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26/09/2015

TRAVAILLEURS SANS PAPIER

A CHACUN DE SE FAIRE SON OPINION

 

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 http://www.reveilcommuniste.fr/article-un-vrai-programme-d-inspiration-socialiste-doit-limiter-l-immigration-124493084.html

...  Mais dans la réalité concrète les principes de droit universel doivent s'adapter : en régime capitaliste les immigrants sont utilisés comme main d'œuvre bon marché, pour faire pression à la baisse sur les salaires et sur les revenus indirects des autochtones et des immigrés déjà intégrés par le marché de l'emploi ou par le système scolaire. Une véritable politique socialiste limiterait donc dans les faits le droit à l'immigration, comme d'ailleurs celui de l'émigration.

Cette concurrence sur le marché du travail engendre du ressentiment, et chez beaucoup de travailleurs le rejet en bloc de l'immigration et les dérives xénophobes. Il faut dire clairement dans ces conditions que être "contre l'immigration" et être "contre les immigrés" ce n'est pas la même chose. Dans le premier cas on prône une politique économique qui peut être justifiée ou non, opinion qu'on a le droit de formuler, dans le deuxième cas on prend des boucs émissaires, attitude qui doit être combattue par l'éducation.

Que l'immigration soit bonne ou mauvaise pour le pays destinataire, pour sa classe ouvrière, pour les pays émetteurs, et pour les migrants eux-même sont des questions de sociologie et d'économie scientifiques. On doit donc pouvoir en discuter sans tabou, et sans a priori.

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 Ce n'est pas par bêtise ou par racisme que les prolétaires français ou étrangers installés depuis longtemps en France sont réticents à l'égard des sans-papiers. La plupart d'entre eux jugent de manière lapidaire : "les papiers, ils n'ont qu'à en avoir avant de venir". Il faudrait renoncer aux raccourcis pour envisager de combler la fracture entre "la gauche" et le peuple et s'opposer vraiment, et pas qu'en intention, à la montée du FN. Nombreux sont les défenseurs de l'immigration illégale qui ne s'intéressent pas au sort réel des immigrés (ceux qui se noient à Lampedusa ou sont esclaves dans les ateliers de Belleville), ni à celui des jeunes français fils et filles d'immigrés qui ne trouvent pas de travail. Ils s'intéressent beaucoup plus à leur image morale qu'ils contemplent avec ravissement dans le miroir de leur idéologie petite bourgeoise.

 

Les communistes doivent quant à eux défendre la politique d’immigration qui permette l’intégration la meilleure des immigrés déjà présents et de leurs descendant à la nation française, et concernant plus précisément l'intégration des ouvriers qui sont largement majoritaires dans l’immigration à la classe ouvrière française. Or dans les conditions d'emploi actuelles, les travailleurs sans-papier font une concurrence directe aux fils et aux filles d'ouvriers immigrés qui sortent souvent sans qualification du système scolaire. Non seulement l'immigration illégale oppose les travailleurs entre eux, mais elle oppose les nouveaux travailleurs immigrés à ceux de la vague précédente.

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Ralentir ou faire cesser l’immigration peut être nécessaire pour améliorer l’intégration. Une mauvaise intégration massive, avec son corolaire de pauvreté, d’échec scolaire, de chômage condamne une part importante des immigrés à devenir un nouveau lumpenprolétariat sans espoir, qui remplit les prisons, grossit les rangs communautaristes, et nourrit les réactions de racisme ordinaire de la majorité...

Qui sommes nous?

Réveil Communiste est animé par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958, professeur d'histoire, membre du PCF et du SNES. 

Le blog reproduit des documents que je trouve pertinents. Cela ne signifie pas forcément une approbation de leur contenu. Il faut les lire comme une revue de presse. Les textes que j'ai écrits, seul ou en collaboration et dont j'endosse pleine et entière responsabilité sont publiés dans la catégorie GQ, accessible directement dans la bare de menu, ou dans les pages non datées accessibles directement ci-dessous. Ils sont reproductibles, sans modification, à condition d'en mentionner l'origine, et sauf si j'en demande explicitement le retrait.

La ligne politique du blog est de travailler à la création d'un parti du prolétariat moderne, qui n'existe pas encore, et à l'unification des forces communistes en France, par la voie de l'union et de l'action, sans opportunisme électoraliste, ni sectarisme groupusculaire. Le PCF dont je suis membre par ailleurs n'est pas ce parti, car sa ligne se comprend essentiellement par son agenda exclusivement électoral, et je pense qu'il n'y a plus aucune possibilité de l'infléchir.

Les commentaires ne sont pas censurés, sauf abus (insultes, diffamation, mythomanie, publicité, ou bêtise manifeste).

