsipras : pas touche aux riches !

Thomas Lemahieu
Vendredi, 26 Juin, 2015
L'Humanité

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AFP
Édifiant : la Commission européenne, le FMI et la BCE corrigent les propositions du gouvernement Tsipras. Les Grecs proposent d’aller prendre l’argent là où il est. Insupportable pour des institutions qui préparent une forme de coup d’État rampant.

Puisque le peuple grec vote contre l’austérité, il faut dissoudre le peuple grec. Les institutions européennes n’ont rien compris à l’ironie de Brecht, évidemment, elles ont décidé de le prendre au pied de la lettre. Et de cadenasser toutes les issues hors de la logique des saignées budgétaires, des baisses des droits sociaux, des salaires et des retraites, telles que les Grecs les connaissent depuis l’instauration du régime de terreur des mémorandums à partir de 2010.

Nouvelle illustration, hier, à Bruxelles à l’occasion d’un énième Eurogroupe, rassemblant les ministres des Finances de la zone euro, et d’un Conseil européen avec tous les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne.

Alors que, sous la conduite d’Alexis Tsipras, le gouvernement grec avait tracé, non sans douleur, une perspective de sortie de crise en dressant un plan permettant d’atteindre la « trajectoire budgétaire » exigée par les créanciers, la Commission européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne manifeste de Berlin, décidé de repasser à l’attaque en exigeant d’un côté de nouveaux sacrifices pour les couches moyennes et populaires en Grèce et, dans le même geste, des cadeaux pour les plus riches ! Incroyable précipité de cette Europe telle qu’elle ne tourne vraiment plus rond… 

Des traits qui raturent. Du rouge qui corrige. Dans le document envoyé par la Commission européenne, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE), en réponse aux propositions de réformes présentées par l’exécutif grec en début de semaine, il y a, avant même les mots, la forme et la couleur. Tout un programme qui dit la consigne impérieuse, la politique à sens unique, l’autorité du maître.

Soucieux, derrière les couleuvres qu’on tente de lui faire avaler, d’afficher une perspective de justice sociale par un transfert du fardeau de l’austérité des classes populaires vers les plus riches, le gouvernement Tsipras entend mettre en place une taxe exceptionnelle de 12 % 
sur les bénéfices au-delà 
de 500 000 euros des entreprises ?

C’est non.

Il veut porter de 26 à 29 % le taux de l’impôt sur les sociétés ? Biffé en rouge : la troïka n’accepte pas plus de 28 %.

À côté des augmentations de cotisations pour la protection sociale – ça, c’est oui, puisque ce sont les salariés qui paieront –, Athènes veut simplement restaurer les cotisations des employeurs sur les retraites complémentaires à leurs niveaux de 2014 ? Niet !

Une taxation des machines à sous et des jeux d’argent ? Jamais de la vie !

Tsipras propose des déductions fiscales pour les Grecs résidents permanents dans les îles avec de faibles revenus ? Qu’ils aillent se faire voir dans les Cyclades, c’est hors de question, là encore !

Les ministres entendent consulter les organisations syndicales avant de revoir certains régimes spéciaux de retraite ? Totalement exclu pour les saigneurs de la Grèce.

L’exécutif veut limiter à 13 % la TVA sur les produits d’alimentation de base ? Le FMI, la BCE et la Commission n’accepteront de dérogations que sur les produits alimentaires « non transformés », donc, pour le lait, l’huile ou les fromages, par exemple, ça sera 23 % de TVA !

Et ainsi de suite : du côté grec, des propositions qui, même dans le cadre très étroit de la crise budgétaire, tendent à exercer encore la souveraineté populaire sur les grandes orientations politiques ; de l’autre côté, chez les partisans de l’ordre néolibéral, une seule réponse : non, non et non !

Une fois de plus, derrière les sourires et la « photo de famille » réalisée en ouverture, hier après-midi, du Conseil européen à Bruxelles, l’Union européenne montre, avec le concours zélé du FMI, le visage de l’autoritarisme. Insupportable démocratie quand elle ne va pas dans le sens des intérêts que les dominants veulent protéger.

