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20/11/2013

AVANT 18.. 1916...

Un petit retour en arrière... La guerre n'avait pas lieu qu'en France entre français et allemands

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UN TEMOIGNAGE BOULEVERSANT


Aux antipodes de la littérature de guerre et de la propagande officielle, Henri Barbusse, socialiste et pacifiste, a choisi de dénoncer toute l'horreur du front qu'il connaît bien depuis 1914. Plutôt que son expérience personnelle, c'est la vie collective dans les tranchées qu'il évoque dans LE FEU.

Les poilus de son escouade subissent la boue, la faim, les bombardements et les mutilations, seulement soutenus par le rituel sécurisant des habitues, la camaraderie et l'espoir que les forces pacifistes finiront par   l' emporter.

Ils s'expriment simplement, en hommes du peuple, souvent même en argot, sans haine envers le soldat allemand qui souffre lui aussi.


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10 janvier - Fin de l'évacuation des troupes franco-britanniques de la presqu'île de Gallipoli dans les Dardanelles (Turquie)

 

A l'instigation de Churchill, une expédition navale avait tenté, en février 1915, de forcer les Dardanelles pour établir une liaison avec la Russie.

 

Le tiers de la flotte ayant été détruit à Ganakkale et plusieurs débarquements n'ayant pu réduire les positions défendues par Mustafa Kemal,le commandement allié doit se résigner au retrait.


File:V Beach Helles Gallipoli.jpg

Yaoundé, 28 janvier

LA GUERRE SOUS LES TROPIQUES


Après une lutte au corps à corps contre les Allemands dans les forêts camerounaises, les généraux Dobell et Aymerich entrent dans Yaoundé.

Les efforts de huit colonnes françaises, belges et britanniques ont permis de venir à bout des troupes du général Zimmermann.

L'Allemagne perd une terre productrice de cacao, de caoutchoux et d'huile de palme..


DES ECONOMIES POUR LES POILUS


Paris, 15 avril

Pour éviter la spéculation, le Sénat a décidé que pendant les hostilités et les trois mois qui suivront leur cessation, certaines denrées (sucre, café, pommes de terre, lait, margarine, graisses, huiles comestibles, légumes secs, engrais) seront taxées, ainsi que le charbon, l'huile et l'essence.

A cet effet, il est créé un Office national de répartition des combustibles. Ces taxations sont aussi une manière indirecte d'amener les civils à faire des économies.


VOS PENDULES A L'HEURE D'ETE

C'est la guerre, l'heure est aux économies d'énergie. A l'instar de l'Angleterre et de l'Allemagne, le Ministre de l'Instruction Publique propose d'instituer l'heure d'été.

Une tempête de protestations s'élève au Parlement et dans le pays, ruraux et savants en tête.

Insultes et menaces de mort pleuvent sur le ministre, mais il impose aux Français de "détraquer le mécanisme de la nature".


DES NOIRS S'OPPOSENT AU RECRUTEMENT

Soudan français, 23 octobre

... Comme les Touaregs senousis du Hoggar, les Bambaras du Mali ou les fidèles du sultan Mopoï au Congo, les Baribas du roi du Niki refusent d'endosser l'uniforme bleu horizon et de verser l'impôt de guerre exigé par la France.

Verdun, février


Un déluge de plomb autour de VERDUN

"Il faut saigner à blanc l'armée française grâce à notre supériorité en artillerie".

Selon le général Falkenhayn, "VERDUN doit être une bataille d'épuisement.

Le 21 février,  un million d'obus sont tirés ; entre février et juillet, la moyenne sera de 1 400 000 par jour!

Après la prise de DOUAUMONT, les allemands avancent de 8 km en six jours. Mais Pétain organise la résistance et la liaison avec l'arrière par la voie sacréeFort de Douaumont

Chaque mètre doit être défendu, on se bat pour chaque trou d'obus et à l'intérieur du fort de Vaux pendant cinq jours.

 

Le courage des "Poilus" permet d'arrêter la poussée.

Le sacrifice de 275 000 hommes et les souffrances de centaines de milliers d'autres ont mis en échec la guerre d'usure.

LA SOMME, juillet-septembre











L'attaque allemande sur VERDUN n'avait pas été prévue. JOFFRE a beau limiter au minimum les troupes chargées de tenir la ville, les effectifs français sur la SOMME, fixés à 42 divisions, tombent à 14. Ce sont les anglais qui vont supporter l'essentiel de l'attaque.

