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28/01/2019

DES GILETS JAUNES AUX FOULARDS ROUGES

 

 

CHOMEURS ET DECONNEURS ... CE QUI VOUS ATTEND ! Le décret signé en catimini le 28 décembre

Chômeurs et « déconneurs »

Quand Emmanuel Macron s’inspire de Ken Loach

Avec le sens de la formule choc et du mépris de classe assumé qu’on lui connaît, M. Emmanuel Macron a encore frappé lors de sa rencontre avec des maires réunis dans l’Eure, le mardi 15 janvier : « Les gens en situation de difficulté, on va davantage les responsabiliser car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent. »

Au premier rang des « déconneurs », les chômeurs que le président entend « responsabiliser » à coup de sanctions financières inédites en France. Tel est le sens du décret signé en catimini le 28 décembre 2018 en application de la si mal nommée « loi sur la liberté de choix de son avenir professionnel ». Les chômeurs auront dorénavant le choix : accepter n’importe quel emploi, à n’importe quelle distance de leur domicile ; ou ne plus bénéficier de leur droit aux indemnités. Ramper ou périr d’inanition en somme.

Promettant de débarrasser la France de ses archaïsmes, le gouvernement assure que le dispositif permettra de faire entrer le pays dans la modernité. Foin d’innovation, pourtant : le système a déjà été mis en œuvre en Allemagne (Hartz IV) ; il est expérimenté au Royaume-Uni, avec des conséquences que relate le film du réalisateur Ken Loach Moi, Daniel Blake (Sixteen films, 2016), palme d’or au Festival de Cannes.

Afin d’illustrer les dégâts humains et sociaux d’une réforme alliant dérives arbitraires et boursouflures bureaucratiques, Ken Loach met ici à la disposition des lecteurs du Monde diplomatique plusieurs extraits de son film dont voici un résumé :

« Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l’obligation d’une recherche d’emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers aujob center, Daniel va croiser la route de Katie, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d’accepter un logement à 450 kilomètres de sa ville natale pour ne pas être placée en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des aberrations administratives du Royaume-Uni d’aujourd’hui, Daniel et Katie vont tenter de s’entraider... »

 

 

 

© Avec l’aimable autorisation de Le Pacte

Au Royaume-Uni, qui semble avoir inspiré M. Macron tout autant que Ken Loach (bien que pour d’autres raisons), 500 000 salariés ont basculé dans la pauvreté au cours des cinq dernières années, sans perdre leur emploi. « Le nombre de travailleurs pauvres a augmenté plus rapidement que le chômage », résumait un article du Guardian, le 4 décembre 2018. Désormais, 60 % des personnes pauvres vivent au sein de foyer où au moins une personne travaille. En mai dernier, une étude révélait qu’un demi million de personnes âgées d’entre 16 et 24 ans ont « disparu des radars du gouvernement » et représentent une armée de chômeurs non comptabilisés. Un modèle de modernité ?

© Avec l’aimable autorisation de Le Pacte

 

 
 

 

Le décret français se résume à une longue liste de motifs de radiation possible : en cas d’absence à un rendez-vous (1) ; en cas d’abandon d’une « formation » (2) ; en cas de refus de se soumettre à une visite médicale d’aptitude au travail (dont l’avis peut différer de celui du médecin traitant)... Toute radiation conduit à une interruption du versement des indemnités, même si le chômeur conteste la décision : les réclamations ne sont pas suspensives. Auparavant, le revenu de remplacement n’était amputé que de 20 % lors du premier manquement.

Les sanctions pleuvent également au bout de deux refus d’« offres raisonnables d’emploi » (ORE) définies en fonction du métier, du salaire et de la distance à parcourir. Jusqu’à présent, on considérait comme une ORE toute offre payée 95 % du dernier salaire pour les inscrits depuis trois mois, 85 % pour les personnes privées d’emploi depuis six mois, au niveau du revenu de remplacement perçu pour les chômeurs inscrits depuis un an et plus ; le trajet maximum à effectuer ne devait pas excéder une heure (aller) ou trente kilomètres. Depuis le décret du 28 décembre 2018, ces critères ont disparu et l’employé de Pôle emploi peut estimer seul si une offre est raisonnable ou non, et donc décider de la suspension du revenu de remplacement.