Précision : je ne suis plus rédacteur en chef, ni membre du comité de rédaction de la revue "Unir les communistes" depuis le 21 juin 2015

 

19/09/2015

C.G.T. 23 SEPTEMBRE : POUR LE RESPECT DES LIBERTES SYNDICALES

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Pas de conquêtes sociales sans libertés syndicales !

Pas de conquêtes sociales sans libertés syndicales !

Le 23 septembre 2015 la CGT organise une journée nationale pour le respect des libertés syndicales.

« Casser du militant », briser des élans sociaux, créer des peurs, menacer les Bourses du travail… la répression syndicale reste un des moyens patronal pour freiner le développement du syndicalisme. Ainsi, certains militantes et militants de la CGT, de par leur engagement, sont traités comme des délinquants. Ils sont trainés devant les tribunaux, dans des procédures de plusieurs années. Leur carrière est souvent brisée, leur vie bouleversée, leur famille affectée…

Les affaires judiciaires de Roanne, des « 5 d’EDF-GDF », l’inspectrice du travail à Annecy poursuivie par Tefal, de la Bourse du travail du Blanc-Mesnil, de Chartres, du Havre, de Villefranche-sur-Saône, de la Caisse d’Epargne de l’Ile de France… sont autant de preuves d’une volonté patronale et d’une partie du pouvoir judiciaire, de criminaliser l’action syndicale dans un contexte d’action collective (Grève, manifestation…).

Les sanctions en droit pénal, qui pèsent contre les militants syndicaux, traités comme des « voyous » par le patronat et certains procureurs, sont inadmissibles et n’ont rien à voir avec la réalité du fait syndical !

Pour la CGT, porter atteinte à un militant syndical, c’est porter atteinte à toute la CGT ! La lutte contre la criminalisation de l’action syndicale, s’inscrit dans la démarche générale de la CGT de lutte contre toutes les formes de discrimination.

 

Les mobilisations du 23 septembre 2015

auront lieu partout en France.

 

Dernière mise à jour : 15 septembre 2015

Journée nationale de solidarité et d’actions le 23 septembre

Une grande initiative nationale dans plusieurs villes de France pour les libertés syndicales le 23 septembre 2015. Ce même jour, cinq militants d’ERDF-GRDF comparaîtront au tribunal correctionnel de Paris pour avoir participé à un rassemblement de soutien à une mère célibataire menacée de licenciement. Voir le programme du rassemblement à Paris.

Pour renforcer les libertés syndicales, la CGT demande une audience au ministère de la Justice, pour porter ses exigences :

• Le vote de la loi d’amnistie pour tous les militants syndicalistes et associatifs ;
• de ne pas donner de suites judiciaires aux tentatives patronales de criminaliser de l’action syndicales ;
• De renforcer la protection des militants syndicaux, agissant dans l’intérêt général des salariés dans le cadre d’actions collectives, en modifiant d’une part le Code Pénal et d’autre part, en supprimant le prélèvement d’ADN de tous les militants.

Libertés syndicales : le combat victorieux des 5 de Roanne

Les 5 militants de Roanne ont eux vécu 4 ans de combat judiciaire pour avoir tagué en marge d’une manifestation en 2010. En mai 2014 ils ont obtenu victoire grâce à un soutien d’ampleur. Voici le reportage consacré à leur histoire :

 

 

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AQUITAINE : Lettre ouverte à EELV

Face à l’austérité, les organisations du Front de gauche en Aquitaine/Limousin/Poitou-Charentes proposent à EELV de construire ensemble une alternative sociale, démocratique et écologique.

 

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Avec Cecile Duflot, à Pau le 12 mars 2015, pour soutenir les candidats FDG/EELV aux élections départementales .

Les élections régionales de décembre 2015 vont se tenir dans un contexte économique et social extrêmement dégradé et préoccupant. Le discrédit de la politique Hollande-Valls, déclinée par le parti socialiste dans l’ensemble des régions, fait le lit de la droite et de l’extrême droite. Comme partout en Europe, la doctrine libérale est à l’œuvre au service des intérêts de la finance. La crise climatique et écologique s’amplifie sans que les gouvernements prennent la mesure de l’urgence qu’il y a à agir. Cela rend plus que jamais nécessaire de construire un projet politique en rupture avec les logiques libérales mises en œuvre dans le pays.

Nous pensons que ces élections régionales doivent donc être une nouvelle étape du rassemblement d’une gauche qui combat l’austérité et veut construire une véritable alternative politique pour engager la transition écologique et répondre aux besoins sociaux de nos concitoyens.

L’enjeu est d’autant plus important que ces élections se dérouleront dans le cadre d’une « réforme » territoriale imposée sans concertation qui va accentuer les logiques de métropolisation et de concurrence entre les territoires, entre les salariés, au service de la guerre économique, au détriment des plus défavorisés.