On pensait par ailleurs que la supériorité de l'artillerie suffirait pour permettre la percée en direction de Baupaume et Péronne.

L'assaut initial est lancé le 1er juillet ; les deux premières lignes sont enlevées, mais au prix de  40 000 hommes en deux jours.

De plus, les allemands résistent bien et bloquent l'avancée des alliés dès le troisième jour. Manifestement les tirs d'artillerie n'ont pas réussi à ébranler leur réseau défensif. Et pourtant, le 14 juillet, la IVe armée britannique attaque. Là encore les débuts sont prometteurs, puis on se bat mètre par mètre pour conserver les positions acquises.

Un troisième assaut est lancé le 4 septembre, avec pour la première fois l'utilisation des chars. File:15 inch howitzer.jpg


Cette fois c'est pluie, pas davantage prévue par les stratèges, qui gêne l'exploitation de la percée. Ainsi, cette offensive se transforme en guerre d'usure, après avoir coûté la vie à 65 000 soldats français.


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ENCORE DEUX ANS DE BOUCHERIE !

*L'arrière du monument aux morts pacifiste de Saint-Martin d'Estréaux (Loire), partie centrale.

14/11/2013

Avant 18 ... 1915.. sacrifiés, embusqués, chair à canon

Un petit rappel des faits ?

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ESPIONNITE ET ATROCITES ALLEMANDES

Paris, 8 janvier

Le "bourrage de crâne" transforme la France de l'arrière en une loge de concierge où tous les racontars circulent. Faute de victoire à annoncer, les journaux encensent le soldat français et tournent en ridicule le "Boche". L'espionnite sévit. Tout ce qui est allemand devient suspect. De son côté, une commission gouvernementale chargée de dresser la liste des crimes  allemands publie un rapport relatant des atrocités que la presse grossit démesurément : le "Fritz" ne se contente pas de détruire nos cathédrales, il viole, mutile et torture.


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La propagande présente l'Allemand comme ayant une odeur repoussante. Le Journal n'hésite pas ainsi à prétendre que les cadavres des soldats allemands sentent plus mauvais que ceux des français.


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FRANCE

Le début de l'année est marqué par des révélations de plus en plus nombreuses sur les fautes graves commises par les services de l'armée : carences des services de santé, graves problèmes d'approvisionnement en pièces et en munitions. Dès lors, commissions parlementaires et députés se livrent à des attaques répétées contre le ministre de la Guerre Millerand et à travers lui, contre le général Joffre qui se refuse à tout contrôle parlementaire dans les zones de l'armée. Le problème central du rapport de forces entre le gouvernement et l'armée est posé.

On finit par obtenir la disgrâce du général Baquet (direction de l'artillerie), qu'on remplace par le socialiste Albert Thomas le 30 mai. Mais le conflit s'aggrave devant la tendance des ministres à couvrir les insuffisances de leur services sous prétexte d'impératifs de guerre.

... le nouveau ministre de la guerre, Galliéni, devra faire en sorte que les armées, à commencer par leur chef, respectent le Parlement.


MOBILISES A 43 ANS

Paris, 17 février

En 1915, la guerre de position s'installe, immobilisant de nombreux combattants dans les tranchées. L'état-major a besoin d'hommes. La moindre tentative de percée sous le feu de l'artillerie ennemie provoque une hémorragie parmi la "chair à canon" que constituent les soldats de première ligne.

Le 17 juillet, la classe 92 est mobilisée, jetant dans la bataille ses combattants de quarante-trois ans. Les classes 15 et 16 les suivront bientôt.


© Sygma/Keystone

DES EUROPEENS AUX COTES DES FRANCAIS

Sur le front, aux côtés des soldats français combattent des étrangers, tous engagés volontaires, britanniques (le service obligatoire entrera progressivement en vigueur à partir d'août 1915), belges,tchécoslovaques, russes, polonais, portugais, grecs.

Tandis que les troupes alliées, britanniques, belges et russes, encadrées par leurs propres officiers, conservent leur autonomie, les autres bataillons, groupés par nationalité, forment la Légion étrangère.

Ils se sont tournés vers la France pour libérer leur pays de la tutelle austro-hongroise.


