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27/05/2013

2. L'art d'ignorer les pauvres

(...) "De tout temps des penseurs ont cherché à justifier la misère-en culpabilisant au besoin ses victimes -et à rejeter toute politique sérieuse pour l'éradiquer".

"Plutarque affirmait que "le déséquilibre entre les riches et les pauvres est la plus ancienne et la plus fatale des maladies des républiques".

Les problèmes résultant de cette coexistence, et particulièrement celui de la justification de la bonne fortune de quelques-uns face à la mauvaise fortune des autres, sont une préoccupation intellectuelle de tous les temps. Ils continue de l'être aujourd'hui."

 

Quelques méthodes pour garder bonne conscience

"Il faut commencer par la solution proposée par la Bible : les pauvres souffrent en ce bas monde, mais ils seront magnifiquement récompensés dans l'autre. Cette solution admirable permet aux riches de jouir de leur richesse tout en enviant les pauvres pour leur félicité dans l'au-delà".

Plus tard , le problèmpe et sa solution commencèrent à prendre leur forme moderne...

"Le problème social de la coexistence d'un petit nombre de riches et d'un grand nombre de pauvres était réglé dès lors que l'on parvenait "au plus grand bien pour le plus grand nombre". La société faisait de son mieux pour le maximum de personnes, et il fallait accepter que le résultat soit malheureusement très déplaisant à l'encontre de ceux, très nombreux, pour lesquels le bonheur n'était pas au rendez-vous."

 

En 1830, une nouvelle formule, toujours d'actualité fut proposée pour évacuer la pauvreté de la conscience publique. (...) Si les pauvres sont pauvres, c'est leur faute -cela tient à leur fécondité excessive. Leur intempérance sexuelle les a conduits à proliférer jusqu'aux limites des ressources disponibles. .. La pauvreté ayant sa cause dans le lit, les riches ne sont pas responsables de sa création ou de sa diminution.

 

Au milieu du XIXe siècle, une autre forme de déni connut un grand succès, particulièrement aux Etats-Unis : le "darwinisme social".. Pour ce dernier, dans la vie économique, comme dans le développement biologique, la règle suprême était la survie des plus aptes.. L'élimination des pauvres constitue le moyen utilisé par la nature pour améliorer la race. La qualité de la famille humaine sort renforcée de la disparition des faibles et des déshérités. (...) "La variété de rose "American Beauty" ne peut être produite dans la splendeur et le parfum qui enthousiasment celui qui la contemple qu'en sacrifiant les premiers bourgeons poussant autour d'elle. Il en va de même dans la vie économique. Ce n'est là que l'application d'une loi de la nature et d'une loi de Dieu".

 

 Au cours du XXe siècle, le darwinisme social en vint à être considéré comme un peu trop cruel : sa popularité déclina et quand on y fit référence, ce fut généralement pour le condamner.

Lui succéda un déni plus amorphe de la pauvreté..Toute aide publique aux pauvres faisait obstacle au fonctionnement efficace de l'économie. Elle semblait même incompatible avec un projet économique qui avait si bien servi la plupart des gens. Cette idée qu'il est économiquement dommageable d'aider les pauvres reste présente. Et au cours de ces dernières années, la recherche de la meilleure manière d'évacuer toute mauvaise conscience au sujet des pauvres est devenue une préoccupation philosophique, littéraire et rhétorique de première importance. C'est aussi une entreprise non dépourvue d'intérêt économique.

 ***

extraits Le Monde diplomatique, octobre 2005

(...) Qui peut croire que la grande masse des pauvres

 préfère l'assistance publique à un bon emploi ?

(...) Chacun conviendra qu'il n'existe pas de forme d'oppression plus aïgue,

pas de hantise plus continue que celles de l'individu

qui n'a plus un sou en poche.

On entend beaucoup parler des atteintes à la liberté des plus aisés quand leurs revenus sont diminués par les impôts, mais on n'entend jamais parler de l'extraordinaire augmentation de la liberté des pauvres quand ils ont un peu d'argent à dépenser.

Les limitations qu'impose la fiscalité à la liberté des riches sont néanmoins bien peu de chose en regard du surcroît de liberté apporté aux pauvres quand on leur fournit un revenu.

 

l'art d'ignorer les pauvres

 

1. L'art d'ignorer les pauvres

"Il y a deux manières de favoriser le retour au travail des chômeurs, expliquait en 2010 l'hebdomadaire libéral The Economist. L'une est de rendre inconfortable ou précaire la vie de ceux qui reçoivent une allocation chômage ; l'autre consiste à faire que la perspective d'un emploi devienne viable et attirante".

