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19/06/2018

COMPRENDRE LE DROIT D'ASILE ... Un parcours du combattant

 


 
 
Actualité

 

Certains des droits fondamentaux impactés dans la crise actuelle :

- Certains migrants tentent de passer par la mer, d’autres par la terre, et la majorité emprunte des routes mixtes terre/mer/terre. Leur parcours est semé de violations des droits humains.

Des migrants meurent en mer et ne sont pas secourus, malgré les obligations internationales de sauvetage en mer qui incombent aux navires. D’autres sont refoulés en pleine mer ou dans les eaux territoriales d’états qui veulent contraindre les embarcations de migrants à faire demi-tour, ou les dissuader d’accoster sur leurs rivages. Ces pratiques mettent en jeu le droit à la vie mais également enfreignent le principe de non refoulement.

- Les conditions matérielles et sanitaires, la carence des pouvoirs publics des Etats membres dans la prise en charge matérielle minimale de ces migrants et le harcèlement policier que ceux-ci connaissent dans les camps des fortune (comme à Calais), dans certaines villes ou sur les routes d’Europe portent atteinte à leur droit à la dignité et à la sécurité.

- En outre, les fermetures de frontières à l’intérieur de l’espace Schengen sont une violation des accords et traités européens instituant l’espace de libre circulation et les renvois « sauvages » de demandeurs d’asile d’un pays à un autre (comme de la France à l’Italie, entre Vintimille et Menton) sont des violations du règlement de Dublin.

- Les fins de non recevoir, les procédures de tris, et le traitement administratif et juridictionnel des demandeurs d’asile (enregistrés ou potentiels), incluant leur privation de liberté et leur renvoi forcé, violent le droit d’asile, le droit à la protection contre la torture et les traitements inhumains et dégradants, et les droits civils et politiques tels que le droit à un procès équitable, la protection contre la privation arbitraire de liberté, le droit à un recours effectif.

Pour aller plus loin sur la défense du droit d'asile, visitez notre site.

Eve Shahshahani
Responsable des programmes Asile

 
 
Actualité

Glossaire de la crise migratoire

Chaque jour apporte son nouveau lot d’images de « migrants », de réactions de sympathie comme de peurs, et de décisions politiques incohérentes et stériles.
Le choix des mots n’est pas anodin.
autriche_refugies
 
Le 05 / 10 / 2015

S’il peut parfois être évident qu’une personne a besoin d’être protégée, on ne peut en revanche jamais dire que quelqu’un n’a pas besoin d’aide. La fragilité ne se voit pas nécessairement de prime abord. Nous en faisons tous l’expérience dans nos vies quotidiennes.

Alors qu’un nombre sans précédent de personnes en détresse tentent de rejoindre l’espace Schengen pour y trouver une vie meilleure, les Etats de l’Union européenne espèrent satisfaire l’opinion publique en annonçant qu’ils acceptent l’entrée d’une portion dérisoire de ces exilés sur le territoire européen. Mais les réponses politiques nationale et européenne se font écho : la logique reste celle du tri entre les « bons » et les « mauvais », les « vrais » et les « faux réfugiés ».

Sous couvert de bons sentiments, les exilés qui arrivent aux portes de l’Europe seront triés sur la base de préjugés (notamment en fonction de leur nationalité), et leur vécu personnel et leurs craintes individuelles seront ignorées. Les plus chanceux seront répartis sans leur consentement dans des lieux où ils devront rester cantonnés.

Dans cette sélection, les dirigeants politiques s’arrogent en outre le droit de choisir leurs « réfugiés préférés ». Alors que la Convention de Genève de 1951 et tous les textes internationaux prônent l’égalité absolue de traitement des demandeurs d’asile, on dérive dangereusement vers de l’asile choisi.

Quant à la grande majorité des exilés, ceux qui n’auront pas été considérés comme des « vrais  réfugiés », ils seront refoulés, par la force. L’Europe n’a nullement l’intention de changer de politique ; elle continue de concentrer ses efforts et ses ressources financières à se barricader et à faire l’impossible pour que les civils innocents qui rêvent de paix et de sécurité restent entassés dans des camps à l’extérieur de l’Europe, ou poursuivent leur errance mortifère loin de notre regard. Pour mieux les empêcher d’approcher de nos rivages, on prévoit de les faire trier par d’autres, en sous-traitant la « détermination des besoins de protection » à des Etats aussi démocratiques et respectueux des droits de l’Homme que la Lybie, le Maroc ou le Niger.

 

 http://www.acatfrance.fr/actualite/glossaire-de-la-crise-migratoire

 

Aucun texte alternatif disponible.

 

 

Comprendre le droit d'asile

Demander l’asile, c’est chercher refuge, c’est demander à être protégé contre un danger. Aujourd’hui, et plus juridiquement, cela concerne une personne qui a quitté son pays et qui demande protection contre des persécutions ou des mauvais traitements dans le pays d’origine, en ayant la possibilité de s’ « abriter », de rester légalement dans le pays de destination.

Dans la tradition chrétienne, la notion d’asile existait déjà. Tout homme persécuté ou poursuivi pouvait trouver refuge au sein des églises et ainsi être protégé des attaques et menaces extérieures.

Au delà de son fondement religieux, le droit d’asile recouvre aujourd’hui des concepts juridiques précis en droit international comme en droit français.


