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03/05/2016

RETIRER LA LEGION D'HONNEUR A FRANCO

Chroniques Latines

Les chroniques Latines de Jean Ortiz portent un regard loin des clichés sur les luttes de libération du continent sud-américains... Toujours un oeil vif sur l'Espagne et les enjeux sous-jacents du quotidien...

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ADALBERTO ROQUE / AFP
Jean Ortiz

Incroyable : Franco détenteur de la « légion d’honneur». Vite, vite, qu’on la lui retire !!

L’horreur, il aimait çà le « bouffon » fasciste et ventripotent  qui ensanglanta l’Espagne jusqu’à sa mort en novembre 1975. La « légion d’horreur », il en mérite une et même une tripotée. 

Mais la « légion d’honneur » pour crimes de guerre... Cela la salit. Franco commande depuis 1923 les « africanistes », les sabreurs et coupeurs de têtes du « Tercio » : la légion. Elle sent bon, en Espagne aussi, le sable chaud dégoulinant de sang.
 
La légion, bras colonial de l’Espagne, et la France de la Troisième République, sont engagées dans une guerre coloniale, atroce comme toutes le furent, et trop souvent reléguée : la « Guerre du Rif » (1921-1926), contre ce qu’il est convenu de mal nommer « la République rifaine d’ABDELKRIM ». Contre la soumission aux Espagnols.
 
Les deux puissances colonisatrices la France (à partir d’avril 1925) et l’Espagne (de 1921 à 1926), y rivalisent de violence, de racisme, et finissent par écraser l’insurrection anticoloniale qui menace le « protectorat marocain ». La guerre marque au fer rouge la construction du Maroc contemporain et porte en Espagne le dictateur Primo de Rivera au pouvoir, sous la houlette du roi bourbonneux Alphonse XIII, arrière grand-père de l’actuel Philippe VI, (Felipe Juan Pablo Alfonso de Todos los Santos de Borbón y Grecia), roi « new look » selon les médias.
 
Franco, « le plus jeune des généraux espagnols » de l’époque, fit ses classes dans ce « matadero » (abattoir) du Rif, et s’initia à la « guerre totale », appelée également « guerre d’extermination ». Brillant élève, il apprit vite, décrocha un master en cruauté, et engagea son ascension politico-militaire... Une véritable armée « européenne », commandée par Pétain, un corps expéditionnaire français de milliers de militaires peu soucieux des conventions de guerre, animés pour la plupart d’un solide esprit raciste, vint à bout des rebelles, des « barbares », et leur imposa, enfin, la « civilisation ».
 
La Troisième République coloniale, bonne mère reconnaissante, célébra la victoire sur Abdelkrim sous l’Arc parisien le 14 juillet 1926 ; la fine fleur de la politicaillerie y fit la roue... Le président du Conseil, Aristide Briand, celui qui célébra « l’œuvre de civilisation » accomplie au Rif magrébin (futur Prix Nobel) , se pavanait, entouré des E. Herriot, P . Doumergue, P . Pétain, du sultan du Maroc, et pour représenter l’Espagne : le dictateur Primo de Rivera, adoubé par le roi Alphonse XIII, « chassé » par la République en avril 1931. Désormais, Pétain, gratifié de la médaille militaire espagnole, accéléra sa stratégie fascisante et Franco lorgna de plus en plus vers Mussolini. Les deux compères s’aimaient et s’aimèrent d’amour tendre (plagiat).
 
En France, le parti communiste, les surréalistes, sauvèrent l’honneur grâce à leur solidarité. Au gouvernement, le « Cartel des gauches »...
 
La France officielle, celle des élites, du patronat, de la banque, s’acoquina à tel point avec Franco qu’elle lui remit le 22 février 1928, la légion d’honneur (nommé « officier » par la Chancellerie) et le fit même « commandeur » le 26 octobre 1930.
 
Un citoyen ami, de Mazamet, ancien consul, et avec lui des associations mémorielles de l’exil, exigent que l’affront soit lavé sans tarder, que le président de ce qu’il reste de République et la Chancellerie retirent par décret post mortem à Franco, au « boucher des Asturies » et de l’Espagne, la plus haute distinction française. C’est possible par décret (dans les textes) si le décoré devient imprésentable, infréquentable... donc : pas d’arguties, aucun prétexte Monsieur le Président !!
 