La question de la "viabilité" d'une recherche d'emploi est cependant posée quand le taux de chômage atteint ou dépasse les 10%. Et l'"attrait" du travail salarié décline quand les rémunérations se tassent, quand le stress et les pressions se multiplient.

Reste alors à rendre plus "inconfortable ou précaire" le sort des chômeurs.

Telle est la stratégie que les libéraux au pouvoir et les organisations économiques internationales poursuivent depuis une trentaine d'années.

(...) Riches, instruits, intelligents (le plus souvent...), c'est en effet en connaissance de cause qu'ils défendent une philosophie sociale conçue à leur avantage et qui, sans qu'on la caricature trop, se résume presque toujours ainsi : les riches seraient plus entreprenants s'ils payaient moins d'impôts ; les pauvres seraient plus travailleurs s'ils recevaient moins de subsides.

(...)

En somme, abandonner les indigents à leur sort serait un moyen de leur rendre service. L'avarice devient ainsi une forme intellectuellement avancée de générosité humaine voire, osons le mot, d'aide sociale.

(...) On le sait assez : sitôt que la confiance en l'avenir se lasse, que les murs se referment sur eux, les gens se dressent les uns contre les autres -et surtout s'ils se côtoient et se concurrencent pour un même type d'emploi, de logement, d'école.

Le soupçon que son niveau de vie médiocre ou le montant excessif de ses impôts s'expliqueraient par les avantages innombrables dont bénéficieraient les "assistés" alimente un baril de ressentiments que la moindre étincelle peut faire exploser.

Les pyromanes ne manquent pas. En un sens, les rationalisations distinguées du Fonds monétaire international (FMI), de l'OCDE, des "boîtes à idées" ou de la Banque centrale européenne ont pour vocation d'encourager les gouvernants -et les journalistes- à frotter l'allumette.

 

(...) Il s'agit pour eux de diviser le salariat afin de le vaincre tranche après tranche. Ils commencent donc par sa fraction la moins organisée, les chômeurs et les travailleurs immigrés, se réservant pour la fin l'aile la plus coriace, la plus syndicalisée. Isolée, jalousée, dépourvue d'alliés, comment parviendrait-elle à défendre très longtemps ce qu'elle a autrefois conquis, et que l'OCDE, les patronats, les gouvernements et les médias ont décrété "privilèges" ?

Il en est pourtant de plus appréciables ... Ainsi, depuis 2009, grâce à des injections plantureuses d'argent public, les banques ont retrouvé leurs couleurs. Elles émergent même de la crise financière plus puissantes qu'avant, plus susceptibles encore de prendre les Etats "en otage" lors d'une prochaine tempête.

(Préface S. HALIMI)

 

 

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27 mai 1943 : CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE

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Le 27 mai 1943, sous l'égide de Jean MOULIN, les représentants des mouvements de résistance se regroupent sous l'autorité

du Conseil National de la Résistance.

Dix mois plus tard, paraît son programme : "les jours heureux".

Un programme toujours combattu par le patronat

 

 

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podcastLes jours heureux - Robert CHAMBEIRON

 

"L'enseignement à retenir de la création du CNR, le 27 mai 1943, c'est le formidable espoir qu'elle allait susciter dans les rangs de la Résistance et au-delà pour tous les révoltés des luttes du futur !

En effet, comment ces jeunes réunis en pleine clandestinité pouvaient-ils imaginer que le programme d'invention sociale qu'ils allaient forger deviendrait réalité deux ans plus tard dans une France qu'ils allaient libérer ?"

Ces mots de Stéphane Hessel soulignent la portée du 27 mai 1943 : une éclaircie de dignité dans la désespérance de la guerre. Une éclaircie que le patronat français n'aura de cesse jusqu'à aujourd'hui d'éteindre.

"Nous ne pouvons nous contenter des vieilles recettes d'autrefois, assure Laurence Parisot, parlant de la protection sociale. Nous avons besoin d'imaginer un nouveau modèle ... Réformons vite nos systèmes qui sont archaïques".

Ce jour-là, 48 rue du Four à Paris, dans l'appartement de René Corbin, sous l'autorité de Jean MOULIN,

l'ensemble des mouvements de résistance français.

Ce jour-là, les résistances devinrent "LA RESISTANCE".

 **

 

"D'après les dernières études, on comptabilise environ 240 000 résistants ... face à 40 millions de français"

A quatre vingt-treize ans, Daniel CORDIER n'oublie pas qu'il y a eu 100 000 arrestations de résistants et près de 40 000 morts dans leurs rangs ..