Ainsi, l’article 14 de la déclaration universelle des droits de l’Homme contient cette déclaration d’intention : « Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays ».
 Emue par le sort des dizaines de millions de civils innocents victimes de la seconde guerre mondiale, la communauté internationale a décidé de faire de la protection des personnes risquant les persécutions un devoir.

En 1951, la convention internationale relative au statut des réfugiés, dite Convention de Genève, a créé une obligation pour les Etats signataires de protéger les personnes qui correspondaient à la définition donnée d’un « réfugié ». En France, la procédure du droit d’asile est codifiée dans le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

 

« Réfugiés »

Le mot réfugié a plusieurs acceptions : il peut désigner, au sens très large, une personne qui « se réfugie » (ex : « Je me suis réfugié chez mes parents, car ma maison était inondée »), ou une personne qui a fui la guerre, ou, plus techniquement, une personne reconnue réfugiée au sens de la Convention de Genève  de 1951.

L’article 1 A2 de la Convention de Genève définit le « réfugié » comme : « Toute personne, qui, craignant avec raison d’être persécutée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve en dehors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut, ou du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays... »



Un réfugié est donc celui qui est persécuté, en raison de ses opinions politiques, mais aussi en raison de sa race, de sa nationalité, de sa religion, ou du seul fait que son comportement est socialement réprimé dans son pays (c’est par exemple le cas des homosexuels dans les pays où l’homosexualité est interdite, ou des femmes refusant de se soumettre à un mariage forcé).


Le statut de réfugié est lié au vécu personnel de la personne, et au fait qu’elle est personnellement menacée, pour des raisons individuelles. On ne peut donc pas dire à l’avance qui sera ou ne sera pas réfugié. Il faut écouter et examiner chaque histoire individuelle.

Dans d’autres cas, une personne peut être protégée sans que la menace (ou l'absence de protection) ne provienne nécessairement d’autorités étatiques ou de détenteurs du pouvoir local, si elle risque la torture ou la peine de mort, ou si son intégrité physique est gravement en danger, notamment si son pays ou sa région d’origine connaissent une situation de conflit armé ou de violence généralisée telle que sa vie en serait en danger. En France, on appelle cette protection la « protection subsidiaire ». L’idée derrière cette protection est que les personnes pourront un jour rentrer chez elles quand la violence aura cessé.

 

« Demandeurs d’asile »

Juridiquement, les personnes arrivant aux portes de l’Europe ou désireuses d’y entrer n’ont pas encore obtenu la reconnaissance du statut de réfugié.

« Demandeur d’asile » désigne une personne qui a exprimé, de quelque manière que ce soit, le souhait d’être protégée contre des dangers ou des persécutions dans son pays d’origine ou de provenance.

Plus techniquement,  les termes « demandeur d’asile »  désignent une personne qui a déjà formellement déposé une demande d’asile auprès d’une administration.

Si une personne veut demander l’asile, on doit la désigner comme un demandeur d’asile et lui accorder les droits et  les garanties correspondantes, dès la première expression de son souhait de demander l’asile. Les migrants et les potentiels demandeurs d’asile ont des droits au regard de la convention de Genève de 1951, puisque celle-ci les protège contre le refoulement.

Il est interdit de « refouler », c’est à dire de « repousser » une personne qui souhaite demander l’asile sans avoir enregistré et examiné individuellement sa demande.

 

 

Quelles sont les implications fondamentales du droit d’asile ?

Pour être protégé, il faut pouvoir convaincre qu’on a de bonnes raisons d’avoir peur, que l’on « craint avec raison » d’être persécuté ou de subir des violations graves des droits de l’homme. Or, pour avoir une chance d’être cru, il faut avoir les moyens de se faire comprendre.

Le droit d’asile implique donc qu’on ait réellement les moyens d’expliquer pourquoi on se sent en danger, quelles menaces ou quelles persécutions nous ont conduit à tout laisser derrière nous, et pourquoi nos craintes sont fondées.

Concrètement, avoir les moyens, cela veut dire comprendre les enjeux de la procédure, vivre dans des conditions dignes et sûres pendant qu’on fait sa demande sans crainte d’être prématurément renvoyé, pouvoir s’exprimer dans sa langue, recevoir une aide juridique aux moments réellement déterminants du parcours, être écouté en toute confidentialité par des personnes formées au droit d’asile, et pouvoir se retourner vers des juges impartiaux en cas de rejet.

La convention de Genève de 1951 affirme en outre clairement: « Toute  personne » qui craint avec raison peut être protégée.

Ces mots -« Toute personne »- posent le principe fort de la non discrimination, et de l’égalité de traitement des demandeurs d’asile.  Il est donc primordial, par principe comme dans toutes étapes concrètes de la procédure, de garantir l’égalité des chances entre tous les demandeurs d’asile, afin que tous, sans distinction, aient la même possibilité d’être entendus, compris, et si nécessaire protégés. Aucun préjugé ne peut déterminer a priori, qui serait un « bon » ou un « mauvais » demandeur d’asile, ce serait de la discrimination.

En définissant le réfugié comme celui qui « craint » avec raison, la Convention de Genève de 1951 consacre le caractère prospectif des craintes de persécutions. C’est à dire qu’une personne doit pouvoir être reconnue comme réfugiée sans avoir nécessairement à démontrer qu’elle a déjà subi des persécutions. Le droit d’asile n’est pas une prime à la souffrance passée, mais une protection contre de probables souffrances à venir.