Dans la nuit de lundi à mardi, une fois connu le détail des contre-propositions grecques pour arracher le déblocage de 7,2 milliards d’euros encore dus par la troïka et pour pouvoir ainsi régler une échéance cruciale le 30 juin, les regards se sont tournés vers la coalition de gauche, au pouvoir en Grèce : alors que les créanciers saluaient une « avancée significative » du gouvernement Tsipras, Syriza n’allait-il pas exploser en vol devant un programme contenant, au-delà des mesures déjà évoquées, des concessions douloureuses, par exemple, sur la poursuite des privatisations ?

 

Un front du diktat s’est reconstitué pour repartir à l’attaque

Pendant ce temps, une autre coalition s’est mise en mouvement en Grèce et dans toute l’Europe. Alors que, parmi les chefs d’État et de gouvernement, certains comme François Hollande reconnaissent, au moins en façade, la légitimité du gouvernement grec à définir lui-même la manière d’« atteindre la trajectoire budgétaire » (lire l’Humanité du 24 juin), un front du diktat s’est reconstitué pour repartir à l’attaque.

Tentant de contraindre le gouvernement grec de poursuivre purement et simplement le programme austéritaire et, dans le même temps, de remettre en selle une coalition politique grecque prête à appliquer docilement le programme (lire ci-contre)… S’appuyant sur les témoignages des patrons et les inquiétudes des oligarques grecs, relayés avec complaisance par la presse financière internationale, les représentants du FMI, mais aussi Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, et bien d’autres ont entonné le refrain des mesures « anticompétitives » ou « récessives ». « La Grèce ne peut construire son programme seulement sur des hausses d’impôts et des taxes, ce n’est vraiment pas bon pour la croissance, se répand un porte-parole du FMI. Elle doit également faire des coupes dans les dépenses. » Chantages et pressions à tous les étages. À Bruxelles, c’est le temps des « ultimatums » : pour les Grecs, hier, le plan des créanciers était « à prendre ou à laisser » avant midi. Mais le gouvernement Tsipras n’est pas tombé dans le panneau. Une nouvelle réunion de l’Eurogroupe, avec les ministres des Finances de la zone euro, les représentants du FMI et de la BCE, n’a pas permis d’avancer. Au beau milieu d’un Conseil européen, les usuriers de la Grèce continuent à l’arme lourde, mais Alexis Tsipras joue une carte plus tranquille. « Je suis confiant dans le fait que nous parviendrons à un compromis qui aidera la zone euro et la Grèce à surmonter la crise, indique-t-il, tout sourires. L’histoire européenne est pleine de désaccords, de négociations et ensuite de compromis. »

Au même moment, à Athènes, l’indignation est à son comble. « Personne ne peut supporter les propositions de la troïka, dénonce-t-on à la tête de Syriza. Nouvelles mesures d’austérité et logique technocratique folle, ces propositions sont purement idéologiques. Elle ne visent pas la conclusion d’un accord raisonnable, elles servent des intérêts particuliers. Comment comprendre le rejet des propositions grecques sur l’imposition des hauts revenus et du grand capital ? On veut imposer un accord humiliant pour le gouvernement grec et le premier ministre. »

Envoyé spécial.

REFERENDUM EN GRECE... Bravo TSIPRAS

 

Par Le Yéti - Suivre sur twitter - 27 juin 2015

La leçon de démocratie d’Alexis Tsipras : un référendum le 5 juillet

Brève de Yéti

 

On l’avait dit proche de la capitulation, prêt à se soumettre à un nouveau memorandum humiliant imposé par le quarteron déchaîné des créanciers et de la Troïka réunis. Ce soir, vendredi 27 juin 2015, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, vient d’apporter un démenti cinglant à ses détracteurs :

Le 5 juillet 2015, le peuple grec décidera lui-même par référendum la réponse qu’il entend donner à ses oppresseurs : la soumission ou la rupture.

Quelle que soit cette réponse, Alexis Tsipras vient de donner une magistrale leçon de démocratie à ceux qui la bafouent au nom d’intérêts privés qui n’osent plus dire leur nom.

