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04/02/2018

Patrimoine. Mort en silence de la « vieille dame du quai Voltaire »

 

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LUNDI, 29 JANVIER, 2018
L'HUMANITÉ

La Documentation française, émanation du Conseil national de la Résistance, ferme ses locaux du 29-31, quai Voltaire. Ce service du premier ministre poursuit sa lente agonie. Le centre d’éditions et de documentation reste une marque, au nom du numérique. La plupart des archives iront à la benne.

En cette fin janvier, les yeux des Parisiens scrutent le Zouave du pont de l’Alma. Au même moment, le long de la Seine, c’est sur un autre quai qu’un événement tout aussi historique se déroule. Sous la pluie, ce vendredi 25 janvier, les camions de déménagement garés au 29 et au 31, quai Voltaire chargent ordinateurs, meubles de bureaux, dossiers. Direction les deux sites de la Dila (Direction de l’information légale et administrative) rue Desaix et avenue de Ségur. Le « QV », le quai Voltaire comme le nomment les habitués, ferme. En catimini. La Documentation française quitte les lieux et se sépare de milliers de documents. Au pilon ! Patrick (1), l’un des salariés, comprend « que l’on puisse déménager. On l’a déjà vécu à plusieurs reprises ces dernières années avec les divers regroupements (1981) et fusions (2010). Mais le faire de cette manière, en fermant la bibliothèque et la librairie, qui sont nos seuls lieux d’échange avec le public, sans les informer correctement, cela me choque ».

Seule une feuille de papier, accrochée sur les portes d’entrée, informe le public de la fermeture du centre de documentation et de la librairie. À chaque fois la même stupeur. Renée (1), 55 ans, est venue pour trouver des chiffres sur l’artisanat en Europe et n’en revient pas. « J’avoue être scandalisée. Il n’y a aucune information sur leur déménagement et, même sur leur site Internet, l’adresse n’a pas été modifiée. C’est profondément regrettable de fermer un centre de recherche aussi pertinent. Le numérique ne fait pas tout. »

À l’intérieur, les locaux sont vides et silencieux. Seule trace de vie, dans la salle de documentation, les portraits de l’ensemble des fonctionnaires qui y ont travaillé. « Nous avons voulu quitter le lieu dignement, ensemble. On a résisté durant des années contre leur logique. Ils ont réussi en poussant les jeunes au départ et les plus anciens à la retraite. La fusion avec le Journal officiel en 2010 pour créer la Dila annonçait la mort programmée de la Documentation française. Ils veulent en faire une marque en reniant ses fondements », nous raconte Irène, syndicaliste, aujourd’hui à la retraite.

Logique de réduction des effectifs et service au public sacrifié

 

La Documentation française est née avec la Résistance, au cœur de la Seconde Guerre mondiale. Son but à l’époque est de contrer la propagande nazie et celle de Vichy en créant deux centres de documentation et d’études politiques et économiques : l’un à Londres en 1942, l’autre à Alger en 1943. Ils doivent délivrer, clandestinement et par tout moyen, des informations fiables à la Résistance française. L’un de ses principaux fondateurs, le résistant Jean-Louis Crémieux-Brilhac, récemment disparu, rappelle dans son discours au moment de quitter la direction de la Documentation française, en 1982 : « Après les premiers voyages clandestins à Londres de Christian Pineau, de Pierre Brossolette et d’Emmanuel d’Astier, j’ai proposé d’envoyer du matériel documentaire aux mouvements de résistance, que ceux-ci réclamaient (…). Ainsi, cette Documentation française, nous l’avons créée et fait vivre avec une équipe dont les principaux cadres originels venaient de la Résistance extérieure ou intérieure : je nommerai parmi ceux qui furent vraiment de la fondation Henri Ferber, Alice Gorgeon, Suzanne Faure-Candeau » (2). Un instrument d’aide, de vulgarisation, un facilitateur de compréhension : voilà ce qui définissait le quai Voltaire. Un véritable service public donc, comme l’expliquait Crémieux-Brilhac, secrétaire du Comité exécutif de propagande de la France libre : « Le devoir informatif de l’État démocratique qui ne concurrence en aucune façon le rôle de la presse, complètement libre de ses commentaires. »