De plus, on ne fuit pas son pays en emportant une valise pleine de preuves à charge et de documents incriminants.

Pour prouver une souffrance passée dans le cadre de la demande d’asile, on ne peut exiger qu’une personne exhibe les stigmates des tortures subies. On ne peut non plus imposer aux demandeurs d’asile de produire des preuves matérielle ou écrites de leur vécu ou de leur craintes de persécutions.

La Convention de Genève de 1951 pose le principe de la preuve par tous moyens, et rappelle ici aussi explicitement la reconnaissance du statut de réfugié ou l’octroi d’un autre type de protection internationale ne peuvent être subordonnés à aucune exigence de preuve matérielle.

C’est aussi pour cette raison que la place et le temps laissés à la parole des exilés qui demandent à être protégée sont fondamentaux.

 

 

La procédure de demande d’asile en France :

On peut avoir besoin de demander l’asile à n’importe quel moment de son parcours de vie. La plupart des exilés qui fuient leur pays et arrivent en France y déposent une demande d’asile peu de temps après leur arrivée. Mais il peut aussi arriver qu’on n’ait pas demandé à être protégé pendant des années -en vivant en situation régulière ou irrégulière en France- et qu’on prenne conscience plus tard du danger qu’on courrait à retourner, soit  parce qu’une guerre a éclaté ou parce qu’un violent changement de régime a « changé la donne », ou parce qu’en exil, on s’est impliqué socialement ou politiquement au point de risquer une répression en cas de retour.

La procédure de demande d’asile française vient d’être largement modifiée par la réforme de l’asile, dont l’ACAT vous propose des éléments de compréhension détaillés. En voici ici les grandes étapes :

Une personne qui souhaite demander l’asile en France doit faire enregistrer sa demande par l’administration générale auprès d’un « guichet unique ».

- Les services de la préfecture y contrôlent la complétude du dossier et exigent de nombreux documents. Ils ont l’obligation d’enregistrer la demande d’asile dans un délai de trois jours et de délivrer au demandeur une attestation, qui lui permettra de rester légalement en France pendant la durée de la procédure. Ce sont également les services préfectoraux qui font des constatations à l’impact procédural déterminant, qui conduiront au placement du demandeur en procédure normale ou accélérée. Ils remettent au demandeur d’asile le formulaire de demande d’asile. En parallèle de cela, les services de l’Office français de l’intégration et de l’immigration (OFII) sont chargés de mettre en place les conditions matérielles d’accueil du demandeur d’asile (hébergement, allocations, proposition d’un bilan médical)

- Le formulaire de demande d’asile est rédigé en français. Il doit être rempli et contenir (toujours en langue française) le récit personnel du demandeur, contenant l’exposé de son vécu et de ses craintes de persécutions. Ce formulaire doit être renvoyé dans le délai de 21 jours à l’Office de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), l’administration spécialisée de l’asile. S’il s’agit d’une demande de réexamen, ce formulaire doit être renvoyé dans un délai de 8 jours. (Par la suite, le demandeur d’asile devra justifier d’une adresse postale et retourner en préfecture pour le renouvellement de son attestation de demande d’asile valant droit au séjour).

- L’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) examine la demande d’asile et convoque le demandeur à un entretien oral, au cours duquel des questions lui seront posées, en présence d’un interprète, pour apporter des précisions sur ses raisons de demander l’asile. Si la demande est traitée en procédure accélérée, l’OFPRA ne se laisse en théorie que 15 jours pour étudier le dossier, entendre la personne, et rendre sa décision. Tant que l’OFPRA n’a pas rendu sa décision, il est possible de compléter la demande par des éléments de preuve ou de récits supplémentaires.

La décision de l’OFPRA est notifiée au demandeur d’asile par courrier recommandé avec accusé de réception.

Détail important, c’est la date à laquelle le bordereau du recommandé postal a été signé (par le demandeur ou une tierce personne) qui compte comme date de notification.

Il peut s’agir :

  • d’une décision positive :
    • Reconnaissance du statut de réfugié
    • Protection subsidiaire
  • d’une décision négative :
    • Irrecevabilité de la demande (comme une fin de non recevoir de la demande d’asile, qui n’aura alors pas été examinée au fond, mais seulement via un « examen préliminaire »
    • Clôture (équivalant à une radiation de la demande d’asile, qui, ici encore, n’aura pas été examinée au fond jusqu’au bout)
    • Rejet (l’OFPRA a examiné la demande mais considère que la personne n’a pas besoin d’être protégée).
  • En cas de décision de clôture, la personne « radiée » a 9 mois à compter de la notification pour se rendre de nouveau en préfecture (comme au tout début du parcours) et demander la réouverture de sa demande d’asile, en présentant des explications. Après ces 9 mois, la décision de clôture est considérée comme définitive, et les conditions du recours devant la CNDA s’appliquent.
  • En cas de décision d’irrecevabilité ou de rejet de la demande d’asile, le demandeur peut faire un recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) dans un délai d’un mois à compter de la notification de la décision.
    • Le recours doit être écrit, daté et signé, et il doit expliquer avec un minimum de détails pourquoi l’OFPRA a eu tort, selon le demandeur, et pourquoi la demande d’asile était en fait fondée. Pour cela, on peut solliciter l’aide d’un avocat. Tous les demandeurs d’asile ont désormais droit à l’aide juridictionnelle, c’est à dire à un avocat dont les honoraires sont pris en charge par l’Etat et les fonds de solidarité des ordres des avocats.
    • La CNDA statue sur le recours dans un délai de 5 mois pour les procédures normales et dans un délai de 5 semaines pour les procédures accélérées.  Pour les procédures accélérées, l’affaire est jugée par un juge statuant seul. Pour les procédures normales, le requérant est entendu par un panel de trois juges. Après l’audience, à laquelle le demandeur d’asile est présent avec son avocat, l’affaire est mise en délibéré, et la Cour rend sa décision par écrit un mois plus tard.
  • En cas de décision positive, si une personne se voit reconnaitre une protection, que ce soit par l’OFPRA, ou par la Cour nationale du droit d’asile, elle pourra bénéficier :
    • D’une carte de résident valable dix ans en cas de reconnaissance du statut de réfugié
    • D’une carte temporaire de séjour valable un an en cas d’octroi de la protection subsidiaire
    • Elle pourra aussi faire venir son conjoint et ses enfants mineurs.