« La Grèce est et restera une partie de l’Europe, mais l’Europe n’est rien sans la démocratie » (Alexis Tsipras, 26 juin 2015).

 
 Alexis Tsipras, un type à la hauteur
 
 
 
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Par Le Yéti - Suivre sur twitter - 27 juin 2015

Alexis Tsipras, l’allocution historique du 26 juin 2015

Voici l’allocution prononcée par Alexis Tsipras à l’adresse du peuple grec le 26 juin 2015 (traduction : Vassiliki Papadaki pour Syriza Paris) :

« Nous avons livré un combat dans des conditions d’asphyxie financière inouïes pour aboutir à un accord viable qui mènerait à terme le mandat que nous avons reçu du peuple. Or on nous a demandé d’appliquer les politiques mémorandaires comme l’avaient fait nos prédécesseurs.

Après cinq mois de négociations, nos partenaires en sont venus à nous poser un ultimatum, ce qui contrevient aux principes de l’UE et sape la relance de la société et de l’économie grecque. Ces propositions violent absolument les acquis européens. Leur but est l’humiliation de tout un peuple, et elles manifestent avant tout l’obsession du FMI pour une politique d’extrême austérité.

L’objectif aujourd’hui est de mettre fin à la crise grecque de la dette publique. Notre responsabilité dans l’affirmation de la démocratie et de la souveraineté nationale est historique en ce jour, et cette responsabilité nous oblige à répondre à l’ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple grec. J’ai proposé au conseil des ministres l’organisation d’un référendum, et cette proposition a été adoptée à l’unanimité.

La question qui sera posée au référendum dimanche prochain sera de savoir si nous acceptons ou rejetons la proposition des institutions européennes. Je demanderai une prolongation du programme de quelques jours afin que le peuple grec prenne sa décision.

Je vous invite à prendre cette décision souverainement et avec la fierté que nous enseigne l’histoire de la Grèce. La Grèce, qui a vu naître la démocratie, doit envoyer un message de démocratie retentissant. Je m’engage à en respecter le résultat quel qu’il soit.

La Grèce est et restera une partie indissoluble de l’Europe. Mais une Europe sans démocratie est une Europe qui a perdu sa boussole. L’Europe est la maison commune de nos peuples, une maison qui n’a ni propriétaires ni locataires. La Grèce est une partie indissoluble de l’Europe, et je vous invite toutes et tous à prendre, dans un même élan national, les décisions qui concernent notre peuple. »

(Alexis Tsipras, Premier ministre)

 

"Bravo Alexis TSIPRAS de consulter le peuple, celui qui t'a élu, alors que le trio infernal appelé la troïka, Fonds Monétaire International/Banque Centrale Européenne/La Cion Européenne,    ne sont que des affairistes, des prédateurs"

Toujours plus d’efforts et le souci constant d’épargner les entreprises en impôts supplémentaires. Marianne a décidé de faire la sélection des propositions les plus sévèrement recalées :

- La Troika limite la TVA réduite aux seuls médicaments (bonjour les laboratoires pharmaceutiques !) quand le gouvernement souhaitait, lui, l'étendre à l'ensemble des soins...

- Toujours plus d’efforts ? Alors que le gouvernement proposait de réduire de 200 millions d’euros annuel le budget de l’armée, c’est un effort de 400 millions qui lui est réclamé !

- Coté recettes, la proposition de faire passer de 26 % à 29 % l'impôt sur les sociétés, n’a pas été du goût de l’ex-Troïka qui considère que 28 % est bien suffisant.

- Dans le même état d’esprit, l'impôt exceptionnel pour 2015 de 15 % sur les profits excédants 0,5 million d’euros, a été purement et simplement rayé.  

- Quant aux propositions sur la réforme des pensions, celle-ci a été quasiment réécrite de A à Z !

 

 ET LA CHIFFE MOLLE D'HOLLANDE NE DIT RIEN. IL APPROUVE.

le toutou de MERKEL ?