L’association ASEREF a lancé une pétition (voir son site) adressée à F . Hollande. En cette année « anniversaire » de la Guerre d’Espagne, ce geste honorerait la France et rendrait hommage à tout ce qu’elle doit à l’exil républicain des Espagnes.
 
Aux « rouges ». Oui aux « rouges », cocos, anars, socialistes, simples républicains, antifascistes espagnols, poumistes, azagnistes, nationalistes progressistes catalans et basques, féministes, intellectuels, artistes, prolétaires...
 
Si vous avez oublié votre gauche, (l’eûtes-vous un jour ?) Monsieur le Président, l’exil républicain espagnol et ses descendants, eux, ne sont pas devenus, par calcul politique, amnésiques.
 
P.S  Les textes stipulent que la "légion d'honneur"peut  être retirée en cas de condamnation pénale du "légionniste" ou d'actes qu'il aurait commis, contraires à l'honneur, ou de manière à nuire aux intérêts de la France.

02/05/2016

L'OPA de MELENCHON SUR LA BONNE VOIE (Marianne)

 

Gauche de la gauche : l'OPA de Mélenchon en bonne voie

 
 
Vilipendé par certains de ses camarades pour s'être déclaré en solo candidat à la présidentielle de 2017, Jean-Luc Mélenchon semble être en passe de remporter son pari. Car entre-temps, l'idée d'une "primaire de toute la gauche" a montré ses limites et, portée par un retour du mouvement social en France, sa candidature grappille toujours plus de points dans les sondages.
Ce printemps 2016 lève des vents propices à la candidature de Mélenchon. - SIpa

Ils avaient vu rouge, à la direction du PCF mercredi 10 février, lorsque Jean-Luc Mélenchon avait annoncé sur le plateau de TF1 sa candidature pour la présidentielle de 2017. "Le Front de gauche n'a pas été consulté ni informé. Cette proposition de candidature se fait en solo, sans aucune démarche collective", avait vivement regretté Olivier Dartigolles, le porte-parole du Parti communiste, Oubliant au passage que le secrétaire national du PCF en avait fait autant lorsqu'il avait annoncé son intérêt pour une "primaire de toute la gauche".

Mais depuis, la situation a sensiblement évolué et à Colonel Fabien, les teints ont dû blêmir tant Jean-Luc Mélenchon semble bénéficier ces derniers temps d'un alignement des planètes favorable à la réussite de son pari : se déclarer le plus tôt possible pour prendre de court des possibles prétendants de la gauche de la gauche, miser sur l'échec de la primaire et s'appuyer sur la résurgence du mouvement social français.

Il y a bien sûr ce récent sondage TNS Sofres-OnePoint pour Le Figaro, LCI et RTL, publié dimanche soir, Face à chacun des quatre postulants les mieux placés dans la primaire de la droite (Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, François Fillon et Bruno Le Maire), Jean-Luc Mélenchon ferait ainsi mieux que son score à la présidentielle de 2012. Surtout, il talonne François Hollande et, dans l'hypothèse d'une candidature Le Maire, arrive même devant le président sortant. De quoi faire sérieusement tousser à l'Elysée et à Solférino. dans le JDD confirme cette bonne santé sondagière. Si Emmanuel Macron y apparaît comme le candidat préféré de l'ensemble des Français (de gauche et de droite) et Manuel Valls comme celui des sympathisants du Parti socialiste, les deux personnalités qui arrivent en tête chez les sympathisants de gauche sont Martine Aubry (51%) et Jean-Luc Mélenchon, devancé d'un petit point seulement (50%). Loin devant Cécile Duflot, Arnaud Montebourg ou Nicolas Hulot.

"C'est une confirmation de ce que l'on sentait sur le terrain"

Encore mieux, pour le candidat de "la France insoumise" qui aimerait attirer à lui les déçus de François Hollande et les absentéistes : une pour le Huffington Post et iTélé, réalisée les 30 et le 31 mars, révèle que dans la tranche d'âge des 18-34 ans, Jean-Luc Mélenchon est la personnalité politique qui bénéficie le plus d'opinions positives (26%) à droite comme à gauche.

Antoine Léaument, le responsable de la commission "réseaux sociaux" du Parti de Gauche, n'y voit rien "d'étonnant" : "Jean-Luc Mélenchon ne ménage pas ses efforts en direction de nos compatriotes les plus jeunes. Depuis des mois, il sillonne la France pour donner des conférences dans des universités ou des écoles. Et il rassemble à chaque fois une foule considérable de jeunes autour de lui". Or, ce sont les "jeunes" qui rechignent le plus à se déplacer dans les isoloirs.