Dans ce contexte, nous appelons de nos vœux le rassemblement le plus large possible des forces politiques opposées à la politique gouvernementale et engagées dans des démarches citoyennes. Déjà dans un certain nombre de régions, des discussions sont engagées, et des accords FDG-EELV sont en passe d’être conclus. Cette dynamique est positive et nous souhaitons l’amplifier. Afin de peser pour affirmer une voie alternative, une seule solution : nous rassembler ! »

C’est pourquoi nous faisons la proposition d’une rencontre entre le FdG et EELV à l’échelle de la future grande région.

Fraternelles salutations.

Faites écho !

                                                            AVANT

 

Le Limousin rattaché à l' Aquitaine dans la nouvelle carte des régions proposée par le rapporteur PS Carlos Da Silva

 

18/09/2015

LES MIGRANTS, LES EMIGRANTS, LE DROIT INTERNATIONAL DES DROITS DE L'HOMME

AMNESTY INTERNATIONAL

 

 

 

Ainsi que nous l’avons montré dans le rapport annuel, l’année 2014 a été terrible pour ceux et celles qui cherchent à défendre les droits humains, et aussi pour les hommes, les femmes, les enfants qui vivent dans des régions en proie à la guerre.

 

 

Par Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International

 

 

Les gouvernements profèrent de belles paroles sur la nécessité de protéger les civils. Cependant, dans le monde entier, les dirigeants politiques se sont montrés incapables de protéger les personnes qui en ont le plus besoin. Amnesty International est convaincue que cette situation peut et devra changer.

Le droit international humanitaire, qui s'applique aux situations de conflit armé, est parfaitement clair. Les attaques ne doivent jamais viser les civils. Le principe de la distinction entre civils et combattants est une garantie fondamentale pour celles et ceux qui sont pris dans la tourmente des guerres.

Et pourtant, à maintes reprises, les civils ont été durement touchés par les conflits. En cette année du 20e anniversaire du génocide rwandais, les responsables politiques ont souvent foulé aux pieds les règles de protection des civils, ou se sont gardés d'intervenir lorsque d'autres qu'eux commettaient des violations meurtrières de ces règles.

Salil Shetty
Nous devons nourrir un espoir : au cours des années à venir, lorsque nous nous souviendrons de 2014, ce que nous avons vécu cette année-là sera jugé comme le point le plus bas, d'où nous nous serons élevés vers un avenir meilleur.

 

Manquements de la part de la communauté internationale

Pendant les premières années de la crise syrienne, le Conseil de sécurité des Nations unies a manqué de nombreuses occasions d'agir, alors que des mesures prises à ce stade auraient pu sauver quantité de vies humaines. Ces manquements se sont poursuivis en 2014. Au cours des quatre dernières années, plus de 200 000 personnes, essentiellement des civils, sont mortes du fait de cette crise. Elles ont presque toutes perdu la vie lors d'attaques des forces gouvernementales. Environ quatre millions de Syriens ont fui leur pays pour se réfugier à l'étranger. Il y a à l'intérieur de la Syrie plus de 7,6 millions de personnes déplacées.


La crise syrienne est étroitement liée à celle qui sévit en Irak, pays limitrophe. Le groupe armé qui se donne le nom d'État islamique (EI, antérieurement EIIL), responsable de crimes de guerre commis en Syrie, a perpétré des enlèvements et des homicides s'apparentant à des exécutions, et mené des actions de nettoyage ethnique de grande ampleur dans le nord de l'Irak. Parallèlement, les milices chiites irakiennes ont enlevé et tué un grand nombre de civils sunnites avec le soutien tacite du gouvernement irakien.

En juillet, l'offensive de l'armée israélienne contre Gaza a coûté la vie à 2 000 Palestiniens. Là encore, une grande majorité d'entre eux – au moins 1 500 – étaient des civils. La ligne de conduite suivie, comme l'a montré Amnesty International au moyen d'une analyse détaillée, manifestait une indifférence glaciale et a donné lieu à des crimes de guerre. Le Hamas a commis des crimes de guerre, lui aussi, en tirant des roquettes de façon aveugle sur Israël, ce qui a causé six morts.

 

 

Plus que des paroles

Des États qui commentaient en termes critiques les carences des autres gouvernements ne se sont pas empressés de fournir à ces réfugiés les secours qui leur sont indispensables, qu'il s'agisse d'une aide financière ou de solutions de réinstallation. Moins de 2 % de réfugiés syriens avaient bénéficié d'une réinstallation à la fin de 2014 – c'est un pourcentage qu'il faudrait au minimum multiplier par trois en 2015.

Pendant ce temps, un grand nombre de réfugiés et de migrants perdent la vie en mer Méditerranée lorsqu'ils essaient par tous les moyens de gagner les rivages de l'Europe. Le choix fait par certains États membres de l'Union européenne de ne pas soutenir les opérations de recherche et de sauvetage a contribué à l'augmentation du nombre de morts.

