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23/01/2015

AIR FRANCE en chute libre

Retrouvez ici l’ensemble des communiqués de presse publiés par les élus du groupe CRC.

EMPLOI, SALAIRES ET RETRAITES

Un nouveau coup dur pour l’emploi en France et dans le Val-de-Marne

Air France

Par Laurence Cohen, Christian Favier / 23 janvier 2015

La Direction d’Air France vient d’annoncer 800 nouvelles suppressions d’emplois, sous forme de départ volontaires, 500 salariés parmi le personnel au sol et 300 parmi les hôtesses de l’air et les stewards.

Une véritable hécatombe qui s’ajoute aux 8 000 emplois supprimés depuis 2012 et le lancement du plan de restructuration "Transform 2015".

L’entreprise avait pourtant promis que ce plan d’économies, fait sur le dos des salariés, permettrait de retrouver l’équilibre et la croissance, ce que nous avions fortement dénoncé à l’époque !

Transform 2015 vient de se transformer en Perform 2020, la logique reste la même.

Nous refusons cette vague de licenciements qui ne dit pas son nom, et nous sommes inquiets des répercussions pour l’aéroport d’Orly, situé sur notre territoire.

Une question nous taraude : où sont allés les 54 millions d’euros qu’Air France a touchés en 2014 au titre du CICE ?

Quelles pénalités le gouvernement a-t-il prévu pour non-création d’emplois ?

Les salariés d’Air France peuvent compter sur notre soutien et notre mobilisation pour dénoncer ce nouveau gâchis humain.

y' plus écrit la POSTE ... mais pigeon

SERVICES PUBLICS

Les dysfonctionnements se multiplient au détriment du service public

Ouverture à la concurrence des activités postales

Par Annie David / 14 janvier 2015

Emmanuel MACRON,
Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique
139, rue de Bercy
75572 Paris Cedex 12

 

Monsieur le Ministre,

Depuis la modification de statut de La Poste et l’ouverture à la concurrence des activités postales, une logique commerciale s’est mise en place au détriment du service public et des salarié-e-s.

La qualité du service postal en Isère, comme sur l’ensemble du territoire, s’est considérablement détériorée et je suis intervenue à de multiples reprises auprès des directions départementales et régionales, auprès du Président de La Poste ainsi d’ailleurs qu’auprès de votre prédécesseur pour tenter de remédier aux multiples dysfonctionnements auxquels nous sommes confrontés.

Malgré les engagements pris par la direction de La Poste par la signature du contrat de présence postale territoriale, les fermetures pour insuffisance de personnel se multiplient, partout des baisses des horaires d’ouverture des bureaux sont décidées sans qu’il soit tenu compte des besoins de nos populations et de la vitalité sociale et commerciale de nos territoires.

Sous la pression de la direction de La Poste, la majorité des bureaux ont été transformés en agences postales communales ou en relais poste commerçant : 40 nouvelles transformations sont programmées sur les trois prochaines années en Isère.

Cette situation est inacceptable parce qu’elle détériore la qualité du service et génère de nouvelles charges pour les communes déjà confrontées à de fortes contraintes budgétaires.

C’est ce qu’expriment dans un communiqué récent les maires des communes de l’Isère qui n’acceptent pas d’être mis devant le fait accompli par la direction de La Poste et qui collectivement réaffirment leur attachement au service public postal, facteur essentiel de cohésion sociale, contribuant à la dynamique économique de nos territoires.

L’observatoire National de la Présence Postale Territoriale doit se réunir très prochainement. Il examinera deux points essentiels sur lesquels nous attendons des préconisations fortes de sa part :

-  Les fermetures les samedis de plus en plus fréquentes lors des modifications des horaires d’ouverture des bureaux de poste, qui pénalisent de nombreux usagers et contribuent à la baisse des chiffres de fréquentation,
-  Le non-respect du plancher de 12 heures d’ouverture hebdomadaire mentionné dans les contrats de Présence Postale Territoriale.

Je vous sollicite en tant que Ministre de tutelle afin que vous puissiez rappeler les missions de service public confiées à La Poste et dans lesquelles elle s’est engagée en signant la convention de présence postale aux côtés de l’Etat et de l’Association des Maires de France.

Sans doute vous serait-il possible de proposer que la part du fonds de péréquation destiné au maintien de petits bureaux puisse être utilisée pour compenser si nécessaire l’insuffisance d’activité, ce qui n’a jamais pu être le cas jusqu’à présent.