Le tournant est violent. Sur le site Internet, la première phrase en exergue est révélatrice de la logique des diverses administrations gouvernementales. « La Documentation française est une marque de la Dila » (3). Tous les lieux d’échange comme la librairie de Lyon et désormais celle de Paris ont été fermés. « Nous n’aurons plus aucune relation avec le lecteur et le public. Nous étions un service pour les gens qui venaient ces dernières années retrouver trace au Journal officiel du décret de leur naturalisation. Tout passe par le site Internet, accentuant la fracture numérique et la rupture avec le citoyen », explique Irène.

La Documentation française a subi comme l’ensemble de la fonction publique de multiples réformes afin d’en baisser les effectifs. Cette logique purement financière sera mise en place sous Nicolas Sarkozy, en septembre 2007, avec la révision générale des politiques publiques (RGPP). Son successeur, François Hollande, ne la remettra pas en cause, lui qui pourtant à l’enterrement de Jean-Louis Crémieux-Brilhac, en 2015, affirmait dans son allocution : « La Documentation française est toujours restée fidèle à l’idéal de ses fondateurs : rassembler et diffuser l’information pour éclairer les décisions, renseigner les citoyens et élever le débat public. L’ambition de la Documentation française depuis 70 ans, c’est de servir la démocratie » (4).

Une démocratie qui applique une logique de réduction des effectifs, au détriment des publications et des archives. Au sous-sol du 29, quai Voltaire, ce sont des milliers de livres, revues, journaux brochés qui vont à la benne. « On a contacté un maximum de fonds, de bibliothèques. Une petite partie se rend à Ségur, d’autres documents ont été aussi récupérés par le Mémorial de la Shoah, par exemple. On a contacté quelques éditeurs mais cela n’a pas suffi », déplore Sandrine, une salariée. Fin février, au plus tard, les locaux doivent être vides. L’accélération des dernières semaines fait craindre le pire pour ces archives. Une partie notamment du fonds asiatique aurait déjà été jetée. « C’est incompréhensible d’agir de cette manière. Vouloir nous transformer en marque justifie tout à leurs yeux. C’est beaucoup plus facile à gérer, avec un site qui maintient quelques éditions et périodiques. Depuis six ans, de nombreuses revues ont disparu au motif de la diminution des effectifs.

Où en est notre mission d’alimenter le débat public ?» alerte Marie-Agnès, une ancienne du quai Voltaire.

LES MONTAGNARDS SONT LA .... POUR LES MIGRANTS DANS L'URGENCE... J'ACCUSE

GRAND FORMAT. Briançonnais, ce sont eux, les premiers de cordée solidaire !

REPORTAGE DE MARIE-STÉPHANE GUY (TEXTES) ET JULIEN BENARD (PHOTOS)
VENDREDI, 2 FÉVRIER, 2018
HUMANITÉ DIMANCHE

Plus d'un millier de Briançonnais se sont mobilisés pour parer aux urgences des migrants qui arrivaient à leurs portes dans les pires conditions. Une chaîne exceptionnelle portée par la fraternité. Rencontre avec ceux qui donnent sens à la dignité.

L'image a fait la une de tous les médias. À l'appel des professionnels de la montagne, plus de 350 personnes ont formé, le 17 décembre 2017, une cordée solidaire lézardant sur les pentes abruptes du versant français du col de l'Échelle (Hautes-Alpes). Partis du village de Névache, à 20 kilomètres de Briançon, ils sont venus crier leur refus que les Alpes deviennent « le cimetière des personnes en détresse ». Un tombeau pour migrants, en provenance pour l'essentiel d'Afrique de l'Ouest, en majorité mineurs, qui, depuis la fermeture drastique de la vallée de la Roya et de Vintimille, empruntent cet itinéraire excessivement dangereux. Le col de l'Échelle (1 762 m), fermé à la circulation en hiver ; une trouée entre l'Italie et la France particulièrement exposée pour ceux qui ne connaissent rien aux dangers de la montagne. Un danger accru par la présence de forces de gendarmerie qui, selon Stéphanie Besson, accompagnatrice en montagne et l'une des coordinatrices du mouvement Tous migrants, « ne les empêche pas de passer, mais, au contraire, leur fait emprunter d'autres chemins plus risqués pour échapper à la police, frôlant ainsi la mort ».