Le nombre de contrôleurs de Pôle emploi doit passer de deux cents à mille d’ici à la fin de 2019, en réaffectant essentiellement l’effectif existant, en baisse pour la seconde année. Autrement dit : le nouveau décret prévoit de réduire le nombre de personnes chargées d’aider les demandeurs d’emploi, afin d’accroître les rangs de ceux missionnés pour les traquer…

De plus, les chômeurs doivent désormais maîtriser Internet : être capables de créer leurs « espaces personnels » où recevoir leurs convocations ; les enrichir en permanence en y déposant leur curriculum vitae ; alimenter leur « carnet de bord numérique » en apportant la preuve qu’ils recherchent bien un emploi, à raison de « trente-cinq heures par semaine ». Faute de quoi, la sanction. Ceux qui ne savent guère manier l’outil informatique — ceux-là même qui souvent éprouvent le plus de difficultés à trouver un travail — pourraient donc se trouver rejetés par le dispositif : privés de droits, ils seraient alors relégués à la charité publique.

Au Royaume-Uni, qui semble avoir inspiré M. Macron tout autant que Ken Loach (bien que pour d’autres raisons), 500 000 salariés ont basculé dans la pauvreté au cours des cinq dernières années, sans perdre leur emploi. « Le nombre de travailleurs pauvres a augmenté plus rapidement que le chômage », résumait un article du Guardian, le 4 décembre 2018. Désormais, 60 % des personnes pauvres vivent au sein de foyer où au moins une personne travaille. En mai dernier, une étude révélait qu’un demi million de personnes âgées d’entre 16 et 24 ans ont « disparu des radars du gouvernement » et représentent une armée de chômeurs non comptabilisés.

Un modèle de modernité ?

 

 

 

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 https://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2019-01-18-Macron-Ken-Loach-controle-chomeurs

 

MEDIACRITIQUES SORT AUJOURD'HUI... TRAITEMENT MEDIATIQUE DES GILETS JAUNES

Sortie de Médiacritique(s) n°30 (janvier-mars 2019)

par Acrimed,

Le n°30 de Médiacritique(s), notre magazine trimestriel, sortira lundi 28 janvier 2019 de l’imprimerie. Numéro consacré au traitement médiatique du mouvement des gilets jaunes, avec des dessins inédits de Colloghan !

À compter d’aujourd’hui, les nouvelles commandes et les nouveaux abonnements concernent ce numéro.

 

Ce numéro ne sera pas plus diffusé en kiosques que les précédents. Vous pourrez cependant le trouver dans quelques rares – mais d’autant plus précieuses – librairies listées plus bas, ainsi que sur notre boutique en ligne. Par La Poste et par nos soins, chaque numéro isolé ne vous coûtera que 5,50 euros, frais de port inclus. L’abonnement pour un an et 4 numéros ? 15 euros tout compris. Pour les commandes et abonnements, c’est ici. Et pour l’offre abonnement à la revue et adhésion à l’association, c’est là.
Vous pouvez aussi remplir le bulletin en pdf et nous le renvoyer avec un chèque.

Voir aussi...

Le n°30 sera expédié à partir du lundi 28 janvier 2019 au tarif économique, afin de garantir les frais de port et tarifs d’abonnement les plus bas possibles.

Pour patienter, nous vous proposons d’ores et déjà de découvrir le sommaire de ce numéro :





Vous pouvez trouver Médiacritique(s) en vente dans les librairies suivantes :

29 (Finistère)
La petite librairie
4 bis rue Danton 29200 Brest

33 (Gironde)
Librairie Mollat
89 rue Porte Dijeaux 33080 Bordeaux Cedex

44 (Loire-Atlantique)
Librairie Vent d’Ouest
5 place du bon pasteur 44000 Nantes

46 (Lot)
Libraithèque
68 rue Louise Michel 46000 Cahors

49 (Maine et Loire)
Les Nuits Bleues
21 rue Maille 49100 Angers

69 (Rhône)
Le Bal des Ardents
17 rue Neuve 69001 Lyon

Librairie Passages
11 rue de Brest 69002 Lyon

La Gryffe
5 rue Sébastien-Gryfe 69007 Lyon

Terre des Livres
86 rue de Marseille 69007 Lyon

75 (Paris)

Le Point du Jour
58 rue Gay-Lussac 75005 Paris

L’Harmattan – Sciences humaines
21 B rue des Ecoles 75005 Paris

La Friche
36 rue Léon-Frot 75011 Paris

Publico
145 rue Amelot 75011 Paris

Quilombo
23 rue Voltaire 75011 Paris

La Brèche
27 rue Taine 75012 Paris

Le Monte en l’Air
2 rue de la Mare 75020 Paris

92 (Hauts-de-Seine)
Librairie Nouvelle
57 grande rue Charles de Gaulle 92600 Asnières

93 (Seine-Saint-Denis)
Librairie Libertalia
12 rue Marcelin Berthelot 93100 Montreuil

Folies d’encre
14 place du Caquet 93200 Saint-Denis

Suisse
Librairie Basta !
L’Anthropole 1015 Dorigny





Vous pouvez commander les anciens numéros encore disponibles à cette adresse.