Pour protéger les civils en situation de conflit, il serait souhaitable de limiter davantage le recours aux armes explosives dans des régions peuplées. Une telle mesure aurait sauvé de nombreuses vies en Ukraine, où les séparatistes appuyés par la Russie (même si ce pays affirme de façon peu convaincante ne pas s'ingérer dans ce conflit) et les forces favorables au pouvoir de Kiev ont pris pour cible des secteurs habités par des civils.

L'importance des règles sur la protection des civils est telle que l'obligation de rendre des comptes doit s'imposer dans un esprit de justice chaque fois que ces règles sont violées. Dans ce contexte, Amnesty International salue la décision prise par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève en vue d'ouvrir une enquête internationale sur les allégations de violations des droits humains et d'atteintes à ces droits au cours du conflit au Sri Lanka, qui a fait des dizaines de milliers de morts parmi les civils dans sa période finale en 2009. Depuis déjà cinq années, Amnesty International fait campagne pour une telle enquête. Sans obligation de rendre des comptes, nous ne progresserons jamais.

Salil Shetty

 

AFRICAN TOUR PAR  CABREL

 

 

 LES EMIGRANTS par AZNAVOUR

 

 

 

sur un plateau T.V. un chroniqueur s'est exprimé

il n'y a pas besoin de compassion pour accueillir les réfugiés, il y a le droit international..

on doit les accueilir

 

 

 

La Convention relative au statut des réfugiés (1951)

Elle définit les droits des réfugiés, particulièrement le droit de ne pas être renvoyés de force dans des pays où leur vie est en danger, et énonce des dispositions concernant divers aspects de leur vie quotidienne, dont leur droit au travail, à l’éducation, à l’assistance publique et à la sécurité sociale, ainsi que leur droit à des documents de voyage. Le Protocole relatif au statut des réfugiés (1967) assure l’application universelle de la Convention, qui visait à l’origine les réfugiés de la seconde guerre mondiale.

 

Réfugiés et personnes déplacées et droit international humanitaire

29-10-2010 Introduction

Les réfugiés sont des personnes qui ont traversé une frontière internationale et qui risquent d'être persécutées ou ont été victimes de persécutions dans leur pays d'origine. Les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays n’ont pas franchi de frontière internationale, mais ont dû, elles aussi, pour une raison quelconque, s’enfuir de chez elles.

Le droit des réfugiés – essentiellement la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et la Convention régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique – et le mandat du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) fournissent le principal cadre de référence pour l'assistance aux réfugiés et leur protection. Les réfugiés sont aussi protégés par les droits de l'homme et – s'ils se trouvent dans un État impliqué dans un conflit armé – par le droit international humanitaire.

 

Dans les États impliqués dans un conflit armé, les dispositions générales du droit humanitaire protègent les réfugiés civils. La IVe Convention de Genève et le Protocole additionnel I leur confèrent en outre une protection spéciale. Cette protection supplémentaire reconnaît la vulnérabilité des réfugiés en tant qu’étrangers aux mains d'une partie à un conflit armé

Les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays

Les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ne sont pas couvertes par une convention équivalente à la Convention de 1951 relative aux réfugiés. Néanmoins, le droit international protège les personnes contre le déplacement et, si elles sont déplacées, elles sont protégées par plusieurs corps de droit :
- par le droit international des droits de l'homme et le droit national ;
- dans les situations de conflit armé, par le droit international humanitaire
- les Principes directeurs relatifs aux déplacements de personnes à l'intérieur de leur propre pays, principes basés sur ces deux corps de droit, fournissent de précieux conseils sur les aspects spécifiques du déplacement.

En vertu du droit humanitaire, les personnes sont protégées contre les déplacements et pendant les déplacements en tant que civils, à condition qu'elles ne participent pas directement aux hostilités.

Le droit humanitaire joue un rôle important tout d'abord dans la prévention des déplacements. Il interdit le déplacement des personnes sauf dans les cas où la sécurité des personnes civiles ou des raisons militaires impératives l'exigent. Une politique généralisée ou systématique de déplacement des civils non motivée par ces impératifs constitue un crime contre l'humanité.

Plusieurs règles du droit humanitaire protègent la population civile, et le non-respect de ces règles représente souvent une raison profonde de déplacement. Par exemple, les attaques menées par les parties à un conflit armé contre des civils et des biens de caractère civil sont interdites, de même que les méthodes de guerre appliquées sans discrimination qui peuvent avoir des effets dommageables sur les civils. D’autres règles, si elles sont respectées, empêchent un déplacement, à savoir l'interdiction d'actes qui menacent la capacité de la population civile de survivre comme la destruction – sans motif militaire valable – des cultures, des structures de soins médicaux, d'approvisionnement en eau et d'alimentation électrique, et des logements.

Le droit international humanitaire interdit aussi les punitions collectives infligées à la population civile.