L'avion et les gaz dans la guerre



Bataille d'Ypres, 1915 : attaque au gaz moutarde dans les tranchees, illustration

Le 22 avril au  matin, à Ypres, en Belgique, les allemands lâchent sur les lignes françaises des gaz au chlore. Passé la stupeur, une commission propose dès le 28 avril de nouvelles protections et lance la fabrication de gaz français. A ces gaz allemands répondent aussi les premiers bombardements aériens.

Le 27 mai, dix-huit avions bombardent les usines chimiques de Ludwigshafen. Les aviateurs lancent à la main des obus de 155, des bombes incendiaires et des fléchettes de 25 g capables de traverser un homme.

C'est lors de la bataille d'Artois, le 25 septembre, que partent des lignes alliés les premiers gaz asphyxiants.



ARTOIS - Mai

... Face à face. Quelques mètres et un réseau de barbelés séparent les tranchées.

... Le 9 mai, cinq corps d'armée s'élancent à l'assaut en Artois et progressent de 4 km. Mais la boue et les tranchées gênent la progression de l'artillerie. Insuffisamment soutenus, les soldats tombent par centaines et reperdent le terrain gagné. La guerre de rupture imaginée a échoué ; elle a coûté 232 000 hommes.

GUERRE A L'ALCOOL


File:Interdiction de l'absinthe - 16 août 1914.jpg

Paris, 16 mai

Confirmant les mesures prises par les généraux, députés et sénateurs votent l'interdiction de l'absinthe, pourtant refusée encore le 2 mai 1914. Car, si les méfaits de la "fée aux yeux verts" sont dénoncés depuis longtemps, le poids des fabricants (Pernod, Berger, Cusenier ...) l'a jusqu'ici emporté. Rivale de l'eau-de-vie, alcool très populaire, peu cher et des plus nocifs (entre 60 et 70), l'absinthe est vaincue par la guerre .


File:Periscope tranchée française.jpg

LA CHASSE AUX "EMBUSQUES"

Paris, 17 août

Le 17 août, paraît une loi répondant aux nouvelles nécessités d'une guerre qui s'annonce plus longue que prévu : assurer aux armées le plus grand nombre d'hommes valides dans le respect de l'équité entre les soldats et les spécialistes (ouvriers, ingénieurs, chefs d'entreprise) qui assurent à l'arrière la bonne marche des établissements travaillant pour la Défense nationale.

Cette loi organise la chasse aux hommes mobilisables indûment "planqués" et restreint les conditions de réforme. Est-ce suffisant pour endiguer le sentiment de mépris, mêlée d'envie, des combattants pour les privilégiés de l'arrière ?

Mais c'est au sein même des armées que le clivage entre les "sacrifiés" et les "embusqués" suscite les ressentiments les plus vifs. Les "planqués" des services d'intendance, bien nourris, sont la cible des railleries des hommes des tranchées. Les fantassins brocardent la "tranquillité" des artilleurs.

L'état-major n'échappe pas aux critiques. L'élégance des officiers supérieurs en visite sur le front durant une accalmie et considérée comme une injure aux capotes crottées des poilus.

Ces rancoeurs vont grossir un mécontentement larvé qui ira en grandissant.


UN PETIT REPOS BIEN MERITE

France, 18 juillet

Après avoir enduré des mois de vie de tranchée, monde souterrain de boue, de froid, de promiscuité et de morne ennui interrompu par les combats, les premiers permissionnaires vont enfin revoir les leurs.

Mais c'est avec stupeur et malaise que le poilu découvre le confort et les plaisirs de l'arrière. En effet, la vie a repris son cours normal sans trop de privations (seuls dix départements du Nord-Est subissent durement l'occupation).


La boutade : "Pourvu qu'ils tiennent ! Qui ça ? Les civils, illustre ce fossé.


LES FEMMES, CHEFS DE FAMILLE


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La femme continue à faire vivre sa famille, soit en reprenant l'affaire familiale, soit en travaillant comme ouvrière ou employée. Devenue chef de famille, elle reste pourtant une mineure aux yeux de la loi : elle a encore besoin de l'autorisation maritale pour entreprendre les moindres démarches administratives. La loi, en lui accordant pour la durée du conflit l'autorité paternelle, vient de la rendre temporairement responsable. Il faut cependant que le tribunal ait constaté l'urgence de l'affaire et l'impossibilité du conjoint à remplir sa mission de chef de famille !


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 "Français, videz vos bas de laine"

France - 25 novembre -

Le premier emprunt de la guerre est lancé. Vaincre par le fer mais aussi par l'argent.

.. Des placards publicitaires exhortent le peuple à puiser dans les bas de laine.