 

 http://www.acatfrance.fr/comprendre-droit-asile

16/06/2018

17 juin à midi.. J.Luc MELENCHON sur FRANCE INFO

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Mickaël Correia « Le football est un fait social à part entière »

 

Entretien réalisé par Nicolas Guillermin
Lundi, 12 Mars, 2018
L'Humanité
1882, l’équipe ouvrière de Blackburn Olympic, vainqueur du club aristocratique des Old Etonians en finale de la Cup. éditions La Découverte
1882, l’équipe ouvrière de Blackburn Olympic, vainqueur du club aristocratique des Old Etonians en finale de la Cup. éditions La Découverte
 

Journaliste indépendant, Mickaël Correia publie un livre événement intitulé Une histoire populaire du football, récit subversif et politique de plus d’un siècle de ballon rond.

Avec Une histoire populaire du football (1), Mickaël Correia propose une chronique alternative et politique du ballon rond. À contre-pied du foot-business, l’auteur raconte comment ce sport est depuis plus d’un siècle un instrument d’émancipation et de contestation aux quatre coins du monde.

Ce livre sonne comme un tacle aux clichés qui collent au football et à ceux qui le considèrent comme l’ « opium du peuple » .

mickaël correia Dans les années 1970, une théorie critique, plutôt issue des milieux libertaires, et portée par Jean-Marie Brohme, sociologue radical, expliquait avec condescendance que les ouvriers retrouvaient dans le foot la division du travail qui existe à l’usine. Eh bien non, les ouvriers jouent au football car ils y prennent du plaisir. Plus globalement, il y a aussi la figure du supporter un peu veule, chauvin, qui aime se battre, et du joueur abruti qui gagne des millions. Depuis plusieurs années, ces clichés s’épuisent avec les nombreux travaux universitaires, les débats sur la fonction sociale et politique du sport mais aussi des revues qui mettent en avant la culture football. Le foot, c’est une culture populaire et un fait social à part entière.

Le football, dites-vous, a été « conçu par les capitaines d’industrie comme un moyen de contrôler les ouvriers et de les détourner des luttes sociales »

mickaël correia Au XIXe siècle, le football est codifié par les public schools comme un moyen d’inculquer des valeurs à la jeunesse bourgeoise anglaise (esprit de compétition, virilité, respect de l’autorité…). Ces jeunes apprennent ensuite le foot à leurs ouvriers, pour les occuper, en leur transmettant ces valeurs mais cela va se retourner contre eux. À partir de 1874, les ouvriers obtiennent le droit de ne plus travailler le samedi après-midi. Issue en majorité de l’exode rural, la classe ouvrière a besoin de recréer des repères sociaux. Avec le samedi après-midi de libre, les ouvriers vont aller au stade comme on va au pub. Supporter son club, qui représente son usine, développe un sentiment de fierté et d’appartenance, constitutif de la conscience de classe, qui va être un des catalyseurs des luttes sociales de la fin du XIXe et début XXe.

Le paradoxe, c’est que le professionnalisme, qui est un des premiers jalons de la marchandisation du football, vient des ouvriers…

mickaël correia C’est exact. Contre un petit billet, les patrons vont « embaucher » leurs ouvriers. Sauf que les ouvriers vont devoir s’entraîner de plus en plus avec la Coupe d’Angleterre à partir de 1871 et le championnat vers 1880. En 1907, un syndicat naît à Manchester et les ouvriers footballeurs font grève pour être considérés comme de vrais travailleurs avec un salaire, une mutuelle et le droit de se syndiquer. La Fédération anglaise prend peur, car United est déjà une des meilleures équipes… Cette division entre amateurisme et professionnalisme va faire débat jusque dans les années 1930. Pour les aristocrates, qui détiennent les grands clubs et les fédérations, le foot doit rester amateur, c’est sale d’être payé. Et puis, il y a toute l’éthique du fair-play, issu de la chevalerie, qui met en avant l’honneur individuel, alors qu’à l’inverse les ouvriers défendent une éthique populaire qui assume la rivalité et la solidarité collective avec la passe, geste qui symbolise l’entraide propre au milieu ouvrier.