**

*

L'état de la GRECE me ramène à cette lecture

passionnante, édifiante

dont je vous livre un extrait

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"Issu d'une idéologie, l'empire spéculatif domine, qui destitue l'économie, se substitue au politique et gouverne les gouvernements sans y participer car, s'il détient la puissance, il n'a pas vocation à prendre le pouvoir officiel, identifié, mais à avoir tout pouvoir sur ceux qui le détiennent et à détenir ce qu'ils ont à gérer.

Exemples ou même emblêmes de son goût pour la délégation : ces "agences de notation" porte-parole incongrus dont les "notes" prodiguées par des "messieurs-dames" anonymes, mystérieusement sélectionnés et sans l'ombre d'un mandat politique (à fortiori non élus), souvent grossièrement en faute mais rémunérés par ceux-là mêmes qui dictent les réponses : ces "notations"qui font la loi soudain, souveraines, délivrant d'indispensables certificats de conformité à l'ère spéculative, à ses oukases : "L'ai-je bien "austérisé" ?"

Les heureux bénéficiaires de tels diplômes ont-ils, en somme, assez paupérisé, ruiné de nations, ravagé de destins pour mériter les vocalises du label AAA ?

Ont-ils assez évacué la substance, la chair et les choses ? Le vivant ? Le respect ?

Ont-ils assez fait reculer les protections sociales, abaissé les salaires, ont-ils suffisamment justifié les plans de "restructuration", les délocalisations, assez créé de misère, assez fait abstraction de la santé, de l'éducation, de la justice, de l'existence humaine, fût-ce du simple constat de l'existence personnelle et du droit de chacun ? Ont-ils bien obtenu la passivité générale, bien géré l'acquiescement à leur autorité ? Ont-ils suffisamment traité d'archaïques, de ploucs ou de ringards ceux qui leur résistent encore ?

A-t-on bien ligoté les habitants de la planète au sein de l'ère spéculative, ou plutôt les a-t-on bien convaincus qu'ils y sont ligotés -et qu'ils le sont encore au sein d'une économie de marché ?

A-t-on bien fait prendre les désastres, leurs menaces, pour une fatalité ? La conjoncture pour définitive, sans alternative ? L'a-t-on bien scellée, vissée sans recours ?

 

Sans recours ? Non. Des issues existent, mais on ne pourra s'y engager qu'à la (stricte) conditions de refuser les problèmes tels qu'ils nous sont posés. Impératif : réfuter leurs données telles qu'elles nous sont dictées, faussées de telle sorte que les solutions ne peuvent émaner que de ce qui les cause, ainsi perpétué. L'ultralibéralisme veut que seule sa propre logique puisse répondre aux dommages qu'il crée, et qui le définissent, d'où les replâtrages sans fin de fiascos sans fin récidivés.

Or, il ne s'agit pas de restaurer le piège : il s'agit d'en sortir et non de le gérer, comme y incitent et les questions et les problèmes en cours...."

26/06/2015

QUELLE CHIFFE MOLLE !

Le courage de quitter l’OTAN

Joseph Macé-Scaron
 
LA NSA écoutait trois de nos présidents et il faudrait ne rien dire ? Passer son chemin ? Au contraire, il faut avoir la volonté politique d’engager une de ces grandes querelles sans lesquelles un pays finit par sortir de l’Histoire. Il faut avoir le courage de quitter l’OTAN. Les Etats-Unis ne manquent pas de caniches.
DOULIERY-POOL/SIPA

Donc les renseignements américains espionnaient les trois derniers présidents français et voilà ceux qui se croient toujours plus malins, tous ces beaux esprits ricanant en permanence comme ces masques de comédie, qui entonnent en choeur : « C’est normal, on le savait ! ». Cynisme à deux balles, machiavélisme de comptoir, pragmatisme pour les nuls.

Il y a un gouffre entre surjouer la surprise et accepter l’hubris américaine comme s’il s’agissait d’un simple accident de parcours. « On ne va pour autant entrer dans une crise » a tempéré Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement devenu en un instant le porte-serviette de l’administration américaine, prétextant qu’il y avait assez de crises dans le monde pour ne pas en ouvrir une autre. Quel argument !