"Que chacun s'emploie selon ses ressources ; l'or remplace le sang. Nos fils aux armées, notre or au pays !

2 245 millions de francs sont récoltés pour soutenir l'effort de guerre et rétablir le budget.img227.jpg

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***

 

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Le dessin de Poulbot fait allusion à une circulaire de novembre 1915 envoyant les pères de cinq enfants et les veufs pères de quatre enfants à l'arrière.

12/11/2013

Avant 18... 1914

Avant le 11 novembre 1918, il s'est passé quoi et pourquoi ?

Un petit rappel des faits

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A la veille de la première guerre mondiale les nations européennes sont divisées en deux blocs ennemis: la Triple-Entente regroupe la France, la Russie et le Royaume-Uni depuis 1907 face la Triple-Alliance avec l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie depuis 1882.
                   

Les Français s'opposent aux Allemands car ils veulent reprendre l'Alsace et la Lorraine perdues en 1870 et cette rivalité est également présente en Afrique du Nord. Les Russes soutiennent les  pays d'Europe centrale désireux de prendre leur indépendance face à l'Autriche-Hongrie.


Les sentiments nationalistes ont recommencé à gagner l'opinion française depuis le début du siècle.. Les conflits diplomatiques avec l'Allemagne à propos du Maroc ont également favorisé ce renouveau. En 1912, le gouvernement de Berlin prépare un projet de crédit extraordinaire pour renforcer les effectifs et le matériel de l'armée allemande.  Le 4 mars, le Conseil supérieur de la guerre, inquiet de l'augmentation des forces allemandes, désire accroître le nombre des soldats sous les drapeaux et renforcer l'artillerie lourde.

Briand dépose à la Chambre le 6 mars 1913 un projet de loi prolongeant de deux à trois ans la durée du service militaire.

10 mai

Le deuxième tour des élections législatives confirme le succès du bloc des gauches, animé par Joseph Caillaux et Jean Jaurès.

Allemagne, mi-mai

Les socialistes français et allemands se réunissent en congrès pour décider d'empêcher la guerre, à laquelle les deux Etats se préparent.

France, 16 mai

Le vote massif du maintien des conscrits sous les drapeaux (par 322 voix contre 155) provoque une série de révoltes, vite réprimées, dans les casernes.

Socialistes et radicaux s'associent contre ce projet lors des élections législatives d'avril-mai 1914. Le Bloc des gauches ainsi reconstitué remporte les élections, sans réussir néanmoins à faire abroger la loi.

 


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Le 25 mai 1913, au Pré-Saint-Gervais, rassemblement de 150.000 personnes contre la loi de trois ans (sur la tribune, Jean Jaurès).


Paris, 16 juillet

Sur proposition de Jaurès, le congrès du parti socialiste préconise la grève générale contre la guerre.

Paris, 19 juillet

Malgré la virulence de l'opposition radical-socialiste, la Chambre vote la loi de trois ans par près de 400 voix,  contre à peine plus de 200.

En abaissant d'un an l'appel sous les drapeaux, deux classes se présenteront en même temps en 1914.

Berlin, 31 juillet

Après avoir encouragé l'Autriche-Hongrie à déclarer la guerre, le 28 juillet, à la Serbie (prétexte fourni ayant été l'assassinat à SARAJEVO le 28 juin précédent de l'archiduc héritier François Ferdinand d'Autriche par un étudiant bosniaque), l'Allemagne précipite les évènements et lance un ultimatum à la France et à la Russie.

Paris, 31 juillet

Jean Jaurès est assassiné


A 21 heures, Jean Jaurès va dîner avec des amis à la brasserie Le Croissant. Il est abattu d'une balle dans le dos, dans l'établissement même. Raoul Villain, est appréhendé sans difficulté. Il avoue avoir agi parce que Jaurès "a trahi son pays en menant campagne contre les trois ans de service militaire".

L'assassin est-il à la solde de l'Allemagne, de l'extrême-droite ou un simple déséquilibré poussé par la haine entretenue dans les journaux nationalistes ?

C'est l'apôtre du pacifisme français que Raoul Villain a éliminé. Lorsque, le 6 mars 1913, la loi des trois ans avait été présentée à la Chambre, Jaurès s'y était opposé, se référant à sa conception d'une Armée nouvelle, il préconisait le développement des réserves et non le prolongement de la durée du service.