 

podcast

(...) Mais ce nœud de résistance qui unit les forces de toute appartenance politique, des communistes à la droite non collaboratrice, cache aussi un "noeud de méfiances".

Méfiance à l'égard du Parti communiste, force vive, implantée et fortement organisée, dont il s'agit de museler les prétentions,

Suspicion des mouvements de résistance à l'égard de Londres et de De Gaulle, dont ils redoutent l'hégémonie.

Début 1942, les chefs de la Résistance, comme Henri Frenay, Emmanuel d'Astier de la Vigerie, Henri Giraud ... estimaient que contrairement au général de Gaulle, ils n'avaient pas quitté la France, et que, par conséquent, les futurs chefs de la France, c'étaient eux.(Daniel CORDIER - secrétaire de Jean Moulin de juillet 41 à juin 43)

 

Méfiance extrême des mêmes mouvements à l'égard des partis politiques suspectés d'avoir précipité la faillite de la République en 1940.

Un âpre débat s'engage. Les contacts noués à Londres entre le Parti Communiste et de Gaulle par l'entremise de Fernand Grenier ainsi que la reconnaissance par les Alliés d'un Comité français de libération nationale à Alger vont lever les derniers obstacles.


Celui qui croyait au ciel, celui qui n'y croyait pas

podcast

(...) Ils sont 19 à se retrouver le 27 mai 1943,

sous la direction de Jean MOULIN, assisté de deux secrétaires, Pierre MEUNIER et Robert CHAMBEIRON

8 représentants des mouvements de résistance

6 des partis politiques

2 des syndicats de la CGT, réunifiée aux accords du Perreux en 1942 et CFTC


"La réunion, difficile à organiser, fut brève. Sécurité oblige. Jean MOULIN rappela les buts de la France combattante... On a écrit beaucoup de choses sur l'âpreté des négociations ; en fait, tout se déroula dans une atmosphère d'unité patriotique." Robert CHAMBEIRON

 

L'atmosphère sera moins paisible quand le CNR se penchera sur l'élaboration d'un programme. On imagine les oppositions violentes de la droite à un ensemble de mesures qui vont conjuguer invention sociale et audace révolutionnaire.

Le texte final est le fruit de neuf mois de discussions, de multiples moutures présentées par les différents partis (...)

Au fil des articles s'affine le visage d'une démocratie nouvelle où l'homme est la pierre angulaire de l'avenir,

 "Mettre définitivement l'homme à l'abri du besoin, en finir avec les angoisses du lendemain."

Le programme du CNR, hélas, MOULIN n'y a pas participé, il a été arrêté après s'être donné beaucoup de mal pour réunir ces hommes.

Cela dit, MOULIN était d'une famille républicaine, et il se méfiait énormément du général de Gaulle, parti en Angleterre, et qui y avait créé un pouvoir politique. La première question qu'il a posée à de Gaulle, c'est : "Rétablirez-vous la République ?" De Gaulle lui a répondu : "mais bien sûr!", ce qui était moins qu'évident : je suis bien placé pour savoir que, parmi les soldats présent à Londres, aucun ne voulait de retour à la République ! Bien sûr, je n'ai jamais tenu ce discours à Jean MOULIN ! -Daniel Cordier

 

L'HUMANITE du 27 mai 2013

 

 

16/05/2013

MEDECINS DU TRAVAIL QUE LE PATRONAT VEUT FAIRE TAIRE

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(...) Faire le lien entre travail et santé, c'est le rôle même du médecin du travail". Les praticiens convoqués ont reçu l'appui de plusieurs associations, dont celui du Syndicat national des professionnels de santé au travail (SNPST) lui-même. Une pétition de soutien aux trois médecins a été lancée.

Pour SMT (Santé et Médecine du Travail), le but de la manoeuvre est clair : à travers les trois plaintes, il s'agit d'intimider toute une profession, qui a toujours été dans le collimateur du patronat".

 

GRAVE ! un médecin confie qu'il ne pouvait plus utiliser le terme de stress "professionnel" après sa convocation au conseil de l'ordre.(....)

La majorité des membres du conseil de l'ordre sont médecins employeurs (...)

Humanité Dimanche - Cyprien Boganda

 

 Social-Eco - le 7 Mai 2013

Travail

Trois médecins du travail mis en cause

 

 

Pour avoir attesté du lien entre travail et atteinte à la santé mentale de salariés, trois médecins du travail sont menacés de sanctions.