Les supporters jouent un rôle sociétal. Lors du printemps arabe de 2011, les ultras Ahlawy sont au cœur de la révolution égyptienne.

mickaël correia La culture ultra, née dans les années 1970 en Italie des groupes autonomes d’extrême gauche, est une espèce de supportérisme radical caractérisée par une culture de l’indépendance farouche vis-à-vis de la direction du club, une autonomie financière, une culture de l’anonymat et une capacité à animer les stades. À travers ces pratiques, les ultras vont être un des éléments essentiels du printemps arabe. Dans un premier temps, ils échappent à la mainmise du régime de Moubarak et le critiquent avec les premiers slogans hostiles dans les stades. En Tunisie cela va être pareil et en Turquie aussi avec les événements de la place Taksim, en 2013. Quand les manifestations de la place Tahrir éclatent en Égypte, en 2011, les ultras appellent à manifester. Réprimés régulièrement, ils sont les seuls à avoir des pratiques d’autodéfense et vont apprendre aux autres à se défendre. Leur culture des chants et leur art de la raillerie vont nourrir le mouvement et les slogans hostiles au régime.

Dans le chapitre sur les dictatures, le récit sur l’Anschlussspiel (match de l’annexion), le 3 avril 1938 à Vienne, est incroyable…

mickaël correia À cette époque, la Wunderteam (l’équipe de rêve) autrichienne est une des meilleures d’Europe avec son frêle attaquant Matthias Sindelar, surnommé Der Papierene (l’Homme de papier), originaire de Moravie (région de la République tchèque). Lors de ce match de propagande arrangé qui doit se solder par un 0-0, Sindelar obtient de jouer avec le maillot autrichien une dernière fois avant l’absorption de la Wunderteam par l’équipe allemande, nettement plus faible. Mais il est interdit aux Autrichiens de marquer. Tout se passe comme prévu mais les Autrichiens sont tellement supérieurs que le match tourne à la farce. À la 78e minute, Sindelar ouvre le score et célèbre son but pour provoquer les dignitaires nazis. Peu après, Karl Sesta, d’origine polonaise et surnommé le Gros, aggrave le score. Soit deux joueurs aux antipodes des standards physiques aryens qui brisent la machine de propagande. Sindelar vient de signer son arrêt de mort mais il est si populaire que les autorités tentent de l’utiliser pour l’équipe du Reich. À chaque fois, il invoquera une blessure ou son âge avancé pour ne pas jouer. Sa compagne étant juive, ils sont fichés par la Gestapo comme « sympathisants juifs » et seront retrouvés dans leur appartement, intoxiqués au monoxyde de carbone le 23 janvier 1939… Quinze mille personnes accompagneront son cercueil dans les rues de Vienne.

Mickaël Correia

 

Jean-Luc Mélenchon a partagé un lien.
4 h ·
 
heuredupeuple.fr
 
A l’heure de la Coupe du monde de football, Mickaël Correa publie un livre…

 

POURQUOI LES FOOTBALLEURS GAGNENT-ILS AUTANT D'ARGENT ?

TPE : football et argent.

 

          De nos jours, le football est le sport le plus pratiqué et le plus médiatisé dans le monde, malgré cela, il reste avant tout un sport populaire. Depuis des années, le football professionnel a toujours eu une grande place dans la société, notamment au niveau social. Cela ne se limite pas à un seul pays, c'est le monde entier qui est touché par ce phénomène.

Le fait que nous vivions dans une société capitaliste renforce la présence de l'argent dans le football professionnel sous forme de salaires, de transferts, de publicités ou encore de contrats. Cet argent pousse les footballeurs à essayer de se surpasser pour plusieurs raisons.

La première étant l'aspect financier et le rapport performance/salaire, plus ils sont performants et plus leurs salaires et leurs primes de matchs seront élevés.

La deuxième raison concerne l'aspect médiatique et le regard des gens sur leurs performances car pour ce sport les spectateurs et les supporters sont nombreux, ils cherchent donc à les satisfaire.

Par ailleurs, ces deux aspects influencent certains joueurs, ce qui les entraine à utiliser des méthodes plutôt controversées. En effet, nous retrouvons des cas de tricheries, de corruptions, ce qui ternie l'image de ce sport très populaire de par le monde. Aujourd'hui le football professionnel est au centre de multiples débats, il est également victime d' idées reçues concernant les salaires, qui sont pour certains trop élévés.

  Dans le football en général, nous avons l’habitude de nous focaliser sur les salaires des joueurs internationaux qui se situe dans une fourchette de 10 à 20 millions en France, mais ceux-ci représentent une minorité, le public et la presse ne s’intéresse pas à l’autre minorité qui englobe la ligue 2 ainsi que tous les autres petits clubs de Ligue 1. Pourtant les salaires de ces joueurs représentent environ 95% du football français. Malheureusement, ces salaires en question ne sont pas évoqués , c’est entre autre une des causes des la dénaturation du football, car le grand public se fixe essentiellement sur les salaires des plus grandes stars, qui, ne représente qu’une petite partie du football en général.

 

 

 

Raisons...

 

         Suite à ces augmentations impressionnantes des salaires, nous verrons quelles sont les raisons d’une telle hausse. Les raisons qui ont amené à en venir à des salaires aussi conséquents est tout d'abord dut à l'importance de la place du football dans la société. Désormais, le football est un sport international connus et joué par le monde entier. Durant la dernière décennie, le football est  devenu le symbole du  « sport business », une industrie bien rodée qui crée ses stars et les propulse à coup de millions d’euros dans les championnats européens.  Les clubs anglais, espagnols et français préfèrent dorénavant les hommes d’affaires. Il nous renvoie aujourd’hui le reflet d’une société en perte de repères, une salle des marchés en forme de stade qui a laissé ses valeurs au vestiaire. Ce parallèle peut certes paraître simpliste, mais les symptômes sont similaires : omniprésence de l’argent, sur médiatisation, individualisme exacerbé, orgueil … tout y est.