La droite nationaliste s'était déchaînée contre Jaurès. Le 16 juillet 1914, à l'issue du congrès extraordinaire du parti socialiste, Jaurès avait réussi, malgré l'opposition des guesdistes, à faire voter une motion préconisant la grève générale comme ultime moyen d'éviter la guerre.

Au moment de l'attentat, un cri a fusé : "ILS ONT TUE JAURES, C'EST LA GUERRE"

En effet, le lendemain 1er août, la mobilisation générale était décrétée.

Le 4 août, lors des obsèques de Jaurès, Léon Jouhaux scellera l'Union sacrée en proclamant son adhésion à la guerre du peuple de France contre les tyrans.

 

France, 1er août

Ordre de mobilisation générale


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L'ordre de mobilisation générale du 2 août 1914. Il vise les hommes et ordonne la réquisition des animaux, voitures et harnais

Le 2 aout 1914

le décret sur l’état de siège suspend la liberté de la presse. Désormais, l’autorité militaire peut interdire toute publication jugée dangereuse. Le lendemain, est créé le bureau de la presse du ministère de la guerre qui est chargé d’organiser la censure. Les journaux sont soumis à un régime de contrôle préalable afin de supprimer toute critique et d’empêcher la diffusion de renseignements à l'ennemi. Les journalistes doivent soumettre leur travail à l’administration et éventuellement procéder aux modifications exigées. Les coupures ou « caviardages » sont révélés par des « blancs » dans les colonnes des journaux. Certains choisissent parfois d’outrepasser les instructions, publient les articles dans leur intégralité et prennent alors le risque d’une sanction.

Pour compenser les interdictions faites aux journalistes de mener leurs propres enquêtes, l’Etat major leur donne quotidiennement trois communiqués officiels qui donnent une version souvent inexacte des opérations. La censure politique cesse avec la levée de l’état de siège le 12 octobre 1919.

Sous ce prétexte, certains journaux pousseront au 'bourrage de crâne" pour faire vibrer la corde patriotique : bobards fracassants sur le moral des allemands et le déroulement de la guerre, formules imagées exaltant l'héroïsme des "poilus'.


Le Canard enchaîné est un journal hebdomadaire satirique qui a été créé le 10 septembre 1915 en riposte à la censure de la presse, à la propagande officielle et au bourrage de crâne imposés par la guerre et ses difficultés.

L'arme choisie par le journal est le «rire».

C'est la seule utilisable face à la censure militaire et politique avec laquelle le journal poursuit un combat homérique et rusé, grâce aux antiphrases, démentis qui valent confirmations, phrases à l'envers, etc, bref tout un arsenal pour essayer de faire passer les vraies informations sans se faire censurer par le système mis en place.

«La liberté de la presse ne s'use que quand on ne s'en sert pas»

Certains auteurs comme Maurice Rajsfus ou Albert Londres se sont battus pour tenir tête à la censure et au bourrage de crâne 


1916 09 10 Le Canard Enchaine.jpg

Lunéville, 3 août

Le  jour même où l'Allemagne déclare la guerre à la France, la ville reçoit trois bombes larguées par un dirigeable.


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Dans l'armée française, contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les mutineries de 1917 qui occasionnèrent le plus d'exécutions mais les offensives de l'automne 1914, quand le général Joseph Joffre cherchait dans la troupe des responsables à la faillite de son plan XVII et à ses propres insuffisances.

On dénombre ainsi 27 exécutions pour faits d'indiscipline collective au printemps 1917, après l'offensive ratée du Chemin des Dames, contre une soixantaine dans le seul mois d'octobre 1914.

Exécution sur le front (photo : origine inconnue)
 
http://www.herodote.net/Mutineries_et_executions-synthese-1762.php

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22 août Les troupes françaises peinent dans leurs tentatives pour ralentir la progression des troupes allemandes. Chaque camp préconise en effet le mouvement et c’est en fonction de ces théories que les batailles s’organisent. Mais dans ce que l’on appelle la "bataille des frontières", les Français sont dans un premier temps dépassés et doivent refluer. C’est ainsi qu’ils échouent dans les Ardennes à un combat qu’ils réussiront lors de la bataille de la Marne.