A Marianne, nous avons interrogé bon nombre d’experts en expertologie sur cette question qui — excusez du peu — porte atteinte à notre souveraineté nationale. Et le pire, y compris lorsqu’il s’agit de collaborateurs ou de ministres d’anciens chefs d’Etat, a été d’entendre cette pathétique réponse : « Ecouter Hollande, quand même, quelle drôle d’idée ! » Comme si le problème était d’espionner une personnalité et non d’écouter le président de la France, comme si l’on pouvait se tirer d’affaire avec une petite blague.

Alors, oui, il ne faut pas craindre de souligner que l’affaire est, aujourd’hui, grave et même très grave. Alors oui, ces révélations tombent au plus mauvais moment pour le gouvernement français obligé d’adopter une pudeur de violette en raison de sa loi sur le renseignement. Alors oui, espionner Angela Merkel, Jacques Chirac ou François Hollande ne relève pas de la lutte antiterroriste, pas plus que de recueillir des informations sur Airbus. Cela relève plus trivialement de la certitude que l’administration américaine s’arroge tous les droits, y compris ceux de s’essuyer les pieds sur les autres nations prétendues « alliées ». Et que l’on ne vienne pas, une nouvelle fois, nous refaire le vieux coup de « l’antiaméricanisme primaire » pour justifier toutes nos faiblesses, légitimer tous nos renoncements. Et que surtout l’on ne nous fasse plus jamais la leçon si l’on évoque, encore une fois, la possibilité d’offrir l’asile politique et même d’accorder la nationalité française à Edward Snowden et Julien Assange. La servitude volontaire d’une partie de nos élites trouve ses limites dans cette agression. Imagine t-on une seule seconde le scandale si l’on avait non pas appris mais révélé, preuve à l’appui, que nos plus hautes instances gouvernementales étaient espionnées par la Russie de Poutine ?

Les Etats-Unis ne manquent pas de caniches. Il faut avoir la volonté politique d’engager ici une grande querelle Face à cet acte fort, il convient d’adopter des réponses fortes. La première et la plus logique est l’arrêt immédiat de cette ténébreuse affaire que nous avons dénoncé dans Marianne il y a plus d’un an : le fameux et fumeux traité de commerce transatlantique (Tafta) entre l’Union européenne et les Etats-Unis qui fait la part belle aux multinationales. Après ces révélations, il est désormais clair n’en déplaise à tous les « lou ravi » de l’atlantisme que nous sommes en guerre économique avec les Etats-Unis. Il y va de notre survie car cette guerre n’est pas moins offensive que celle que nous mène la Chine. Une guerre totale puisqu’elle veut faire porter le poids des turpitudes de l’économie financière américaine sur les épaules du monde en général et de celles de l’Europe en particulier.

Il faut avoir le courage de quitter l’OTAN. C’est le second acte fort. Commençons par adopter sans tarder la politique de la chaise vide pour la prochaine réunion de l’organisation. Il faut avoir la volonté politique d’engager ici une de ces grandes querelles sans lesquelles un pays finit définitivement par sortir de l’Histoire. Ce gouvernement a déjà raté une occasion en ne s’engageant pas clairement derrière le peuple grec préférant laisser opérer la patronne du FMI, Christine Lagarde, bien moins clémente et accommodante avec la Grèce qu’elle ne le fut jadis avec Bernard Tapie.

Les Etats-Unis ne manquent pas de caniches. Il est grand temps d’arrêter d’être les béni oui-oui, les gentils membres d’une organisation présidée par un Etat qui mène contre nous une offensive économique sans précédent. Se retirer du commandement intégré serait aussi l’occasion de dénoncer cette forfaiture d’un OTAN prenant progressivement la place de l’ONU dans la marche du monde en méprisant les droits les plus élémentaires des nations et en propageant le désastre et le chaos. Vaste programme, aurait dit une de nos plus hautes figures politiques qui, elle, ne craignit pas jadis de claquer la porte alors que s’aplatissaient toutes les importants de ce pays.

15/06/2015

EQUATEUR : MENACE DE COUP D'ETAT ?

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Menace de coup d'Etat en Equateur ?