De quoi réjouir, donc, l'équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon. "C'est une confirmation de ce que l'on sentait sur le terrain, que cette candidature de Jean-Luc prend. Et nous n'en sommes qu'au début de l'inversement de la courbe", se félicite Eric Coquerel, coordinateur politique au Parti de gauche. "La société française est en plein mouvement, sur la fin de la Vème république, sur le partage des richesses ou l'écologie. Autant de thèmes que Jean-Luc porte depuis longtemps ", appuie-t-il. Et le retour du mouvement social en France, avec la mobilisation contre la loi El-Khomri et Nuit Debout, lève des vents propices à sa candidature. Quand Emmanuel Macron avance fièrement le chiffre de 13.000 soutiens sur son site, le Parti de gauche revendique 95.000 appuis à la proposition de candidature de Mélenchon. 

Un atout pour convaincre les alliés du Front de gauche, communistes en tête, de se rallier à sa candidature.

"Avec un score entre 11% et 15%, et ce risque plus présent que jamais d'un FN au deuxième tour, il serait surréaliste de ne pas utiliser ce point fort. Mais je suis d'un tempérament optimiste, j'ai confiance dans la direction et le peuple communiste", veut croire Eric Coquerel.

La primaire divise au PCF

Au sein du PCF, par ailleurs, l'attitude de Pierre Laurent face à la primaire agace de plus en plus. Il y a par exemple , qui a démissionné en janvier du comité exécutif du parti, intitulée "Communistes, nous soutenons Jean-Luc Mélenchon pour 2017".

Le candidat peut aussi compter sur la députée Marie-George Buffet, candidate communiste à la présidentielle de 2007 et ancienne ministre du gouvernement Jospin. Par petites touches, l'ancienne secrétaire nationale distille discrètement son soutien.

Ainsi s'étonne-t-elle, le 30 janvier sur son compte Facebook, "de l'engouement suscité par une primaire à gauche, (...) Certains conditionnent la tenue de cette primaire à la présence de F Hollande et de JL Mélenchon, il faudra donc choisir entre celui qui met en œuvre une politique et celui qui la combat et après selon le résultat, on met nos idées, valeurs dans la poche, un mouchoir dessus et on fait du vainqueur notre candidat à la présidentielle !" Dans un autre post sur le dernier remaniement, elle s'amuse encore à glisser le slogan de la "France insoumise", l'air de rien...

A "Ensemble", l'une des composantes du Front de Gauche, pour siffler la fin de la partie et réclamer un soutien clair au candidat. "L'heure n'est plus à attendre et à tergiverser, mais à agir et rassembler dans la clarté (…) La candidature de Jean Luc Mélenchon est un premier pas concret pour rassembler tous ceux qui ne se résignent pas", écrivent-ils.

Clémentine Autain, porte-parole du mouvement, a relativisé quelque peu cet appel "qui n'est pas majoritaire" au sein de sa formation, tout en ne cachant pas sa proximité intellectuelle avec l'eurodéputé : "Ce n'est pas une fin de non-recevoir. Je sais ce qui me rapproche de Jean-Luc Mélenchon, c'est substantiel je vous assure. Il a été notre candidat en 2012, ce serait logique qu'il le soit en 2017. Notre socle commun est considérable".

Un socle commun qui semble dorénavant dépasser largement les simples contours du Parti de gauche.

23/04/2016

28 avril : GREVE DEBOUT

Dans l'actualité
Une centaine de syndicalistes CGT, SUD/Solidaires, FSU, ...
Nouvelle cure d'austérité
Politis - Il y a 3 jours
Qui gère la com' de Nuit debout ?
Politis - Il y a 3 jours
Plus d'actualités pour "POLITIS"

Sur le vif

« On bloque tout », l’appel des syndicalistes de terrain

Une centaine de syndicalistes CGT, SUD/Solidaires, FSU, CNT, CNT-SO, LAB lançaient le 22 mars un appel au « blocage de l’économie », pour faire barrage à loi travail. Le texte s’adresse aux syndicalistes de toutes obédiences, pour les inciter à travailler, dans leur entreprise, à la construction d’une grève générale et reconductible.