Je souhaiterais également, Monsieur le Ministre, que vous usiez de votre autorité d’actionnaire principal pour desserrer les contraintes de rentabilité du groupe la Poste qui induisent à la fois souffrance au travail pour les postiers et dégradation du service postal.

Je vous remercie de l’attention que vous porterez à ce courrier et dans l’attente des réponses que vous ne manquerez pas de m’apporter, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma considération.

Madame Annie DAVID
Sénatrice de l’Isère

22/01/2015

LA LAICITE PLUS QUE JAMAIS NECESSAIRE

Pour lutter contre le fanatisme, la laïcité plus que jamais nécessaire

Le Monde.fr | 14.01.2015 à 16h14

 
Paris, Place de la République, le 11 janvier 2015 Paris, Place de la République, le 11 janvier 2015 | JOEL SAGET / AFP

Par Henri Peña-Ruiz, philosophe et spécialiste de la laïcité. Dernier ouvrage paru : «Dictionnaire amoureux de la laïcité » (Éditions Plon)

Dictionnaire Amoureux De La Laïcité de Henri Pena-Ruiz

Paris, Place de la République, nuit du 7 janvier 2015. Des dizaines de bougies vacillent au pied de Marianne. La République est en deuil. Qui pourra dire l’accablement, cette tristesse dans tous les yeux, cette impossibilité de former des paroles qui ne paraissent pas dérisoires ? On prend soudain la mesure du crime. Les fanatiques ont voulu tuer le courage, l’humour critique, l’insolence salutaire, ces audaces de l’art et de la satire qui parlaient vrai et clair.

Et ce alors que la complaisance électoraliste inventait le politiquement correct pour travestir la trahison en réalisme, en expressions confuses, en formules ambiguës. Car enfin confondre l’esprit critique avec la stigmatisation, la culture avec le culte, la fermeté du droit avec la violence arbitraire, c’est brouiller le sens des principes et encourager leurs adversaires.

De même réduire la laïcité à l’égalité des religions et non de toutes les convictions, c’est discriminer l’humanisme athée ou agnostique.

Paradoxe. C’est l’humour impertinent qui a tenu lieu de clarté politique, quand trop de responsables se sont livrés à l’incantation de principes qu’ils n’osaient plus défendre concrètement.

Chez Cabu, chez Charb, chez Honoré, chez Tignous, chez Wolinsky, héros ordinaires de la clarté comme du courage, la liberté ne s’encombrait pas d’opportunismes ou de silences partisans.

Elle jaillissait avec la fraîcheur du regard sans concession, la force d’un absolu dit hâtivement « irresponsable », mais assumé comme tel à rebours des lâchetés intéressées. Oui les dessinateurs de Charlie étaient les « instituteurs du peuple » chers à Victor Hugo. Leurs caricatures géniales surgissaient de la conscience spontanée qui pointe l’inqualifiable et le donne à voir sans autre violence que celle du fanatisme dénoncé. On riait devant le dessin et sa légende, car il visait juste en passant à la limite, mais selon un clin d’œil complice qui n’avait rien de cette violence pointée du doigt.

Ces hommes de culture ne voulaient nullement faire la leçon. Ils incarnaient la liberté vive de l’être humain, cette sorte de langage sans façon qui convoque la pensée dans le sourire provoqué, et produit la conscience émancipée. Ces artistes modestes et tendres n’étaient jamais méchants, mais toujours féroces avec l’inhumanité qu’ils dessinaient sans complexe ni fausse pudeur.

Ils dénonçaient l’intolérance et le racisme, la xénophobie et la bêtise meurtrière. Ils s’inscrivent désormais dans la « tradition des opprimés » chère à Walter Benjamin. Ils côtoient Jean Calas et le Chevalier de Labarre, Giordano Bruno et Michel Servet, suppliciés au nom de la religion.

Ils sont les héritiers de Voltaire, qui « écrasait l’infâme » dans l’humour du Dictionnaire philosophique, de Diderot qui dénonçait le fanatisme dans La Religieuse, d’Averroès qui invitait à lire le Coran avec distance dans le Discours décisif.

Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinsky n’ont jamais confondu le respect de la liberté de croire, conquis par l’émancipation laïque, et le respect des croyances elles-mêmes.

Ils ont su qu’on peut critiquer voire tourner en dérision une religion, quelle qu’elle soit, et que ce geste n’a rien à voir avec la stigmatisation d’une personne en raison de sa religion.