EUGÉNIE BARBEZAT AVEC AFP
DIMANCHE, 14 JUIN, 2015

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afp
Le président socialiste d'Equateur, Rafael Correa, a affirmé samedi qu'"une conspiration (était) en marche" pour le "renverser".
"Cela a été une semaine très dure pour le pays (...). Une conspiration est en marche", a déclaré Rafael Corréa lors de son émission hebdomadaire radiotélévisée, cette fois depuis Milan (Italie) dans le cadre de sa tournée européenne.
 
"Ce sont des gens très violents, ils ont la complicité éhontée des médias", a-t-il poursuivi. "Il ne s'agit pas d'empêcher la loi sur les héritages, il s'agit de renverser le gouvernement", a-t-il poursuivi.
 
Au cours des cinq derniers jours et aux cris de "Dehors Correa, dehors!", des politiciens, hommes d'affaires et membres des classes moyennes et élevées ont manifesté à Quito, mais aussi à Guayaquil et Cuenca, contre le projet de loi controversé de "redistribution de la richesse".
 
Le 5 juin, le président Correa, une des figures de la gauche radicale en Amérique latine, a en effet présenté au Parlement une réforme de la fiscalité prévoyant de taxer les héritages supérieurs à 35.400 dollars, l'équivalent de cent salaires de base, abaissant de près de moitié le seuil du montant imposable jusqu'à présent.
 
Le projet doit être approuvé en juillet par le Parlement, où le parti présidentiel Alianza Pais (AP) détient la majorité.
 
Pour défendre le gouvernement, des milliers de sympathisants sont également descendus dans la rue, mais aucun incident ni blessé n'a été signalé entre les deux camps.
 
Si la mesure a soulevé un tollé dans les milieux d'affaires, avec lesquels M. Correa entretient des relations conflictuelles depuis son élection en 2007, son effet devrait toutefois être limité : seuls trois Equatoriens sur 100.000 perçoivent un héritage d'une valeur supérieure à 50.000 dollars, selon des chiffres officiels.
 
Selon le ministre de la Politique économique, Patricio Rivera, "la loi sur les héritages vise le secteur le plus élevé de la société, les 0,1% plus riches (....), 98% des Equatoriens ne paieront pas un centime".
 
Face à ces protestations, Rafael Correa a appelé ses partisans à "faire très attention", jugeant que "la situation du pays est assez grave".
De nouvelles manifestations sont prévues par l'opposition de droite, ce dimanche.
 
 

Je dénonce la tentative de coup d'État en Équateur.

Depuis trois jours, les riches manifestent violemment contre une loi sur l'héritage. En Equateur en 2012, les 20% les plus riches accaparent pourtant encore 52,5% des revenus (5 points de moins qu'avant la révolution citoyenne en 2006). Le président Rafael Correa a proposé une loi de redistribution de la richesse, visant les plus-values immobilières et l'évasion fiscale. Les recettes ainsi dégagées seront reversées aux programmes sociaux. Les riches refusent ce partage favorable au grand nombre. Cette oligarchie qui reçoit des héritages supérieurs à 50 000 dollars ne représente pourtant que trois pour cent mille équatoriens mais ils prétendent représenter le peuple !

Ces putschistes minoritaires veulent s'emparer du président Correa qu'ils qualifient de tyran alors qu'il a été réélu avec 57% des voix en 2013.

Une partie de l'armée et de la police impliquées dans le précédent coup d'État reste menaçante pour la démocratie. Comme d'habitude, les États-Unis sont à la manœuvre. Une fois de plus, l'oligarchie des grandes fortunes et les États-Unis font violemment cause commune contre le peuple et la justice sociale.

J’assure le président Correa de tout le soutien des progressistes français. J'appelle solennellement les autorités françaises à faire de même et a ne pas renouveler les lâchetés du passé qui consistent à attendre la fin des tentatives de coups d’État pour prendre acte du résultat. Il faut isoler les putschistes sur la scène internationale. J'appelle toutes les forces de gauche, les syndicats, les associations à manifester leur solidarité avec la révolution citoyenne équatorienne et son président.

 J.Luc MELENCHON
 
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