Extrait :

Il faut confirmer l’ancrage de la grève, préparer sa généralisation et sa reconduction partout où c’est possible.

Un mois et 1.300 signatures plus tard, la quinzaine d’initiateurs tiendra ce samedi à la bourse du travail de Paris une rencontre nationale, pour préparer notamment la grève du 28 avril.

« Cet appel est une intersyndicale de terrain, raconte Théo Roumier, un des initiateurs. C’est le résultat d’une volonté commune de dire qu’on ne peut pas construire le mouvement en attendant des organisations qui ont le nez collé sur leur stratégie propre. Il faut construire au-delà de nos cultures syndicales respectives ».

© Politis

(Visuel onbloquetout.org)

Le tout premier appel à manifester contre le projet de loi travail, le 9 mars, était déjà à l’initiative de syndicalistes « de base ». Les centrales syndicales leur avaient emboîté le pas vu l’élan rencontré par leur appel diffusé sur Facebook. Les militants de l’«Appel du 9 mars », ont par la suite largement contribué à l’organisation des premières « Nuits debout ».

Des participants de la « Commission grève générale » de Nuit debout Paris sont notamment attendus ce samedi.


« Pas une seule nuit de repos pour le gouvernement »

http://www.politis.fr/articles/2016/04/pas-une-seule-nuit-de-repos-pour-le-gouvernement-34590/

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Une action contre la loi travail, le plan Hirsch ou encore le décret Socle de la SNCF était organisée ce jeudi dans Paris, en marge de Nuit debout.

Réunie à Toulouse ce week-end, la Coordination nationale des étudiants a discuté stratégie. Au programme, l'organisation des prochains rassemblements (du 26 et 28 avril, puis du 1er et du 3 mai) pour contribuer à accélérer le rythme de la mobilisation «plutôt que de jouer à saute-mouton entre les dates».

«Nous nous sommes rendus compte que le mouvement était structuré et organisé, mais que nos actions n’étaient pas toujours visibles», explique Lucie, l’une des porte-paroles de la CNE, mandatée pour quinze jours. En effet, de nombreux événements sont organisés partout en France, mais peu sont relayés dans les médias. Et la Coordination l’a promis dans son communiqué «il n’y aura plus un seul jour ou une seule nuit de repos pour le gouvernement et le Medef».

Ce jeudi matin, sur le parvis de la gare d’Austerlitz, peu de monde est au rendez-vous. «Nous sommes obligés de nous cacher, sinon, nous sommes encerclés avant même le début de l’action», commente Ilhame, elle aussi porte-parole, aux côtés de Lucie et Manon pour qui cette action vise à démontrer que «les vacances ne sont pas synonymes du désengagement des étudiants, mais permet au contraire de nous unir et de préparer la convergence des luttes avec les travailleurs».

Installés dans les cafés ou assis sur les sièges de la gare, les contestataires se préparent à la manifestation en toute discrétion, incognito, ou presque. Si cette action n’a pas été publiquement annoncée, les policiers sont déjà déployés dans les rues adjacentes.

Finalement réunis près des rails, sans toutefois bloquer les trains, les manifestants entament leurs chants de revendications et appellent les cheminots à les rejoindre. Distribution de tracts, interventions au micro pour expliquer l’objet de cette intervention et promenades dans les couloirs de la gare ne font pas sourire tous les voyageurs, mais permettent de sensibiliser à la convergence des luttes. Organisée par les membres de la coordination francilienne des étudiants et de la commission «Grève générale» du mouvement Nuit debout, la manifestation permet de témoigner de la solidarité du mouvement à l'égard des travailleurs de la SNCF qui seront en grève le 26 avril contre le décret-socle et la nouvelle convention collective.

Escorté par les CRS et rejoint par quelques cheminots, le cortège se dirige finalement vers l’hôpital de la Salpêtrière dans l'intention d'effectuer une même opération de sensibilisation. Cette fois, il s'agit de se montrer solidaire vis-à-vis du personnel hospitalier mobilisé contre le plan Hirsch.

Fidèles «compagnons de route» depuis le début de la contestation, les policiers sont désormais presque aussi nombreux que les manifestants et bloquent l'accès au site de l'hôpital. Agacée, Ilhame dénonce une «présence illégitime»

L’État d’urgence légitime la présence policière, et nie l’urgence sociale. C’est pour faire taire les gens. Mais secrètement, nous sommes beaucoup à espérer qu’ils retirent leurs casques.