 
 
 
Depuis janvier 2017, plus de 2 000 exilés ont franchi ce col devenu symbole de la souffrance migratoire et de l'engagement citoyen du Briançonnais.
 
Septembre 2015, à Briançon, Marie Dorléans, révulsée devant la photo du corps du petit Aylan Kurdi gisant sur une plage turque, monte le collectif Pas en notre nom, rapidement rebaptisé Tous migrants, pour exprimer son indignation face à l'inaction politique visà-vis de ce drame humanitaire. Son appel au rassemblement de solidarité regroupe 200 personnes dans la cité Vauban, de 12 500 habitants. Le mouvement est lancé. Dans la foulée, le maire (PS), Gérard Fromm, positionne officiellement Briançon comme ville d'accueil. Début novembre 2016, à la suite du démantèlement de la « jungle » de Calais, le premier centre d'accueil et d'orientation (CAO) reçoit une vingtaine de Soudanais. Une cellule de coordination rassemble associations, mairie et mouvement citoyen. Tous migrants trouve sa place et multiplie les actions de sensibilisation, et les plaidoyers sur la place publique comme dans les établissements scolaires. Le réseau touche plus de 500 personnes.

Il s'agit d'informer, d'échanger, d'alerter. Un deuxième CAO est ouvert. Des bénévoles offrent leur temps aux demandeurs d'asile : sorties, activités, cours de français, transport. La solidarité éclot alors que d'autres migrants franchissent timidement le col de l'Échelle. Névache puis Briançon en point de chute sur leur parcours d'exode. Les Briançonnais prennent conscience et s'activent.

 
 
Des maraudeurs, professionnels de la montagne, sillonnent la nuit, à pied ou chaussés de leurs skis de randonnée, les sentes et les combes. Ils arrachent à la mort des hommes gelés, des âmes brisées. Contactent les secours (PGHM) quand il faut les hélitreuiller vers l'hôpital, les réchauffent, les nourrissent, les logent au nom du devoir d'assistance à personne en danger, faisant fi d'éventuelles poursuites judiciaires. Les réfugiés sont de plus en plus nombreux, les citoyens mobilisés aussi.

La mairie met à disposition une petite maison près du cime tière pour héberger les réfugiés. Cela ne suffit pas. Le réseau Welcome regroupe 150 familles proposant un hébergement temporaire.

ON DÉPLIE LES CANAPÉS

Les canapés se déplient, les chambres d'amis s'ouvrent. Personne ne se cache de sauver des gens perdus en montagne. Le mouvement solidaire est naturel, il prend de l'ampleur autour de Tous migrants, qui poursuit son plaidoyer et organise le parrainage républicain de 48 demandeurs d'asile. Sur le marché, des tracts circulent, les langues se délient, « le berger en a 5 dans sa bergerie », Briançon bruisse de plus en plus fort. Les migrants sont dans toutes les conversations. Tout le monde connaît quelqu'un qui...
« Depuis le mois de mars dernier, 4 000 nuitées ont été offertes. À l'échelle de notre territoire, c'est beaucoup. » Christophe Bruneau, ingégnieur à la retraite.
La neige fond, les crocus pointent, l'exode devient massif sur fond d'application du règlement de Dublin III*. Les demandeurs d'asile reçoivent leur notification de reconduite à la frontière, ils campent devant la MJC et entament une grève de la faim. La population est outrée, « ils s'étaient si bien intégrés ».

Une marche pour le droit d'asile, reliant Briançon à Gap, est organisée du 21 au 24 juin 2017. Plus de 600 personnes y participent. Pendant ce temps, le col livre chaque jour son lot d'exilés passés entre les filets tendus serrés de la police et de la gendarmerie. Les bénévoles, plus d'un millier, sont débordés. La communauté de communes présidée par Gérard Fromm leur ouvre l'ancienne maison affectée jusqu'alors aux... CRS !