DES ARDENNES à LA MARNE


 Suite à l'assassinat de François-Ferdinand à Sarajevo (28 juin), les événements se précipitent: mobilisation générale en Russie le 30 juillet 1914 et en Allemagne le 1° aoùt. Von Moltke applique le plan Schlieffen dont l'objectif est de battre l'armée française trés rapidement pour ensuite renforcer le front de l'est en Russie: 2 armées sur 5 ont pour objectif les Ardennes ( la III° vers Rocroi et Signy l'Abbaye et la IV° vers Sedan). Le 2 août le Luxembourg est occupé, le 3 août l'Allemagne déclare la guerre à la France et à la Belgique, le 4 août les Allemands entrent en Belgique. Joffre applique son plan initial: offensive le 8 août de la 1° armée entre Gérardmer et Belfort vers Colmar/Mulhouse et le 14août de la 2° armée entre Nancy et St Dié vers Sarrebourg.

Dans les Ardennes le 91° RI est transporté de Charleville à Verdun dès le 1° août pour renforcer l'aile droite française.Joffre se porte au secours des belges qui résisteront jusqu'au 17 août dans les forts de Liège.
                            -Le 148° quitte Givet pour la Belgique le 9 août  Les français se battent à Dinant jusqu'au 20 août et à Charleroi jusqu'au 24 août. Le 13 août entrée du 148° RI à Dinant, dès le 14 au soir il essuie le feu de l'artillerie. Le 15 il prend d'assaut en chargeant à la baïonnette le pont et la citadelle, les pertes sont importantes. 
                             La 5° armée (Lanrezac) se replie de Dinant-Charleroi vers Mézières pour couvrir la frontière jusqu'à Maubeuge et la 4° armée (de Langle de Cary) se replie de Bertrix vers Sedan pour couvrir la Meuse de Sedan à Verdun.
                             -Le 291° RI (Lt Cl Choizy) organise la défense de Charleville avec le 5° bataillon en couverture de Montcy à Mézières et le 6°sur Mézières et le faubourg Saint Julien.


                           L'invasion des Ardennes sera réalisée en quelques jours, les allemands progressent suivant deux axes:
-le premier par Hargnies, Haybes, Fumay, Revin, Les Mazures, Lonny, Clavy en direction de Thin le Moutier. Le deuxième axe par Gué-d'Hossus, Rocroi, Maubert Fontaine, Tremblois en direction de Signy l'Abbaye.
                             -24 août destruction des ponts de chemin de fer entre Mézières et Fumay.
                             -25 août destruction du pont de Moncy sur la Meuse et évacuation du fort des Ayvelles.
                             -26 août destruction des ponts de Mézières sur la Meuse.
                             -27 août tentative des Prussiens de passer la Meuse au Theux.

-Le 291° RI se replie sur Boulzicourt, Sapogne et Feuchères et le 9° corps d'armée (général Dubois)se bat à l'Echelle et Rimogne.
                             -28 août la Division Marocaine (général Humbert) assurant l'arrière-garde de la 4° armée se bat à La Fosse à l'Eau

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LES ALLEMANDS ARRETES SUR LA MARNE

Septembre

Qui aurait pu croire que les choses se passeraient ainsi ? Entrés en Belgique le 4 août, les allemands sont à Compiègne le 1er septembre ! Le lendemain, 500 000 parisiens quittent la capitale et le gouvernement part s'installer à Bordeaux.
Le kaiser fait frapper des médailles exaltant l'entrée de ses troupes dans Paris. Malgré tout, Joffre garde son sang-froid, et le repli sur la Marne est remarquablement bien organisé.
Puis, c'est l'incroyable erreur de von Kluck, révélée par l'aviation de reconnaissance : la 1ère armée ne marche plus sur Paris, mais franchit l'Oise et se dirige vers le sud-est pour envelopper les troupes françaises. Dès lors, son flanc droit est dégarni ! Quand il s'en aperçoit, le général Galliéni fait avancer la VIe armé de Maunoury en direction de l'Ourcq et Joffre ordonne pour le 6 une offensive sur l'ensemble du front.

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C'est alors que 4 000 soldats de la VIIe division d'infanterie sont acheminés par 700 taxis pour venir renforcer la VIe, qui doit tenir pour permettre à l'armée anglaise et à la Ve de s'enfoncer dans la brèche que le mouvement de von Kluck a créée entre son armée et celle de von Bülow.