         En France, ce changement est en partie dû à l'arrivée de Canal+, maintenant les droits télévisés sont énormes, en Angleterre, Espagne, Allemagne on s'aperçoit que seul le PSG est capable de rivaliser avec les grands clubs étrangers. Ensuite, ces salaires sont accentués par les médias entre autres Canal+, ainsi que d’autres chaines télévisées en France et en Europe. De plus, de nombreux contrats publicitaires sont signés avec les joueurs de haut niveau comme celui de David Beckam avec H&M ou de Messi avec Adidas, ces contrats assurent environ la moitié de leur revenu mensuel.

 

2) Football et corruption.

TPE : football et argent.

 

          Aujourd'hui, la crédibilité du football professionnel est menacée par un grand nombre d'individus qui bafouent l'éthique sportive, notamment en ayant recours à des méthodes controversées et illicites telles que la corruption. Cette dernière est définie comme le fait de solliciter, d'offrir, de donner ou d'accepter une commission illicite en échange d'une action qui affecte le comportement ou l'exercice normal de la fonction du bénéficiaire. L'objectif étant pour celui-ci d'user du pouvoir de sa fonction afin de servir ses intérêts personnels, qui sont dans la plupart des cas liés à l'argent. La corruption est une méthode qui est présente dans de nombreux sports aujourd'hui tels que le tennis, le basket ou encore le volley, mais nous nous intéressons dans cette partie seulement à la corruption dans le milieu du football. Pour nous aider, nous allons utiliser l'exemple du « scandale des matchs truqués » en 2012 dans le championnat de football professionnel italien.

          La présence de cette méthode illicite constitue une réelle menace pour le football professionnel. La généralisation de la corruption dans le football peut en effet avoir des retombées économiques diverses, comme de faire fuir de nombreux spectateurs également consommateurs mais aussi de nombreux partenaires économiques (par exemple, des sponsors ne voulant pas être associés à la triche). Cependant, celle- ci n'apparaît pas comme une pratique récente. En effet, au début du XX ème siècle étaient déjà présents de nombreux cas de corruptions comme celui du match truqué entre Manchester United et le Liverpool FC en 1915, au profit du club de Manchester afin de lui éviter une relégation en seconde division. Il est difficile de dire si la corruption dans le football est plus ou moins présente que par le passé. Les moyens de contrôles des rencontres de football étaient par le passé beaucoup moins nombreux qu'aujourd'hui. Cela induit qu'un certain nombre de rencontres ont peut être été truqué mais en l'absence d'instances de contrôle et de moyens, ceux-ci sont passés « entre les mailles des filets » de la FIFA et de l'UEFA*. (voir lexique)   

     Logo officiel de la FIFA.         Logo officiel de l'UEFA.

 

          Il existe à ce jour deux types de corruption concernant les trucages de matchs qui se différencient selon que le bénéficiaire soit une des deux équipe ou un organisme de type mafieux. Le cas où le trucage de matchs profite à une des deux équipes se fait de plus en plus rare et tend à disparaître, en effet même si celui-ci a prospéré dans les années passées avec de nombreuses affaires de corruption restées célèbres, il est beaucoup moins important aujourd'hui. Ce phénomène est dû à l'apparition paralèlle des trucages de matchs en lien avec les paris sportifs, une nouvelle forme de corruption. Celle-ci est apparue principlament grâce au développement autour des marchés de paris en ligne qui ont pris un essor considérable ces trois dernières années et à mis en évidence la forte implication de mafias d'Europe de l'est et d'Asie du sud, qui en profitent pour blanchir de l'argent. Le principe est très simple, des investisseurs malintentionnés, le plus souvent des groupes mafieux ayant fait le pari de la victoire d'une des deux équipes peuvent soudoyer l'arbitre ou les joueurs adverses afin qu'ils ne donnent pas le maximum au cours du match.

          Dans notre société actuelle où le mot d'ordre est " s'enrichir " quels qu'en soient les moyens, seul compte le résultat, le développement des marchés en ligne et du football en tant qu’économie ont également eu comme effet d’introduire plus d’argent dans le jeu. Sa circulation est plus facile, les possibilités de corrompre sont donc plus nombreuses. Avec les enjeux financiers importants, la tentation est grande pour les clubs, les joueurs, les arbitres d'enfreindre la loi et les règlements sportifs pour influer sur le résultat des matchs. Le football est- il plus vulnérable à ces pratiques illicites que d'autres sport ? Il faut croire que oui, notamment en raison de sa forte exposition médiatique, de sa popularité et de l’argent qu’il génère, il est donc clairement plus exposé à ce type de risques que les autres sports. Ainsi, près de 70% des paris sportifs concernent cette discipline.