 
 
Le Refuge solidaire est né. Quinze lits, une cellule médicale, une cuisine collective, un vestiaire et beaucoup de vie et de générosité. Chacun s'inscrit pour laver le linge chez soi, assurer les permanences d'accueil, préparer les repas avec les résidents accueillis pour une à quatre nuits. Une halte pour se remettre sur pied avant de poursuivre leur route vers l'espoir, ailleurs. La chaîne de solidarité s'intensifie. Particuliers, commerçants, institutionnels, touristes apportent leur contribution aux 80 bénévoles. Des repas préparés, des vêtements, du matériel médical, beaucoup de temps et d'écoute. Le Refuge déborde certains soirs de l'été. Jusqu'à 70 personnes à loger... Un nouveau collectif se crée pour proposer une alternative : Chez Marcel. « Un squat » sur les hauteurs de Briançon. Une solution de plus en attendant que l'État prenne la mesure du phénomène et assume ses responsabilités, aujourd'hui portées avec dignité et audace par les citoyens de ce territoire des Alpes du Sud.

 
 
*Selon le règlement Dublin III, les migrants doivent demander l'asile dans le premier pays d'arrivée, où sont conservées leurs empreintes digitales.

« Les migrants passeront, qu'on le veuille ou non »

Gérard Fromm, maire PS de Briançon, refuse la politique gouvernementale. La population a raison, dit-il, de ne pas avoir peur : 2 000 migrants sont arrivés sans aucun incident.
HD. Vos voeux 2018 plaçaient cette année sous le signe fort de la solidarité, pourquoi ?
GÉRARD FROMM. À Briançon, nous nous occupons de toutes les populations en difficulté, d'où qu'elles viennent. 13 % vivent ici en dessous du seuil de pauvreté. Je suis déterminé à renforcer le lien entre les forts et les faibles, mais aussi à faciliter l'action des associations citoyennes, qui se sont mobilisées de façon incroyable dans la crise des migrants.
« Je suis fier de la générosité de cette ville frontalière, qui n'oublie pas son histoire, ni ses valeurs montagnardes. »
Je suis très fier de la générosité exceptionnelle de cette ville frontalière, qui n'oublie pas son histoire et revendique ses valeurs montagnardes. le Briançonnais s'est développé grâce aux différentes migrations économiques. la solidarité n'est pas un vain mot dans cette commune au fort tissu associatif. la mixité de ce territoire, de surcroît un peu isolé, explique sans doute son esprit solidaire et son acceptation de l'étranger. et les Briançonnais ont raison de ne pas avoir peur : 2 000 migrants sont passés ici dans une discrétion absolue, aucun incident n'a été enregistré.
 
HD. La mairie met-elle tout en oeuvre pour accompagner les associations d'aide aux migrants ?
G. F. on peut toujours faire plus, mais comment et avec quels moyens ? Je suis prêt à étudier toutes les solutions, mais pour l'instant j'ai mis à disposition tout ce que je pouvais : la maison du cimetière et les locaux du refuge solidaire. la collectivité prend en charge les coûts de fonctionnement, soit environ 20 000 euros par an.
 
HD. Comment jugez-vous la politique migratoire menée par le gouvernement ?
G. F. elle n'est pas sérieuse. elle me heurte. Je suis profondément déçu. les migrants passeront. Qu'on le veuille ou non. la question de savoir si on a besoin de cette immigration ne se pose pas. Quand les espagnols, les italiens, les Polonais sont venus, la France les a intégrés sans se mettre en péril, ils ont contribué à la richesse de notre pays. on parle de 200 000 personnes, pas de millions... rappelons que après son élection en 1981, François Mitterrand a régularisé 100 000 sans-papiers sans que cela soit un drame pour la France. Je ne fais aucune demande à l'état, je connais sa réponse.
 t, je connais sa réponse.
 