Lancée, samedi, sur Internet, à l’initiative de l’Association santé et médecine du travail (ASMT), la pétition « d’alerte et de soutien » demandant « l’abandon des poursuites contre les docteurs Delpuech, Huez et Berneron » a déjà recueilli près de 800 signatures. Ces trois médecins du travail ont fait l’objet, ces derniers mois, de plaintes d’employeurs après avoir rédigé, pour des salariés, des certificats ou courriers 
attestant du lien entre les conditions de travail et les atteintes à la santé mentale. Courriers qui ont par la suite été produits par les salariés dans des actions devant les prud’hommes.

« Les employeurs auraient pu saisir le pénal pour contester ces écrits, ce qui aurait donné lieu à des débats publics, constate Odile Riquet, présidente de l’ASMT. Ce qui nous pose problème, c’est qu’ils ont saisi l’ordre des médecins, et que celui-ci a accepté d’instruire ces plaintes. » Dans l’affaire la plus ancienne, le docteur Élisabeth Delpuech a écopé d’un blâme de la part de l’ordre, dont elle a fait appel. Dominique Huez, médecin du travail à la centrale nucléaire de Chinon et mis en cause par une société prestataire d’EDF, est convoqué aujourd’hui à une conciliation à laquelle il a décidé de ne pas se rendre. Il fait valoir que le statut d’indépendance des médecins du travail, fixé par le Code du travail, prévoit qu’ils n’ont pas à justifier de leurs actes devant les employeurs, seulement devant les services d’inspection du travail. De même, Bernadette Berneron, attaquée par EDF dans le cadre de ses consultations de souffrance au travail au CHU de Tours, n’ira pas à la conciliation fixée à la mi-mai. « Établir le lien entre le travail et la santé mentale des salariés fait partie intégrante de notre mission, souligne Dominique Huez. Mais les employeurs, qui se parlent entre eux, ont trouvé une astuce juridique pour neutraliser nos écrits en instrumentalisant l’ordre des médecins. Sachant qu’un blâme, sans parler d’une radiation, est une honte dans la profession, ils veulent faire peur aux médecins du travail, et les dissuader de produire des certificats 
mettant en cause les conditions de travail. »

Fanny Doumayrou

 

PETITION D’ALERTE ET DE SOUTIEN


POUR PERMETTRE AUX MEDECINS DU TRAVAIL D’ATTESTER D’UN LIEN DE CAUSALITE

 

ENTRE LE TRAVAIL ET L’ATTEINTE A LA SANTE

 

POUR SOUTENIR les Drs E. DELPUECH, D. HUEZ et B. BERNERON

la suite, c'est ici : http://www.petitions24.net/alerte_et_soutien_aux_drs_e_de...

 

 

 

 

12/05/2013

Ni bonnes, ni nonnes, ni pigeonnes

Ni bonnes, ni nonnes, ni pigeonnes a créé un véritable buzz au sein de la communauté soignante en dénonçant entre autres la pénibilité, la dégradation des conditions de travail ainsi qu’un système qui privilégie la rentabilité dans les établissements de soins.

Ce succès soudain  ne surprend pas les 15 administrateurs actuels du groupe. « Au vu du constat national de dégradation des conditions de travail, la créatrice - qui souhaite rester anonyme, ndlr-  savait que les collègues allaient suivre. Cependant, il y a un réel engagement auquel elle ne s’attendait pas forcément. Cela est très constructif ».

 

Jusqu’à présent, le groupe semblait se situer davantage dans la revendication que dans l’action. Il s’agissait de mutualiser une force de frappe soignante en rassemblant un maximum de professionnels pour se faire entendre, plutôt que de «  se battre chacun dans son coin ».

 

Alors que de plus en plus « d’actions choc » vont être mises en place pour informer, et faire reconnaître à leur juste valeur les différentes professions soignantes - tous les soignants et les étudiants du secteur sont représentés au sein du mouvement -  le groupe s’organise pour devenir une association. « C’est un statut qui a l’avantage de prendre une forme juridique et qui reste assez neutre politiquement. Nous ne souhaitions pas être un syndicat de plus ».

 

De façon ludique mais explicite, le mouvement décortique aussi l’information véhiculée par les médias. Il détourne des photos, des interviews ou encore des reportages télévisés sur la profession. Le but étant d’analyser l’information, mais surtout de la critiquer.

 

 

 

 

Et si ce genre de mouvement faisait de l’ombre aux syndicats qui se battent depuis très longtemps pour se faire entendre? « Pas du tout », selon Thierry Amouroux, secrétaire général du SNPI.

 « Le grand mouvement de 1988 par exemple n’a pas porté atteinte aux syndicats. C’est une autre forme d’action. Au moins, ça montre que ce ne sont pas des gens passifs et qu’ils essayent de faire quelque chose sur la toile  » explique le syndicaliste.

 

 
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