Les secours humanitaires

Le droit international humanitaire garantit l'accès des organismes de secours et des organisations humanitaires aux réfugiés et aux personnes déplacées dans les situations de conflit armé. Les parties à un conflit armé doivent faciliter la fourniture de secours tels que les médicaments, la nourriture, les couvertures et les tentes.

Malheureusement, ces règles ont été ignorées dans beaucoup de conflits récents, ce qui a mis en danger les populations de réfugiés et les personnes déplacées. Le CICR a constamment demandé aux États et aux groupes armés non étatiques de respecter et de faire respecter le droit international et les principes essentiels d'humanité quand ils ont à faire à des civils. Seul le respect de ces règles dans les conflits armés peut empêcher les mouvements de réfugiés et les déplacements internes. Parallèlement, si les gens doivent quitter leur foyer, ils ne peuvent être protégés que si le droit humanitaire est respecté.

 

 

 

 

 

La Convention relative aux droits de l’enfant (1989)

Elle reconnaît la vulnérabilité particulière des enfants et réunit en un seul recueil récapitulatif toutes les formes de protection à accorder aux enfants au titre de toutes les catégories de droits fondamentaux. La Convention garantit fermement la non-discrimination et reconnaît que toutes les décisions doivent être guidées par l’intérêt supérieur de l’enfant. Une attention particulière est accordée aux enfants réfugiés, handicapés ou qui appartiennent à des minorités. Les États parties doivent garantir la survie, le développement, la protection et la participation des enfants. Le Comité des droits de l’enfant  ENinstitué en vertu de la Convention veille à son application et étudie les rapports soumis par les États parties.

Journée mondiale du réfugié 2010

 

 

 

 

La Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille (1990)

Elle définit les droits et principes fondamentaux des travailleurs migrants, qu’ils soient en situation régulière ou irrégulière, ainsi que les mesures destinées à les protéger pendant tout le processus de migration.

 

 

 

Autres normes internationales

Outre ces traités, l’Organisation des Nations Unies a adopté de nombreuses autres normes et règles relatives à la protection des droits de l’homme. Ces « déclarations », « codes de conduite », « principes » et autres ne sont pas des traités auxquels des États doivent adhérer, mais ils n’en exercent pas moins une profonde influence, en grande partie du fait qu’ils sont élaborés avec soin par les États et adoptés par consensus.

 

 

 

L'Unicef évalue à 230 millions le nombre d'enfants vivant dans des zones affectées par la guerre. Ils sont la proie d'une violence extrême, notamment en Irak et en Syrie.

 

2014 est une « année dévastatrice » pour les enfants, a déclaré lundi l'Unicef, qui parle de 15 millions de mineurs pris dans les conflits en République centrafricaine, en Irak, au Soudan du Sud, en Syrie, en Ukraine et dans les territoires palestiniens.

Anthony Lake, directeur général du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), souligne dans un communiqué (en anglais) que l'enchaînement des crises fait en outre oublier les situations tragiques que connaissent des pays comme l'Afghanistan, la République démocratique du Congo, le Nigeria, le Pakistan, la Somalie, le Soudan ou le Yémen.

Au total, l'Unicef évalue à 230 millions le nombre d'enfants vivant dans des pays ou des régions affectés par des conflits armés. 

« Des enfants sont tués alors qu'ils étudient en salle de classe ou dorment dans leur lit. Ils perdent leurs parents, ils sont enlevés, torturés, recrutés, violés et même vendus comme esclaves. Jamais dans l'histoire récente autant d'enfants n'ont été soumis à une telle et épouvantable brutalité », déclare Anthony Lake.

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ARRETONS LE MASSACRE !

 

17/09/2015

LETTRE OUVERTE AU MONDE MUSULMAN

17 septembre 2015 Le Huffington Post

 

Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin - de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd'hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d'isthme entre les deux mers de l'Orient et de l'Occident!

Et qu'est-ce que je vois ? Qu'est-ce que je vois mieux que d'autres sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe ! Car je te vois en train d'enfanter un monstre qui prétend se nommer État islamique et auquel certains préfèrent donner un nom de démon : DAESH. Mais le pire est que je te vois te perdre - perdre ton temps et ton honneur - dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement interminable entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine.

Que dis-tu en effet face à ce monstre ? Quel est ton unique discours ? Tu cries « Ce n'est pas moi ! », « Ce n'est pas l'islam ! ». Tu refuses que les crimes de ce monstre soient commis en ton nom (hashtag #NotInMyName). Tu t'indignes devant une telle monstruosité, tu t'insurges aussi que le monstre usurpe ton identité, et bien sûr tu as raison de le faire. Il est indispensable qu'à la face du monde tu proclames ainsi, haut et fort, que l'islam dénonce la barbarie. Mais c'est tout à fait insuffisant ! Car tu te réfugies dans le réflexe de l'autodéfense sans assumer aussi, et surtout, la responsabilité de l'autocritique. Tu te contentes de t'indigner, alors que ce moment historique aurait été une si formidable occasion de te remettre en question ! Et comme d'habitude, tu accuses au lieu de prendre ta propre responsabilité : « Arrêtez, vous les occidentaux, et vous tous les ennemis de l'islam de nous associer à ce monstre ! Le terrorisme, ce n'est pas l'islam, le vrai islam, le bon islam qui ne veut pas dire la guerre, mais la paix! »