© Politis

Une volonté qui, sans surprise, n’est pas exaucée. Au contraire, les CRS continuent de s’opposer aux manifestants, bien que le cortège souhaite seulement traverser le complexe et entamer des négociations. Empêchés, ils décident finalement de prendre le métro, mais là encore, font face aux boucliers. Après avoir pris la rue et bloqués la circulation, les négociations reprennent. De nouveau, le cortège se trouve devant les grilles de l’hôpital, en chanson : «Avec la loi El-Khomri / On s’ra précaire tout notre vie / Plus facilement licencié / Ça ne peux plus durer / On doit se mobiliser.»

Quarante-cinq minutes plus tard, les grilles s’ouvrent enfin sous les applaudissements de la petite foule encore encerclée par les CRS. Malgré l'autorisation de traverser l'hôpital, les manifestants demeurent particulièrement contrôlés. Indignée d’un tel dispositif, une femme présente sur le site n’hésite d'ailleurs pas interpeller les CRS et à exprimer sa colère : «Vous êtes ridicules ! Je reviens d’Égypte, et même là-bas, ça n’est pas comme ça.» Devant, derrière ou sur les côtés, moins d’un mètre séparent les CRS entre eux. Pas plus d'espace n'est permis avec le reste du cortège.

© Politis

Malgré tout ça, l'action se déroule comme prévue. Aux fenêtres, les membres du personnel saluent le cortège et prennent les tracts distribués par les étudiants et quelques bouteilles d’eau sont distribuées en retour.

Dispersés au métro Chevaleret, les manifestants promettent d'autres types d'actions dans les prochains jours tandis que deux policiers bavardent tranquillement devant cette affiche publicitaire :

© Politis


 

22/04/2016

JL MELENCHON A MONTREAL...SOUVERAINTE DES PEUPLES

Jean-Luc Mélenchon
Photo: Bertrand Langlois Agence France-Presse Jean-Luc Mélenchon

 

Tout juste débarqué d’avion pour une visite de quelques jours à Montréal, le candidat à la présidentielle française Jean-Luc Mélenchon parle de la nécessaire souveraineté des peuples et des dangers des accords économiques entre l’Union européenne et le Canada.


« Les preuves d’amour, ça ne se maîtrise pas », dit Jean-Luc Mélenchon, assis à une terrasse de gazon synthétique que s’affaire à nettoyer un employé de l’hôtel où il est descendu à Montréal. Habitué de l’Amérique du Sud, le candidat qui s’est lancé en solo dans la course à la présidence française en est à sa première visite au Québec. Il situe néanmoins d’emblée le Québec au coeur d’un espace politique dont il souhaite l’avènement.

 

Orateur redoutable, Jean-Luc Mélenchon affirme avoir eu le projet de venir au Québec au cours de sa campagne, mais que « les choses se sont un peu accélérées, voire beaucoup ». Dans les sondages, dit-il, « je suis en train de croiser M. Hollande », en partie à cause de la chute de popularité de celui-ci. À la surprise générale, les deux flotteraient désormais autour des 16 % d’appuis. En 2012, Mélenchon avait obtenu 11 % des voix, et terminé quatrième.

 

L’homme est connu pour sa liberté de parole. « Pour faire entrer des sujets théoriques dans le débat public, j’utilise mon personnage avec tout ce qu’il comporte d’anguleux, de polémique. »

 

Devant l’« échec » de l’Europe, il plaide ainsi pour la souveraineté du peuple. Et n’hésite pas à faire le pont avec la question nationale québécoise. « Le souverainisme québécois peut être tout à fait analysé comme une expression de cette volonté quasi génétique des communautés humaines de maîtriser les groupes humains qui les composent et les territoires dans lesquels ils vivent. »

 

L’homme politique est-il à situer dans le principe « ni ingérence ni indifférence » que soutenait le président Sarkozy à l’égard du Québec ? Il sourit. « Quel peut bien être le sens d’un truc pareil ? C’est pour faire plaisir à Ottawa et à Québec en même temps. Ce n’est pas vrai ! Spontanément, tous les Français sont amoureux du Québec francophone. » Il va tout de suite plus loin. « Par conséquent, vous savez comme moi que les preuves d’amour, ça ne se maîtrise pas. Vous en avez eu un illustrissime exemple avec le général de Gaulle. » Mélenchon évoque le « Vive le Québec libre ». « Il n’était pas parti pour vous dire ça. Et ça a été plus fort que lui. Voilà : il faut mettre les choses à leur place. »