Les quelques numéros de Médiacritique(s) déjà épuisés sont disponibles gratuitement au format .pdf.
Cliquez ici pour le numéro 1, ici pour le numéro 2, ici pour le numéro 11, ici pour le numéro 12, ici pour le numéro 18, et enfin ici pour le numéro 23.

 Acrimed

27/01/2019

2. REVOLUTION FRANCAISE DE 1789... CONQUETE DE LA LIBERTE ET HAINE DE LA NOBLESSE

...

C'est l'aristocratie qui a provoqué la Révolution en obligeant le roi à convoquer les Etats généraux. Des nobles et du monarque, une fois la parole donnée au Tiers Etat dépendaient les concessions qui auraient pu le contenter provisoirement,.

Le débat n'était pas tant de nature politique que d'ordre social ; car, sur la transformation de la monarchie en gouvernement constitutionnel, nobles et bourgeois étaient d'accord et Louis XVI n'y aurait guère perdu en autorité, tandis que la grande majorité de la noblesse, disposée à s'accommoder de l'égalité fiscale, était résolue, moins encore par intérêt que par orgueil, à conserver ses autres privilèges, à rester une nation dans la nation.

L'année 1789 pouvait-elle devenir le début d'une évolution au cours de laquelle les nobles eussent accepté de devenir de simples citoyens ? C'est possible et, si l'on veut , probable ; mais comme on ne peut refaire l'histoire ainsi qu'une expérience de laboratoire, les avis resteront toujours partagés.

Au surplus, il n'importe guère puisque les conclusions indispensables ne sont pas venues à temps, que la Cour a recouru à la violence pour défendre l'aristocratie, et qu'ainsi le problème s'est posé dans toute son ampleur ; mis au pied du mur, le Tiers Etat a dû choisir entre la résistance et l'abdication, de sorte qu'en fait, l'insurrection est devenue inévitable, attendu que sur le fond, le Tiers était résolu à ne pas transiger.

Les Insurgés connaissaient les risques, et quelques dizaines d'entre eux éprouvèrent les rigueurs de la justice prévôtale. En dernière analyse, rien ne peut expliquer leur résolution de mettre leur vie en péril et de préférer la mort à l'éternelle sujétion, si ce n'est leur audace, leur courage et leur esprit de sacrifice.

D'autres hommes ont eu de pareilles raisons de combattre et se sont résignés.

L'action révolutionnaire est d'ordre spirituel.

Néanmoins il va de soi que nombre de motifs ont acculé le peuple français au dilemne suprême, et l'on a essayé de les discerner : intérêts de classe et intérêts personnels, orgueil humilié, souffrances populaires, propagande philosophique ont contribué, dans des proportions variées suivant les individus, à constituer au Tiers-Etat une mentalité collective étrangement complexe, mais qui, tout compte fait, s'est traduite essentiellement par la croyance au complot aristocratique, laquelle, à son tour, a engendré ces mouvements passionnés, la peur, l'ardeur combative, la soif de vengeance, qui caractérisent les journées de juillet.

Gênée par les excès populaires, la bourgeoisie les a rejetés sur les agents provocateurs, les étrangers, les "brigands", les criminels, inévitablement mêlés aux insurgés.

Il est vrai que les déchets sociaux ne sont pas les derniers à se glisser dans la foule ...

 La Révolution est un bloc. Le moraliste doit louer l'héroïsme et condamner la cruauté, mais il n'explique pas les faits.

 

L'intervention de la Force populaire a exercé sur le cours de la Révolution une influence qu'on ne saurait qu'indiquer brièvement ici, mais qu'on ne peut passer sous silence.

Sans la pression populaire, l'Assemblée constituante aurait sans doute élagué le régime seigneurial, mais il est plus que douteux qu'elle lui eût porté un coup si rude.

Encore le rachat des redevances, prévu par elle, ne fut-il pas accepté par les paysans qui finirent par obtenir, en 1793, l'abolition pure et simple.

Si la paysannerie française a pu devenir une démocratie de petits propriétaires indépendants, alors que le rachat l'eût désastreusement affaiblie ou ruinée, c'est à elle-même qu'elle le doit ; elle s'est libérée elle-même, et les Assemblées n'ont fait que sanctionner ce qu'elle avait accompli.