J'entends ce cri de révolte qui monte en toi, ô mon cher monde musulman, et je le comprends. Oui tu as raison, comme chacune des autres grandes inspirations sacrées du monde l'islam a créé tout au long de son histoire de la Beauté, de la Justice, du Sens, du Bien, et il a puissamment éclairé l'être humain sur le chemin du mystère de l'existence... Je me bats ici en Occident, dans chacun de mes livres, pour que cette sagesse de l'islam et de toutes les religions ne soit pas oubliée ni méprisée ! Mais de ma position lointaine, je vois aussi autre chose - que tu ne sais pas voir ou que tu ne veux pas voir... Et cela m'inspire une question, LA grande question : pourquoi ce monstre t'a-t-il volé ton visage ? Pourquoi ce monstre ignoble a-t-il choisi ton visage et pas un autre ? Pourquoi a-t-il pris le masque de l'islam et pas un autre masque ? C'est qu'en réalité derrière cette image du monstre se cache un immense problème, que tu ne sembles pas prêt à regarder en face. Il le faut bien pourtant, il faut que tu en aies le courage.

Ce problème est celui des racines du mal. D'où viennent les crimes de ce soi-disant « État islamique » ? Je vais te le dire, mon ami. Et cela ne va pas te faire plaisir, mais c'est mon devoir de philosophe. Les racines de ce mal qui te vole aujourd'hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre, le cancer est dans ton propre corps. Et de ton ventre malade, il sortira dans le futur autant de nouveaux monstres - pires encore que celui-ci - aussi longtemps que tu refuseras de regarder cette vérité en face, aussi longtemps que tu tarderas à l'admettre et à attaquer enfin cette racine du mal !

Même les intellectuels occidentaux, quand je leur dis cela, ont de la difficulté à le voir : pour la plupart, ils ont tellement oublié ce qu'est la puissance de la religion - en bien et en mal, sur la vie et sur la mort - qu'ils me disent « Non le problème du monde musulman n'est pas l'islam, pas la religion, mais la politique, l'histoire, l'économie, etc. ». Ils vivent dans des sociétés si sécularisées qu'ils ne se souviennent plus du tout que la religion peut être le cœur du réacteur d'une civilisation humaine ! Et que l'avenir de l'humanité passera demain non pas seulement par la résolution de la crise financière et économique, mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité toute entière ! Saurons-nous tous nous rassembler, à l'échelle de la planète, pour affronter ce défi fondamental ? La nature spirituelle de l'homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent - et qui comme l'islam actuellement se mettront alors à produire des monstres.

Je vois en toi, ô monde musulman, des forces immenses prêtes à se lever pour contribuer à cet effort mondial de trouver une vie spirituelle pour le XXIe siècle ! Il y a en toi en effet, malgré la gravité de ta maladie, malgré l'étendue des ombres d'obscurantisme qui veulent te recouvrir tout entier, une multitude extraordinaire de femmes et d'hommes qui sont prêts à réformer l'islam, à réinventer son génie au-delà de ses formes historiques et à participer ainsi au renouvellement complet du rapport que l'humanité entretenait jusque-là avec ses dieux ! C'est à tous ceux-là, musulmans et non musulmans qui rêvent ensemble de révolution spirituelle, que je me suis adressé dans mes livres ! Pour leur donner, avec mes mots de philosophe, confiance en ce qu'entrevoit leur espérance!

Il y a dans la Oumma (communauté des musulmans) de ces femmes et ces hommes de progrès qui portent en eux la vision du futur spirituel de l'être humain. Mais ils ne sont pas encore assez nombreux ni leur parole assez puissante. Tous ceux-là, dont je salue la lucidité et le courage, ont parfaitement vu que c'est l'état général de maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance des monstres terroristes aux noms d'Al Qaida, Al Nostra, AQMI ou de l'«État islamique». Ils ont bien compris que ce ne sont là que les symptômes les plus graves et les plus visibles sur un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes: impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion; prison morale et sociale d'une religion dogmatique, figée, et parfois totalitaire ; difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l'égalité, de la responsabilité et de la liberté; impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l'autorité de la religion; incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses.

Tout cela serait-il donc la faute de l'Occident ? Combien de temps précieux, d'années cruciales, vas-tu perdre encore, ô cher monde musulman, avec cette accusation stupide à laquelle toi-même tu ne crois plus, et derrière laquelle tu te caches pour continuer à te mentir à toi-même ? Si je te critique aussi durement, ce n'est pas parce que je suis un philosophe « occidental », mais parce que je suis un de tes fils conscients de tout ce que tu as perdu de ta grandeur passée depuis si longtemps qu'elle est devenue un mythe !