 

"Comme Zola, j'ai le devoir de dire : J'accuse"

MARIE-STÉPHANE GUY
SAMEDI, 3 FÉVRIER, 2018
HUMANITÉ DIMANCHE
Le témoignage de Max Duez, chirurgien dermatologue.
« Je m'appelle Max Duez, je suis chirurgien traumatologue à la retraite. Je fais partie d'une cellule médicale bénévole. » Ainsi parla Max Duez lors des états généraux des migrations organisés à Briançon les 16 et 17 décembre 2017. Assis sur la table d'auscultation du Refuge solidaire, le soignant ne mâche pas ses mots. « Nous ne pouvons pas laisser des gens mourir à nos portes. Ces gamins venus pas à pas d'Afrique de l'Ouest ne sont pas préparés à une nature aussi hostile. Ils se noient en mer. Ils s'égarent en montagne, chutent, voire tombent en hypothermie, ensevelis sous une avalanche. Nous n'avons pas encore eu de morts, mais la fonte des neiges livrera peut-être des corps. Cette hypothèse est intolérable. »
 
Max ne décolère pas. « Comme citoyen, communiste de surcroît, j'ai le devoir de dire comme Zola : "J'accuse." J'accuse l'État de non-assistance à personne en danger et de violer la loi sur l'accueil des mineurs. » Il juge la situation scandaleuse. « La préfète estime que la solidarité briançonnaise crée un phénomène d'attractivité pour les migrants. S'ils sont là, c'est de notre faute. On nous confond avec des passeurs ! Depuis le 31 décembre, la permanence d'accès aux soins à tous les démunis (Pass), migrants compris, mise en place avec l'hôpital a été interrompue.
 
La pression policière sur les migrants les conduit à mettre leur vie en péril. Ceux qui arrivent ici sont déterminés, costauds, ils ont vaincu le désert, la mer, les camps libyens, l'errance. Ils ont décidé de passer les Alpes, ils les franchiront coûte que coûte. » Alors Max examine, panse, réchauffe les engelures : « Les maraudeurs ont sauvé des dizaines de réfugiés, moi je ne sauve personne, je fais mon devoir. Les solidarités se substituent à l'État. Politiquement, c'est inadmissible. Mais humainement, que faire quand l'État ne fait rien ? On agit. J'émets le voeu que l'État réagisse, que les forces de l'ordre se mettent en retrait des frontières pour limiter les accidents inéluctables, qu'elles cessent de reconduire des gamins épuisés du côté italien... » Qu'on se le dise !

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INONDATIONS : DES CATASTROPHES EVITABLES

03/02/2018

MEDECINS MAUDITS ....Hippocrate aux enfers

 

Après la diffusion d'« Hippocrate aux enfers », un tour de France des facs de médecine pour Michel Cymes

 
  • Hippocrate en enfer

    Après la diffusion d'« Hippocrate aux enfers », un tour de France des facs de médecine pour Michel Cymes

    By Pascal Thomeret

Crédit Photo : France TV (capture d'écran, vidéo replay)Zoom
 

Mardi 30 janvier a été diffusé, sur France 2, « Hippocrate aux enfers », un documentaire inédit signé Michel Cymes et Claire Feinstein, consacré aux médecins nazis qui ont mené des expériences médicales sur des déportés dans les camps de la mort de 1933 à 1945. Les pires atrocités au nom de la « recherche scientifique ».

Pour valider son idéologie, fondée sur la classification des races, le régime nazi a besoin alors de la médecine et de ses praticiens. Plus de 70 % d'entre eux adhéreront au parti nazi. Un engagement qui coûtera la vie à des milliers de déportés utilisés comme cobayes humains. Petit-fils de déportés – ses deux grands-pères ont disparu à Auschwitz –, Michel Cymes retrace dans son documentaire-enquête le parcours de certains de ces médecins et cherche à comprendre comment ceux qui, comme lui, ont prêté le serment d'Hippocrate, ont pu commettre ces actes barbares. 