Mais, atteinte dans ses biens, après l'avoir été dans son orgueil par la suppression des ordres et des privilèges, la noblesse a voué à la Révolution une haine inexpiable.

Le complot aristocratique n'a pas tardé à devenir une réalité avec tous les caractères que le  peuple lui attribuait ; la préparation de la guerre civile et l'appel à l'étranger, et il a provoqué des réactions de plus en plus violentes, les massacres de septembre, et finalement la Terreur.

 Les massacres de septembre 1792 constituent l’un des sommets de la violence révolutionnaire. Ils se sont déroulés dans un contexte de psychose collective provoquée par l’invasion austro-prussienne et par la crainte, entretenue par la presse, d’un retournement de situation en faveur des royalistes et de la monarchie

la plupart des historiens – Pierre Caron et Albert Soboul, entre autres – estiment que ces massacres n’ont été ni prémédités ni préalablement organisés : il s’agit pour eux d’un accès de fureur populaire spontané. Selon Michel Foucault, c’est « un acte de guerre contre l’ennemi intérieur, un acte politique contre les manœuvres des gens au pouvoir et un acte de vengeance contre les classes oppressives ». Et en effet, les victimes sont majoritairement des prêtres réfractaires et des aristocrates dont la figure la plus célèbre est la princesse de Lamballe, « tendre amie » de la reine.

 Dans les jours qui suivent, Olympe de Gouges est la première à s’émouvoir de ces horreurs. Elle publie le pamphlet « La Fierté de l’Innocence », dans lequel elle stigmatise les massacres : « Le sang, même celui des coupables, versé avec cruauté et profusion, souille éternellement les révolutions. »

Devant la Convention, le 5 février 1794, Maximilien de Robespierre, qui préside le Comité de Salut Public, autrement dit le gouvernement du pays, tente de préciser les objectifs politiques de la Terreur : « Si le ressort du gouvernement populaire dans la paix est la vertu, le ressort du gouvernement populaire en révolution est à la fois la vertu et la terreur : la vertu sans laquelle la terreur est funeste ; la terreur sans laquelle la vertu est impuissante. La Terreur n'est pas autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible [...] elle est une conséquence du principe général de la démocratie, appliqué aux pressants besoins de la patrie ! »

 

Aujourd'hui la Terreur, au sens où l'entendait Robespierre, est devenue l'apanage de MACRON-CASTANER : Justice prompte, sévère, inflexible..

Qu'ils la ferment sur quiconque une bonne fois pour toutes !!

 

1. LA REVOLUTION DE 1789 : LIBERTE/EGALITE NE FONT QU'UNE

I

La Révolution de 1789 c'est d'abord la chute de la monarchie absolue, l'avènement de la liberté, désormais garantie par un gouvernement constitutionnel ; à ce titre, personne ne devrait contester qu'elle fut une révolution nationale puisque les privilégiés aussi bien que le Tiers Etat réclamaient une Constitution et le respect des droits de l'individu.

 

Mais c'est aussi l'avènement de l'égalité devant la loi, sans laquelle la liberté ne serait, en fait, qu'un privilège de plus au profit des puissants.

Pour les Français de 1789, la liberté et l'égalité sont inséparables et comme deux mots pour même chose ; s'il leur avait fallu choisir, c'est à l'égalité qu'ils eussent tenu avant tout, et quand les paysans, qui formaient l'immense majorité d'entre eux, acclamaient la liberté, c'est à la disparition de l'autorité du seigneur, réduit au rang de simple citoyen, qu'ils pensaient, c'est-à-dire à l'égalité.

 

Devenus libres et égaux en droits, les Français, dans les Fédérations et surtout lors de la Fédération du 14 juillet 1790,  ont fondé à nouveau la Nation, une et indivisible, par leur consentement volontaire. Ce troisième caractère de la Révolution de 1789 n'est pas le moins original, et l'affirmation qu'un peuple a le droit de disposer de lui-même et ne peut être annexé à un autre sans son adhésion librement exprimée, a exercé dans le monde une influence qui n'est pas épuisée.

 

D'ailleurs, l'idée n'est jamais venue aux hommes de 1789 que les droits de l'homme et du citoyen fussent réservés aux Français. Le christianisme ne distinguait pas entre les hommes ; il les appelait tous à se rassembler entre les hommes ; il les appelait tous à se rassembler fraternellement dans la cité divine. Semblablement, les révolutionnaires pensaient que la Liberté et l'Egalité sont le patrimoine commun de l'humanité.

S'imaginant que tous les peuples imiteraient leur exemple, ils ont même rêvé un instant que, devenues libres, les nations se réconcilieraient toujours dans la paix universelle.