          Nous allons maintenant nous intéresser à un cas précis de corruption pour illustrer nos propos. C'est celui du « scandale des matchs truqués » (aussi appelé « calcioscommesse »  en italien (calcio signifiant football et scommesse paris) en 2012, dans plusieurs championnats de football italien (série A, série B, série C1)

calcioscommesse.jpg

          Cette affaire de corruption n'est pas la première et ne sera sans doute pas la dernière en Italie. En effet, en 2006 avait déjà éclaté au grand jour le "Calciopoli", qui est aussi appelé le "scandale des arbitres". Ce dernier avait créer de fortes polémiques dans le monde du football, notamment car de nombreux arbitres avaient été corrompus. L'Italie n'était pas au bout de ses surprises puisqu'en septembre 2012 est découvert une nouveau scandale concernant cette fois-ci des joueurs de série A et B ainsi que des entraineurs. Le début de l'affaire remonte au mois de décembre 2010. Les dirigeants du club de Cremone, club de deuxième division portent plainte, surpris par la passivité de leurs joueurs lors d'un match contre Paganese, également pensionnaire de deuxième division. Suite à de multiples perquisitions, écoutes téléphoniques et mises en examen de joueurs, les enquêteurs découvrent un réseau de triche mondial. Cette affaire va réapparaître en 2012 avec de nombreuses arrestations suite à de nouvelle enquêtes judiciaires. De nombreux joueurs ainsi que plusieurs clubs ont subit de lourdes sanctions (amendes, relégations, suspensions). Le football italien a perdu beaucoup de notoriété auprès de la société par la suite de cette affaire. Cependant, ce n'est pas uniquement l'image de ce championnat qui est ternie, mais l'image du football en générale.

             En conclusion, les instances du football européen telles que l'UEFA se doivent de renforcer la surveillance et les contrôle afin de limiter ou d'arrêter l'utilisation de ce type de méthode dans le football professionnel. De plus, la corruption en étant une activité illicite ternie l'image de ce sport, on peu donc parler d'une certaine forme de dénaturation du football en rapport avec l'argent.

 

 

 

 

 

 

le saviez-vous ? ....

 

En 95, une décision de justice permet aux clubs d'avoir dans leur équipe autant de joueurs étrangers qu'ils le souhaitent.
Si un joueur étranger veut changer de club à la fin de son contrat, il n'a plus à payer d'indemnité.
C'est plus de liberté, plus de concurrence entre clubs et les clubs les plus riches sont prêts à payer très cher pour les recruter.
Pour avoir le droit de diffuser des matchs, les chaînes de Télé versent aux clubs des centaines de millions d'euros. Plus un club remporte de victoires, plus il passe à la télé et plus il gagne d'argent. Et plus il gagne d'argent, plus il recrute de bons joueurs et plus il remporte de victoires.
Les clubs connus s'enrichissent aussi avec la vente de billets, de maillots. Tout ça leur permet de très bien rémunérer leurs joueurs stars. Ils doublent souvent leurs revenus en signant des contrats de publicité.
Mais ces salaires énormes ne concernent que très peu de joueurs professionnels. La majorité fait carrière dans de plus petites équipes. Ils gagnent en moyenne 10 000 euros par mois et jouent en club moins de six ans. Tout le monde n'est pas Messi.

 

 http://www.ohmymag.com/roland-garros/roland-garros-voici-combien-gagnent-reellement-les-joueurs-du-grand-tournoi

Tous les ans à cette période a lieu le tournoi de Roland Garros. En plus de leur salaire mensuel, les tennismen touchent une somme en fonction de leur classement...

 

En plus des joueurs, on peut voir sur le terrain de nombreux ramasseurs de balles. Contrairement aux joueurs, ils ne gagnent aucun salaire ou prime. En contrepartie ils gagnent des cadeaux des sponsors et ont la chance de voir les joueurs de près. Mais combien gagnent les joueurs ?

Les primes des joueurs

Les joueurs touchent de l'argent en fonction de leur classement au tournoi : 

- 1 800 000€ pour le vainqueur

- 900 000€ pour les finalistes

- 450 000€ pour les demi-finalistes

- 250 000€ pour les quart de finalistes,

- 145 000€ pour les huitième de final

- 85 000€ pour le troisième tour

- 50 000€ pour le second tour

- 27 000€ pour le premier tour

Ces montants changent en fonction des années. Par ailleurs, les hommes et les femmes ne touchent la même somme que depuis 2012 !

Vous n'avez plus qu'à vous reconvertir dans le tennis maintenant... 

• Sophie Bernard
 
 
 
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15/06/2018

Le FMI et la France : encore un abus d’ingérence ! et .. MACRON, pas terrible au niveau mondial

Le FMI et la France : encore un abus d’ingérence !

11 juin par CADTM France


Christine Lagarde et Emmanuel Macron (CC)

 

LE MONARQUE ME DEGOUTE PRFONDEMENT

et LAGARDE.. IDEM !

****

 

 

Le 4 juin dernier, le FMI a publié sa lettre de fin de mission et énonce ses recommandations pour la France. On pourrait croire à une déclaration de politique générale tant cette lettre semble faite de copiés-collés du programme des instances ministérielles et des annonces de l’Élysée. Il y a là une ingérence manifeste et partisane au sens où le FMI dicte ses orientations politiques au gouvernement français et que ces orientations rabâchées jusqu’à plus soif vont toujours dans l’intérêt des classes dominantes.

Il en est ainsi :
- de la réforme de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’assurance chômage (débat en cours sous l’intitulé = « Projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel ») ;
- de celle de la SNCF (« Projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire ») ;
- de la réduction des dépenses publiques (en cours avec le projet Cap 2022 qui prévoit une réduction des dépenses publiques de 30 % de leur montant actuel avec 120 000 suppressions d’emplois dans la fonction publique ;
- du déploiement d’outils macroprudentiels pour éviter des déséquilibres tant que les conditions financières restent favorables (favorables à qui, la lettre ne le précise pas, mais chacun-e aura compris que ce n’est pas pour les classes populaires).