Taxis de la Marne

Le 6 septembre 1914, la bataille de la Marne est déclenchée par la 6e armée française commandée par le général Maunoury contre la 1re armée allemande du général von Kluck, entre Nanteuil-le-Haudouin et Meaux. Le général Galliéni, gouverneur de Paris, faute de moyens de transport suffisants, est obligé de réquisitionner tous les taxis de la capitale afin d'acheminer d'urgence 10 000 hommes sur le champ de bataille. En effet, le général Maunoury subit une violente attaque de l'ennemi, le 7 septembre. L'opération dure toute la journée. Grâce au concours des « taxis de la Marne», les Allemands sont stoppés dans leur élan.

Le 8, la brèche s'élargit et les unités franco-anglaises franchissent la Marne.
Le 10, Von Moltke donne l'ordre de repli.





PEUPLE DE GAUCHE, REPRENDS LA RUE !

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10/11/2013

MORDILLAT MORDILLE SANS LANGUE DE BOIS

Politique - le 6 Novembre 2013

lll Faut-il faire le distinguo entre socialistes au gouvernement et dans les municipalités ?

La gauche de droite est au pouvoir, par Gérard Mordillat

Gérard Mordillat est écrivain et cinéaste.

C’est une constatation cruelle mais c’est une constatation nécessaire : il y a désormais en France deux partis de droite. Un parti à tendance néofasciste, l’UMP à la sauce FN, et un parti néolibéral qui ne porte plus le nom de socialiste que par paresse.

Monsieur Valls suggérait d’ailleurs d’en changer, conscient que le terme « socialiste » est désormais vide de sens pour lui et ses semblables, comme le terme « gaulliste » l’est pour messieurs Sarkozy, Copé, Fillon et consorts. Par ailleurs, à propos des socialistes, il est devenu banal de parler de « la gauche de droite », ce qui oblige les commentateurs à distinguer certaines déclarations individuelles émanant de « socialistes de gauche ». Il y aurait donc des socialistes qui récusent le nom même de socialistes – des hommes de droite déguisés en hommes de gauche, si l’on préfère – et des socialistes qui, contre la majorité de leur propre parti, tentent de ne pas solder l’héritage de Jaurès.

C’est dire combien la confusion gouverne. Aux élections municipales qui s’annoncent, cette confusion risque d’augmenter encore puisque, à Paris en tout cas, le PCF a décidé de faire liste commune dès le premier tour avec le PS. Mais avec quel PS?

Celui dont les membres siègent au gouvernement ou avec quelques irréductibles pour qui le « socialisme », selon Jaurès, travaille « à la réalisation de l’humanité ». Une humanité qui « n’existe point encore ou existe à peine. À l’intérieur de chaque nation, elle est compromise, comme brisée, par l’antagonisme de classe, par l’inévitable lutte d’une oligarchie capitaliste et du prolétariat. Seul le socialisme, en absorbant toutes les classes dans la propriété commune des moyens de travail, résoudra cet antagonisme et fera de chaque nation enfin réconciliée avec elle-même, une parcelle d’humanité ».

À l’aune de ces paroles et de ses actes, est-ce que M. Hollande est socialiste? Est-ce que M. Moscovici l’est? Et M. Valls? Et M. Strauss-Kahn? Et M. Sapin ? Et M. Cahuzac, qui récusait la lutte des classes ? Et M. Lamy ? Et tous ces ministres si empressés de parader à l’université d’été du Medef et préférant se faire porter pâles lorsqu’il s’agit d’arpenter les allées de la Fête de l’Huma ? Et… et… et… etc.

On ne peut pas, bien sûr, mettre tous les socialistes dans le même sac Vuitton. Sur le plan municipal, il est incontestable que des élus socialistes œuvrent sans réserve à améliorer le sort de leurs concitoyens, à tenter de leur rendre la vie plus facile, à développer les activités artistiques et culturelles, etc. Je pense notamment aux actions menées dans les 11e et 20e arrondissements. Il n’y a pas de discussion, ces socialistes-là font ce qu’ils peuvent et, même, font en partie ce qu’il faut et pourraient même faire plus en ce qui concerne le logement, mais ils agissent.

Maintenant, si on s’intéresse aux membres « socialistes » du gouvernement, le bilan est tout autre. La liste des reniements, manquements, trahisons est si longue qu’il serait fastidieux de la détailler. Juste pour mémoire : la signature du traité Merkozy, la séparation de façade entre les banques de dépôt et les banques d’affaires, l’absence d’un relèvement significatif du Smic, l’abandon de la lutte historique de la classe ouvrière pour la diminution du temps de travail, l’allongement de l’âge du départ à la retraite, la ruine confirmée de l’hôpital public, l’absence de loi pour empêcher les licenciements de confort financier, le choix du capital contre le travail, Florange, PSA, etc. N’en jetez plus, la cour est pleine !