Depuis le XVIIIe siècle en particulier, il est temps de te l'avouer enfin, tu as été incapable de répondre au défi de l'Occident. Soit tu t'es réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé, avec la régression intolérante et obscurantiste du wahhabisme qui continue de faire des ravages presque partout à l'intérieur de tes frontières - un wahhabisme que tu répands à partir de tes lieux saints de l'Arabie Saoudite comme un cancer qui partirait de ton cœur lui-même ! Soit tu as suivi le pire de cet Occident, en produisant comme lui des nationalismes et un modernisme qui est une caricature de modernité - je veux parler de cette frénésie de consommation, ou bien encore de ce développement technologique sans cohérence avec leur archaïsme religieux qui fait de tes « élites » richissimes du Golfe seulement des victimes consentantes de la maladie désormais mondiale qu'est le culte du dieu argent.

Qu'as-tu d'admirable aujourd'hui, mon ami ? Qu'est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect et l'admiration des autres peuples et civilisations de la Terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes, qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi, qui sont tes Aung San Suu Kyi ?

Où sont tes grands penseurs, tes intellectuels dont les livres devraient être lus dans le monde entier comme au temps où les mathématiciens et les philosophes arabes ou persans faisaient référence de l'Inde à l'Espagne ? En réalité tu es devenu si faible, si impuissant derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même... Tu ne sais plus du tout qui tu es ni où tu veux aller et cela te rend aussi malheureux qu'agressif... Tu t'obstines à ne pas écouter ceux qui t'appellent à changer en te libérant enfin de la domination que tu as offerte à la religion sur la vie toute entière.

Tu as choisi de considérer que Mohammed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l'islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l'État que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu'à l'intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d'imposer que l'islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame qu'«Il n'y a pas de contrainte en religion» (La ikraha fi Dîn). Tu as fait de son Appel à la liberté l'empire de la contrainte ! Comment une civilisation peut-elle trahir à ce point son propre texte sacré ? Je dis qu'il est l'heure, dans la civilisation de l'islam, d'instituer cette liberté spirituelle - la plus sublime et difficile de toutes - à la place de toutes les lois inventées par des générations de théologiens !

De nombreuses voix que tu ne veux pas entendre s'élèvent aujourd'hui dans la Oumma pour s'insurger contre ce scandale, pour dénoncer ce tabou d'une religion autoritaire et indiscutable dont se servent ses chefs pour perpétuer indéfiniment leur domination... Au point que trop de croyants ont tellement intériorisé une culture de la soumission à la tradition et aux « maîtres de religion » (imams, muftis, shouyoukhs, etc.) qu'ils ne comprennent même pas qu'on leur parle de liberté spirituelle, et n'admettent pas qu'on ose leur parler de choix personnel vis-à-vis des « piliers » de l'islam. Tout cela constitue pour eux une « ligne rouge », quelque chose de trop sacré pour qu'ils osent donner à leur propre conscience le droit de le remettre en question ! Et il y a tant de ces familles, tant de ces sociétés musulmanes où cette confusion entre spiritualité et servitude est incrustée dans les esprits dès leur plus jeune âge, et où l'éducation spirituelle est d'une telle pauvreté que tout ce qui concerne de près ou de loin la religion reste ainsi quelque chose qui ne se discute pas!

Or cela, de toute évidence, n'est pas imposé par le terrorisme de quelques fous, par quelques troupes de fanatiques embarqués par l'État islamique. Non, ce problème-là est infiniment plus profond et infiniment plus vaste ! Mais qui le verra et le dira ? Qui veut l'entendre ? Silence là-dessus dans le monde musulman, et dans les médias occidentaux on n'entend plus que tous ces spécialistes du terrorisme qui aggravent jour après jour la myopie générale !

Il ne faut donc pas que tu t'illusionnes, ô mon ami, en croyant et en faisant croire que quand on en aura fini avec le terrorisme islamiste l'islam aura réglé ses problèmes ! Car tout ce que je viens d'évoquer - une religion tyrannique, dogmatique, littéraliste, formaliste, machiste, conservatrice, régressive - est trop souvent, pas toujours, mais trop souvent, l'islam ordinaire, l'islam quotidien, qui souffre et fait souffrir trop de consciences, l'islam de la tradition et du passé, l'islam déformé par tous ceux qui l'utilisent politiquement, l'islam qui finit encore et toujours par étouffer les Printemps arabes et la voix de toutes ses jeunesses qui demandent autre chose. Quand donc vas-tu faire enfin ta vraie révolution ? Cette révolution qui dans les sociétés et les consciences fera rimer définitivement religion et liberté, cette révolution sans retour qui prendra acte que la religion est devenue un fait social parmi d'autres partout dans le monde, et que ses droits exorbitants n'ont plus aucune légitimité !