 

Tiers état en France en 1789

 
 
 
Une caricature : le tiers état supportant le poids des privilèges de la noblesse et du clergé.

Le tiers état était un des trois grands ordres du royaume sous l'Ancien Régime avec le clergé et la noblesse.

Il était composé de la très grande majorité des Français puisqu'il englobait tous ceux qui n'étaient ni membre de la noblesse, ni membre du clergé. Ils sont alors appelés « les roturiers ».

En fait, il comprenait des classes sociales extrêmement variées : des bourgeois souvent fortunés, actifs, influents et ambitieux ; plus bas dans l'échelle, les artisans ou ouvriers, parfois aisés, parfois misérables ; enfin, les paysans, au nombre d'environ 20 millions (sur un chiffre total de 24 millions de Français), dont les conditions d'existence variaient selon qu'ils étaient propriétaires de leur terre, fermiers, métayers (qui travaillaient la terre d'un propriétaire terrien en échange d'une partie de la récolte), domestiques de ferme et même serfs (le servage, qui était aboli dans le domaine royal, subsistait dans quelques rares provinces).

Le tiers-état était le seul ordre à payer des impôts. Il n'avait aucun privilège et avait les conditions de vie les plus dures.

 

II

Dans l'esprit des hommes de loi, qui représentaient ou guidaient la bourgoisie, la Révolution devait être pacifique ; imposée par l'opinion, elle devait se traduire simplement par de nouvelles formules juridiques. Et de fait, l'oeuvre essentielle de la Révolution de 1789 se trouve consignée dans les arrêtés du 4 août et dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

Mais il serait puéril de ne mettre en lumière que ces documents législatifs, en rejetant à l'arrière-plan les évènements qui leur donnèrent la vie ; puéril aussi, et davantage encore, de choisir parmi ces évènements de quoi composer une légende.

Les Etats Généraux ont défendu habilement et audacieusement la cause du Tiers Etat qui était celle de la nation, mais comme en est convenu Buchez, pacifique et catholique démocrate de 1848 : "L'Assemblée n'aurait rien fait sans l'insurrection".

L'Ancien Régime ne s'est pas incliné devant la révolution juridique ; ayant recouru à la force, il a été détruit par la force que le peuple, descendu dans la rue, a mise au service de ce qu'il regardait comme le droit, sans même que ses représentants eussent osé le lui demander.

Que le recours à la violence fût en principe la seule issue, l'historien n'en peut rien savoir. Il constate seulement qu'au printemps de 1789, le peuple français n'y pensait pas encore et que, deux ans auparavant, il n'avait pas même le soupçon que le régime fût près de sa fin.

C'est l'aristocratie qui a provoqué la Révolution en obligeant le roi à convoquer les Etats généraux.

Extrait de LA REVOLUTION BOURGEOISE - LA CONQUETE DE LA LIBERTE 1789 - Georges LEFEBVRE

  

Georges Lefebvre, né le à Lille et mort le à Boulogne-Billancourt, est un historien français spécialiste de la Révolution française.

Il préside à partir de 1932 la Société des études robespierristes, qui édite les Annales historiques de la Révolution française. Il occupe la chaire d’histoire de la Révolution française à la Sorbonne, de 1937 à 1945, et il est le premier directeur de l'Institut d'histoire de la Révolution française, dont il est le fondateur.

 

La convocation des États généraux (1789)

Convocation des États généraux

Sous l’Ancien Régime, les États généraux sont des assemblées extraordinaires qui réunissent des représentants de toutes les provinces appartenant aux trois ordres de la société : clergé, noblesse et tiers état. Ils sont convoqués par le roi pour traiter d’une crise politique, d’une guerre, d’une question militaire ou fiscale.


Face à une situation politique et financière catastrophique, Louis XVI se voit contraint de convoquer les États généraux, qui n’avaient pas été réunis depuis 1614. Eux seuls peuvent décider la levée de nouveaux impôts et engager la réforme du pays. Leur ouverture à Versailles, le 5 mai 1789, marque le début de la Révolution française. Plus de mille cent députés se massent dans la salle à colonnes spécialement construite pour l’occasion. Le roi, entouré de la reine et des princes du sang, trône au fond sous un dais majestueux. Il ouvre la séance par un discours sans ambition. Suivent des paroles sans volonté de réformes qui n’appellent qu’à la levée d’impôts. Mécontents et conscients des attentes du pays, les députés du tiers état prennent les choses en main et donnent naissance, le 12 juin, avec quelques députés du clergé, à la première Assemblée nationale.

 

 

 A suivre

 
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