 

La francophonie plutôt que l’Europe

 

L’Europe, dit-il, se dirige tout droit vers un échec. « On a pris la méthode la plus absurde qui soit, dès que le libéralisme s’est imposé. […] On a dit : “Vous êtes tous dedans et vous êtes obligés d’être dans une compétition accrue.” On n’a jamais vu un truc pareil : réunir des gens pour qu’ils s’affrontent plus violemment. Car c’est ce qui se passe, avec interdiction d’harmonisations sociales et d’harmonisations fiscales. »

 

L’échec de l’Europe est tout d’abord moral, avec « l’affaire des réfugiés », « l’explosion de la pauvreté ». L’échec est aussi politique : « aucune volonté commune n’apparaît ». Puis l’échec est économique : « l’Europe est devenue une zone d’appauvrissement ».

 

Dans cette perspective, Mélenchon veut explorer l’idée que la francophonie pourrait devenir un espace politique. « Les relations réelles sont-elles seulement matérielles, marquées par des contrats sociaux tels que la relation de travail ? Ou sont-elles aussi culturelles ? Ma singularité est que je pense que les relations culturelles sont premières, que c’est à travers elles que les relations sociales se construisent. »

 

L’Europe est à devenir un poison violent ordinaire du monde, selon Mélenchon. « Il y a une sorte d’arrogance post-coloniale qui décidément ne lâchera jamais les Européens. Ils se sentent en droit de faire la leçon à tout le monde, sans tenir compte du fait que le monde a changé. » D’ailleurs, dit-il, « vous en avez eu une petite démonstration [en mars] avec Mme [Marine] Le Pen, qui est venue vous expliquer comment il fallait faire. Au-delà même de ce qu’elle raconte, c’est l’attitude qui est incroyable. […] Il faut faire l’inverse. Regarder ce que les gens font. »

 

Il n’aime pas la tendance à l’enfermement identitaire. Heureusement, dit-il, « vous n’êtes pas en train de croupir dans cette idée de déchéance de la nationalité [le gouvernement Trudeau a abrogé la loi conservatrice en février], ni de cette folie de l’identité, de la religion ».

 

Libre-échange et inquiétudes

 Cette visite éclair au Québec est l’occasion de discuter des problèmes qui couvent derrière des accords de libre-échange avec l’Europe. L’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne lui apparaît inquiétant. Il s’agit « de l’inconnu absolu ». Heureusement, dit-il, la classe politique commence à en être un peu mieux informée, à s’en inquiéter. 

Son programme politique s’oppose à pareil traité. « Vous savez qu’une des ruses de cette bureaucratie sans visage qu’est la Commission européenne est de changer sans arrêt le nom des objets qui sont mis sur la table. Elle finit de rendre le débat impossible parce que déjà c’est écrit dans une langue qui ne parle pas au commun des mortels. C’est la langue sacrée de la religion libérale, vue par l’Europe. » Il observe que ces tractations ont changé de nom tous les six mois. « Cela a été négocié dans une obscurité opaque. […] Jusqu’en 2014, il n’y avait aucun document qui circulait. C’est une chose inouïe ! »

 

Or les documents du Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI) et ceux de l’AECG circuleront au moment de la campagne présidentielle, regrette Mélenchon. Cette année 2017 ne lui semble pas du tout un bon moment pour discuter de nouveaux traités complexes qu’il critique par ailleurs sur la base d’un constat d’échec de l’Union européenne.

 

Au Québec, il doit rencontrer à ce sujet le mouvement syndical, des représentants du Parti québécois, du Nouveau Parti démocratique et de Québec solidaire. Pour le reste, il répète être ici pour apprendre et écouter.

 

Les États-Unis? Il admire Bernie Sanders, mais affirme que sa détestation de l’arrogance de ce pays l’a longtemps empêché de voir la révolte qui y couvait. Hillary Clinton lui apparaît comme un des derniers avatars d’un monde voué à la destruction de tout idéal socialiste, comme l’était auparavant un Tony Blair.

 

Avec Guy Taillefer

 

Samedi, Jean-Luc Mélenchon présente à la Grande Bibliothèque une conférence avec Gabriel Nadeau-Dubois.

 
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