Ils ont pratiqué la laïcité par la liberté de leur art, sans l’affubler d’adjectifs qui attestent une réticence hypocrite. Ni ouverte ni fermée, leur laïcité avait l’évidence nette de leurs dessins créateurs. Car ils savaient que l’indépendance des lois communes à l’égard de toute religion est la condition des libertés comme de l’égalité, mais aussi celle d’un cadre commun à tous, capable d’unir sans soumettre. Ils savaient, comme le rappelle Bayle, qu’il n’existe de blasphème que pour ceux qui vénèrent la réalité dite blasphémée. Dans un état de droit laïque nul délit de blasphème n’est légitime.

Ils savaient aussi, et montraient clairement, que les fidèles des religions ne peuvent être confondus avec leurs délinquants.

Ni le christianisme avec Torquemada qui envoya au bûcher tant d'« hérétiques » ou avec les poseurs de bombe qui le 23 octobre 1988 firent 14 blessés graves en incendiant le cinéma Saint-Michel qui projetait La dernière tentation du Christ. Ni le judaïsme avec Baruch Goldstein qui le 25 février 1994 abattit à Hébron 29 Palestiniens ou avec Yigal Amir qui assassina Yitzhak Rabin le 4 novembre 1995 après avoir vu dans un verset de la Bible une incitation au meurtre. Ni l’Islam avec les fous de Dieu qui le 11 septembre 2001 précipitèrent des avions contre les Twin Towers de New York, causant la mort de plus de 3 000 personnes, ou avec les tortionnaires de l’Etat Islamique qui violent les femmes et décapitent des journalistes.

Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinsky nous manquent déjà, d’une absence cruelle qui nous fait mesurer ce qu’ils apportaient à l’humanité rieuse et pensante, à la lucidité collective, à la conscience libre. Et avec eux nous manquent toutes les personnes qui ont subi cette mort aveugle.

Si nous voulons être Charlie, vraiment, nous devons bannir toute tentation de transiger sous quelque prétexte que ce soit avec les principes de notre République.

Des principes conquis dans le sang et les larmes, à rebours de traditions rétrogrades qui n’épargnèrent aucune culture, aucune région du monde.

Liberté, égalité, fraternité.

Et laïcité, plus que jamais.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/14/pour-lutter-contre-le-fanatisme-la-laicite-plus-que-jamais-necessaire_4556258_3232.html#YwuKZTzFKphv46L9.99

CHARLIE HEBDO : RISS nouveau directeur de la publication

Photo : Alexander Klein/AFP
 
Le caricaturiste Riss, sorti hier de l’hôpital, est le nouveau directeur
 de la publication de l’hebdomadaire satirique.

De son lit d’hôpital, il a dessiné, de la main gauche, une caricature pour le dernier Charlie Hebdo, sorti mercredi 14 janvier, une semaine après la tuerie qui a coûté la vie à 12 personnes au sein de l’hebdomadaire satirique. Sur ce dessin, un dessinateur peine à la tâche, en tirant la langue. En légende : « Dessinateur à Charlie, c’est 25 ans de boulot ». En dessous, deux terroristes tirent sur des silhouettes. Légende : « Terroriste, c’est 25 secondes de boulot. Terroriste, c’est un métier de feignant et de branleur ».

Touché à l’épaule droite lors de la fusillade, Riss devait sortir de l’hôpital hier. Il était directeur de la rédaction, depuis 2009, aux côtés de Charb. Il devient directeur de la publication. Dans une interview au Monde, publiée hier, il a précisé que « le prochain numéro de Charlie Hebdo ne paraîtrait pas le 28 janvier », comme initialement prévu, « mais dans les semaines à venir. À plus long terme, il faudra une refondation. Mais il faudra la mûrir ». Seule certitude : Charlie ne renoncera pas « au combat pour la laïcité », même s’il « ne faut pas que ça devienne une obsession ».

Riss parlait hier au Monde de « réinventer » Charlie Hebdo, d’autant qu’on a vu disparaître « des poids lourds ». Mais, nuance-t-il, « moi-même, je ne sais pas si, une fois sorti de l’hôpital, j’arriverai à le faire. On va essayer en tout cas ».

Il précise que c’est « la dynamique collective qui donnera la direction. Il faut transformer cette épreuve en quelque chose de créatif. Ce n’est pas évident ».