 

Réalisé par Jean-Pierre Devillers, le film est d'abord un livre de Michel Cymes, « Hippocrate aux enfers », sorti en 2015, « recommandé dans pas mal de facs de médecine », indique son auteur (sur France 2, en deuxième partie de l'émission « Infrarouge »). Celui-ci souhaite désormais faire un tour de France des facs de médecine pour présenter son documentaire et échanger avec les médecins de demain.

« Il y aura une vie après la diffusion. Je vais faire le tour dans toutes les facs de médecine en France, avec le doc, annonce Michel Cymes à Marie Drucker qui l'interroge après la diffusion du documentaire (en replay France TV). J’ai demandé aux doyens de nous accueillir pour qu’« Hippocrate aux enfers » soit diffusé aux étudiants en médecine, pour que le mot éthique ne soit pas quelque chose d’abstrait pour eux. Puis ce sera suivi d’un débat et j’irai partout dans toutes les facs de médecine pour discuter, dialoguer avec ceux qui seront les médecins de demain. »

« Ceux que l'on appelait Docteurs »

Sur des notes du quatuor Renaud Capuçon, la voix-off du célèbre médecin du paysage audiovisuel français donne rendez-vous, dès le début du film, au camp d'Auschwitz-Birkenau, encore « empli de fantômes et de cris », devant le terrifiant Block 10. 

Dans ce bâtiment de briques rouges, des femmes, marquées par la peur, telle Irène Garon, subirent des sévices, des expérimentations « insoutenables » de médecins tortionnaires. « Ceux que l'ont appelait Docteurs, (ceux-là même) qui ont envoyé Hippocrate aux enfers. » Une question taraude le médecin : « Comment peut-on choisir un métier dont le but ultime est de sauver des vies et en arriver à commettre de telles atrocités. » 

Le médecin nous entraîne au camp de Natzweiler-Struthof, dans les Vosges, en France, ou dans la salle d'audience de Nuremberg, où s'est tenu dès décembre 1946 le deuxième procès, appelé également procès des médecins. Parmi 23 praticiens jugés pour crime contre l'humanité, Karl Brandt, médecin personnel d'Hitler et personnage emblématique du procès, « convaincu d'avoir été dans le droit chemin », passe à la barre. Sans l'anatomiste August Hirt, au rêve macabre de réaliser une collection de crânes, de squelettes de prisonniers juifs, qui s'est suicidé en 1945. Sans le tristement célèbre Dr Mengele, qui fera, à Auschwitz, des recherches sur les enfants jumeaux et échappera lui aussi à des poursuites judiciaires. De ce procès naîtra le Code Nuremberg, qui régit l'éthique d'aujourd'hui.

 

Un médecin, au pouvoir immense

Envoyés dans les différents camps, « tous étaient de grands pontes de la médecine », de grands praticiens, non seulement dévolus à l'idéologie nazie, mais aussi convaincus d'avoir bien agi. Des « médecins qui n’étaient pas fous, qui étaient brillants, sensés », rappelle Michel Cymeset pourtant responsables, par conviction, de meurtres de masse. 

Des victimes rescapées, telle Janina Iwanska, racontent leur calvaire et celui de tous les cobayes humains, humiliés, mutilés, disparus dans d'atroces souffrances lors « cette névrose mondiale ». Des victimes qui ne pouvaient imaginer qu'un médecin, au pouvoir immense, « puisse un jour faire le mal ». Lui qui s'était engagé à protéger les plus faibles.

C'est tout le mérite de Michel Cymes que d'avoir mis en évidence cette ambiguïté. Son travail d'histoire ne semble pas terminé. 

***

*

Je connaissais dès mon plus jeune âge 

ces horreurs par la bouche de ma mère qui a fait mon éducation sur le sujet

et j'avais dans mes étagères, ce livre écrit en 1967, hérité de ma belle-maman

Je n'ai jamais voulu m'en séparer pour que mes "héritiers" le découvrent par hasard

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02/02/2018

"LES GRANDES GUEULES, FERMEZ-LA". Des médiocres face à Gérard MILLER

Ajoutée le 12 janv. 2018
Quand Gérard Miller est obligé d'expliquer aux GG pourquoi c'est gênant que 90% de la presse est possédée par 9 milliardaires

 

 

 
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