Par « outils macroprudentiels », est-ce la théorie du ruissellement chère à Macron qui veut faire croire que l’enrichissement immédiat de quelques-uns aux dépens du plus grand, finira par provoquer des retombées positives pour tous in fine, théorie dont nous avons pu vérifier l’inanité depuis le fameux théorème d’Helmut Schmidt de 1974 (les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain) ? Ou bien s’agit-il d’un paquet de mesures associant la casse de la protection sociale, des cadeaux fiscaux au patronat et les bras ouverts à la finance ?

Quoiqu’il en soit, face à cette ligue factieuse (Macron-FMI), les chômeurs, les salarié-e-s (à statut ou sans statut) n’ont pas d’autres voies que celui des mobilisations.
Nous n’avons pas attendu que le FMI en remette une couche pour combattre la financiarisation et les injustices de cette société.

Un groupe de citoyens a commencé à mettre à nu le système-dette appliqué à l’assurance chômage et a interpellé le ministère du Travail et la direction de l’Unedic qui, par leur silence, montrent leur peur de la vérité et de la transparence.

La dette de la SNCF a été détricotée par le cabinet DEGEST qui a montré que pour

100 € d’empruntés, si 41 € allaient bien à l’investissement, 59 € servaient le système financier. Les cheminots en sont à leur deuxième mois de grève et malgré les tentatives du gouvernement et de ses chiens de garde (les médias à sa botte), la mobilisation ne faiblit pas.

Du coté des hôpitaux et des Ephads, la lutte continue de même en de nombreux endroits et la population apporte son soutien à ces mobilisations.

Cette lettre de fin de mission constitue un véritable satisfecit politique donné au gouvernement Macron et un encouragement à poursuivre dans la même voie.

C’est une véritable ingérence de la part du FMI, ce qui ne nous surprend pas. Encore une fois, cette institution financière internationale se comporte de façon partisane en faveur des plus riches et des transnationales contre les peuples. Le CADTM appelle à la dissolution du FMI, en grande partie responsable des différentes crises qui se succèdent depuis sa création. L’institution est nuisible pour les populations depuis ses fondations et il faut œuvrer à construire des alternatives respectueuses de l’humain et son environnement, sans quoi la précarité va continuer à se généraliser malgré la croissance des richesses entre les mains d’une élite déconnectée de la réalité.

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Pourquoi un fonds monétaire international ?

Créé suite aux accords de Bretton Woods, le FMI avait pour but d'équilibrer le système monétaire international d'après-guerre, tout comme la banque mondiale. De nos jours, son principal rôle est devenu le développement du commerce mondial et surtout, la garantie de la solvabilité des pays confrontés à une crise financière, afin d'éviter les dommages collatéraux sur le système financier mondial.

 

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extraits

http://www.revolutionpermanente.fr/Un-desalignement-des-planetes-pour-Macron

Un « désalignement des planètes » pour Macron ?

L'exceptionnel concours de circonstances favorables, certaines conjoncturelles, d'autres plus structurelles, qui ont mené Macron au sommet de l’État et ont assis son pouvoir au cours de la première partie de son quinquennat pourraient bien connaître un brutal retournement.

 

... De manière générale, au niveau mondial, la posture de Macron, qui a voulu surjouer la « romance » avec Trump, au point de se présenter, de façon outrageusement ridicule, comme « l’homme qui murmurait à l’oreille de Trump » est allé de déconfitures en déconfitures : d’abord Trump s’est retiré de l’accord sur l’Iran, infligeant un premier camouflet à « Jupiter », puis il a décidé de mener de façon unilatérale une guerre commerciale contre la Chine et imposé des droits de douane à l’Union Européenne sur l’acier et aluminium, seconde gifle pour Macron. Autant d’éléments qui sont venus faire voler en éclats la posture de rayonnement de Macron, révélant en réalité son impuissance géopolitique, et à travers lui l’impuissance géopolitique de la France. Or ces revers viennent écorner l’image de Macron à l’intérieur, certains analystes se questionnant même sur les résultats, au demeurant nuls, de la « méthode Macron ».

Au niveau européen aussi les choses se compliquent ces derniers temps. Macron apparaît plus seul que jamais, voire même comme le dernier représentant de son espèce : un néolibéralisme en fin de règne, tardif et non-hégémonique. Car l’Allemagne a bien fait savoir qu’elle n’irait en rien dans le sens des mesures prônées par Macron, Merkel restant inflexible dans son refus d’un budget fédéral et de pousser plus avant l’intégration européenne. Pire, l’Italie, ancien bastion néolibéral aux mains de Renzi, est désormais passée dans les mains de la droite nationaliste et l’extrême-droite. De manière générale, les tendances nationalistes et réactionnaires d’extrême-droite semblent gagner du terrain en Europe. Macron est donc plus seul que jamais.

Au-delà d’un « désalignement des planètes », Macron aborde les chantiers à haut-risque de 2019, notamment la réforme des retraites, dans une situation internationale hautement volatile, et potentiellement défavorable. Cela pourrait mener dans l’avenir à une polarisation politique d’autant plus violente et conférer un caractère épileptique aux prochains conflits. Même la chance de Bonaparte a touché à sa fin. Celle de Macron pourrait survenir plus vite que prévu.

 

 
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