Riss ne doit sa survie qu’à un réflexe : il s’est jeté face contre terre, quand les coups de feu ont commencé à pleuvoir, et a fait semblant d’être mort pour échapper aux frères Kouachi. Il n’a entendu ni sons ni cris. Juste des coups de feu. Puis le silence, longtemps. La première nuit, à l’hôpital, raconte-t-il, il n’a cessé d’avoir peur que les terroristes viennent l’achever.

Le nouveau directeur de la publication s’est aussi exprimé sur la mobilisation et ses suites : « Vu l’énormité de la mobilisation, il fallait s’attendre à des voix dissonantes. On a le droit de dire “je ne suis pas Charlie”.

La question est de le dire pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Si c’est pour défendre les terroristes, là, j’ai du mal. » Riss fait partie de l’équipe, aux côtés de Cavanna, Charb et Val, qui a relancé Charlie Hebdo en 1992, après être passé durant une petite année à la Grosse Bertha.

Caricaturiste, Riss a aussi suivi de nombreux procès pour Charlie, depuis 1994. Certains sont emblématiques, comme ceux des collabos Paul Touvier ou de Maurice Papon (1997), voire du tortionnaire de la guerre d’Algérie Paul Aussaresses, ou de l’intégriste catholique l’abbé Cottard.

 
 BON COURAGE à RISS, AUX RESCAPES... PARCE QU'IL EN FAUDRA  !
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Journal l'Humanité
 
Nos lecteurs par centaines sont ulcérés par le comportement des chaînes publiques de télévision et de radio qui, durant des centaines d’heures sur le sujet, pas une fois, n’ont donné la parole à un journaliste de l’Humanité, pour laquelle pourtant dessinait Charb chaque lundi. Le drame n’a, pour l’heure, rien apporté au pluralisme, réduit à une fleur de rhétorique.

 

GRECE: POUR QUE L'ESPOIR RENAISSE

Capture GRECE.JPG

Photo : Patrick Nussbaum
 
Pour tous, une victoire de Syriza en Grèce symboliserait l’espoir d’un virage politique
à visage humain
en Europe.
 

 

... Paris, Athènes, même combat. Lundi soir, au gymnase Japy du 11e arrondissement de la capitale, plus de 1 500 personnes se sont rassemblées en solidarité avec le peuple grec et pour soutenir Syriza. La coalition menée par Alexis Tsipras, qui incarne la gauche radicale et progressiste, peut l’emporter lors des législatives grecques du 25 janvier prochain.

L’espoir et les vœux de victoire ont réchauffé les cœurs de tous les participants, invités par le Front de gauche et Attac, auxquels se sont joints Europe Écologie-les Verts, Nouvelle Donne et l’aile gauche du PS.

Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot, Guillaume Balas, et tous les autres représentants politiques, ont rappelé à tous que l’avenir de toute l’Europe, aujourd’hui, se joue en Grèce. Une victoire de Syriza sonnerait le départ d’un renouveau d’une union continentale au service des peuples, et concerne tous ceux qui sont confrontés au dogme d’une austérité qui n’en finit plus de briser les politiques de justice sociale et 
de solidarité. Parce que, pour eux, le combat est commun, qu’il concerne aussi bien le pays où fut inventé la démocratie que celui des droits de l’homme, les militants rassemblés à Paris, lundi, ont apporté un soutien total au peuple grec, pour la Grèce, et pour l’Europe.

Ils disent non à Juncker, oui à Tsipras. Non à une Commission européenne qui impose l’austérité en sacrifiant les peuples, oui aux Grecs qui veulent élire Syriza pour une alternative à gauche. « Le rapport de force nous est extrêmement défavorable à l’échelle du continent, mais cela peut changer. L’étincelle, le vrai changement, peut venir d’une victoire lors des législatives en Grèce. C’est pour cela que je suis là ce soir », lance Jean.

Membre de l’Union des étudiants communistes, le jeune homme de vingt-cinq ans était au milieu des militants rassemblés lundi soir au gymnase parisien de Japy, drapeau au poing. « La Grèce a été le laboratoire de mesures austéritaires qui ne servent qu’à empirer la situation. C’est pareil en France : même si elles sont moins brutales, elles avancent et détruisent. Quand je vois que l’Université d’Athènes a été fermée, je me dis qu’il y a danger, je me dis que l’avenir de nos jeunes est lié à celui des jeunes Grecs. Il faut combattre ensemble pour reprendre le pouvoir. Il n’y a pas de crise, mais des puissants qui se gavent sur le dos des autres », assène-t-il. Très critique à l’égard du projet européen sous sa forme actuelle, il rêve d’un virage à visage humain.

 
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