Le piège est là.

Si nous votons pour le socialisme « municipal » et que, par miracle, le parti à la rose évite ainsi la déroute annoncée, le gouvernement y verra l’adhésion des citoyens à sa politique ; au contraire, si c’est la Berezina, les mêmes socialistes « de gouvernement » déclareront que ce vote est sans signification, sinon purement local, et continueront de mener leur insupportable politique.

Dans un cas comme dans l’autre, l’électeur sera volé de son vote, comme il l’a été après le référendum à propos du traité constitutionnel rejeté par une très large majorité de Français (y compris une majorité de militants socialistes) et repassé au Parlement dans les mêmes termes sous le nom de traité de Lisbonne, avec l’appui massif des élus socialistes. Un déni de démocratie que « toute l’eau de la mer ne saurait effacer », aurait dit Lautréamont.

Mais tout cela serait sans importance.

L’urgence serait de faire barrage au Front national, aux prochaines élections municipales et européennes, de voter utile. Et déjà, le chœur des « socialistes » de gouvernement entonne le grand air de la nécessité, qui fait loi. Mais dans le même temps, quand les citoyens ne votent pas selon le désir des « socialistes » de gouvernement, leur vote est méprisé, annulé ; mais, dans le même temps, M. Valls tient des propos et mène une action en parfait accord avec les idées de madame Le Pen, de Ciotti, Guéant, Hortefeux et les autres, y ajoutant l’hypocrisie d’expulser, de persécuter au nom de « l’humanité ».

Avant de voter, si nous posons la question : qu’avons-nous de commun avec les « socialistes » du gouvernement ? La réponse est meurtrière : rien. Qu’ont-ils de commun avec messieurs Sarkozy, Copé, Fillon et leurs amis ? La réponse est assassine: presque tout, hormis quelques nuances sur l’enseignement, la recherche et la justice. Ce qui les distingue ne sont que des postures au grand théâtre de la politique spectacle. Les uns jouent à être de gauche, les autres à être de droite, mais tous chantent en chœur la rengaine thatchérienne « il n’y a pas d’alternative », sont les thuriféraires du capital, de la propriété privée. Personne ne peut avoir oublié cette une stupéfiante de Paris Match où François Hollande et Nicolas Sarkozy posaient côte à côte, dans le même costume, la même attitude, défendant à l’unisson le oui au référendum. Des jumeaux sortis du même œuf néolibéral, affichant la même morgue, le même mépris des citoyens, ces minables, ces rustres, dont le vote n’était organisé que pour amuser la galerie.

Dès lors, comment pourrions-nous, une fois encore, voter utile, faire confiance aux « socialistes » de gouvernement ?

Nous ne pouvons pas. Nous ne pouvons plus. Nous ne pouvons pas à la fois être leurs critiques les plus déterminés et les alliés de circonstance des socialistes municipaux qui, par leur silence – de fait –, font perdurer une politique ouvertement de droite, antisociale et sécuritaire. Au nom de je ne sais quelle morale de circonstance, la confusion ne doit pas être entretenue, ne peut plus l’être. Elle n’est plus de mise.

Aujourd’hui, les « socialistes » de gouvernement ne sont plus simplement des faux frères, ni des adversaires, mais des ennemis (de classe) que nous devons affronter, quoi qu’il en coûte. Un siège au conseil municipal de quelque ville que ce soit ne vaut pas d’abdiquer nos convictions, notre volonté de transformer le monde et de réaliser l’humanité que Jaurès appelait de ses vœux.

C’est dire qu’il faut avoir le courage de rompre clairement avec ce « socialisme » en peau de lapin qui n’est que démagogie et mensonges. Cette rupture politique est salutaire même pour nos camarades socialistes, ces militants pris en tenaille entre l’affliction et 
l’indignation de ce qui se pratique aujourd’hui en France au nom du « socialisme ». Les positions sont claires : les « socialistes » de gouvernement sont désormais sans vergogne un parti de droite, à nous d’incarner la gauche en actes, de cesser d’être aimables et compréhensifs, 
et de nous dresser contre eux et leurs répliques de l’UMP-FN. Comme disait l’autre : le 
changement, c’est maintenant!

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Gérard MORDILLAT



 

Romans

 
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