Bien sûr, dans ton immense territoire, il y a des îlots de liberté spirituelle : des familles qui transmettent un islam de tolérance, de choix personnel, d'approfondissement spirituel ; des milieux sociaux où la cage de la prison religieuse s'est ouverte ou entrouverte ; des lieux où l'islam donne encore le meilleur de lui-même, c'est-à-dire une culture du partage, de l'honneur, de la recherche du savoir, et une spiritualité en quête de ce lieu sacré où l'être humain et la réalité ultime qu'on appelle Allâh se rencontrent. Il y a en Terre d'islam et partout dans les communautés musulmanes du monde des consciences fortes et libres, mais elles restent condamnées à vivre leur liberté sans assurance, sans reconnaissance d'un véritable droit, à leurs risques et périls face au contrôle communautaire ou bien même parfois face à la police religieuse. Jamais pour l'instant le droit de dire « Je choisis mon islam », « J'ai mon propre rapport à l'islam » n'a été reconnu par « l'islam officiel » des dignitaires. Ceux-là au contraire s'acharnent à imposer que « La doctrine de l'islam est unique » et que « L'obéissance aux piliers de l'islam est la seule voie droite » (sirâtou-l-moustaqîm).

Ce refus du droit à la liberté vis-à-vis de la religion est l'une de ces racines du mal dont tu souffres, ô mon cher monde musulman, l'un de ces ventres obscurs où grandissent les monstres que tu fais bondir depuis quelques années au visage effrayé du monde entier. Car cette religion de fer impose à tes sociétés tout entières une violence insoutenable. Elle enferme toujours trop de tes filles et tous tes fils dans la cage d'un Bien et d'un Mal, d'un licite (halâl) et d'un illicite (harâm) que personne ne choisit, mais que tout le monde subit. Elle emprisonne les volontés, elle conditionne les esprits, elle empêche ou entrave tout choix de vie personnel. Dans trop de tes contrées, tu associes encore la religion et la violence - contre les femmes, contre les « mauvais croyants », contre les minorités chrétiennes ou autres, contre les penseurs et les esprits libres, contre les rebelles - de telle sorte que cette religion et cette violence finissent par se confondre, chez les plus déséquilibrés et les plus fragiles de tes fils, dans la monstruosité du jihad !

Alors, ne t'étonne donc pas, ne fais plus semblant de t'étonner, je t'en prie, que des démons tels que le soi-disant État islamique t'aient pris ton visage ! Car les monstres et les démons ne volent que les visages qui sont déjà déformés par trop de grimaces ! Et si tu veux savoir comment ne plus enfanter de tels monstres, je vais te le dire. C'est simple et très difficile à la fois. Il faut que tu commences par réformer toute l'éducation que tu donnes à tes enfants, que tu réformes chacune de tes écoles, chacun de tes lieux de savoir et de pouvoir. Que tu les réformes pour les diriger selon des principes universels (même si tu n'es pas le seul à les transgresser ou à persister dans leur ignorance) : la liberté de conscience, la démocratie, la tolérance et le droit de cité pour toute la diversité des visions du monde et des croyances, l'égalité des sexes et l'émancipation des femmes de toute tutelle masculine, la réflexion et la culture critique du religieux dans les universités, la littérature, les médias. Tu ne peux plus reculer, tu ne peux plus faire moins que tout cela ! Tu ne peux plus faire moins que ta révolution spirituelle la plus complète ! C'est le seul moyen pour toi de ne plus enfanter de tels monstres, et si tu ne le fais pas tu seras bientôt dévasté par leur puissance de destruction. Quand tu auras mené à bien cette tâche colossale - au lieu de te réfugier encore et toujours dans la mauvaise foi et l'aveuglement volontaire, alors plus aucun monstre abject ne pourra plus venir te voler ton visage.

Cher monde musulman... Je ne suis qu'un philosophe, et comme d'habitude certains diront que le philosophe est un hérétique. Je ne cherche pourtant qu'à faire resplendir à nouveau la lumière - c'est le nom que tu m'as donné qui me le commande, Abdennour, « Serviteur de la Lumière ».

Je n'aurais pas été si sévère dans cette lettre si je ne croyais pas en toi. Comme on dit en français: «Qui aime bien châtie bien». Et au contraire tous ceux qui aujourd'hui ne sont pas assez sévères avec toi - qui te trouvent toujours des excuses, qui veulent faire de toi une victime, ou qui ne voient pas ta responsabilité dans ce qui t'arrive - tous ceux-là en réalité ne te rendent pas service ! Je crois en toi, je crois en ta contribution à faire demain de notre planète un univers à la fois plus humain et plus spirituel ! Salâm, que la paix soit sur toi.

 

 

 
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